III - TISSUS CONJONCTIFS
CLASSIFICATION
III-1
TISSUS CONJONCTIFS NON
SPECIALISES
III-1-1 TISSU MÉSENCHYMATEUX EMBRYONNAIRE
III-1-2 LE TISSU CONJONCTIF GELATINEUX
III-1-3 LE TISSU CONJONCTIF FIBREUX LACHE
III-1-4 LES TISSUS CONJONCTIFS FIBREUX DENSES
III-1-5 LE TISSU RETICULE (traité avec les tissus sanguins)
III-2 TISSUS CONJONCTIFS
SPECIALISES
III-2-1 T.C. ADIPEUX*
- TISSUS CARTILAGINEUX
- TISSUS OSSEUX
III-3 TISSU
SANGUIN (et tissu
réticulé)
(*) les tissus conjonctifs adipeux sont
traités, selon les précis, en tant que tissus non
spécialisés ou spécialisés
Les tissus conjonctifs sont sans nul
doute, avec les tissus musculaires, les tissus les plus
représentés dans lorganisme humain. Ils sont
très diversifiés, tant sur le plan morphologique que
sur le plan fonctionnel. On peut cependant retrouver un certain
nombre de propriétés communes permettant de les
identifier :
- Ils dérivent tous du mésoderme et ont donc pour
cellules souches primordiales les cellules
mésenchymateuses
- Ils ont tous une architecture diffuse, occupant souvent des
espaces sans limite nette, du moins lorsque le tissu conjonctif
nest pas spécialisé
- Dans tous les cas les cellules constitutives ne sont pas
jointives : il ny a jamais de jonctions serrées
- Une subtance intercellulaire est toujours présente ; elle
porte fréquemment le nom de matrice extracellulaire
- Cest généralement la nature très
variable de la composante extracellulaire qui détermine la
catégorie de tissu conjonctif
- Les fonctions des tissus conjonctifs sont aussi très
diversifiées :
- rôle de soutien - rôle de transport et de transferts
métaboliques
- rôle de défense - rôle de stockage
- rôle énergétique - rôle de
réparation
Cest dire limportance que revêt le tissu
conjonctif.
Nous retiendrons la classification présentée page
suivante.
III
- 1 TISSUS CONJONCTIFS NON
SPECIALISES
III-1-1 LE MESENCHYME
EMBRYONNAIRE

Cest le tissu fondamental
directement issu du mésoblaste primordial et de la
ligne primitive (voir
cours dembryologie descriptive). Il
apparaît demblée sous forme de la lame
latérale (3ème feuillet embryonnaire),
constituée de cellules indifférenciées
totipotentes, les cellules mésenchymateuses*. Ces cellules
seront ensuite à lorigine, en se différenciant
à partir de la lame latérale, de tous les autres tissus
conjonctifs observés après la naissance**, quils
soient spécialisés ou non.
Le mésenchyme primordial persistera au cours de la vie
embryonnaire dans tous les espaces où la lame latérale
ne sest pas différenciée. Ce tissu comble donc la
plupart des espaces non identifiables en organes ou tissus
compacts.
**) notons quune partie de la composante
mésenchymateuse a aussi une origine plus précoce et
extraembryonnaire (cf. la placentation et la vascularisation
extraembryonnaire)
*) La cellule mésenchymateuse sera aussi à
lorigine du tissu musculaire.
Nous choisissons pour exemple de description la zone du
mésentère postérieur primitif.

Cette zone montre bien les potentialités de
différenciation du mésoblaste :
- Non seulement le mésoblaste fournit le feuillet
splanchnopleural qui deviendra le feuillet viscéral du
péritoine : il sagit dun épithélium
pavimenteux, futur mésothélium péritonéal
ou séreuse péritonéale.
- Mais le mésoblaste, même si cela est moins visible,
fournit aussi un tissu de comblement. Cest ce dernier
qui correspond au mésenchyme embryonnaire. Il est
particulièrement visible dans le mésentère qui
relie lintestin primitif à la paroi postérieure
du corps de lembryon.
Cependant, le mésenchyme embryonnaire est loin de
nêtre quun tissu de comblement. le
mésenchyme embryonnaire est aussi un tissu très
évolutif, multipotent.
Il se condense dans certaines zones pour évoluer vers des
différenciations spécifiques. La condensation
mésoblastique préalable à la
différenciation est un phénomène très
général au cours de lembryologie : condensation
des somites, condensation du sclérotome autour du tube neural,
condensation du myotome, etc.
Dune façon plus générale ces zones de
condensation correspondent, en terme de définition, à
des blastèmes.

Le blastème
métanéphrotique, avec la
différenciation des coiffes
métanéphrogènes sous la poussée du
diverticule urétéral, est un exemple typique. Il en est
de même pour lextrémité caudale en
croissance du canal de Wolff, pour la condensation de la colonne
para-mésonéphrotique, pour la condensation des ilots
sanguins primitifs, etc.
MORPHOLOGIE GENERALE DU
MESENCHYME EMBRYONNAIRE
Lexemple du
mésentère primitif
(voir
le cours
et la figure
correspondante en embryologie descriptive)
Le tissu mésenchymateux est séparé de la
cavité coelomique par la splanchnopleure,
épithélium dorigine mésoblastique ou
mésothélium(1).
Les cellules mésenchymateuses (2) sont dispersées dans
une trame matricielle de nature essentiellement liquidienne.
Contrairement au tissu conjonctif observé chez ladulte
(voir plus loin), les fibres de type collagénique sont peu
nombreuses. Il sagit essentiellement de fibres de
réticuline (voir plus loin). les cellules possèdent de
fins prolongements cytoplasmiques (3) qui peuvent
sinterconnecter ou entrer en contact avec la trame. Les espaces
matriciels ont les caractéristiques dun gel plus ou
moins fluide, dans lequel les cellules mésenchymateuses
peuvent migrer. La fluidité et le niveau dexpansion des
espaces matriciels dépend largement de la concentration en
acide hyaluronique (voir cours dembryologie causale).
Noter par ailleurs les nombreux vaisseaux capillaires (4) (les
vaisseaux résultent de la différenciation in-situ du
mésenchyme ; voir le cours dembryologie). les mitoses
(5) sont également très nombreuses: il sagit
dun tissu en croissance rapide.

Nota : Sur ce schéma les lames basales
nont pas été dessinées ; en particulier
entre le mésothélium et le mésenchyme, ainsi
quautour des cellules des vaisseaux capillaires
LE MESENCHYME
EMBRYONNAIRE : Aspect en microscopie
optique
Laspect est a priori décevant et
cest la microscopie électronique qui a permis de mieux
comprendre lhyperactivité de ce tissu : les cytoplasmes
des cellules sont très clairs ; la substance fondamentale et
la trame matricielle restent transparentes avec les colorations
histologiques standards.
Seuls les noyaux sont nettement visibles, avec une chromatine
décondensée (euchromatine), avec un ou plusieurs
nucléoles hypertrophiés (n).
Outre la présence de volumineuses cellules histiocytaires (H,
voir plus loin), noter lirrégularité de taille
des noyaux. Cette anisocaryose est banale en embryologie. Chez
ladulte, elle pourrait traduire un niveau de souffrance et/ou
de mauvais contrôle de la différenciation,
évoquant déja un certain degré de dysplasie

Plusieurs points caractérisent cette cellule
totipotente et pluriactive: 1- Son noyau est très décondensé,
riche en euchromatine : c'est la preuve d'une expression
transcriptionnelle très intense et
diversifiée, confirmée par la présence
d'un nucléole hypertrophié. Le
réticulum granulaire et les ribosomes sont
également très abondants. La cellule
mésenchymateuse est donc engagée dans de
très nombreuses synthèses protidiques. Nous
retrouverons des caractéristiques similaires pour le
fibroblaste du tissu conjonctif fibreux de l'adulte 2 - Elle émet de très nombreux
prolongements cytoplasmiques : c'est une cellule
étoilée. Les prolongements de cellules voisines entrent souvent en
contact, mais sans jonctions serrées. 3 - La cellule interagit avec le réseau matriciel,
surtout fait de fibres de réticuline (flêche).
Cette adhésivité à la trame explique
à la fois l'ancrage de ces cellules, mais aussi leur
capacité à se mobiliser (voir
l'embryologie causal et moléculaire
chapitre1-1)
LA CELLULE
MESENCHYMATEUSE

LE ROLE PRIMORDIAL DE LA
CELLULE MESENCHYMATEUSE
On ne saurait trop insister : la cellule
mésenchymateuse est probablement une des cellules princeps du
développement. Il suffit pour sen convaincre de
récapituler tous les évènements qui
découlent du devenir de la ligne primitive à partir de
la formation du chordo-mésoblaste...

Brièvement, la cellule
mésenchymateuse cest, en tout ou partie :
les endothéliums vasculaires, les mésothéliums (péritoine, plèvre, péricarde),
lépithélium germinatif, les cellules osseuses,
les cellules cartilagineuses, toutes les cellules musculaires,
les voies génitales, toutes les cellules des tissus conjonctifs non spécialisés,
les gonades, les blastèmes néphrotiques et le rein définitif, etc.
et même une partie du tube neural (neurulation secondaire caudale),
... La liste est loin dêtre exhaustive.
Nota : les cellules mésenchymateuses
nexistent que chez lembryon. Néanmoins un certain
nombre de cellules réticulées ou fibroblastiques,
conservent après la naissance des potentialités de
différenciation considérables. Les concepts de cellules
souches et de lignées progénitrices seront repris avec
le tissu sanguin
III-1-2
LE TISSU CONJONCTIF
GELATINEUX
Il est très peu répandu chez
le foetus, et encore moins chez ladulte comme le montre le
tableau ci dessous
Au plan morphologique, il ressemble beaucoup au tissu
mésenchymateux avec des cellules étoilées,
souvent en réseau par leurs prolongements cytoplasmiques. La
matrice extra cellulaire est très claire, ne contenant que peu
de fibres.

Ce tissu possède deux
caractéristiques essentielles :
- Une faible activité cellulaire ; il sagit
dun tissu nayant aucune vocation
différenciatrice.
- Une sécrétion intensive dacide
hyaluronique, rendant la matrice turgescente. Cette tension
matricielle évite que le cordon ombilical ne se collabe et
provoque un arrêt de la circulation foeto-maternelle avec
ischémie foetale au cours des torsions du cordon.
ASPECTS
MORPHOLOGIQUES

Voir le devenir des cavités en embryologie descriptive, expliquant la présence possible du canal allantoidien et du canal vitellin, surtout dans la zone du cordon proche de l'ombilic.
Noter limportance volumique de la substance
fondamentale (gelée de Wharton)
Lépithélium amniotique est de type cubique. Il
repose sur une lame basale. La présence de
microvillosité apexiennes traduit des capacités
déchanges et de transferts liquidiens (voir plus tard le
cours sur les épithéliums)