Pour ses conférences en amphithéatre, le Docteur Patrick PHILIP a fait un effort considérable pour vous proposer une présentation didactique et moderne de l'Histologie Générale. Je l'en remercie ouvertement. Assister à ses conférences vous aidera considérablement dans la démarche ultèrieure de mémorisation.
Je tiens à souligner que les différentes approches qui vous sont proposées ne sont pas exclusives. Bien au contraire : elles se potentialisent.
Une démarche optimisée de formation devrait être :
- D'abord lire en ligne ces pages
à l'écran, pour une première
compréhension de l'histologie
- Ecouter ensuite la présentation du Dr Philip en cours : sa
présentation, originale et particulièrement didactique,
insistant sur certains domaines clefs, développant certains
thèmes au dela du document de base, vous permettra de
dépasser le livresque pour acquérir l'esprit de
l'histologie morphofonctionnelle.
- Enfin étudier et apprendre sur les documents en version pdf.
Les fichiers pdf sont les réels documents de travail
personnel, en articulation avec les questions de réflexion et
les FAQs. (je rappelle que seul le contenu des documents .pdf est
exigible pour le
concours).
I
- GENERALITES
1
- NOTIONS DE TISSUS ET ORGANES
2
- ORIGINE DES TISSUS
3
- LES 4 GRANDS GROUPES TISSULAIRES
4
- LA VARIABILITE TISSULAIRE : QUELQUES TERMES A CONNAITRE
II
- TISSUS EPITHELIAUX
1
- TISSUS EPITHELIAUX DE REVETEMENT
2
- TISSUS EPITHELIAUX GLANDULAIRES
III
- TISSUS CONJONCTIFS
1 - TISSUS CONJONCTIFS NON SPECIALISES1) TISSU MÉSENCHYMATEUX
2) LE TISSU CONJONCTIF GELATINEUX
3) LES TISSUS CONJONCTIFS FIBREUX : LACHES OU DENSES
2 - TISSUS ADIPEUX
3 - TISSUS SQUELETTIQUES
4 - TISSU SANGUIN
1 - TISSU MUSCULAIRE STRIE SQUELETTIQUE
2 - TISSUS MUSCULAIRE LISSE
3 - TISSUS MUSCULAIRE STRIE CARDIAQUE
V -
TISSUS NERVEUX
VI -
QUESTIONS DE REFLEXION
RECOMMANDATIONS
Dans ce cours d'histologie générale, conforme au
programme national, nous nous sommes attachés à
souligner les points essentiels de la morphologie, ceux utiles
à la compréhension des mécanismes biologiques,
en évitant de fournir des notions de détail qui
alourdiraient inutilement votre mémoire.
Nous avons fait une large part à l'illustration car la
mémoire visuelle est capitale en histologie.
A coté de l'illustration personnelle, de nombreuses
figures de ce document sont interprétées à
partir d'ouvrages de référence. Nous vous invitons
à les consulter fréquemment, car vous y trouverez une
iconographie plus complète et des renseignements
complémentaires, vous permettant de parfaire vos acquis
- Dadoune JP et coll, Histologie, Flammarion ed.
- Künel W, Atlas d'histologie, Flammarion ed.
- Krstic RV, Atlas d'histologie générale, Masson ed.
- Poirier J et coll, Histologie moléculaire, Masson ed.
L'histologie est d'autant plus facile à retenir que l'on
observe un grand nombre de clichés et d'images, avec des
présentations différentes de la discipline.
L'étudiant peut tirer un grand avantage à la
consultation de sites spécialisés sur internet. Ceux
que nous avons selectionnés ci-dessous sont de très
haute qualité. Vous les retrouverez comme base d'apprentissage
en TP/TD de PCEM-2
Université Catholique de Louvain
:
http://www.md.ucl.ac.be/isto/
Université du Wisconsin :
http://www.anatomy.wisc.edu/
Université du Kansas :
http://www.kumc.edu/instruction/medicine/anatomy/histoweb/
Université de W-Australie :
http://teaching.anhb.uwa.edu.au/mb140/
Karolinska Institutet :
http://www.mic.ki.se/Anatomy.html
Le site de l'institut Karolinska
de Stockholm est un portail d'entrée vers de nombreux autres
sites de qualité.
Par ailleurs, nous fournissons une liste de questions de
réflexion. Il ne s'agit pas de les traiter par écrit
(elles ne correspondent pas directement aux QCM). Elles sont
là pour vous permettre de vérifier votre niveau
d'acquisition des connaissances. Vous vos sentirez prêts si
vous êtes capables, en quelque phrases orales, de fournir une
réponse pertinente et rapide à chaque question de
reflexion. En quelque sorte, elles constituent une check-list
évaluatrice.
Pour ses conférences en
amphithéatre, le Docteur Patrick PHILIP a fait un effort
considérable pour vous proposer une présentation
didactique et moderne de l'Histologie Générale. Je l'en
remercie très ouvertement. Assister à ses
conférences vous aidera considérablement dans la
démarche ultèrieure de
mémorisation.
Je tiens à souligner que les différentes approches qui vous sont proposées ne sont pas exclusives. Bien au contraire : elles se potentialisent.
Une démarche optimisée de formation devrait être :
- D'abord lire en ligne ces pages à l'écran, pour une première compréhension de l'histologie
- Ecouter ensuite la présentation du Dr Philip en cours : sa présentation, originale et particulièrement didactique, insistant sur certains domaines clefs, développant certains thèmes au dela du document de base, vous permettra de dépasser le livresque pour acquérir l'esprit de l'histologie morphofonctionnelle.
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Je rappelle que seul le contenu des documents .pdf téléchargeables en FileSharing est exigible pour le concours : autrement dit, les lectures directement accessibles dans le dossier COURS D'HISTOLOGIE GENERALE (Les liens hypertextes, les adresses internet citées dans les documents renvoient à des notions de culture complémentaire, pour celui qui veut en savoir plus, ou des aides à la compréhension du texte de base).
I
- GENERALITES
I-1
- NOTION DE TISSU

Un tissu est un ensemble de
cellules disposées en un assemblage identifiable sur des
caractéristiques architecturales et topographiques.
Plus précisément :
Un tissu = union de cellules différenciées de
façon identique, et pouvant être
complétées par l'adjonction de structures
spécifiques non cellulaires.
TISSUS SIMPLES ET TISSUS
COMPOSES
Il est classique de distinguer :
- les tissus
simples.
Ils correspondent à 4 entités facilement identifiables,
nécessaires mais suffisantes, pour constituer l'ensemble des
êtres vivants.
Il s'agit :
Du tissu
épithélial
Du tissu conjonctif
Du tissu musculaire
Du tissu nerveux
Ils ont été très
rapidement caractérisés par les premiers
microscopistes.
- les tissus
composés, ou
spécialisés.
Au plan fonctionnel, les tissus simples ne peuvent être
considérés isolément. Ils subissent des niveaux
de différenciation variables suivant leur localisation. Ils
sont en contact avec un environnement matriciel qui se modifie. On
retrouve au sein des tissus des éléments
sécrétés ou métabolisés par les
cellules, etc.
En bref sil nexiste que 4 tissus simples, leur
combinatoire locale dirigée aboutit à des tissus
spécialisés, avec de grandes différences
morphofonctionnelles : Cortex rénal, rétine visuelle,
muqueuse intestinale, tube séminifère, etc.,
Lidentification du tissu composé tient donc compte de
sa localisation topographique et de sa spécificité
fonctionnelle.
Enfin rappelons que deux ou plusieurs tissus en sassociant,
avec la participation dun système vasculaire et nerveux,
vont composer les organes.
DEGRE DE LIAISON
CELLULAIRE INTRA-TISSULAIRE
Sur le plan morphologique, Il faut distinguer deux grands types de
répartitions cellulaires dans les tissus :
- Des tissus à union
cellulaire
serrée.
Ils correspondent à l'ensemble des tissus
épithéliaux : les espaces intercellulaires sont
très étroits, à la limite de la
visibilité sous le microscope optique.
Le tissu du système nerveux central (SNC) entre aussi dans la
catégorie des tissus à union cellulaire
serrée.
Dans le cercle (figure B page 6) est illustrée la similitude
de largeur des espaces intercellulaires dans le tissu
épithélial et le SNC.
- Des tissus à union
cellulaire lâche.
Par exemple le tissu conjonctif. Les cellules sont distantes et les
espaces intercellulaires contiennent une substance
intercellulaire.
I-2 - TISSUS : ORIGINE
EMBRYONNAIRE
(Pour plus dinformation, voir
votre cours d'embryologie
formelle)

Les tissus de l'organisme se développent à partir des
trois feuillets embryonnaires primitifs qui sindividualisent au
cours de la 3eme semaine de la vie intra-utérine chez
lhomme : Il sagit de lectoblaste primaire (ou
épiblaste), de lentoblaste et du mésoblaste(voir
figure).
Chaque feuillet embryonnaire aboutit à des fonctions
spécifiques.
Par exemple l'ectoblaste fournit les téguments et le
système nerveux.
L'entoblaste fournit le tube digestif, l'appareil pulmonaire. Le
mésoblaste fournit les muscles et le squelette, une grande
partie de l'appareil génito-urinaire, etc. (liste
incomplète).
Mais par contre, lévolution des feuillets
embryonnaires ne correspond pas à une
spécificité tissulaire, et le même
type de tissu simple peut provenir de différents
feuillets.
Ainsi, les trois feuillets donnent naissance à du tissu
épithélial.
Le tissu nerveux provient presque exclusivement de l'épiblaste
par neurulation (si on fait abstraction de la neurulation secondaire
; voir cours d'embryologie formelle).
Les tissus conjonctif et musculaire dérivent presque
exlusivement du mésoderme
I-3
- DESCRIPTION
GÉNÉRALE
DES QUATRE TISSUS
FONDAMENTAUX

Le corps humain et celui des autres Mammifères est donc
constitué des quatre groupes tissulaires déjà
cités. A savoir :
Le tissu
épithélial
Il est subdivisé en deux groupes principaux :
- Les épithéliums de surface
: ils forment un revêtement sur la
totalité des surfaces externes et internes de l'organisme.
- Les épithéliums
glandulaires : ils sont constitués
par des cellules spécialisées dans les
sécrétions externe et interne.
NB : certains individualisent aussi les
épithéliums sensoriels. Nous les englobons avec le
système nerveux.
Le tissu
conjonctif
Il remplit d'importantes fonctions métaboliques et de
défense de l'organisme, tandis que le tissu de soutien a
surtout un rôle mécanique. (Le sang est
considéré comme un tissu conjonctif liquide).
Le tissu musculaire
Par la contraction de ses cellules ou fibres, il assure la
mobilité du corps et des viscères.
Le tissu
nerveux
Hautement différencié, il est responsable de la
réception, de la transmission et du traitement de
l'information en provenance de l'environnement et/ou de l'organisme
lui-même.
I-4
LA VARIABILITE TISSULAIRE : QUELQUES TERMES A
CONNAITRE
I-4-1
VARIATIONS NUMERIQUES ET VOLUMETRIQUES DES CELLULES CONSTITUTIVES
D'UN TISSU
La modulation des capacités de
prolifération et de différenciation des cellules,
souvent tributaire des conditions environnementales, permet de
distinguer plusieurs types de variations tissulaires
Croissance
volumétrique = hypertrophie.
Il s'agit d'une simple augmentation de la
taille des cellules, sans prolifération mitotique.
Croissance numérique
= hyperplasie. Le tissu
s'adapte en augmentant le nombre des cellules.
Décroissance
volumétrique = hypotrophie ou
atrophie.
Apparait généralement
lorsque les conditions nutritionnelles diminuent.
Réduction
numérique = Involution ou hypoplasie, aplasie.
Elle apparait aussi lorsque les conditions
nutritionnelles diminuent. Mais elle peut également
résulter de mécanismes plus complexes au cours d'un
processus physiologique ou pathologique.
Dégénérescence.
Elle accompagne les involutions. La
dégénérescence aboutit rapidement à la
mort cellulaire ou tissulaire par deux mécanismes
distincts.
- La nécrose
: C'est une mort brutale de cellules ou de
tissus, résultant d'une désorganisation non
contrôlée des mécanismes cellulaires.
- La mort cellulaire
programmée ou apoptose : Il
s'agit au contraire d'un processus de destruction cellulaire
contrôlé génétiquement et débutant
par une fragmentation de l'ADN.

I-4-2
AUTRES TRANSFORMATIONS TISSULAIRES : METAPLASIE,
ECTOPIE
La métaplasie est la transformation d'un tissu
différencié en un autre tissu
différencié, en dehors des épisodes de
maturation embryonnaire et/ou foetale.
La métaplasie ne peut survenir qu'au sein d'un même
groupe de tissu simple.
En fait, elle s'observe surtout dans les tissus
épithéliaux, comme le montrent les exemples des
figures A à C page 14.
La métaplasie est plus rare dans les tissus
conjonctifs. Elle est surtout moins apparente. Elle peut
représenter une forme évolutive liée à
l'avance en âge. Ainsi, le tissu réticulé de la
moëlle osseuse peut se transformer en tissu adipeux (figure D 1
-->2 page 14) .
Par contre, la métaplasie n'existe pas dans les tissus
conjonctifs denses de soutien. Ainsi, un cartilage hyalin ne peut se
transformer en os ou inversement (figure E page 14).
NB : la transformation d'une structure cartilagineuse en os par
ossification enchondrale (voir le cours spécifique) constitue
un processus de morphogénèse et de
différenciation qui de facto ne peut correspondre à une
métaplasie ; la métaplasie étant par
définition la transformation d'un tissu mature.
Enfin, on n'observe jamais de métaplasie dans un tissu
nerveux ou musculaire. Autrement dit, on n'a jamais
observé un cortex cérebral se transformer en
moëlle épinière, ou un muscle squelettique
évoluer vers du myocarde. De même un
épithélium ne fournit jamais un tissu de type
conjonctif, du ligament ou du cartilage, par exemple.

La survenue d'une métaplasie peut
avoir des origines multiples :
La métaplasie peut résulter
d'une adaptation fonctionnelle
Exemple : le canal
déférent des voies spermatiques est de type pseudo
stratifié cylindrique. Transposé sur la voie urinaire
et interposé sur l'uretère il acquiert la morphologie
d'un épithélium de transition, typique de la voie
urinaire. Cette métaplasie peut être
considérée comme une adaptation fonctionnelle (figure A
1-->2).
La métaplasie peut traduire une
réponse adaptative à un facteur nociceptif :
Exemple 1 : L'irritation
prolongée (tabac) de l'épithélium cylindrique
pseudo stratifié, cilié et à cellules muqueuses
de la trachée peut le transformer en un
épithélium pavimenteux stratifié non
kératinisé (figure B 1-->2).
Exemple 2 : Une irritation
mécanique et/ou chimique, chronique et intensive, peut
entraîner la transformation d'un épithélium
pavimenteux stratifié non kératinisé en un
épithélium pavimenteux stratifié
kératinisé (figure C 1-->2).
Cette transformation était fréquente sur le bord
muqueux de la lèvre, sur la langue ou lintérieur
des joues chez le grand fumeur, surtout de pipe.
Nous sommes dans ces cas aux limites de l'histologie et de
l'histopathologie. Si des métaplasies de ce type ne peuvent
initialement être considérées comme
cancéreuses, elles représentent pourtant un
marqueur du risque de cancérisation.
Nous sommes à la limite entre le descriptif d'une modification
tissulaire dans le temps, la métaplasie, et la perception d'un
facteur de risque évolutif sous-jacent qui, lui,
s'évaluera en terme de dysplasie.
Il s'agit là d'une notion très importante, à
peine suggérée, mais qui sera largement reprise plus
tard en anatomie pathologique.
Tous les processus de métaplasie décrits ci-dessus sont
réversibles : si l'irritation pathologique causale est
levée (du moins au début), ou si la
nécessité physiologique disparait, le tissu d'origine
réapparait (flèches pointillées).
L'ectopie
correspond à une autre définition : c'est le
déplacement ou le positionement d'un tissu ou d'un organe dans
une zone topographiquement anormale. Elle peut être
congénitale ou acquise.
Exemples :
- L'ectopie testiculaire (testicule non descendu dans les
bourses)
- L'ectopie rénale (rein en position sacrée par
exemple),
- L'ectopie cervicale du col utérin (la muqueuse de l'endocol
déborde sur l'exocol)
II
- LES EPITHELIUMS
II
- I EPITHELIUMS DE
REVETEMENT
Les épithéliums de revêtement sont
constitués par des cellules adjacentes associées par
des jonctions cellulaires serrées.
Les épithéliums sont toujours avasculaires (les
exceptions sont rarissimes).
Les épithéliums recouvrent le tissu conjonctif
(toujours dérivé du mésoblaste) et le
protègent. Mais simultanément le tissu conjonctif
lâche apporte aux épithéliums la vascularisation
et les terminaisons nerveuses.
En effet les épithéliums
reçoivent du conjonctif sous-jacent (souvent appelé
chorion) la composante trophique qui leur est
nécessaire,
qu'il s'agisse des éléments nutritionnels
nécessaires au métabolisme des cellules
épithéliales,
qu'il s'agisse de nombreux facteurs de signalisation ayant vocation
de facteurs de croissance ou de différenciation (voir le cours
d'embryologie causale),
qu'il s'agisse d'une composante nerveuse et de la diffusion de
neuromédiateurs, etc.
,Sans aucune exception, tous les
épithéliums sont séparés du chorion
conjonctif sous jacent par une lame basale (description
morpho-fonctionnelle ultérieure) dont les différentes
composantes sont sécrétées à la fois par
les cellules épithéliales et par le tissu conjonctif
adjacent.
Le rôle des lames basales est essentiel pour expliquer certains
mécanismes de différenciation. Nous y reviendrons
II1-1 LES EPITHELIUMS DE
REVETEMENT : CLASSIFICATION
GÉNÉRALE
On distingue des épithéliums simples
unistratifiés,
pluristratifiés
et
pseudostratifiés.
Il sont représentés dans les différentes figures
ci-jointes.
Le véritable critère
permettant de distinguer les 3 types d'épithéliums
repose sur la relation des cellules constitutives avec la membrane
basale.
Par définition, les
épithélium unistratifiés nont qu'une seule
couche de cellules. Elles sont toutes en contact avec la
membrane basale par leur pôle inférieur, ou
pôle basal. Le pôle supérieur est
appelé le pôle apexien ou pôle
apical.

Dans les épithéliums pluristratifiés seules les
cellules basales (cellules de renouvellement pour la plupart) sont au
contact de la membrane basale.
Les autres couches cellulaires nentrent jamais en contact avec
la membrane basale.

Dans le cas des épithéliums pseudostratifiés,
toutes les cellules se trouvent en contact avec la membrane
basale, même si toutes n'affleurent pas obligatoirement la
surface, et même si les noyaux cellulaires, non disposés
au même niveau, donnent l'impression qu'il existe plusieurs
couches cellulaires. Cela est particulièrement vrai pour
l'épithélium de transition vésical : c'est la
microscopie électronique qui a clairement montré que
les volumineuses cellules superficielles (1), souvent
binucléées, sont toutes reliées à la
basale par un très mince prolongement cytoplasmique (*)
traversant la couche plus profonde (2).

Au delà de ces
considérations de base, les épithéliums sont
aussi caractérisés par le niveau de
différenciation des cellules constitutives.
Ainsi les épithéliums peuvent être pavimenteux,
cubiques, cylindriques (ou prismatiques) en fonction du degré
d'applatissement ou de hauteur des cellules constitutives.
Les épithéliums unistratifiés ou
pseudostratifiés peuvent être : ciliés, à
stéréo-cils, à bordure en brosse (plateau
strié dans certaines terminologies), en fonction du type de
différenciation de la membrane apexienne (cils pour la
trachée, bordure en brosse pour l'intestin, mais dans les deux
cas présence de cellules muqueuses).
Les épithéliums pluristratifiés peuvent
être non seulement pavimenteux, eu égard à
l'applatissement des cellules superficielles, mais également
kératinisés ou non kératinisés, en
fonction ou non de l'apparition d'une couche cornée
superficielle (distinction par exemple entre peau et
épithélium buccal)

II-1-2 EPITHELIUMS DE
REVETEMENT : REPARTITION DES DIFFERENTS TYPES DANS
LORGANISME
|
|
La figure montre la large
répartition des épithéliums dans
l'organisme. |
II-2
EPITHELIUMS GLANDULAIRES
II-2-1
DÉFINITIONS

Lorsqu'elles sont individualisées, les glandes
correspondent à des regroupements de cellules
épithéliales hautement différenciées. Les
glandes déversent leur produit de sécrétion
- soit vers l'extérieur par l'intermédiaire d'un canal
excréteur :
On parle alors de glandes exocrines,
- soit directement dans le système vasculaire :
On parle alors de glandes endocrines.
Ces types de glandes sont aussi qualifiées de glandes
exoépithéliales multicellulaires car elles se sont
développées par extériorisation à partir
d'un épithélium d'origine
Exemple :
- le pancréas exocrine à partir d'un bourgeon
épithélial entoblastique de l'intestin primitif
médian
- la glande thyroïde, endocrine, à partir du
plancher entoblastique pharyngien.
Par opposition certaines cellules restent isolées et
dispersées au sein même d'un épithélium de
surface tout en acquérant par différenciation in
situ une potentialité sécrétoire exocrine ou
endocrine.
On parle alors de cellules isolées, exocrines ou
endocrines, intraépithéliales.
Exemple : cellules muqueuses de l'épithélium de
l'intestin grêle ou de la la trachée ; cellules
endocrines diffuses des épithéliums digestifs ; voir
cours ultérieurs.
Chez l'homme, les glandes endoépithéliales
pluricellulaires n'existent
pas.

Dans le cas des glandes exocrines la sécrétion
est toujours déversée par un canal
excréteur plus ou moins long qui aboutit dans une
lumière. En bout de compte la sécrétion
exocrine se dirige vers lextérieur de lorganisme
(exemple : le pancréas exocrine où les acini
secrètent dans le canal de Wirsung qui sabouche dans le
duodénum).
Dans certains cas la glande elle même constitue sa propre
lumière excrétrice (exemple : glandes tubulaires
intestinales)
Dans le cas des glandes endocrines la
sécrétion (hormones, facteurs de croissance, peptides
régulateurs, etc., regroupés sous le terme
général de facteurs de signalisation) est
déversée dans le milieu intérieur, et en
particulier dans le sang qui sert de vecteur aux facteurs de
signalisation qui atteignent ainsi des cellules cibles, souvent fort
éloignées de la zone de sécrétion.
Parfois la sécrétion peut ne pas être directement
transférée dans le sang circulant mais transitoirement
stockée, pour maturation, dans une vésicule (V) (5,
page 27). C'est le cas de la glande thyroïde.
En outre, les sécrétions endocrines peuvent
revêtir dautres modalités que
lendocrinie. Elles sont illustrées sur la page 28
: mode paracrine, autocrine, neurocrine (voire
intracrine) . Nous illustrerons ces modes
sécrétoires dans le cours sur les
épithéliums digestifs. Vous saisirez alors beaucoup
mieux la finalité de ces différents
mécanismes.
Donnons cependant dores et déjà une
définition précise de ces differents modes
sécrétoires endocrines :
Endocrinie
(proprement-dite) : qualifie le fonctionnement de
cellules glandulaires qui déversent les facteurs de
signalisation dans la circulation sanguine. La
sécrétion de linsuline dans le sang par le
pancréas endocrine est un exemple type
Paracrinie : qualifie le
fonctionnement de cellules endocrines qui déversent les
facteurs de signalisation dans les espaces matriciels pour atteindre
des cellules cibles du proche voisinage sans passage par la
circulation sanguine. La sécrétion de la
testostérone par les cellules de Leydig au contact des tubes
séminifères fournit un exemple que vous verrez en
biologie de la reproduction. Cest également un mode de
fonctionnement classique des cellules endocrines diffuses du tube
digestif (voir cours sur les épithéliums
digestifs).
Autocrinie :
qualifie la production par une cellule de médiateurs
chimiques agissant directement sur la cellule productrice par le
biais de récepteurs spécifiques
Neurocrinie :
qualifie la production par une cellule de médiateurs
chimiques selon un mode proche de la paracrinie. Néanmoins ces
celluloes acquièrent un prolongement qui entre en contact avec
une cellule cible ou avec un vaisseau capillaire. La
sécrétion du facteur de signalisation seffectue
àlextrémité du prolongement. Il
sagit dune sécrétion dirigée,
très proche de celle observée dans une synapes nerveuse
chilmique (voir cours sur le tissu nerveux) .

II-2-2 CLASSIFICATION
MORPHOLOGIQUE DES GLANDES EXOCRINES
La figure suivante illustre les différents critères
permettant d'établir une classification de ces glandes
Selon le niveau d'arborescence du canal excréteur on pourra
décrire des glandes simples,
ramifiées ou
composées.
Les glandes sudoripares sont constituées par un tubule
contourné et très pelotonné. Elles
représentent une forme intermédiaire entre glandes
simples et glandes ramifiées.
Par ailleurs, en fonction de l'aspect des unités glandulaires
on pourra décrire des glandes tubuleuse, acineuses ou
alvéolaires en fonction de l'aspect plus ou moins
renflé ou sphérique de la structure, en fonction du
volume occupé par la lumière (relativement
étroit pour un acinus, beaucoup plus large pour une structure
alvéolaire).
L'épithélium de revêtement glandulaire est
généralement simple, unistratifié, rarement
pluricellulaire. Chez l'homme seules les glandes
sébacées de la peau (et des glandes de la
paupière) sont vraiment caractéristiques d'une glande
alvéolaire pluricellulaire.

Plus important encore, est de reconnaitre la nature
sécrétoire d'une glande. En effet, selon l'aspect
microscopique, on peut facilement distinguer des glandes exocrines
muqueuses, séreuses et séro-muqueuses.
Une secrétion muqueuse
correspond à la sécrétion de
glycoprotéines dont la fraction polyosidique est de
très haut poids moléculaire, la séquence
protéique de la molécule étant au contraire
restreinte. Ces glycoprotéines correspondent biochimiquement
aux mucoprotéines, ou mucines, et histologiquement au mucus.
Pour synthétiser le mucus, lappareil de Golgi de ces
cellules est très sollicité (voir cours de biologie
cellulaire) et shypertrophie.
La nature des mucines sera revue ultèrieurement.
Une secrétion séreuse
correspond à la sécrétion de protéines
plus ou moins glycosylées mais dont la partie protéique
reste majoritaire, au moins sur le plan fonctionnel. Lieu
privilégié de la synthèse des protéines
exportables, le réticulum granulaire est très
développé dans les cellules séreuses (voir cours
de biologie cellulaire). La plupart des sécrétions
séreuses sont des sécrétions enzymatiques (les
acinis du pancréas exocrine représentent un exemple
type). De ce fait les grains portent le nom de grains de
"zymogènes",
c'est à dire grains précurseurs d'enzymes. En effet les
enzymes sécrétoires sont généralement
(mécanisme protecteur) inactivés dans le grain de
sécrétion. Nous étudierons ultèrieurement
les mécanismes possibles d'activation/inactivation des
zymogènes
Cellules et acini muqueux s'opposent
morphologiquement aux cellules et acini séreux. Tant dans le
nombre de cellules, que dans la forme de la lumière
glandulaire, que dans la position du noyau au sein de la cellule, que
dans la disposition des différentes structures
cytoplasmiques.
II-2-3 CLASSIFICATION
MORPHO-FONCTIONNELLE DES GLANDES
EXOCRINES
Le tableau ci dessous fournit une
synthèse des différences observées entre acini
séreux et acini muqueux

NB : Nous navons pas abordé les différents
mécanismes de sécrétion (mérocrine,
apocrine, holocrine).
Voir un cours de Biologie Cellulaire pour les mécanismes
cellulaires et moléculaires de lexocytose
La figure ci-dessous illustre schématiquement les
différences observées entre les deux
types d'acini.

Les glandes mixtes ou séro-muqueuses se
rencontrent chez l'homme dans les glandes salivaires. Elles sont
caractérisées par un acinus muqueux central sur lequel
est greffé en périphérie un croissant de
cellules séreuses. Les cellules séreuses
ménagent des expansions apexiennes (non visibles sur cette
figure) qui s'insinuent entre les cellules muqueuses et permettent
à la sécrétion séreuse d'être
exocytée dans la lumière centrale commune.

Enfin, Si toutes les cellules d'une glande exocrine sont du
même type, on parle de glande
homocrine.
Si la glande est constituée de cellules de morphologies et
de sécrétions différentes, on parle alors de
glandes
hétérocrines.
Notons cependant que cette terminologie est de moins en moins
usitée.

REACTION ACIDE
PERIODIQUE-SCHIFF (P.A.S.)
Une manière simple de distinguer les acini séreux
et muqueux
Il sagit dune des premières
réactions histochimiques connues. Lacide
périodique oxyde les alpha-glycols

II - 3 AUTRES STRUCTURES
SPECIFIQUES
Certaines structures cytologiques sont très
caractéristiques des épithéliums
Cest en particulier le cas pour certaines jonctions
cellulaires, comme les desmosomes et les hémi-desmosomes, les
tight-junctions, la zonula adherens. Dautres jonctions sont
cependant plus ubiquitaires (contact focaux, gap junction, etc)
De même certaines différenciations membranaires sont
plus répandues dans les tissus épithéliaux : les
bordures en brosse, les cils, etc
Dans certains cas le processus de différenciation dun
épithélium peut atteindre un niveau considérable
de remodelage, qui rend très difficile la reconnaissance de la
structure originelle. La formation de la dent à partir des
épithéliums adamantin et ondontoblastique en fournit un
exemple caricatural.
Cest la raison pour laquelle nous ninsistons pas
davantage dans ce cours dhistologie générale. Ces
notions seront reprises dans un autre chapitre du cours
dhistologie de PCEM-1, où nous choisirons
lappareil digestif comme exemple explicatif de diversification
des épithéliums. En effet, des lèvres
jusquà la marge anale lensemble des organes
concernés (cavité buccale, glandes salivaires, dents,
oesophage, différentes parties de lestomac et de
lintestin grêle, le pancréas et le foie, le colon
et le rectum) sont autant dexemples morpho-fonctionnels
permettant dintégrer la diversité histologique
des épithéliums. Les rares structures
épithéliales spécialisées non
présentes dans le tube digestif seront alors décrites
par différence (les cils, par exemple).
Ce chapitre descriptif des épithéliums digestifs sera
traité en fin de programme dhistologie de PCEM-1.
Il servira dintroduction naturelle à lhistologie
spéciale, enseignée en PCEM-2