Louis AlthusserLouis Althusser - Sur Marx, Machiavel et nous, Lénine et la philosophieLouis Althusser - le courant souterrain du matŽrialisme de la rencontreLouis Althusser - portrait du philosophe matŽrialisteBibliographie de Louis AlthusserBiographie de Louis Althusserportrait du philosophe matérialiste, Louis Althusser

L’âge de l’homme n’a nulle importance. Il peut être très vieux ou très jeune.
L’essentiel est qu’il ne sache pas où il est et ait envie d’aller quelque part.
C’est pourquoi, comme dans les western américains il prend toujours le train en marche. Sans savoir d’où il vient (origine) ni où il va (fin). Et il descend en route, petit bled autour d’une gare ridicule.
Saloon, bière, whisky : D’où viens-tu le mec ? – De loin. – Où vas-tu ? – J’sais pas ! – Y a peut-être du boulot pour toi. – OK.

Et notre ami Nikos se met au travail. C’est un Grec de naissance, immigré aux USA comme tant d’autres mais sans un sou en poche.
Il travaille dur et au bout d’un an épouse la plus belle fille de l’endroit. Il accumule un petit pactole et s’achète le début du troupeau.
Par son intelligence, son sens (Einsicht) du choix des jeunes bêtes (chevaux, bovins) il finit par avoir le meilleur ensemble de bêtes à la ronde – au bout de 10 ans de travail.

Le meilleur ensemble de bêtes = le meilleur ensemble de catégories et concepts.
Concurrence avec les autres propriétaires – paisible. Chacun le reconnaît comme le meilleur et ses catégories et concepts (son troupeau) comme les meilleurs.
Sa réputation gagne l’Ouest et le pays entier.

De temps en temps il prend le train en marche pour voir bavarder écouter – comme fait Gorbatchev dans les rues de Moscou – on peut d’ailleurs prendre le train sur place !

Populaire plus qu’aucun autre il pourrait être élu à la Maison-Blanche, lui parti de rien. Non. Il préfère voyager, descendre dans la rue, c’est comme ça qu’on comprends la vraie philosophie, celle qu’ont les gens dans la tête et qui est toujours conflictuelle.
Bien sûr il peut aussi régler des problèmes, apaiser des conflits mais à condition absolue de bien maîtriser ses passions.

C’est alors qu’il lit les Hindous, les Chinois (le zen) et Machiavel, Spinoza, Kant, Hegel, Kierkegaard, Cavaillès, Canguilhem, Vuillemin, Heidegger, Derrida, Deleuze, etc.
Il devient ainsi sans l’avoir voulu un philosophe matérialiste quasi professionnel – non matérialiste dialectique, cette horreur, mais matérialiste aléatoire.

Il atteint alors à la sagesse classique, à la " connaissance " du troisième genre de Spinoza, au surhomme de Nietzsche et à l’intelligence du retour éternel : savoir que tout se répète et n’existe que dans la répétition différentielle.
Il peut alors discuter avec les grands idéalistes. Non seulement il les comprend mais leur explique à eux-mêmes les raisons de leurs thèses ! Et les autres se rallient parfois dans l’amertume, mais quoi

amicus Plato, magis amica Veritas !