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PLACET.
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| A plaider les causes désespérées, l'esprit gagne contre le cur et l'invite à jouer plus serré. Pour peu qu'on exploite deux idées et qu'on les suive, l'on arrive à un but unique, l'on reconnaît la présence des mêmes auteurs. Les encyclopédistes du XVIIIe siècle sont moins des encyclopédistes que des philosophes. Les véritables encyclopédistes sont plus étroitement qualifiés d'alchimistes et d'astrologues. A vrai dire, ils ne soupçonnaient grand'chose, mais cette ignorance et la confiance qu'ils possédaient les sauvaient du doute. De tout ce qu'il peut dire, Paracelse abuse, mais la nature qui chérit le moins sage de ses fils et prend soin de lui, se rectifie d'elle-même, rien que pour justifier le prodigue et le décoiffer du bonnet d'âne que lui impose l'université, en manière de san-benito. |
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Car Paracelse ignore tout. Il reste qu'il en est plus libre pour nous instruire entièrement. Et qu'aussi une relativité s'établit sans qu'il soit nécessaire de décliner la pensée jusqu'au postulatum d'Euclide. L'ombre de Paracelse annule les pages non coupées des livres de haute physique derrière quoi gît M. Einstein. La revanche de 1871, ce n'est pas le second traité de Versailles qui la confirme, c'est M. Charles Nordmann encore que la campagne ait négligé de pavoiser à cette occasion. |
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Cela n'est pas plus dirigé contre M. Einstein que dédié à Paracelse. Tous deux nous sont utiles c'est pourquoi, à l'âge ingrat le nôtre nous les crucifierons. Ainsi, l'on convient d'une ère nouvelle. Jésus n'existe que de par la grâce de Ponce-Pilate. Aux temps prochains, Fabre d'Eglantine et M. Charles Nordmann devront rédiger le calendrier. |
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Paracelse distingue trois natures celle des hommes, celle des esprits; la tierce participe des deux autres. Mais le commerce des savants ne va jamais sans quelque trouble. Paracelse omet de nous dire à quelle nature il ressortit. Omission regrettable et qui nous oblige à contracter l'habitude de la terre, si près pourtant du chemin qui mène ailleurs. Faute d'un mot, les mondes continuent d'être ronds et les créatures qui les peuplent cherchent à résoudre dans un balancement harmonieux le problème perpétuel de l'équilibre. |
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Dès que Paracelse s'avise de définir, en sept canons, le pouvoir des mé-taux, le jeu est ruiné même dans l'idée du plus crédule. C'est aussitôt le procès de la poésie. Une fois par siècle, la poésie est déférée en correctionnelle. Un poème en prose de Paracelse? Pourquoi pas ? Note concernant le mercure vif: « Tout ce qui teint en blanc a la nature de la vie et possède les propriétés et la puissance de la lumière, qui est la cause de la vie. Au contraire, tout ce qui teint en noir a la nature de la mort et possède les propriétés des ténèbres, Le feu, par sa chaleur, engendre la vie; la terre, par sa froideur, coagule. Le mercure vit, bien qu'habitant une demeure morte: si tu comprends cela, tu triompheras. » (Traduction René Schwaeblé.) Paracelse poète, et jusqu'au ridicule, jusqu'à la grandeur, s'il donne au mensonge conscient, l'accent profond de la vérité. Les gestes gratuits du pire délinquant, nul doute qu'il les eût approuvés et prolongés jusque dans le territoire secret et si contesté vers quoi s'évade le lyrisme. |
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Paracelse nait au bourg de Maria Einsiedeln, disent ses biographes. L'on enseigne plus discrètement qu'il dédaigne les femmes pour une raison d'ordre tout sentimental. |
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La note concernant le mercure, et bien d'autres poudreux grimoires, dénoncent Paracelse. Au chevet du dernier prophète agonisant, quelle extrême-onction peut administrer l'église? Surtout sceptique, Paracelse a trop créé pour consentir à s'humilier devant un créateur suprême. Paracelse contredit Dieu. Le jour où vingt-cinq schismatiques syndiqués s'inquiéteront d'un culte nouveau, personne, et pas même le signataire de ces lignes, ne posera la candidature de Paracelse au titre absolu. Sans doute qu'à mépriser la sagesse qu'il a montrée, on se rédime définitivement. |
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PASCAL PIA,
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| Mai 1922 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Le Disque Vert.
1ère Année - N°4 Août 1922. |