le disque vert revue de Franz Hellenschercher le Disque Vert de Franz HellensLe Disque Vert - signaux de France et de belgique - indexSigmund Freud et la psychanalysele disque vert dir. franz Hellens recits de rvesle Disque Vert celebre Max Jacobsignaux de france et de belgique dir. paul gustave van heckele disque vert dir. franz Hellens le suicide est-il une solution?le disque vert dir. franz Hellens Charlotle disque vert dir. franz Hellenstable des auteurs du disque vert dir. franz Hellens et de signaux de france et de belgique dir. paul gustave van hecke

Neel Doff.
(1858 — 1942)



Neel Doff je voulais en faire un homme

Née en Hollande d'un garçon d'écurie et d'une dentellière qui eurent neuf enfants, Neel Doff connut dans son enfance et son adolescence une misère atroce, habitant dans des caves d'Amsterdam, ou des taudis d'Anvers et de Bruxelles, après que ses parents aient émigré en Belgique pour tenter d'échapper à la faim. Dès l'âge de huit ans, elle s'occupe à de petits métiers, à douze ans elle est commissionnaire, puis «trottin» chez une modiste. Elle est passionnée de lecture. Survient une période particulièrement difficile et trouble où il semble, si l'on s'en réfère à ses livres, qu'elle ait connu la prostitution, l'hôpital... Devenue modèle dans les ateliers de peinture, elle rencontrera un jeune intellectuel aisé féru de «sociologie», Fernand Brouez, fondateur d'une revue socialisante : La Société Nouvelle. Brouez va lui faire donner des leçons sur toutes sortes de matières qu'elle ignore, et même lui faire fréquenter le Conservatoire. Surtout, il va lui faire apprendre le français, langue qu'elle choisira bien des années après pour écrire ses livres. Enfin, il l'épousera, et ce sera un mariage d'amour. Mais Brouez devait disparaître prématurément, à 35 ans, atteint de paralysie générale. (Le conte intitulé Un lapin le met en scène, de toute évidence.) Neel Doff héritera de ses biens et se remariera plus tard avec un avocat d'Anvers, Paul Serigiers, par ailleurs «pilier de l'art contemporain».

Neel Doff avait plus de cinquante ans lorsque, littéralement étouffée par la remontée de ses souvenirs, elle prit la plume pour transposer en des pages d'un réalisme à la fois brutal, poétique et dépouillé ses bouleversants Jours de famine et de détresse (1911) que Laurent Tailhade proposa vainement au prix Goncourt. Ce premier livre forme avec Keetje (1919) et Keetje Trottin (1921) une trilogie très largement autobiographique sur cette jeunesse ineffaçable. D'autres livres verront le jour, dont ces Contes farouches qui parurent en 1913, à travers lesquels elle donne une sorte d'anthologie de son oeuvre, au tout début de son élaboration. Angelinette (1923), Elva (1929), Une fourmi ouvrière (1935), s'inscrivent dans la même veine, tandis que Campine (1926) ou Quitter tout cela (1937) recueillent davantage des pages de journal, des notations sur la nature et la vie quotidienne de ses dernières années. Mais quel que soit le mode adopté, ce sont toujours des moments d'elle-même qu'elle transpose, si bien qu'il y a parfois d'étranges recoupements d'un livre à l'autre dans son oeuvre. C'est qu'à coup sûr, comme l'a dit Charles Péguy, cité par Marianne Pierson-Piérard dans son Neel Doff par elle-même (1964), «ceux qui échappent à la misère n'échappent pas à la mémoire de leur misère) »..

Ft personne n'a parlé de la misère comme Neel Doff: ce livre la fera découvrir dans les différents registres qu'elle utilisa à travers toute son oeuvre pour exorciser son insoutenable enfance

on y trouvera des échos et des prolongements à ses récits autobiographiques dans Le Grelotteux, J'entre en condition, Un lapin; on aura de très beaux exemples de son talent de romancière avec Stientje et Abnégation, longues nouvelles où le tragique de l'intrigue a pour décor un quotidien rude et âpre restitué avec une minutie d'ethnographe; Le lupanar révélera une fulgurante conteuse; Un soir Mina..., l'observatrice amusée des «mauvais lieux»; enfin, Maria, dans le ton d'Une fourmi ouvrière, présentera au lecteur la «bonne dame» que fut Neel Doff dans la partie heureuse de sa vie.

Ce livre fut le second qu'elle publia : on remarquera combien son style est étonnamment libre et direct et combien il continue à nous toucher profondément, près de soixante-dix ans après la parution de l'ouvrage.

Signaux de Belgique
le Disque Vert

textes
de Neel Doff

Je voulais en faire un homme
La finesse de Charlot

critiques de textes
de Neel Doff

Keetje Trottin (Franz Hellens)
biographie de
Neel Doff
Neel Doff 1858 - 1942