Christophe PierardBiographie de Camille GoemansCamille Goemans galeristeExpÚrience du surrÚalisme à l'occasion d'une exposition de Pol Buryoeuvres en prose de camille GoemansPo¶mes par Camille GoemansCorrespondance - Paul NougÚ Marcel Lecomte Camille GoemansBibliographie de Camille GoemansCamille Goemanssend an e-mail à Christophe PierardHomepage de Christophe Pierard

FOG.

à Henri Michaux.

Cendre
d'un dimanche de novembre
quand il fait mai.
Demain ne viendra jamais.

L'avenir est un mur qu'on porte
devant soi;
mon passé, passé de cloporte,
qui ne serait pas moi.

Je n'attends rien et je n'espère
rien de la terre.
Je nais et je meurs aujourd'hui.
Aujourd'hui, hier; aujourd'hui,
demain; je ne connais que lui.

Misère des yeux qu'agglutine
l'incompressible humidité
d'avoir chanté jusqu'à matines;
os amollis, genoux fauchés.

Moiteur crispante qui ne passe,
langueur fébrile d'un dégoût,
trou
dans le temps, dans l'espace;
femme laide qui couds
les trous
de l'espace.

Chaleurs et luminosités,
par quels bois et par quels étés
avez-vous jamais existé?

Vides d'un estomac qui tangue
au bout d'un fil.

Et toi, mon désir, se peut-il,
ô martyrisé dans sa cangue,
se peut-il, que toi mort,
je vive encor?
CAMILLE GOEMANS.
Le Disque Vert
n°6, octobre 1922