Post Nuit, requin en Noir et Blanc, terrasse de Bar... Histoire de
L'aurore qui se dessine toute entière
semble peinte dans une seule gamme chromatique. Il existe encore une certaine
incertitude liée à la pénombre.
Mais on peut les rencontrer, petit
déjeunant à la terrasse de l'Hôtel Montesol.
Neuseta, Alba et les autres. Elles parlent
toutes les langues, arrivent de toutes les parties du Monde et ont toutes la
saveur d'un matin frais. La terrasse est
pleine d'une foule habillée de chiffons coloriés made de tout et de
rien, la tête encore pleine de musique vomie par les baffles géantes
du KU. Il y en a deux là, Elles
rêvent peut-être que la Vie devrait être un calendrier
perpétuel, comme l'envie d'arracher une page gribouillée pour en
commencer une autre en blanc. Mais c'est pas ça. Ça s'entasse en
couches plus ou moins épaisses qui ont toutes une influence sur l'ère
géologique de la Vie. Neuseta a le
long d'une jambe une longue échelle de soie qui descend dangereusement.
Elle porte un ensemble ajusté qui révèle avec la plus grande
insolence des courbes vertigineuses. Un décolleté plongeant. Un peu
osé peut-être. Alba,
étrangère aux restes du monde, doit voler sur une nébuleuse son
iPod diffusant une musique monotone. Son allure contraste avec celle de Neuseta.
Air angélique, tee-shirt blanc XS, paire de jean's délavée et
déchirée sous les fesses. Petite brune aux grands yeux marrons qui lui
donne un air de chercher des bribes de souvenirs
confus.
- Alba, tu as vu mon sac
? - Quoiaaaaaaaaa... , répond Alba
perdue dans l'au-delà... Non pas
vu...
Leurs voix ont brisé le
silence du matin frais. Elles se rendent compte tout à coup que des mecs
ont le regard tourné vers
Elles.
- On te l'a sans doute
piqué, hurle Alba. - Ça
m'étonnerait pas... pffff toute ma vie dedans,
M...
Une table plus loin, y' en a un
style faux sportif trentenaire, sûrement sans tablettes de choc qui nous
adresse un long sourire bovin.
- Dis
Neuseta, tu as fait quoi de ta nuit? - En
fait pas grand chose, comme une pluie fine qui annonce l' irruption d'un
volcan, monter, descendre à en avoir
mal au cœur, à en perdre
conscience... - Allez,
raconte... - Pfff, quel nuuuuuuuul ce
type, pas fait long feu et puis tu sais j'aurais mieux fait de rester chez moi
pour le faire en solitaire, au moins le volcan aurait pété. En plus
quelle manie tordue, on aurait dit qu'il voulait me faire un costume de
salive... - Ah !!! Ben moi, j'ai
dansé toute la nuit, totale éclate et j'ai fini sur la terrasse, en
regardant se lever le soleil, en attendant de te
retrouver... -Tu as raison, c'est ça
le mieux. Parce qu'en résumé, tu as crû en trouver un potable et
quelque heures plus tard tu observes qu'à la lumière du jour le type
n'est même pas à moitié aussi mignon et pour finir qu'il a un cul
affreux.... Les culs c'est comme les melons, tu sais pas s'ils sont bons avant
de les avoir ouvert. Et que ils habitent toujours à perpète, que quand
tu veux prendre une douche, ya qu'un chauffe-eau de l' ère jurassique pour
deux minutes d'eau chaude…que… Maintenant dis moi, si le fait
b… compense??? - Heu ben... c'est
à dire que... Donc si je pige tu as décidé d'arrêter
de…? - Plus ou moins ou
alors…
Le faux sportif n'en
perd pas une miette, les yeux de merlans frits, la langue pendante, là, il
doit au moins traverser la voie lactée.
- Tu sais Neuseta, je crois que si
tu employais toute l'énergie que tu consacres à la chose à autre
chose, tu serais riche. Par exemple, avec tout le temps libre que ça te
dégage, écrit un roman. Ça c'est sublimer ma
vieille... - Oui mais, que
veux-tu... - Et puis tu sais, quand ils
jouent aux amants terribles ils sont insupportables. Des fois on a l'impression
d'être une acrobate de cirque. Un côté hop, un autre hop, cette
manie de nous retourner comme une crêpe... Ou bien alors tu as l'impression
qu'ils révisent toutes les pages du Kãma
Sûtra...!!!
Alba sort un miroir
de son sac et se regarde... Elle voit se refléter l'image du faux sportif
à deux balles qui lui sort lascivement la langue... Elle prend un air
profondément surpris, se lève d'un bond se dirige vers lui avec un
regard méprisant... révélant son niveau de
testostérone.
- P…
ça fait deux fois !!! Mais vous êtes plus dangereux qu'un missile
à tête chercheuse… !!! Vous vous prenez pour qui...?
Cloporte...
Même de sa petite
taille, elle en impose. Le séducteur à deux balles se tasse, rouge de
honte. Mais aussi visible que flottant dans une coupelle de
lait... Alba revient vers Neuseta, regarde
autour d'elle et lance: - Allez Neuseta, je
préfère rentrer que de rester là et assister au
chaos...
"Si on pouvait
nettoyer les pans de la Vie comme des tentures intérieures, faire
disparaître les tâches, tout serait plus
facile..."
Posted at 06:57 PM |
Sam.
- Octobre 6, 2007
Pensendo agua avec un dessin de José-luis Pascual
Je me suis assise devant mon secrétaire de
bois noir. J'ai laissé vagabondé
mon regard sur les photos, sur la lampe de cuivre ventrue d'où pourrait
s'échapper un génie. Il y a aussi un coffre à parfums avec trois
flacons de cristal qui gardent collé au fond des traces de parfum
transformées en substances couleur
miel. Je sais que le temps va me manquer.
J'ai posé mon stylo à encre bleue comme la nuit et j'ai feuilleté
un carnet de croquis. "PENSANDO
AGUA". Un chat dans la nuit qui regarde la
lune se refléter dans la mer, les pêcheurs jettent leurs filets à
la lueur des lamparos qui tracent des raies de lune
sur cette encre
noire. "Elle" prend son bain, elle sourit,
le chat la regarde. Il ne risque pas de sauter dans le
bain. Un chien vient de sortir de l'eau, il
s'ébroue. Mille gouttelettes... des larmes
?? Onze bouteilles à la mer et autant
de messages ? Ce sont ceux que j'ai dû envoyer... Message de Joie,
d'Espoir, d'Angoisse, d'Amour, sans adresses
aucune. Juste comme
ça. Une plage, les pieds dans l'eau,
elle cherche loin devant Elle. Des pieds
dans l'eau. J'adore les pieds. Un miroir.
Elle s'asperge d'eau le visage. Le réveil a dû être difficile ce
matin. Un chien qui boit, regarde son
reflet dans le miroir de l'eau. C'est juste la satisfaction d'un besoin
naturel. Pas le mythe de
Narcisse. Il dessine un corps de Femme.
Réalité de la Vie. Elles sont belles ces mains qui savent
dessiner. Assise sur la plage, instant
fugace de pérennité, ça dure dix secondes ou dix
heures. Femme sortant de sa douche. C'est
une jouissance les yeux
fermés. Pêcheurs ravaudant des
filets avant de partir pêcher... Linge
qui sèche sur une corde de chanvre sur la terrasse. Ce ne sont certainement
pas des draps de soie. Pas là-bas...
Ils sentent le soleil et la douceur de vivre, la fraîcheur et
l'Amour... Nous ne sommes qu'observateurs
(voyeurs..) anonymes de situations quotidiennes et totalement
universelles. Le Monde dans lequel nous
vivons... Le regardons nous vraiment ? Nous
le lisons, mais nous ne le comprenons
pas... Aller à la rencontre de vieux
fantasmes quotidiens pour nous faire
fléchir. Les images sont souvent
porteuses de messages et ouvrent la fenêtre à des sensations
esthétiques et à un flot
d'émotions. Est-ce là toute la
différence entre Interprétations Symboliques et Réalités?
Seul l' Avenir nous le
dira!!! Mais "ça" me manque. J'ai
envie de plonger à nouveau dans cette substance où passent des
tempêtes. Il y a un "couac"... J'ai
peur que "ça" disparaisse...
Posted at 07:45 PM |
Jeu. - Septembre 20, 2007
Rêve en Noir & Blanc...derrière la fenêtre.
Mais que faisais-je donc dans ce lit en fer
forgé, face à une fenêtre, avec
sesvoiles flottants dans la brise, à
califourchon sur un caporal de la Garde Montée
Canadienne...???
Je ne vois pas son visage enfoui sous
l'oreiller...
"Flûte, flûte,
je n'arrive pas à m'ôter de la tête cette rédaction que je
dois faire avec des mots qui ne collent pas du tout mais pas du tout avec Russ
Meyer ou Pauline Réage... quelle drôle
d'idée..."
Décors
escamotables...
Ne pas se tromper pour prendre son
pied, il
faut faire sortir le petit escargot de sa coquille, puis empoigner le totem du
grand sachem et l'entraîner dans un va et vient
fermeau
rythme de sa respiration de phoque avachi et faire voler en éclat les
derniers contreforts de la
résistance... Avalanche de petits
cailloux, pfffffff mais non de testostérone, d'hormones en folies, d'odeurs
libidineuses, de triste (fou) foutre ...
Qu' On m'apporte ses roupettes sur un
plateau de cuisine... pour en faire des paupiettes...
Faire sonner le
réveil... J'ai dû rêver...
Rêve de castration ???? Le redoutable
ordre logique, grand semeur de troubles a réussi à me persuader que
rien n'avait existé de cet épisode auquel je viens de faire
référence... Non je ne suis pas
cette blonde au cul de panthère, cette beauté généreuse et
pulpeuse, aux gros seins débordants de partout qui chevauche un Caporal de
la Garde Montée Canadienne...