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LEÇON AU PROFESSEUR SUR L'ANTHOLOGIE NÈGRE. |
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| LE PROFESSEUR. | Bonjour, poète. | |
| LE POÈTE. | Bonjour, mon vénérable ami. Mais quelle agitation charmante !-Professeur, vous faites songer à une jeune fille amoureuse. | |
| LE PROFESSEUR. | J'ai fait la découverte de la simplicité. | |
| LE POÈTE. | Vous aussi!. Permettez que je vous félicite. Mais n'est-il pas un peu bien tard ? |
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| LE PROFESSEUR. | Ne riez pas : Je suis si content ! J'ai trouvé ma mesure de la perfection. De même qu'il n'y a pas de salut pour le penseur, sans lieux communs, sans contrôle par le bon sens, de même toutes les uvres d'art se prouvent par leur simplicité. (Ne les confondez pas avec d'autres vertus : sincérité, exactitude, toutes ces règles sont spécieuses.) Je suis fier de m'être trouvé ce bon instrument de recherche, valable dans votre domaine particulier. Mon maître de littérature avait bien raison de de nous dire : Ouvrez tel livre. Que penserez-vous de ce style. ? qu'il n'est, en rien, original; que vous en feriez tout autant. Cette -simplicité est le comble de l'art. |
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| LE POÈTE. | Mais qui, mon frère, vous donnait-on pour ce modèle? | |
| LE PROFESSEUR. | Anatole France | |
| LE POÈTE. | Vous m'étonnez. Pensâtes-vous écrire ses livres? | |
| LE PROFESSEUR. | Dieu m'en garde ! En est-il question ? | |
| LE POÈTE. | Évidemment. Ou vos mesures sont menteuses, ou Anatole France écrit mal. | |
| LE PROFESSEUR. | Je vous accorde qu'il écrit trop bien | |
| LE POÈTE. | Attention! C'est une faute encore plus grave. |