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ISIDORE DUCASSE.
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| Je crois que l'heure de Lautréamont a sonné. Sans doute, les curieux de lettres, les vrais lettrés, ne l'ont jamais ignoré. Avec Rémy de Gourmont, ils reconnaissaient l'étrange, l'effarante puissance des Chants de Maldoror, et en admiraient la nouveauté, l'originalité, l'abondance des images et des métaphores. Mais nul, jadis, ne sentit Lautréamont près de son cur ! Or l'évolution, la marche des années, la guerre surtout et toutes les ruines noircies qu'elle a laissées en nous, nous ont rendus, tous, proches parents de Maldoror que nous aimons, comprenons et jugeons comme un frère. La révélation qu'il nous apporte ? Le Romantisme dépouillé de son éloquence électorale, un nouveau Romantisme, plus anglais que français, mais apte à traduire nos fougues et nos sarcasmes réticents. Je sais bien que le Romantisme de Michelet et de Hugo vaut mieux que sa réputation dans les vieux groupes littéraires. Je m'en enivre, à part moi. Mais une corde manquait à toutes les lyres, une corde de pudeur, d'humour frémissant, d'irréalité visionnaire et dantesque, une corde de pendu par amour de la vie. Lautréamont nous l'apporte, cette corde, Lautréamont ami des hommes. Et nous tous, poètes d'aujourd'hui, plus nombreux que des poux, nous l'en remercions en de longues prières. |
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PAUL DERMÉE.
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Le Disque Vert.
4ème Série, N°4. 1925. |