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RENÉ CREVEL :
Détours, (N.R.F.). |
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| Il suffit de s'engager dans ces « Détours » pour saisir, très vite, ce qui caractérise les écrivains de cette génération à laquelle appartient M. René Crevel: anxiété, ironie, scepticisme. Mais il y a chez M. Crevel, dans les idées et dans la conduite du récit, à l'encontre de ce débraillé que l'on retrouve trop souvent dans les uvres d'aujourd'hui, une élégance, un grand souci de tenue. Il serait maladroit d'essayer de conter l'histoire de cet adolescent parti à sa propre découverte. En cette aventure que d'angoisses, de trépignements, de détours! Écoutons Crevel : « Peut-être certains ont-ils raison de prétendre que la découverte de soi-même est question de volonté? L'esprit déduit-il en tout indépendance, ou doit-il, au contraire, se forcer pour conclure? Si je prétendais me chercher moi-même, c'est que je me serais trouvé déjà. Je suis encore au point de départ. Je cherche ce que je cherche. » Chez cet adolescent bourgeois et sentimental et toujours dramatiquement en lutte contre sa sentimentalité qu'il veut refréner, il y a aussi - parallèle à ce besoin de se trouver - le désir d'une amitié, d'une tendresse, d'un amour indispensable à son bonheur. Après maintes recherches, allons-nous avec Cyrilla aboutir à ce bonheur? Non. L'accepter serait renoncer à d'autres bonheurs possibles, pense Daniel, personnage principal et sans cesse tourmenté, du livre. Tout donc est à recommencer, à poursuivre. Au long de ces lignes essentielles, des images, des faits, des détails s'accumulent qui ajoutent à l'atmosphère de l'uvre. En résumé, l'ouvrage de M. Crevel est intéressant, écrit avec une belle sobriété - sauf cependant dans les dernières pages où il semble manquer ça et là de souffle et contribue à la définition psychologique de notre époque tâtonnante. |
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Robert Ganzo.
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Le Disque Vert.
4ème Série, N°1. Janvier 1925. |