30 décembre 1924

NANKIN 5

 
 
 

À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

 

Tel usage que l’on fait de la psychologie, de la mémoire, de l’exemple, que l’on croit décisif, qui ne manque pas de l’être, il semble qu’il eut fallu se défier.
Un singulier retour, parfois, l’œuvre de Marcel Proust remonte le cours de ces distractions et de quelques autres, le côté par où elle consent ou parait consentir aisément qu’on la prenne, comment douter encore du temps perdu.

 

Ni qu’il s’agisse d’explications dont nous puissions nous contenter. Ou bien, que faudrait-il que l’on imagine ? Quelle place faudrait-il que l’on donne aux événements ?

 

Ni de revivre.

 

On songe plutôt à quelque nouvelle façon de penser, d’écrire, à un monde que l’on pourrait croire arbitraire, tant il ne tient que de lui-même, tant il ignore cet autre que l’on dit qu’il imite et qui pourtant est bien plus près de l’imiter.

 

Ainsi les découvertes où l’on prenait enfin quelque repos, il est regrettable seulement que ce soit d’une manière telle que l’on voit bien pour finir qu’on en est prisonnier. Ailleurs, pour peu qu’on les néglige, elles ont moins de prix sans doute, mais quel autre, et qu’il n’est plus si difficile de leur donner.

 

CAMILLE GOEMANS.

“Correspondance”
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