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QUELQUES LIVRES, REVUES.
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| Ce roman marque une étape importante et assez inattendue dans le développement de l'oeuvre de Francis Carco. Son meilleur roman, avant L'homme traque, je veux parler de Jésus-la-Caille, valait surtout par l'adroite observation des types louches du faubourg et des milieux pittoresques où Us évoluent, aussi par un instinct très aigu de cette sensibilité spéciale déjà étudiée par Charles-Louis Philippe, et dont il parvenait à noter jusqu'aux moindres nuances. L'Homme traque vise plus haut et Francis Carco parvient, en maints endroits, à atteindre, dans cette oeuvre, au grand roman. Roman psychologique? Roman naturaliste? L'un et l'autre. Naturaliste par l'écriture, psychologique par l'analyse serrée, impitoyable et très exacte de ces deux types fort curieux, l'assassin Lampieur et la prostituée Léontine, attirés l'un vers l'autre par une double hantise dont l'auteur a su dégager tout le tragique. Carco dissèque ces deux cas au moyen de petits coups de scalpel successifs, qui, presque tous, portent juste. Il convient de faire remarquer le parti-pris de sobriété, la volonté d'aller droit au but, le mépris du détail pittoresque inutile, qui élèvent ce roman bien au-dessus de ceux qui ont précédé; qualités qui ne vont cependant pas toujours sans une certaine sécheresse. Le procédé fatigue à la longue et surtout aux endroits où l'analyse ne s'appuie pas sur le mouvement des faits; notamment dans les chapitres qui suivent l'épisode où l'homme et la femme semblent se rapprocher définitivement et où l'action commence à traîner jusqu'au chapitre final, très réussi celui-là; l'action s'y ramasse et s'y détend d'une façon saisissante. Il y a d'incessante petits tableaux admirablement peints, de raccourcis d'un excellent effet « Dans la rue, des lumières se croisaient et des silhouettes, qui allaient en tous sens, se profilaient rapidement sur les carreaux du bar. Une buée grise, où des sillons traçaient de longues raies d'eau, les recouvrait. La memo buée d'humidité voilait l'unique glace, au cadre brun, de l'établissement. Sur le sol, parmi les mégots et une molle épaisseur de sciure, des rigoles embourbées serpentaient et lorsque, par instants, la porte du débit s'ouvrait, un courant d'air glacé courait entre les jambes en même temps que les bruits de la rue, de confus qu'ils étaient, devenaient sonores et tout retentissants. » Le développement psychologique de ces êtres, tous deux traqués, est logiquement mené. On comprend que Léontine soit attirée, malgré le dégoût qu'elle éprouve, par un autre Lampieur le criminel : « Il appuyait sur elle de tout son poids; il l'écrasait; il l'emplissait de lâcheté et de tristesse. » Ces deux misérables eussent sûrement compâti s'ils n'étaient fait l'aveu de leur tourment. Un point faible, cependant : on ne s'explique pas bien pourquoi Léontine, qui avait décidé de fuir Lampieur, se prend tout à coup d'une sorte de ferveur mystique pour l'assassin; il manque ici un fait. matériel pour donner de la vraisemblance à ce mouvement intérieur. Où Carco se montre psychologue avec le plus de force, c'est dans le dialogue, courtes paroles qui n'ont l'air parfois que de pauvres mote (chacun des personnages suivant sa pensée sans tenir compte de l'autre). Mots qui obtiennent, en réalité, une grande résonnance, comme la pierre jetée dans le puits, à cause de l'atmosphère tendue dans laquelle ils tombent. Cette manière simple est très prenante et arrive toujours à l'effet nécessaire. Elle me fait penser à ce petit chef-d'oeuvre de Camille Lemonnier, Le Mort, où le dialogue est formé d'une suite de mots brefs, qui sont comme des cris ou des soupirs de la conscience, et qui nous renseignent bien mieux sur le fond des personnages que les phrases les plus minutieuses du psychologue. |
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F.H.
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| Il faut reconnaître au public quelques trouvailles d'expression qui ne sont ni plus ni moins obscures que celles des poètes, quelques jugements tout aussi subtils que ceux des critiques de profession. Il advient qu'une daine, interrogée au sujet du roman qu'elle vient de lire, réponde: « C'est un roman-roman »; ou un monsieur, parlant d'une pièce: « C'est du théâtre-théâtre ». Ces mots composés signifient peut-être « roman véritable », « vrai théâtre », mais on en peut douter, à les entendre habituellement prononcer avec dédain. Ou plutôt, l'on est fondé à croire qu'un vrai roman, un vrai spectacle, déplaisent à peu près certainement au public d'aujourd'hui. Et cela tient sans doute à ce fait que le public, s'il aime les histoires, n'aime pas les divertissements. Autant dire qu'il est fermé à la seule bonne littérature, ce qui peut toujours 5 démontrer, sans être toujours vrai. De toute façon, il nous est agréable de considérer ce roman-ci, « L'Escalier d'Or », comme un roman pour les poètes, un vrai roman pour eux, un vrai divertissement. Même, nous pourrions, non sans plaisir, non sans tristesse, et parodiant les critiques d'été, en conseiller la lecture aux poètes « en vacance »... Car c'est d'un vieux poète manqué qu'il s'agit dans ce livre, d'un vieux rêveur d'autant plus tendre qu'il est privé de génie, et qui, pour sauver d'un destin sans joie une douce et purs jeune fille, prodigue en vain ses derniers rêves, et meurt de son dernier échec. Délicieusement écrit, aussi naturel dans le sérieux que dans l'humour, ce petit livre d'émotion, de fantaisie, de sagesse aussi, est un des ouvrages qui attestant le mieux la maîtrise d'Edmond Jaloux. |
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M. du D.
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| On connaît assez la pièce de Georges Duhamel pour qu'il soit nécessaire d'y revenir dans cette notice. Représentée, avant la guerre, par Antoine, elle a retrouvé, plus récemment, son succès dans diverses représentations en Suisse, en France et ailleurs. Ce n'est pas l'oeuvre théâtrale de Duhamel qui possède le plus de relief, mais elle est intéressante, notamment à ce point de vue qu'elle annonce déjà l'auteur de la « Possession du Monde ». L'édition que la « Voile rouge » vient de donner de cet ouvrage, confiée aux soins de l'imprimeur Buschmann et ornée par Joseph Cantré, est, parmi les publications d'art de ces dernières années, l'une des plus réussies; elle représente un effort vraiment original et tout nouveau dans le domaine de l'illustration du livre. Joseph Cantré, qui s'est spécialisé dans cette voie, est, à l'heure actuelle, avec Frans Masereel, l'un de ceux qui ont apporté une note toute nouvelle dans un domaine qui s'étend de plus en plus : la xylographie, la gravure sur bois. Sans posséder au même degré que Masereel le sens de la vie moderne, il donne à ses figures gravées une grande intensité d'expression et il s'entend à orner le livre en artiste consommé qui habille l'ouvre du typographe comme un couturier expert habille le corps humain. Je me hâte de dire qu'il ne suit en cela aucune mode; son habileté est honnête, c'est le fruit d'un métier longuement étudié et pratiqué. Il fait, en somme, ce que fait l'artiste décorateur pour un objet préalablement fabriqué par un artisan de talent : il y ajoute le trait et la couleur. De la combinaison de ces deux éléments, l'art accompli du typographe et celui du décorateur, est sorti un objet, dans l'espèce un livre, des plus intéressante et que les bibliophiles avertis ne manqueront pas de remarquer. |
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A.P.
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| Ces petits poèmes témoignent d'un esprit campagnard, parfois douteux. On y sent la recherche de la finesse, et l'ironie ne parvient que rarement à son effet. Plutôt boue que renard. Je n'aime pas beaucoup ces jeux trop littéraires sur des morceaux célèbres qui possèdent le mérite de ne pas être plus littéraires qu'il ne faut. Le volume est complété par une série de « Poèmes mesurés », que je préfère aux épigrammes du début. Ce sont des paysages, des croquis, des natures mortes, dans le mode impressionniste. A côté de morceaux assez plats comme celui qui débute par ce vers La gueule d'un vieux pot à soupe, bâille au pied De la niche du chien... il y en a de plus réussis, comme celui-ci L'aulne visqueux suit les bords courbes des ruisseaux. Il laisse un corridor d'ombre au-dessus des eaux Dont le bleu laisse voir des racines poilues... |
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LOCH.
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| PIERRE-ALBERT BIROT: LE PREMIER LIVRE DE GRABINOULOR COMPOSÉ ENTRE 1918 ET 1920. (Editions Sic, Paris). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Le secret d'un tel livre réside dans la façon de tout envisager. Pour ma part, je verrais volontiers « Grabinoulor » sur le rayon des bons ouvrages et des manuels utiles, entre le Plutarque et l'Almanach Hachette. Le chef de maison l'interdirait aux enfants, afin qu'ils le connussent et y cherchassent ce qu'on n'ose leur enseigner. Quel éloge plus délicat demanderait M. Birot? Contre tant de littératures d'imagination où le style ne se départ jamais d'une attitude choisie, l'écriture de M. Pierre Albert-Birot, sans d'ailleurs se commettre, garde avec quelque odeur do campagne, une bonhomie que l'on croyait perdue; ou l'accent même qui donne leur charme aux réponses d'Alcuin, aux erreurs de Paracelse. Signe probable qu'un seul état d'intelligence comporte plus d'originalité que tous les artifices de traduction, de la tête au papier. M. Pierre-Albert Birot pratique l'étymologie. Aimable science qui lui laisse un certain doigté, et de l'habileté à résoudre la question « Grabinoulor » en une encyclopédie minuscule. A l'école supérieure, un professeur intitulait « permutation » un travail moins subtil. Enfin, ayant tâché de signaler à quel délicieux commerce 'se livre M.-A. Birot, m'est-il permis de regretter une ponctuation qui eût souvent facilité la lecture de « Grabinoulor ? » |
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P.P.
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| F.-JEAN MONIQUE L'ENLISEMENT.(Rieder et C°, Paris). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nous méconnaissons toujours en leur temps notre enfance et notre jeunesse. Plus tard, un livre nous les rappelle : le retour au passé est sentimental. Une opinion de M. Paul Brûlat :« Etre triste, c'est penser à soi », est trente-six fois justifiée. Même à quarante ans, l'âge de l'ultime peine de cour. M. Jean-Monique a publié un excellent ouvrage. Excellent, car l'on y trouve le travail d'un esprit attentif et aussi ce qu'il est convenu d'appeler la conscience professionnelle. Comme sur l'eau calme d'un bassin, aussitôt que la tête se penche, une image 'se délivre d'entre les pages, un visage qui, à l'autre, emprunte quelques lignes. Le personnage de « L'Enlisement », un répétiteur (je ne me souviens pas qu'il ait un nom) a perdu tout caractère propre, à tel point qu'il n'est plus qu'un homme sans grande volonté, ou bien un volontaire maladroit, d'avance condamné à l'échec. La surface terne du livre n'est pas pour lui gagner des sympathies. Pourtant, je doute qu'un autre cadre convienne, sans nuire à la profondeur. Une méditation doit offrir une transparence que le roman n'exige pas. Au jeune répétiteur confiant succède le fonctionnaire. De l'alcool, la maladie le libère, provisoirement. Le sang chargé, la vigueur, l'ardeur du début sommeillent cependant que les artères s'ossifient, font de la sclérose. M. Jean Monique surveille l'enlisement, annote chaque mouvement de terrain. Si une chûte 's'opère dans le vertige, un enlisement ne manque pas déséquilibre. Le dernier chapitre, la reconnaissance dans l'ombre de deux existences oubliées, n'est pas exempt d'émotion. |
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P.P.
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| J.-N. FAURE-BIGUET: LA FIANCÉE MORTE. (Flammarion, Paris). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| L'intérêt qu'offre ce roman réside moins dans le mystère de la survivance et de la réincarnation, qu'il ne touche du reste qu'incidemment, sur lequel l'auteur s, en tous cas, le bon goût de ne pas insister, que dans la résennance humaine du conflit tourmentant une âme de femme bien terrestre, heureusement, et étendant autour d'elle comme des ondes de douleur. Une légende russe veut que la femme, morte vierge, soit fiancée avec un homme mort dans le même état. L'héroïne du roman, une Russe, cherche dans le monde l'homme qui lui est destiné. Pour que celui-ci puisse la reconnaître, elle se fait danseuse et se met ainsi en évidence, grâce à un talent qui fait tout de suite converger vers elle les regards et les hommages du public. Elle croit trouver l'élu, mais bientôt s'aperçoit qu'elle s'est trompée et meurt de son erreur, sans s'être aperçue que l'homme qu'elle cherchait se trouvait peut-être à deux pas d'elle, trop timide pour se déclarer. On raconte malaisément une histoire toute en subtilités. Celle-ci est fort adroitement menée; l'intérêt ne faiblit pas un moment. Le roman est bien construit, bien équilibré, le caractère de l'héroïne se développe logiquement, et tout va à son but. |
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A.P.
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| LUC HOMMEL : LA BOUTIQUE CRICKBOOM. (La Jeunesse Nouvelle, Bruxelles). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Dès la première phrase du premier des six contes, on entend battre un cour d'enfant « comme, sur lea dalles de l'église, les souliers cloutés des petits garçons qui vont au catéchisme ». Et les récits de Luc Hommel restent fidèles à ce rythme. Un jeune homme attendri recueille les échos de ses pas d'écolier dans un village wallon; il sait éviter de grossir artificiellement la résonnance et préfère étouffer le son. Livre intime, confidentiel, humain. Il l'est presque malgré lui, par la simple vertu des choses, plus que par le prestige des mots : ceux-ci ne sont jamais un obstacle à l'émotion et c'est bien leur meilleur éloge. La mémoire de Luc Hommel doit ressembler à la vitrine où pendent des scapulaires, où brillent les bâtons de réglisse. Il pourrait être tenté de décrire minutieusement, d'accentuer la « couleur locale ». Heureusement, il sait choisir: un détail lui suffit à préciser tel portrait : « Il porte des lunettes avec un petit bourrelet de velours pour qu'elles ne le blessent pas au nez qu'il a long et maigre. » « Il a fait le fils dans « Guillaume Tell. » Reconnaissons chez ce débutant les qualités des prosateurs de sa race. Louons, en particulier, une sobriété rare, un sens aigu des cruautés de l'enfance, une élégance naturelle, la pudeur du sentiment. Luc Hommel écrit des histoires rustiques qui sentent bon. |
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P.F.
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| HENRY-JACQUES : LA SYMPHONIE HÉROIQUE. POÈMES. (Ed. Belles-Lettres, Paris). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Le livre de M. Henry-Jacques est incontestablement le plus grand poème que la guerre ait inspiré; la guerre en action et en passion, la guerre des obus et du cafard. Le meilleur? Je serais tenté de le croire. Bâti sur le plan classique de la symphonie, il fait monument, avec des matériaux de diverses qualités, parfois excellents, mais péchant souvent par l'extrême abondance. Toute la guerre est là : le mouvement rapide, un peu cahotique du début, la « marche funèbre » planant bientôt au-dessus des hommes, reprenant sans cesse comme un thème inéluctable, le « scherzo «, c'est-à-dire les rêves du soldat, le désir de l'homme, l'élan du cour, les vibrations, les spirales, du sentiment et de la pensée, et enfin le « finale » qui fait prévoir la paix, mais avec quels tourments encore et quelles déceptions! Les parties réalistes et nues de ce vaste poème épique, ses surfaces, si je puis dire, sont les meilleures, et il faut louer l'auteur de n'y avoir introduit nulle rengaine humanitaire ; ce qui n'empêche pas qu'on y sente le dégoût, la terreur, le morne ennui, tout cela qui est vraiment le côté sale des destructions. L'oeuvre, de M. Henry-Jacques est pleine de souffle ; elle eût gagné peut-être en étant plus concise, mais on y sent beaucoup de sincérité et le poète trouve des images, parfois, d'une belle netteté de contour et de ton. |
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LOCH.
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| RENÉ VERBOOM : LA COURBE ARDENTE. (Ed. du Septentrion, Bruxelles). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Ce volume a été couronné par l'Académie des Lettres de Belgique. Ce n'est pas un honneur pour René Verboom, mais c'est un bon point pour l'Académie. Il se trouve que le livre remarqué par ce corps de vieillards est vraiment un bon livre. René Verboom est de ceux, très rares en Belgique, qui poursuivent la revision du vieux code poétique, sans snobisme, avec l'unique souci de bien faire et de servir la poésie; sans doute parce qu'il possède à fond le vieux méfier et qu'il lui est possible ainsi d'apercevoir le bois mort à abattre pour donner du jour aux nouvelles pousses. La «Courbe ardente» décèle un poète déjà affranchi et capable de modeler la matière palpable et flexible de ses sensations. La plupart des poèmes de ce recueil témoignent d'un sens critique très développé; qualité qui paraîtra un défaut, à ceux qui s'imaginent que l'inspiration est une maîtresse que fait pardonner les pires faiblesses, mais que je me plais à proclamer, en affirmant que les poètes belges en font trop souvent fi. Le poète capable de se critiquer, de choisir parmi les mouvements de son instinct et les souvenirs de son imagination, de coordonner ce qui s'entrechoque en lui, ce qui grouille, et cela sans avoir recours a l'ancienne métrique, est vraiment celui qu'attend et que désire notre époque lassée de romantisme facile et fermement décidée à construire sur les ruines. René Verboom, ou je me trompe fort, est l'un de ceux sur qui l'on peut compter, pourvu qu'il ne s'arrête pas sur le chemin ardu des recherches pour l'acquisition d'un nouveau métier du vers, de ce vers qu'on appelle libre aujourd'hui et qui, demain, sera classique. |
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LOCH.
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| LISE HIRTZ : IMAGES DANS LE DOS DU COCHER. (Ed. des Feuilles Libres, Paris). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Page 7, il y a ce titre « Offrande », suivi de trois lignes de points, où je puis, si je veux, écrire mon nom et celui de mes auteurs préférés. Trente pages d'aimables naïvetés et de chatteries intelligentes. Cet ouvrage, qui a sûrement le mérite de justifier son titre, comprend, en outre, onze cent quarante-neuf points de suspension. Un gracieux effort typographique et littéraire. |
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M. du D.
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| THOMAS HARDY: LE MAIRE DE CASTERBRIDGE (Nouvelle Revue Française, Paris). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Ce roman, écrit en 1886, et qui fait partie de la série des Romans du Wessex, où Thomas Hardy a mis le meilleur de son prodigieux talent, porte comme sous-titre, dans l'édition anglaise, « Vie et Mort d'un Homme de caractère ». Cet homme, dont le caractère violent fit aussi bien la fortune que la débacle, parti le sac au dos, devient maire de Casterbridge. Comment il parvint à cette haute situation et comment arriva la catastrophe qui le précipita de nouveau au plus bas de l'échelle, tel est le sujet de ce livre touffu et violent. Le caractère de Henchard est admirablement tracé et mis en action; c'est un impulsif, aussi rapide à l'amour qu'à la haine; homme du premier mouvement, et cependant d'une volonté assez tenace pour accomplir à la lettre un 'serment d'abstention, d'une durée de vingt ans! Mais ce n'est pas seulement la peinture du caractère qu'il faut admirer dans cet ouvrage; les jeux du hasard, les bizarreries de la destinée, voilà ce que Thomas Hardy sait nous montrer avec une étonnante lucidité et sans ce ton d'amertume et de pessimisme qui en rétrécirait la signification humaine. Si les personnages de second plan ne sont pas dessinés avec toute l'énergie voulue, peut-être est-ce pour mieux faire valoir le relief des figures principales et surtout de la figure centrale, de cet homme dont tous les efforts sont tendus pour « remonter la côte de la vie », pour atteindre à des destinées plus hautes. Si ce même homme, déchu, ne souhaite plus « faire à nouveau une arène d'un monde qui n'était plus pour lui qu'un décor de théâtre », ce n'est pas que les qualités vitales de son caractère l'aient abandonné. Il pouvait chercher dans la mort une fin à ses tortures. La mort vient à sa rencontre et c'est « physiquement » qu'il succombe, le moral tenant encore. Ce roman qui nous peint « un tableau de la vie en mouvement » est une des oeuvres les plus attachantes du grand romancier anglais. |
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F.H.
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| CÉLINE ARNAULD POINT DE MIRE. (Collection Z., Jacques Povolozky, Paris). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Si l'on dit jamais d'un poème qu'il est bien lyrique, avec quelque complaisance, l'on peut déduire que le lyrisme est la propriété des mets à l'aide de quel système la littérature la plus contestée devient valable. Mme Céline Arnauld estimera sans doute que j'en traite un peu librement. Et que je lui devais de mieux écrire sa défense. Pourtant j'aimerais que cette manière lui fût agréable. Au point de mire, Céline Arnauld observe l'eau, la flamme, le vent, mais après cette mise au point, les éléments ont un tout autre aspect et des traits communs. Une phrase ou maxime y prend même un joli reflet d'or louche « Le scepticisme de ceux qui nous entourent nous est aussi cher que leur amitié ». Un portrait de l'auteur par Halicka précède les poèmes. |
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P.P.
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| ANTON TCHEKHOV : TROIS ANNÉES, SUIVI DE LA SALLE No 6. (Ed. Rieder et Cie, Paris). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Les traductions des oeuvres de Tchekhov qui paraissent depuis quelques années nous persuadent que cet écrivain, si longtemps méconnu en France, fut l'un des plus grands, non seulement de l'époque de la libération, mais encore de tout le dix-neuvième siècle. Comme romancier et conteur, il peut être mis en parallèle avec Dostoïevski, et il dépasse certainement Tourguéneff. Les deux grandes nouvelles, ou petits romans, que vient de publier l'éditeur Rieder, dans sa collection déjà, riche des prosateurs étrangers modernes, sont parmi les oeuvres les plus importantes, parues en français, de Tchékhov; on ignore généralement ici, que le conteur russe dont nous parlons fut un des plus féconds écrivains de son époque, et que son oeuvre complète forme environ trente-deux tomes... Psychologue non moins profond que Dostoïevski, Tchekhov a sa manière à lui de dépeindre le drame humain il n'a pas l'air de le prendre trop au sérieux, il semble ne faire que l'esquisser, l'effleurer, et, l'on ne sait par quel sortilège, il parvient à creuser en profondeur et à émouvoir. Par la demi-teinte, par de légers coups de brome, ses portraits et ses tableaux atteignent au vrai pathétique. Trois années, c'est l'histoire d'un homme laid, fatigué de la vie banale d'un milieu commerçant de Moscou; il a épousé par amour une femme qui ne l'aime pas, mais qui a accepté ce mariage pour changer de milieu et chercher à Moscou les distractions qui manquent généralement en province. Ayant goûté toute la lyre de ces distractions, et après la mort de son enfant, elle s'aperçoit du vide de sa vie, finit par découvrir les mérites de son mari et par l'aimer; mais celui-ci, las de la vie de tortures et d'humiliations qu'il a endurée ne réagit plus à cet amour tardif. La Salle n° 6 est un drame non moins navrant qui met en scène le Dr Ephimitch, directeur d'un hôpital de province. Esclave de ses habitudes, de caractère inoffensif et faible, submergé par la routine de sou administration, il aperçoit bien la saleté et la misère de l'institution qu'il dirige, mais il est empêché d'y porter remède par le mauvais vouloir du personnel. Il a commis une faute irréparable : Ephimitch a pris au sérieux l'un des fous de la Salle n° 6 et s'est pris d'une sorte d'affection pour cet homme maltraité par la vie et très intelligent. Le médecin-adjoint le fait passer pour malade et incapable de diriger l'hôpital et se met petit à petit a sa place. Supplanté, Ephimitch se trouve sans moyens de vivre ; stoïquement résigné à tout, il se laisse aller à sa destinée, mais ses ennemis ne s'en tiennent pas là et parviennent à l'incorporer dans cette Salle n° 6, où il est entré si souvent pour distraire la solitude du fou. Là, Ephimitch s'aperçoit pour la première fois de la tragédie des pensionnaires de cet asile ; son stoïcisme tombe, et il finit par être terrassé par l'apoplectie. Ces deux drames, l'un d'apparence quotidienne, l'autre plus particulier, cas plus rare, sont contés avec une simplicité de moyens qui déconcerte. On y sent le génie d'un écrivain de race et la clairvoyance d'un esprit d'une rare acuité. |
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F.H.
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| PROSPER MÉRIMÉE: LA DOUBLE MÉPRISE. INTRODUCTION PAR EDMOND JALOUX. (Au Masque d'Or, Devambez. Paris). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| « Peu d'écrivains ont moins dit que lui ce qu'ils avaient à dire », écrit Edmond Jaloux dans son élégante préface, et il ajoute : « C'est une science rare et exquise que de laisser son lecteur à la fois heureux et insatisfait. » La liste ne serait pas longue à dresser des écrivains qui ont possédé cette science; science dangereuse et qui exige de l'auteur un sens parfait de l'équilibre, car il s'agit de ne pas se retenir trop, de ne pas laisser voir sa pudeur ou son amour-propre, de ne pas laisser croire au lecteur que cette retenue peut cacher quelque inhabileté ou quelque crainte. L'écrivain pèche généralement en prétendant dire plus qu'il n'est capable. La coquetterie de cette charmante collection du Florilège français consiste à orner l'édition de quelques morceaux classiques, par conséquent éprouvés, de préfaces vraiment dignes, et qui s'harmonisent avec l'oeuvre, de préfaces qui ne sont là ni pour servir, ai pour expliquer, ni pour ajouter surtout, mais pour accompagner comme un ami accompagne un ami. La préface d'Edmond Jaloux se montre ainsi; j'ai l'impression qu'elle s'entretient spirituellement avec l'ouvre de Mérimée, quand elle dit : « Ce qui l'amuse (Mérimée) visiblement dans le fait d'écrire, c'est d'unir le style le plus simple, le plus uni, le plus glacé, à quelque chose de singulier et de retors, de cruel ou d'ambigu; c'est une certaine taquinerie à notre égard qui va jusqu'à la méchanceté. Avec une langue aussi exquise que celle de Mérimée, avec un emploi aussi savant de la présentation, des silences, des demi_mesures, des réticences et de l'ironie, un auteur excellent pourrait écrire sur des sujets bien différents des nouvelles analogues; elles ne ressembleraient en riais aux siennes et ne nous donneraient certainement pas cette impression de perfection un peu mystifiante, parce qu'il y manquerait avant tout la contradiction entre le fond et la forme, qui est peut-être la dernière ressource de Mérimée pour échapper à notre jugement. » Et j'entends Mérimée se récrier et assurer qu'il ne veut rien cacher, qu'il dira tout. Mais Edmond Jaloux a raison de sourire. |
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F.H.
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| HENRY THOREAU : DÉSOBÉIR. (F. Rieder, Paris). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Les pas bien comptés d'une marche c'est Henry Thoreau qui descend vers l'étang ou la rivière. Après la promenade apéritive, une halte sur les berges fraîches et l'arpenteur commence d'écrire. La direction des eaux lui indique assez le sens de la vie pure; j'entends bien qu'au génie profond de Thoreau et à ce retour vers l'Eden, l'on oppose une autre méthode, celle qui, depuis plus d'un siècle, prévaut. Tout le problème est là, autour du mot : progrès. Thoreau vécut en Amérique, au village d'Angleterre-Neuve : Louis Fabulet et cette fois, Léon Bazalgette, ont traduit ses livres, quelque cent ans après sa naissance. Une certaine verve drue et saine sert Thoreau dans la dépense de ses idées, sa prose a l'odeur de la terre ou de l'herbe que le vent agite. Un méridional dirait excellemment que Thoreau se « régale » de campagne et de paysages. Mais si sincère soit la parole de l'arpenteur, il n'est guère de principes par lui acceptés dont on ne puisse prendre honnêtement le contrepied. Exemple : « Le chercheur d'or dans les gorges de la montagne est un joueur, tout comme son camarade des bars de San Francisco. Secouer la boue ou secouer les dés, quelle différence cela fait-il? » L'homme du XXme siècle ne fera pas de « Désobéir », son livre de chevet, ni sa bible. Il y verra plutôt une proposition à la vie meilleure et l'interprétera tout à l'envers. Les pages pour John Brown sont les plus émouvantes. Mais devrai-je reprocher à Brown, autant qu'à Thoreau qui le défend, la coupable faiblesse des apôtres se plier toujours à une idée, au lieu de soumettre l'idée à son caprice? |
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P.P.
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| REVUES DES REVUES | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| LE MONDE NOUVEAU (Juin). Florian DELHORBE: Essai sur l'Europe. André DINAR : Eloge du Paradoxe. LA REVUE MONDIALE (15 Juin). P.-L. HERVIER Le Centenaire de Shelley. Dr J. FRUSMUSAN Le Rôle social du Praticien. L'OPINION (10 Juin). Jules BERTAUX : La Théâtromanie. Articles de M. M. André THERIVE, LEGRAND-CHARBIER, Gonzague TRUC, etc. IA REVUE HEBDOMADAIRE (3 Juin). Jean VARIOT : Le Centenaire d'Erckmann. Jean FOSCA Prud'hon au Petit Palais. LES MARGES (15 Juin). Thomas HARDY Poèmes. Henri VANDEPUTTE : Phonographies. LA BATAILLE LITTERAIRE (15 mai). Pierre TROCMé Babel. Herman GREGOIRE : Lettre de Martial à Hoang-Tsi-Loung. Gaston PULINGS Paysage. Alix PASQUIER : La Dislocation du temps, d'après Einstein. ÇA IRA (numéro 18). Renée DUNAN : Convexités. Théo VAN DOESBURG : Une Plastique nouvelle en Hollande. CREER (Mai-Juin). Nouvelle revue paraissant à Liege, sous la direction de M. A. PÉTRONIO; M. Gille ANTHELME, secrétaire de la Rédaction. A lire dans le numéro 1 z Louis DUREY : Les Sir-. MELOT nu Dv : Poings fermes. tille ANTHELME z Constant Perme/ee, etc. ACTION (Mars-Avril). J. BUCHER : Pitoëfl'. André MALRAUX : Aspects d'André Gide. Jane MORTIER : Virtuosité, tu n'es qu'un mot! Carl EINSTEIN : De l'Art nègre. Poèmes de André SALMON, Max JACOB, J.-V. PELLER5N. LA RENAISSANCE D'OCCIDENT (Juin). D'une Etude sur Georges Eekhoud, par Maurice BLADEL, dont l'ensemble ne nous satisfait pas, cette juste remarque : Tout Eeckoud est publié en Russie où l'on découvre qu'un Gorki belge existait avant celui que les Slaves encensaient et qu'on aurait pu nommer è plus juste titre, un Eekhoud russe. » COSMOPOLIS (Madrid, Avril). Gabriel ALOMAR : Jorge Sand en Mallorca. VI. K0R0LENK0 El Sueno de Makar. Chronique sur les poètes belges, par Paul NEUHUYS. INDICE (Madrid, numéro 4). Manuel G. MORENTE : Pequeno ensayo sobre ta Risa. - Pedro SALINAS : Poesias. Corpus BARGA : Vaientina. Alfonso RaYES Chesterlon y la historica inglesa. DIE AKTION (Berlin, Mai). Otto RUHLE : Zum Fall Goethe. Carl STEINHEIM Frans Masereel. DER STURM (Berlin). Numéro consacré aux Dadaïstes français Tristan TZARA Le Coeur a Gaz. Ph. SOUPOULT Cross-country en deux actes. André BRETON : Cartes sur les Dunes. Louis ARAGON Les Etoiles. ELUARD Rubans. Morceaux de RIBEMONT-DESSAIGNES, B. PÉFIET, Max MoRISE, J. BARON, Th. FRANCKEL, Roger VITRAC. De STYL (Avril 1922). M. Théo VAN DOESBURG réunit dans cet intéressant numéro quelques articles résumant les débats et les Voeux du Congrès international des artistes, è Dusseldorf (29-3ï mai 1922). TER WAARHEID (« Vers la Vérité », numéro 5). Très intéressante et vivante revue internationale des idées, des arts, des littératures, sous la direction de M. Van Severen; on y trouve des articles originaux en flamand et en français, et des extraits caractéristiques des articles marquants des principales revues d'avant-garde de l'Europe, destinés à la diffusion, dans la partie flamande de la Belgique, des idées et des courants artistiques modernes. |
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| LIVRES REÇUS | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| ANDRE GIDE : Les Caves du Vatican (Nouvelle fleue française, Paris). HENRY-JACQUES : Le Voyageur de Nuit (éd. Le Monde nouveau, Paris). ROBERT BANDEAU : Le Chef des Porte-plume (Id.) GOETHE : Le Serpent vert (H.) A. KOUPRINE Sulamite (Id.) F.-J. ENGELBERTS Souvenirs de Famille (Id.) CLEMENT-JANIN : Victor Hugo en Exil (Id.) MARCEL BARRIERE Essai ur le Donjuanisme contemporain (id.) JULES ROMAINS : Lucienne (Nouvelle Revue française, Paris). ANDRE THERIVE : Le Voyage de M. Renan (Grasset, Paris). FAURE-BIGUET La Fiancée morte (Flammarion, Paris). LISE HIRTZ : Images dans le dos du cocher (Ed. Feuilles Libres, Paris).- GEORGES LINZE : Les Forces comparées (Liege). JEAN COCTEAU : Vocabulaires (La Sirène, Paris). MARCEL MARTINET La Nuit (Ed. Clarté, Paris). GABRIEL MOUREY : L'Oreiller des Fièvres et les Chansons de Leila, poèmes (Librairie de France, Paris). | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| EDITIONS DU «DISQUE VERT » | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Le premier volume .des éditions du «DISQUE VERT », NOTRE MERE LA VILLE, poèmes d'Odilon-Jean Périer, est sous presse. Nos lecteurs trouveront dans le présent fascicule un bulletin de souscription à cet ouvrage. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Le Disque Vert
1ère Année n°4 - Août 1922. |