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ÉCRITS SURRÉALISTES.
PAUL ÉLUARD. |
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| Dans la brume où des verres d'eau s'entre-choquent, où les serpents cherchent du lait, un monument de lacin et de soie disparaît. C'est là que, la nuit dernière, apportant leur faiblesse, toutes les femmes entrèrent. Le monde n'était pas fait pour leurs promenades incessantes, pour leur démarche languissante, pour leur recherche de l'amour. Grand pays de bronze de la belle époque, par tes chemins en pente douce, l'inquiétude a déserté. Les ombres de poussière de mes belles désolées ne sont plus désormais qu'à la merci du vent, des oiseaux solitaires prisonniers de l'air des forêts les rechercheront en vain sur les feuilles d'été, sur les troncs de l'hiver. Il faudra se passer des gestes plus doux que l'odeur, des yeux plus clairs que la puissance, il y aura des cris, des pleurs, des jurons et des grincements de vents. Les hommes qui se coucheront ne seront plus désormais que les frères de l'oubli. A leurs pieds le désespoir aura la belle allure des victoires sans lendemain, des auréoles sous le beau ciel bleu dont nous étions parés. Un jour, ils en seront las, un jour ils seront en colère, aiguilles de feu, masques de paix et de moutarde, et la femme se lèvera, avec des mains dangereuses, avec des yeux de pétition, avec un corps dévasté, rayonnant à toute heure. Mais le soleil refleurira, comme le mimosa. |
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Le Disque Vert
4ème série n°1 - Janvier 1925 |