VIII -
PANCREAS
VIII-1
EMBRYOLOGIE :
VIII-1-1
EMBRYOLOGIE DU TUBE DIGESTIF
Il est possible de décrire de
façon simplifiée lembryologie digestive.
La figure suivante montre le devenir différentiel de la zone
haute et basse de lanse intestinale primitive, en particulier
la formation du cadre colique à partir de lintestin
postérieur, par rotation de lanse autour de laxe
du mésentère primitif, ainsi que que le
développement des anses grêles, à partir de la
zone basse de lintestin antérieur .
Le diverticule de Meckel (voir cours danatomie) se situe au
niveau du reliquat dimplantation du canal vitellin
(ombilical).
Noter également la dilatation puis la rotation de la zone
gastrique dans la zone haute de lanse primitive

VIII-1-2
EMBRYOLOGIE DU
PANCREAS
Le pancréas se développe à partir de 2 bourgeons
(ventral et dorsal).
Avec la rotation sus-jacente de lestomac, le bourgeon ventral
rejoint le bourgeon pancréatique dorsal.
Les deux bourgeons finissent par se disposer en position
latérodorsale au niveau du futur cadre duodénal.
Primitivement drainés par 2 voies distinctes (canal de Wirsung
et canal de Santorini), chez lhomme seul le canal de Wirsung
persiste et draine la totalité de la glande
pancréatique. Dans dautres espèces (le chien par
exemple) les 2 canaux restent distincts.
Le pancréas peut être le siège danomalies
embryonnaires. Par exemple :
- persistance de 2 ébauches distinctes (pancréas divisum),
- rotation anormale et formation dun pancreas annulaire (avec risque majeur de sténose duodénale),
- persistance du canal de Santorini (10% des cas)

VIII-1-3
EMBRYOLOGIE DU FOIE
Lembryologie du foie est plus
complexe. Elles résulte de linteraction de 3 composantes
distinctes, mésodermiques, entoblastiques et vasculaires.
VIII-1-3-1 La
composante mésodermique :
Elle correspond au versant caudal du septum
transversum (le versant céphalique fournissant le diaphragme).
Le septum transversum englobe la zone caudale veineuse du coeur
primitif (sinus veineux) où arrivent les grosses veines
primitives : veines cardinales, veines vitellines, veines
ombilicales. Le septum transversum sera rapidement
pénétré par la composante entoblastique (voir
ci-dessous) qui le dissocie, et dissocie simultanémment les
veines ombilicales et vitellines qui sabouchent dans le sinus
veineux.
Après dissociation le septum transversum aura fourni la
totalité des espaces conjonctifs de la glande hépatique
et en particulier les espaces porte (la disposition histogique du
foie définitif sera vue en P2).
VIII-1-3-2 La
composante entoblastique :
Elle trouve son origine dans le bourgeon primitif ventral, à
la jonction gastro-duodénale, qui fournit également le
bourgeon ventral pancréatique. Par dichotomisation, la part
hépatique forme un bourgeon hépatique caudal et un
bourgeon hépatique cranial. Le bourgeon hépatique
caudal reste compact. Il sera à lorigine de la future
vésicule biliaire. `
Par rotation associée à celle de lestomac
(fleches), les pédicules des bourgeons hépatiques
sallongent et fourniront les voies biliaires (canal
cholédoque, canaux hépatiques et canal cystique). Quant
au bourgeon hépatique cranial, il va subir une
prolifération considérable. Il pénètre
rapidement le septum transversum quil dissocie. Il dissocie
simultanément les veines ombilicales et vitellines (composante
vasculaire) qui rejoignent le sinus veineux

VIII-1-3-3 La
composante vasculaire :
La prolifération du bourgeon hépatique cranial au sein
du septum transversum transforme les vaisseaux veineux de la future
glande hépatique. Ils forment le réseau de
capillaires veineux sinusoïdes.
Le remodelage veineux se poursuit, ne laissant persister quune
partie des veines ombilicales et vitellines primitives.
La veine ombilicale droite disparait en totalité ; la partie
haute de la veine ombilicale gauche disparait également. Les
veines vitellines sont ausi transformées : il ne persiste
quun vaisseau veineux unique, la veine porte, qui draine
le sang veineux de lintestin (par la veine
mésentérique) et la veine splénique.
In fine, une circulation principale, de nature
veino-veineuse, traverse le foie ; cest la circulation
porto-cave. En effet le foie est branché en aval de
lintestin dont il collecte les métabolites issus de la
digestion, via les vaisseaux mésentériques et la veine
porte. Le sang portal veineux issu de lintestin est alors
filtré par la paroi des vaisseaux sinusoïdes de la glande
hépatique mais surtout par les travées de cellules de
la composante entoblastique avoisinante (travées
dhépatocytes). La sang est ensuite recollecté et
rejoint la circulation générale par la veine cave
inférieure qui débouche dans le coeur.
Au cours de la vie embryonnaire, la circulation sinusoïde est
presque totalement shuntée par un canal : le canal
dArantius. En effet le rôle de filtre est
alors dévolu au placenta. Le canal dArantius disparait
à la naissance avec la section du cordon ombilical.
La circulation hépatique porto-cave est donc essentielle au
plan nutritionnel. Néanmoins le foie reçoit
également une composante de sang artériel provenant de
laorte et de lartère hépatique.
Lensemble de ces notions histophysiologiques seront reprises en
détail dans le cours spécialisé sur la glande
hépatique (PCEM-2).
NOTA : Lembryologie hépatique est un exemple remarquable
des interactions tissulaires au cours de
lorganogénèse. Il ne sagit pas dune
simple juxtaposition de tissus vasculaires, entoblastiques et
mésodermiques, mais bien dinteractions
réciproques cellules à cellules, ou cellules et
matrices via les lames basales, modifiant les programmes de
différenciation dans le temps et dans lespace (voir vos
cours spécialisés en biologie du
développement).
De même, il suffit de regarder le schéma
général du tube digestif pour constater que la part
entoblastique, certes essentielle, ne constitue quune petite
fraction volumique de la paroi du tube digestif. Elle correspond
uniquement à lépithélium de recouvrement
de la muqueuse. Le restant de la paroi du tube digestif est issu de
la composante mésodermique, en fait de la splanchnopleure et
du mésenchyme diffus associé. Comme pour le foie, on
demontre actuellement que les interactions réciproques
mésoderme/entoblaste sont essentielles à la
différenciation

VIII-2
HISTOLOGIE DU PANCREAS :
Le pancréas est une glande
rétro-péritonéale, formé de trois
parties, la tête, le corps et la queue, et plaquée sur
la face profonde dorsale de la cavité abdominale (voir cours
danatomie) en regard de L1-L2. Son accessibilité
antérieure est difficile : pour apercevoir le pancréas,
il faut ouvrir l'arrière-cavité des épiploons en
abaissant le côlon et le mésocôlon transverse et
en remontant l'estomac.
Cette position explique une exploration difficile. Elle explique
également que les tumeurs du pancréas (sauf en cas de
compression précoce des voies biliopancréatiques
amenant à un ictère révélateur ou
à un épisode de pancréatite), évoluent
sans signes cliniques majeurs jusquà un stade
très avancé. Très fréquents dans le monde
occidental, les cancers du pancréas restent des tumeurs au
pronotic des plus réservés.
Lautre pathologie majoritaire du pancréas est la
pancréatite, aigüe ou chronique. Il existe des liens
évolutifs entre les deux formes. Les étiologies des
pancréatites sont multiples. Les formes aigues
représentent une urgence médicale absolue, eu
égard aux délabrements engendrés par la
libération massive des enzymes de la digestion dans les tissus
avoisinants et à létat de choc induit.
Le pancréas est une glande mixte,
- à la fois exocrine : classiquement le pancréas exocrine secrète la majorité des enzymes nécessaires à la digestion,
- mais aussi endocrine : il est responsable de la sécrétion dinsuline et du glucagon, et contrôle la glycémie. Rappelons que linsuline est hypoglycémiante en transférant le glucose vers les espaces cellulaires pour le convertir par différentes voies du métabolisme intermédiaire. Le glucagon est, inversement, hyperglycémiant.
Par son architecture générale, la glande
pancréatique présente bien des similitudes avec les
glandes salivaires séreuses (voir liconographie page
suivante). Il est recouvert par un mince tissu conjonctif qui
émet des cloisons qui divisent le parenchyme en lobules.
La partie exocrine occupe la plus grande zone des lobules. C'est une
glande tubulo-acineuse ramifiée et lobulée. Les acini
sont formés de 5 à 8 cellules pyramidales. Leur
lumière est étroite et bordée par de nombreux
grains de zymogène. Les acini sont collectés par un
réseau canalaire qui pénètre à
l'intérieur même de l'acinus (cellules
centro-acineuses). Les canaux dabord intercalaires,
deviennent intra-lobulaires, enfin inter-lobulaires jusqu'au canal de
Wirsung.
La partie endocrine est représentée par les
îlots de Langerhans, disséminés dans le
parenchyme exocrine. Ces îlots forment des masses cellulaires,
arrondies et en médaillon, peu chromophiles, mais
extrêmement vascularisées. Les cellules majoritaires
sont les cellules à insuline (b) et à glucagon (a),
mais aussi à somatostatine (D) et à pancreatic peptide
(PP) (cette liste est très incomplète). Le
pancréas endocrine sera revu avec le cours sur les glandes
endocrines en PCEM-2. Le lecteur est cependant renvoyé
à la page 41, puisque bien de propriétés
décrites à propos des cellules endocrines diffuses
sappliquent également au niveau du pancréas : Les
interactions locales entre la partie endocrine et la partie exocrine
sont multiples. La juxtaposition morphologique des 2 composantes
épithéliales le suggère déjà
fortement. Néanmoins, ces interactions sont très
complexes, tant pour le contrôle pysiologique à court
terme que pour la maintenance trophique à long terme ; elles
dépassent donc le cadre de lenseignement de P1.
L'aspect ultrastructural des cellules acineuses est celui d'une
cellule typiquement séreuse (voir les schémas). Cette
cellule est d'ailleurs toujours utilisée comme modèle
électif d'étude des mécanismes de
synthèse-sécrétion des protéines
enzymatiques.
Quant aux cellules canalaires, elles sont cubiques et peu
différenciées. celles des canaux de 1er ordre sont tres
riches en mitochondries (rôle actif dans la
sécrétion hydroélectrolytique du
pancréas)


VIII-3
CYTOPHYSIOLOGIE :
LACINUS ET LA
CELLULE ACINEUSE PANCREATIQUES : UN MODELE DE SYNTHESE SECRETION DES
PROTEINES
EXPORTABLES
A ce jour la
cellule acineuse pancréatique reste toujours le modèle
électif détude des mécanismes de
synthèse sécrétion des protéines
exportables.
Il nest pas question de reprendre les notions acquises en
biologie cellulaire. La plupart des aspects théoriques seront
donc schématisés (si nécessaire, voir vos cours
ou des précis de biologie cellulaire)
Cet exposé a davantage pour but de fournir une vision globale
et dynamique de la fonction sécrétoire des cellules
épithéliales en la justifiant par les connaissances de
biologie.
VIII-3-1
UNE STRUCTURE POLARISEE ET SECRETRICE :
LACINUS
La cellule acineuse
pancréatique secrète la majorité des hydrolases
enzymatiques nécessaires à la digestion
(Protéases : trypsine, chymotrypsine, élastase. Lipases
: triglyceride-Lipase, phospholipase, carboxylesterhydrolase. Osidase
: une amylase identique à celle de la glande salivaire.
Nucléotidases, etc.). La
secrétion est spéciquement orientée vers la
lumière de lacinus grace à la polarisation de la
cellule
VIII-3-1-1 LA POLARISATION
CELLULAIRE RESULTE DUNE ORGANISATION MOLÉCULAIRE DES
JONCTIONS :
(voir descriptif au chapitre sur lentérocyte mais
surtout vos cours de biologie cellulaire)
Elle est conditionnée par
lexistence des complexes de jonctions (surtout tight et gap
juntions). Brièvement :
Les complexes de jonction induisent une ségrégation
compartimentale :
- entre membranes apexiennes (MApx) et membranes baso latérales (MBL),
- entre espace luminal, et espace extra-cellulaire baso-latéral.
Il en résulte :
- une absence déchange moléculaire passif entres les 2 compartiments
- une spécificité des protéines de mb des 2 compartiments. Exemples :
- les récepteurs hormonaux sont sur les MBL
- des sites de reconnaissance stéréospécifiques des Zymogènes sont sur les MApx (exocytose dirigée)
- un gradient electrochimique (ddp) entre versant apexien et basolatéral
- un couplage electrochimique des cellules de lacinus. Conséquences :
- équilibre de pH entre les cellules
- passage de petits messagers (Ca++ , nucléotides cycliques)
VIII-3-1-2 LA POLARISATION
MEMBRANAIRE CONDITIONNE LA FONCTION SÉCRÉTOIRE
:
Démonstration : Isolement cellulaire et expérience en
primoculture
Sur des acinis isolés, la polarité cellulaire est
préservée : les cellules sécrètent
après stimulation
En poursuivant lisolement et en séparant les cellules,
les jonctions cellulaires se rompent ; la polarisation est grandement
détruite: Les cellules ne secrètent plus (ou presque
plus) malgré la stimulation

VIII-3-2
UNE CELLULE POLARISEE : DES VOIES DE SYNTHESE DIRIGEES ET
DÉTERMINEES DANS LE TEMPS
cf : les expériences classiques
dautoradiographie après incoporation de
précurseurs marqués radiocatifs par
techniques de pulse chase (Acide aminé ; Mannose ou Fucose ;
Acide Gras ou Glycérol)
Les voies de synthèse de la cellule, ainsi que les
durées des différentes étapes (reticulum,
transfert golgien, maturation zymogénique, etc) ont pu
être déterminées avec précision. Elles
sont caractéristiques pour un type cellulaire donné
(voir précis de biologie)
VIII-3-3
POLARISATION DES MECANISMES DE SYNTHESE/SECRETION DES PROTEINES
EXPORTABLES:
VIII-3-3-1 LA
PREDESTINATION DES PROTEINES EXPORTABLES :
Pour le bon fonctionnement cellulaire, nous
savons que les molécules, en particulier les protéines,
doivent être
acheminées dans leurs zones dutilisation. Il faut donc
admettre lexistence de mécanismes régulés
conduisant à un déterminisme
de positionnement moléculaire.
Lapproche de ces mécanismes concerne la biologie
cellulaire et la biologie du développement.
Néanmoins, la cellule acineuse pancréatique est un des
premiers modèles ayant permis de comprendre les
mécanismes
de tri et de ségrégation entre les proteines
cytoplasmiques, les protéines membranaires et les
protéines exportables.
A
ce titre il convient de décrire ces mécanismes,
particulièrement régulés dans une cellules
épithéliale comme la cellule
acineuse pancréatique
Nous rappelons que les protéines exportables sont très variées.
- Soit elles sont immédiatement sécrétées par la cellule. Cest le cas des peptides régulateurs, des hormones, des facteurs de
croissance, des enzymes hydrolasiques de la digestion (zymogènes), des proteines sériques, des cytokines, etc
- Mais cest aussi le cas des hydrolases lysosomiales ; en effet le contenu lysosomial se transforme en corps résiduels. En bout de
compte le contenu est également exocyté.
Plusieurs étapes sont déterminantes dans le mécanisme de ségrégation des protéines sécrétées.
Tout en renvoyant le lecteur aux notions de
biologie cellulaire, nous transcrivons un aperçu des
étapes posttraductionnelles
importantes
VIII-3-3-2 LA SEGREGATION DANS
LE R.E.G. DES PROTEINES EXPORTABLES :
Nous savons depuis plus de 20 ans (depuis les
premiers travaux de Bloebel) que la ségrégation au
niveau du réticulum
dépend de façon presque exclusive de la présence
dune séquence signal et de lexistence de la
particule de reconnaissance
du signal.
Le schéma suivant résume lessentiel du
mécanisme (voir éventuellement dautres cours ou
un précis)

VIII-3-3-3 LA SELECTIVITE DE
LA ZONE GOLGIENNE :
VIII-3-3-3-1 UN TRANSPORT UNI DIRECTIONNEL
: REG > REL > GOLGI (Face cis)
Nous savons que le transfert des proteines
tombées dans le réticulum nest pas
spécifique. Il suit le cheminement vésiculaire et un
contrôle partiel par les mécanismes des vésicules
à clathrine. Il existe cependant un véritable
contrôle de qualité à la
sortie du REL et lors de la transmission aux dictyosomes
golgiens : la BiP (HSP70)
reconnait des proteines mal repliées. Par ailleurs, les
proteines intrinsèques aux fonctions du réticulum son
retenues in situ par des récepteurs spécifiques du
réticulum reconnaissant une séquence spécifique
(lys-asp-gly-leu). Ce même mécanisme permet le retour
des molécules du réticulum qui auraient eu tendance
à migrer vers la face cis du Golgi.
Voir cours ou précis de biologie cellulaire pour plus
dinformation.
VIII-3-3-3-2 LA FACE TRANS DU GOLGI :
Nous savons que cest dans cette étape de maturation
dictyosomique que seffectue la ségrégation entre
protéines des grains de zymogène et les
protéines à destinée lysosomiale.
Cest la voie lysosomiale qui est discriminante, non seulement
par un transport sélectif des lysosomes primaires via un
système à clathrine, mais surtout par le marquage au
Mannose-6P des hydrolases lysosomiales. Ce marquage, suivi de la
liaison avec le récepteur au mannose-6P, assure
lentrée sélective dans le compartiment
lysosomial.
Par contre, la voie des vacuoles de condensation et de
maturation des zymogenes nest pas sélective : le tri du
contenu zymogénique se
fait donc par différence, cest à dire par
soustraction des protéines lysosomiales grace au
système de reconnaissance au mannose-phosphate.
Cet étape est cruciale. Imaginons que des enzymes lysosomiales
soient présentes dans le grain de zymogène et
sactivent (il suffit que le pH sabaisse, comme on le voit
dans les lysosomes). Elles provoqueraient en cascade
lactivation des zymogènes et par voie de
conséquence une autolyse de la cellule. Ce type de
mécanisme est invoqué dans certaines formes de
pancréatites aigües.

VIII-3-4
MECANISMES DE MATURATION DANS LES VACUOLES DE CONDENSATION ;
FORMATION DES GRAINS DE
ZYMOGÈNE
VIII-3-4-1 ASPECTS CYTOLOGIQUES :
Le transfert de la face trans de
lappareil de Golgi vers les vésicules qui vont se
transformer en vacuoles de condensation est relativement lent et
encore imprécis. Par contre on constate :
- Une réduction du volume de la vacuole de condensation lorsquelle se transforme en grain de zymogène
- Simultanément une aggrégation du contenu qui devient très compact ; leau fuit. Le contenu est déshydraté
VIII-3-4-2 INTERET CYTOPHYSIOLOGIQUE :
Cette condensation aboutit à des
zymogène ne contenant pas deau. Lavantage du
processus est évident :
- Inactivation des enzymes (ou précurseurs), car les mécanismes enzymatiques seffectuent en solution aqueuse
- Protection majeure contre une cytolyse par autodigestion de la cellule
VIII-3-4-3 ASPECTS MOLECULAIRES DE LA CONDENSATION :
Ce processus de condensation est encore
incomplètement connu. Plusieurs facteurs interviennent dont 2
sont présentés sur le schéma suivant
- Des interactions ioniques entre des métaux divalents (tel le Ca++,souvent présent dans les grains de zymogène et chélaté à diverses molécules) et les COO- des motifs sialiques des glycoprotéines de la membrane des vésicules. Ces interactions facilitent une traction interne rayonnante et la diminution de diamètre.
- Des mécanismes plus complexes pH dépendants, impliquent séquentiellement
- une pompe H+ de la membrane provoquant une acidification de la vacuole
- une équilibre des charges à un pH optimal entre les protéines sécrétoires cationiques, et des PGs du type chondroïtine/héparane sulfate ou bien GAGsdu type ser-glycine (voir des documents de biochimie)
- à léquilibre de charge, la formation dun édifice monomoléculaire au sein du futur grain de zymogène. Il en résulte une chute brutale de la pression osmotique dans la vacuole, et par voie de conséquence la fuite de leau avecdeshydratation du contenu. La vacuole de condensation est transformée en grain de sécrétion parfaitement sphérique

VIII-3-4-4 CONTROLE DU STOCK
ZYMOGENIQUE : LA CRINOPHAGIE
Il importe que la cellule acineuse
pancréatique puisse gérer son stock de grains de
zymogène. Dans une démarche finaliste, il y a plusieurs
raisons à cela :
- La cellule na aucune raison de cumuler des grains de zymogènes qui en vieillissant pourraient subir un phénomène dactivation avec risque de cytolyse cellulaire.
- Un hyperstimulation de la cellule acineuse va accélérer la synthèse zymogénique. A larrêt de la stimulation, et par inertie de réponse, la synthèse se poursuit avec cumul de grains de zymogènes.
- une hyperstimulation favorise les erreurs de triage au niveau du récepteur au mannose-6P, avec transfert illicite denzymes lysosomiales dans le contenu des vacuoles de condensation (donc risque dautoactivation zymogénique).
Pour lutter contre ces risques, la cellule acineuse possède
une propriété particulière
dautophagosomie : la
crinophagie (voir cours de biologie cellulaire). La crinophagie ne
concerne que les vacuoles de condensation. Autrement dit, la
régulation du stock zymogénique se fait
précocemment, au stade de la vacuole de condensation.
VIII-3-5
POLARISATION SECRETOIRE ET EXOCYTOSE, SEGREGATIONS MEMBRANAIRES
:
Nous rappelerons simplement 2 autres
mécanismes impérativement impliqués dans le
déterminisme sécrétoire et
lhoméostasie dune cellule séreuse (voir
cours et traités de biologie cellulaire pour plus de
détail).
VIII-3-5-1 DETERMINISME
DIRECTIONNEL : MIGRATION ZYMOGENIQUE VERS LE POLE
APICAL
Pour assurer lexocytose les grains
doivent migrer vers lapex. Le processus implique les
microfilaments, les microtubules, et des molécules
chaperones
VIII-3-5-2 CONTRÔLE DE
LEXOCYTOSE :
Lexocytose implique en outre
:
- la reconnaissance stéréospécifique entre la membrane des grains de zymogène et la membrane apexienne
- un processus de fusion des membranes zymogéniques et apexiennes
- enfin un recyclage endocytique des membranes apexiennes aprés la phase de sécrétion pour éviter lextension de le membrane apexienne qui survient à chaque processus de fusion mérocrine.
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