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Nouvelle politique.
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Ce matin-là avait mis à l'Arc de Triomphe un violet tout récent. Ce pastel était si délicat que je m'y embarquai absolument et mon tramway passa sous les belles pierres blanches de l'Arc de Triomphe. J'engageai la conversation avec le receveur qui était un joli garçon. I. me conseilla, de descendre au troisième arrêt, ce eue je fis, lui laissant. à titre personnel, le prix de ma place. Je pénétrai à l'intérieur de la gare. je montrai une carte d'identité (je m'aperçus que c'était celle d'Alice). Un employé me dit de m'adresser au sixième guichet à gauche où je donnai une couple de pièces d'or à l'effigie de mon roi. Je reçus deux francs et un carton. Comme je le tenais à la main, on me le prit pour y faire un trou. Je demandai: « Où dois-je me rendre? » - « Deuxième voie. » - « Merci. » Sur le quai, je demandai: « Où dois-je aller? - « Vous y êtes. » - « Merci. » Avez-vous déjà vu un train au repos? Les gens sont toujours pressés et perdent ainsi leur temps. Comme le train partait, je lus distinctement: Ostende-Cologne et aussi le mot International. Peu à peu, ne resta qu'une petite fumée. Un porteur me heurta. Il me dit: « Votre train est parti. »Et il semblait joyeux. - Que dois-je faire? - Ah! bien, prenez le suivant. Il y en aura un dans deux heures. - Merci. Je marchai droit devant moi. J'arrivai sur le ballast. J'étais très heureux, car j'avais près de deux heures avant de prendre le train. Je m'étendis sur la cendrée. Je réfléchis: je pensais partir en voyage. Je sortis de mon portefeuille les lettres auxquelles je réservais une réponse. Répondre ne me semblait plus opportun. Avec ma cigarette et mon souffle, je parvins à les brûler, ce que je n'avais jamais pu faire en d'autres circonstances. J'entendis distinctement quelque bruit. M'appuyant sur un coude, je vis des hommes s'approcher d'une des voies, se baisser et s'éloigner. Et je crois bien que je fus certain qu'ils avaient placé là un bombe. Car, comme je m'assoupissais, je fus secoué par un grand fracas, tandis qu'une épaisse fumée et quelques flammes m'environnaient. Une de mes lettres même, qui n'avait pas brûlé, fut consumée, ce dont je me réjouis à cause du soin que j'ai toujours pris à ne pas laisser traîner les lettres un peu bêtes que l'on m'envoie. Des ouvriers et employés passaient lorsque ce grand bruit se fit entendre. Ils se cachèrent dans un wagon abandonné - une-demi heure. Soudain, ils se jetèrent sur moi avec beaucoup de brutalité et me firent fort souffrir. Je fus garotté et mis en prison. Le gouvernement belge décréta que je serais pendu. Ce qui eut effectivement lieu. |
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Cologne, mans 1924. |
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ÉRIC DE HAULLEVILLE.
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Le Disque Vert.
(4ème série 4 numéros) n°2 - Janvier 1925. |