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I.
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Le voyageur, qui vient de débarquer et qui, tournant le dos au fleuve, pénètre dans le centre de la ville, d'ordinaire il passe non loin des vieilles halles. |
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II.
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| Ce jour n'était plus, en quelque sorte, que le simple anniversaire d'une de ces fêtes de la rue qui, autrefois, éclatait, vers la fin de l'hiver, dans toutes les villes, et les rendait extrêmement vivantes et amusantes. Le nom même de ces fêtes nous paraît aujourd'hui déplaisant et bas. Donc cette soirée n'était pas différente de celle d'un dimanche ordinaire. Comme l'air était assez doux il y avait encore beaucoup de promeneurs, une foule paisible, sur les boulevards du centre. Là-bas, dans une rue presque déserte d'un faubourg, le silence est interrompu par un groupe d'hommes qui passe en chantant une chanson populaire. Leurs voix sont mâles. Le bruit de leurs pas sur les dalles les accompagne quelque temps. Ils s'éloignent. Leurs voix ressemblaient à celles qui, autrefois, s'élevaient pendant les nuits de fête, et sans doute à celles qui, bien avant, dans le passé, s'élevèrent dans les quartiers les plus anciens de la ville. |
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III.
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| C'était plutôt à regret, et comme s'il eût repris son rôle de voyageur, qu'il quittait cette grande ville. Il aurait pu la connaître mieux, y vivre davantage. Déjà il ne l'apercevait plus. Seulement à quelques endroits, le long du fleuve, se montraient encore des rangées de maisons, des ateliers, des hangars. Le fleuve faisait un coude. Il y avait là une bouée, et pendant qu'il la regardait, debout et immobile sur le pont du paquebot, il devina qu'une femme s'avançait vers lui. Elle se plaça à côté de lui. Le paquebot passait près de la bouée, que secouaient des ondes, des remous. L'inconnue se serrait contre l'homme, et cela malgré lui, sans qu'il se sentît la force de la repousser. Enfin elle se détacha de lui, et disparut. Il était de nouveau seul. |
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Paul Desmeth. Au Disque Vert. N°1 - Janvier 1934. |