TAI CHI : IMPACT SUR LE
VIEILLISSEMENT
Au
total :
- 89 articles scientifiques (revues à comité de
lecture) retrouvés dans la littérature internationale depuis 1980
- Aucun article scientifique référencié sur Medline
ne provient d’équipes françaises (validé
par comité de lecture) …
- La plupart des expérimentations ont été réalisées
par des équipes américaines, et encore plus par des équipes chinoises ou
d’autres pays d’Asie (il fallait s’y
attendre)
- 32 articles (me) semblent particulièrement importants et/ou les mieux argumentés
au plan scientifique. Il sont résumés ci-dessous
- Il faut particulièrement noter l’étude
expérimentale réalisée dans le cadre de la cohorte FICSIT et l’équipe de Wolf
et col. Cette étude a été initiée en 1993. Les
résultats ont été présentés en 1996 et ont été repris in extenso dans le JAGS en 2003
(reprint), compte tenu de l’importance accordée à ce travail par la Société
américaine de Gériatrie. Cette étude de référence donne lieu à d’autres travaux
qui nuancent les résultats, mais surtout tendent à valider/adapter le Tai Chi à
la typologie de la PA et à son niveau de fragilité pour mieux cerner la place
de l’action préventive la plus efficace.
- Il faut également noter l’excellente revue
générale de Wu (2002) et celle plus nuancée de Verhagen (2004)
Hill K, Choi
W, Smith R, Condron J
Australasian
Journal on Ageing ; 24(1) 9-14, 2005
= Tai Chi, et bénéfice global
2 – The
efficacy of Tai Chi Chuan in older adults: a systematic review.
Verhagen AP,
Immink M, van der Meulen A, Bierma-Zeinstra SM.
Fam Pract.,
21(1):107-13, 2004
=
méta-analyse nuançant l’importance du bénéfice du Tai Chi
3 - Relative exercise
intensity of Tai Chi Chuan is similar in different ages and gender.
Lan C, Chen
SY, Lai JS
Am J Chin
Med, 32(1):151-60, 2004
= ubiquité du Tai Chi
Lan C, Chou
SW, Chen SY, Lai JS, Wong MK.
Am J Chin
Med, 32(1):141-50, 2004
= comparaison Tai Chi et Ci Kong
5 – Effect of 4-
and 8-wk intensive Tai Chi Training on balance control in the elderly.
Tsang WW,
Hui-Chan CW.
Med Sci
Sports Exerc, 36(4):648-57, 2004.
= bénéfice rapide du Tai Chi ;
effet prolongé
6 - Effect of tai chi exercise on proprioception of ankle and knee
joints in old people
Xu D, Hong
Y, Li J, Chan K,
Br J
Sports Med , 38:50–54, 2004
= Tai Chi et proprioception
7 – Tai Chi improves standing balance control under reduced or
conflicting sensory conditions.
Tsang WW, Wong
VS, Fu SN, Hui-Chan CW.
Arch Phys Med
Rehabil., 85(1),129-37, 2004.
= Bénéfice très important du Tai Chi si troubles visuels
ou vestibulaires
Li F, PhD, K. Fisher KJ, PhD, Harmer P, PhD, Irbe D, Tearse RG,
Weimer C
J Am Geriatr
Soc, 52, 892–900, 2004.
Shan G, Daniels
D, Gu R..
J Aging Phys
Act., 12(1), 75-89, 2004
= Tai Chi et plasticité
neuronale
Wolf
SL, Huimnan X. Barnhart XB,
Kutner NG, McNeely E, Coogler C, Xu T, and the Atlanta FICSIT Group
J Am
Geriatr Soc 51, 1794–1803, 2003.
Reprinted from : Wolf S, Barnhart H, Kutner N, McNeely E, Xu T, and the
Atlanta FICSIT Group. Reducing frailty and falls in older persons: an
investigation of Tai Chi and computerised balance training. 1996; 44: 489–97.
Wolf SL,
Richard W. Sattin RW, Kutner M, O’Grady M, Greenspan AI, Gregor RJ
J Am
Geriatr Soc, 51, 1693–1701, 2003.
12 – Effects of tai chi on joint
proprioception and stability limits in elderly subjects.
Tsang WW,
Hui-Chan CW.
Med Sci
Sports Exerc, 35(12), 1962-71, 2003
= Tai Chi et proprioception
13 - Exercise interventions: defusing the world’s osteoporosis time
bomb
Chan KM,
Anderson M & Lau E
Bulletin
of the World Health Organization, 81, 827-830, 2003
= Tai Chi et prévention
de l’ostéoporose
Wu G.
J Am Geriatr
Soc., 50(4):746-54, 2002
= Revue générale qui fait bien le
point sur des travaux antérieurs
Wang JS, Lan C,
Chen SY, Wong MK
J Am Geriatr Soc.
50(6):1159-60, 2002
= Impact du Tai Chi sur la
circulation périphérique
Song R, Lee EO,
Lam P, Bae SC.
J Rheumatol.
30(9):2039-44, 2003
= Bénéfice du Tai Chi dans
l’ostéoarthrite
17 - Taiji training improves knee
extensor strength and force control in older adults.
Christou EA,
Yang Y, Rosengren KS.
J Gerontol A
Biol Sci Med Sci. 58(8):763-6, 2003
= Bénéfice du Tai Chi sur le
quadriceps
18 - Effects of Tai Chi exercise on
balance, functional mobility, and fear of falling among older women.
Taggart HM
Appl Nurs
Res. ; 15(4), 235-42, 2002
= Tai Chi, équilibre et chutes
Wu G, Zhao F,
Zhou X, Wei L.
Arch Phys Med
Rehabil. ; 83(10),
1364-9, 2002
= Tai Chi, puissance musculaire et instabilité posturale
Li F, Harmer P,
McAuley E, Duncan TE, Duncan SC, Chaumeton N, Fisher KJ.
Ann Behav Med.
23(2):139-46, 2001.
= Tai Chi et motricité équilibre
21 - Tai Chi Chuan to improve muscular
strength and endurance in elderly individuals: a pilot study.
Lan C, Lai JS, Chen SY, Wong MK.
Arch Phys Med
Rehabil. ; 81(5):604-7, 2000
= Tai Chi et puissance/endurance musculaire du membre
inférieur
22 - Balance control, flexibility, and
cardiorespiratory fitness among older Tai Chi practitioners.
Hong Y, Li JX,
Robinson PD.
= Tai Chi, motricité équilibre et adaptation cardio-respiratoire
Ross MC, Bohannon AS, Davis DC, Gurchiek L.
J Holist Nurs.;17(2),139-47, 1999.
= Tai Chi, et effet global sur bien-être et qualité de
vie
24 - A therapeutic programme for people with
dementia.
Gibb H, Morris CT, Gleisberg J.
Int J Nurs
Pract. ; 3(3):191-9, 1997
= Tai Chi :
pratique bénéfique au cours des démences non sévères
Lan C, Lai JS,
Wong MK, Yu ML.
Arch Phys Med
Rehabil. ; 77(6), 612-6, 1996
= Tai Chi, souplesse, adaptation cardio-respiratoire et masse
grasse
Channer KS,
Barrow D, Barrow R, Osborne M, Ives G.
Postgrad Med J.
; 72(848), 349-51, 1996
= Tai Chi, et infarctus du myocarde
Lai JS, Lan C,
Wong MK, Teng SH.
J Am Geriatr
Soc. ; 43(11):1222-7, 1995
= Tai Chi : moindre déclin fonctionnel
cardiorespiratoire
Lai JS, Wong
MK, Lan C, Chong CK, Lien IN.
J Formos Med
Assoc. ; 92(10), 894-9, 1993
= Tai Chi et adaptation cardiorespiratoire (seniors
jeunes)
29 - The Atlanta FICSIT study: two exercise interventions to reduce
frailty in elders.
Wolf SL, Kutner
NG, Green RC, McNeely E.
J Am Geriatr
Soc. ; 41(3):329-32, 1993
= Tai Chi : article socle du programme FICSIT
Kirsteins AE, Dietz F, Hwang SM.
Am J Phys Med
Rehabil. ; 70(3):136-41, 1991
= Tai Chi : bénéfice dans la PR
31 - Changes in heart rate, noradrenaline, cortisol and mood during
Tai Chi.
Jin P.
J Psychosom
Res. ; 33(2), 197-206, 1989
= Tai Chi et paramètres biologiques du stress
32 - Preventive geriatrics : an overview
from traditional Chinese medicine.
Zhou DH.
Am J Chin Med.
; 10(1-4), 32-39, 1982
= Premier article trouvé et prenant en compte le Tai Chi en prévention et Santé
COMMENTAIRES
D’ARTICLES
Hill
K, Choi W, Smith R, Condron J
Tai Chi in Australia: acceptable and effective approach
to improve balance and mobility in older people?
Australasian Journal on Ageing ; 24(1) 9-14, 2005
Sur 90 PA de 70
ans d’âge moyen cette équipe confirme le bénéfice du Tai Chi (1h 3 fois par
semaine) en ayant utilisé une batterie exhaustive de tests validés dans le
domaine de la moricité équilibre.
C’est
l’équilibre qui est significativement le plus amélioré.
Par ailleurs les
auteurs soulignent le bénéfice plus global du Tai Chi, avec une forte adhésion
des participants qui souhaitent majoritairement poursuivre le programme, avec
une amélioration de l’équilibre de vie et un intérêt ddes personnes testées
pour l’action de stimulation cognitive du Tai Chi liée à la mémorisation des
figures.
Li F,
PhD, K. Fisher KJ, PhD, Harmer P, PhD, Irbe D, Tearse RG,
Weimer C :
J Am
Geriatr Soc, 52, 892–900, 2004.
L’étude
Li F et al (Jags, 2004) compare les effets (pendant 6 mois, 3 fois 1 heure par semaine) d’un programme
de Tai-Chi (n=62) avec ceux d’un programme d’exercices physiques conventionnels de basse intensité
(n=56). Ils ont utilisés des echelles et des tests internationaux validés, aussi bien pour la de qualité du
sommeil (PSQI-1989 : Pittsburgh Sleep Quality Index ;ESS-1991 :
Epworth Sleepiness Scale), que pour l’appréciation de l’activité
motricité/équilibre, ou le ressenti de la qualité ede vie (SF12).
Wolf SL, Huimnan X. Barnhart XB, Kutner NG, McNeely E, Coogler
C, Xu T, and the Atlanta FICSIT Group
Reducing Frailty and Falls in Older
Persons : An Investigation of Tai Chi and Computerized Balance Training
J Am Geriatr Soc 51, 1794–1803, 2003. (Reprinted from JAGS 1996)
Dans le
cadre du programme FICSIT (The Atlanta Frailty and Injuries Cooperative Studies
and Intervention Techniques), l’étude de Wolf et al a permis de comparer les
effets de 2 méthodes d’entraînement physique chez 200 PA de plus de 70 ans (âge moyen 76 ans ; 162 femmes, 38
hommes) :
-
le Tai Chi
(TC),
-
une méthode
plus conventionnelle d’entraînement à l’équilibre par des exercices programmés
(BT).
Les 2 bras principaux (TC et
BT) ont été comparés à un 3eme bras, recevant un programme purement
éducatif et de conseils (ED). La période d’intervention était de 15
semaines ; elle a été prolongée par un suivi ultérieur de 4 mois .

Plusieurs paramètres ont été évalués dans le cadre du programme
FICSIT pour suivre l’évolution du niveau de fragilité des participants au
programme et établir des indicateurs.
Les critères étaient à la fois,
-
biomédicaux :
force musculaire, souplesse, endurance cardiovasculaire, composition
corporelle.
-
Fonctionnels,
en mesurant les IADL,
-
Psycho
sociaux : échelle de dépression, perception de la santé présente et
future, maîtrise de soi et motivation, qualité du sommeil, mal être.
Une analyse complémentaire a permis de mesurer la peur de tomber
et la fréquence des récidives de chutes.
Les cohortes étaient sensiblement comparables, comme le montre le
tableau ci dessous :

Dans tous
les groupes testés les performances globales ont été améliorées, en particulier
sur la force musculaire. Mais les résultats montrent clairement les meilleurs bénéfices du Tai-Chi, par rapport aux 2 autres
groupes, avec :
-
Une
diminution très significative de la pression artérielle de repos, ainsi que la
pression sytolique mesurée après une marche forcée de 12 minutes,
-
- Un réduction très significative de la peur de tomber.
L’ajustement statistique des résultats montre alors que le risque de récidive
des chutes a été réduit de 47% par le Tai-Chi dans cette expérimentation.
Les pricipaux résultats sont colligés dans les tableaux
ci-dessous :




Wolf SL, Richard W. Sattin RW, Kutner M, O’Grady M, Greenspan
AI, Gregor RJ
Intense Tai Chi Exercise Training and
Fall Occurrences in Older,Transitionally Frail Adults : A Randomized,
Controlled Trial.
J Am Geriatr Soc, 51, 1693–1701, 2003.
Un travail précédant de Wolf et al
(Jags-1996, repris en 2003, mettait en évidence les bénéfices du Tai Chi sur des patients peu ou pas fragiles.
Cette nouvelle étude, tout en confirmant les résultats antérieurs, en nuance la
portée. L’expérimentation est réalisée sur une population sélectionnée et
ciblée : les personnes âgées en cours de fragilisation.
En terme de politique de Santé
Publique et de prévention , il est évident qu’il s’agit de la population
la plus intéressante : celle sur laquelle on peut concevoir un prise en
charge sanitaire ciblée
Pour définir cette population
(en cours de fragilisation), l’équipe a retenu 10 critères de fragilité dans
des domaines reconnus : age, équilibre, capacité à la marche, autres
activités physiques, niveau de dépression, usage de sédatifs, vision de près,
statut pathologique et comorbidités, force des membres supérieurs et
inférieurs. Sur ces critères, une PA est réputée « robuste » si 4
items sur les 10 sont strictement normaux et si moins de 2 items sont fortement perturbés. Inversement, une
PA est reconnue fragile si 4 critères sur 10 sont fortement altérés et si un
seul critère reste normal. Les PA
correspondant aux cas intermédiaires sont alors classés comme étant des PA en
situation transitionnelle de fragilisation.
Pour une
inclusion dans le protocole, les
PA devaient également avoir chuté au moins une fois dans l’année qui précède.
Par contre, les insuffisances cardiaques ou respiratoires invalidantes, un MMS
de Folstein <24, et une
mobilité restreinte au transfert lit-fauteuil., constituaient des
critères d’exclusion.
Dans ces
conditions, 145 PA avaient été incluses dans un bras bénéficiant du Taï-Chi,
(TC) versus un bras de 141 PA ne bénéficiant que d’un programme de conseils en
santé et au « bien vieillir » (WE). La moyenne d’âge était de 81 ans
(étendue : 70 - 97 ans)
Les
conditions d’apprentissage des figures du Tai Chi ont été strictement définies
au même titre que la qualification des instructeurs. Les séries d’intervention
ont été poursuivies pendant 48 semaines. De nombreux paramètres ont été
comparativement mesurés…
Sur cette population ciblée, et
pour la globalité des 48 semaines du temps d’intervention, l’étude n’a pas
montré un risque de chute significativement différent entre TC et WE. Par
contre, une analyse tendancielle plus poussée, tenant compte des temps
intermédiaires d’évaluation, montre des variations significatives obtenues avec
le Tai Chi. Plus précisément, au cours du premier mois d’apprentissage le Tai
Chi augmente significativement le risque de chute. Ensuite, du 4eme au 12eme
mois le Tai Chi réduit
significativement le risque de chute (47% dans le groupe TC, versus 60% dans le groupe WE).
La figure suivante traduit ces
résultats

Ces
résultats, obtenus sur des PA en cours de fragilisation, sont donc moins nets
que ceux obtenus par la même équipe chez des patients peu fragiles ou
simplement vulnérables.
Ce constat
appelle cependant des commentaires :
-
Chez ces PA
fortement fragilisées, ce n’est qu’au tout début de la pratique du Tai Chi que
les risques de chute s’amplifient. Il faut alors s’interroger sur la vigilance
à mettre en place et sur les modalités d’initiation à ce type de pratique
(chronologie, progression des exercices, qualité du formateur, etc),
-
Ultérieurement
le Tai Chi démontre une action positive sur le risque de chute,
-
La
population ciblée dans cette expérimentation, même si les critères d’inclusions
ont été très rigoureux, n’est pas nécessairement homogène, et le reflet de
l’ensemble d’une population en cours de fragilisation. Notons surtout qu’un nombre important de PA avaient déjà des déficits
cognitifs. Or, d’autres études montrent qu’une pratique interventionnelle pour prévenir les chutes n’est
que peu ou pas efficace chez des patients présentant des déficits cognitifs
importants, un état démentiel ou pré-démentiel (voir ref $$$, à ajouter).
Chan KM, Anderson M & Lau E
Exercise interventions: defusing the
world’s osteoporosis time bomb
Bulletin of the World Health
Organization, 81, 827-830, 2003
L’exercice
physique pratiqué dès le plus jeune âge contribue à augmenter la densité
minérale osseuse, et réduit la perte osseuse à l’âge adulte. L’exercice non
seulement améliore la qualité de la trame osseuse, mais il renforce également
les muscles, la coordination, l’équilibre, la souplesse et permet d’avoir
dansl’ensemble une meilleure santé. La marche, l’aérobic, le tai-chí sont tout
particulièrement indiqués pour stimuler la formation osseuse et renforcer les
muscles de soutien. Encourager l’exercice physique à tous âges est donc une
priorité absolue pour prévenir l’ostéoporose.
Effect of tai chi exercise on
proprioception of ankle and knee joints in old people,
Br J Sports Med , 38:50–54, 2004
Cette
étude a eu pour but de vérifier que le Tai Chi traditionnel améliore la
proprioception chez la PA, et que, dans ce contexte, le Tai Chi est l’exercice
le plus performant.
Pour cela, les auteurs ont
mesuré comparativement le seuil kinesthésique de l’articulation de la cheville
et du genou chez 21 PA pratiquants habituels du Tai Chi (TC), versus 20 PA qui
pratiquaient régulièrement du footing et de la natation (RS), et 27 PA
sédentaires (groupe contrôle, CG).
Ils
démontrent ainsi que le seuil kinesthésique de l’articulation de la cheville
est significativement différent entre les 3 groupes. Le groupe TC détecte très
significativement des mouvements de bien moindre amplitude que les 2 autres (RS
et CG n’étant pas significativement différents l’un de l’autre). Pour
l’articulation du genou, une analyse plus fine montre que c’est la sensibilité
à la flexion qui est significativement améliorée, la sensibilité à l’extension
de l’articulation du genou restant similaire pour les 3 groupes.


En conclusion, cette étude démontre que la pratique régulière du Tai Chi est une
méthode idéale pour préserver ou restaurer un bon contrôle de l’équilibre. Le
Tai Chi favorise une meilleure
proprioception kinesthésique au niveau des articulations de la cheville ou du
genou, le Tai Chi étant même plus efficace que le footing/natation pour
préserver le seuil de kinesthésie de l’articulation de la cheville. Cette
constatation est essentielle, puisque nous savons que la PA utilise davantage
les informations proprioceptives provenant de la hanche, en compensation de
l’affaiblissement des informations kinesthésiques provenant de la cheville ou
du genou. Or la perte de la proprioception de la cheville est largement
responsable du risque de chute.
Artificial neural networks and
center-of-pressure modeling: a practical method for sensorimotor degradation
assessment.
J Aging Phys Act., 12(1), 75-89, 2004
Le tai chi limiterait le vieillissement sensori-moteur et
la diminution progressive des unités fonctionnelles observée au sein des
réseaux neuronaux.
Lan C, Chen SY, Lai JS
Relative exercise intensity of Tai Chi
Chuan is similar in different ages and gender.
Am J Chin Med, 32(1):151-60, 2004
L’étude porte sur 100 individus âgés de 25 à 80 ans, séparés en 3
classes d’âge et répartis en fonction du sexe. Le rythme cardiaque, le rythme
respiratoire et la pression artérielle ont été mesurés. Le Tai Chi Chuan est
une exercice aerobic d’intensité modérée, pratiqué avec la même intensité quel
que soit l’âge ou le sexe et aboutissant aux même niveau de réponse adaptative
chez le sujet le pratiquant régulièrement.
Le Tai Chi Chuan est donc
particulièrement adapté à la maintenance des capacités fonctionnelles
avec l’âge, et quel que soit l’âge.
Lan C, Chou SW, Chen SY, Lai JS, Wong
MK.
The aerobic capacity and ventilatory
efficiency during exercise in Qigong and Tai Chi Chuan practitioners.
Am J Chin Med, 32(1):141-50, 2004
L’étude compare, sur une population de 36 sujets divisés en 3
groupes (n=12), les bénéfices du Tai Chi et du Qigong par rapport à un groupe
contrôle. Chez les sujets âgés, le bénéfice des deux types d’exercice est
identique sur la capacité ventilatoire. L’entraînement fourni par le Tai Chi
est cependant plus efficace. Néanmoins le Qigong fournit aussi un bénéfice
grace à l’entrainement spécifique de la respiration diaphragmatique.
Effect of 4- and 8-wk intensive Tai
Chi Training on balance control in the elderly.
Med Sci Sports Exerc, 36(4):648-57,
2004.
Chez 49 PA (70±5) les auteurs démontrent que le Tai Chi améliore
significativement les tests
d’équilibre et de posture. L’amélioration est significative après un programme
de 4 semaines, et les bénéfice obtenus sont encore significatifs 4 semaines
après l’interruption du programme.
Tsang WW, Wong VS, Fu SN, Hui-Chan CW.
Tai Chi improves standing balance
control under reduced or conflicting sensory conditions.
Arch Phys Med Rehabil., 85(1),129-37,
2004.
L’étude porte sur 20 PA pratiquant le Tai Chi, versus 20 PA
sédentaires et 20 sujets jeunes. L’expérimentation démontre que le Tai Chi est
particulièrement efficace pour restaurer l’équilibre chez les PA souffrant de
troubles visuels et/ou vestibulaires. Le bénéfice sur la proprioception est
moins net (contrairement à d’autres publications)
Verhagen AP, Immink M, van der Meulen
A, Bierma-Zeinstra SM.
The efficacy of Tai Chi Chuan in older
adults: a systematic review.
Fam Pract., 21(1):107-13, 2004
Les auteurs ont réalisé une méta-analyse pour valider les bénéfices du Tai Chi sur
l’équilibre et les fonctions cardio respiratoires. Dans la plupart des études,
le type de Tai Chi proposé est un style Yang comportant 10 à 20 figures, avec 1
fréquence variant de 1h/sem pendant 10 semaines à 1h/jour pendant 1 an. Si la
plupart des expérimentations démontrent le bénéfice du Tai Chi, allant jusqu’à
des bénéfices de 47% sur la réduction du nombre de chutes les auteurs nuancent
ce résultat bénéfique en critiquant les modalités des protocoles souvent mis en
oeuvre et les analyses statistiques consécutives.
Effects of tai chi on joint
proprioception and stability limits in elderly subjects.
Med Sci Sports Exerc, 35(12), 1962-71,
2003
Cette étude porte sur 21 sujets pratiquant le Tai Chi, versus un
groupe contrôle (âge moyen 70ans). En utilisant une plateforme stato kinetique,
elle confirme d’autres résultats, en montrant une amélioration significative
des capacités proprioceptives au niveau du genou, avec un élargissement du
polygone de stabilité en position debout (tant en situation statique qu’en
situation dynamique, en y
associant le déplacement de poids)
Evaluation of the effectiveness of Tai
Chi for improving balance and preventing falls in the older population--a
review.
J Am Geriatr Soc., 50(4):746-54, 2002
Revue générale qui fait le point sur les expérimentations
antérieures.
Les tableaux ci dessous
résument les principaux résultats
La discussion est excellente. Elle mérite d’être reprise et
commentée



Wang
JS, Lan C, Chen SY, Wong MK.
Tai Chi Chuan training is associated with enhanced
endothelium-dependent dilation in skin vasculature of healthy older men.
J Am Geriatr Soc. 50(6):1159-60, 2002.
Les principaux résultats sont présentés sur les 3 figures
ci-dessous, extraites de l’article.



La pratique du Tai Chi est donc
associée à une augmentation permanente et très significative du champ microcirculatoire cutané
profond, mais surtout à une meilleure compliance veineuse et à une meilleure
réponse vasodilatatoire micro-artérielle, aboutissant à une meilleure capacité
d’adaptation physiologique de la circulation au niveau des membres inférieurs.
Le Tai Chi tend à rapprocher les paramètres vasculaires de la PA
pratiquant régulièrement cette activité de ceux observés chez le jeune
sédentaire.
Il faut donc admettre que le Tai Chi pourrait constituer une
méthode peu onéreuse et préventive des accidents vasculaires périphériques chez
la PA.
Song
R, Lee EO, Lam P, Bae SC.
Effects of tai chi exercise on pain,
balance, muscle strength, and perceived difficulties in physical functioning in
older women with osteoarthritis: a randomized clinical trial.
J Rheumatol. 30(9):2039-44, 2003
Etude comparative d’un programme de 12 semaines de pratique du Tai
Chi chez 62 femmes atteintes d’ostéoarthrite sévère, versus un groupe apparié
et ne pratiquant pas le Tai Chi.
Les auteurs notent une diminution de la douleur articulaire à la
mobilisation, des meilleures capacités fonctionnelles par levée des conditions
invalidantes,
Ils notent également une
amélioration significative de la force musculaire abdominale et de l’équilibre
postural. Par contre, ils n’observent pas de modification de la force
développée par l’articulation du genou.
Christou EA, Yang Y, Rosengren KS.
Taiji training improves knee extensor
strength and force control in older adults.
Un programme de 20 semaines de Tai Chi testé sur 60 PA âgées de 70
ans démontre son efficacité pour significativement augmenter la force
musculaire des extenseurs du genou. Avant d’augmenter significativement la
puissance musculaire individuelle , le programme de Tai Chi
« normalise » la population et réduit les écarts interindividuels.
Effects of Tai Chi exercise on
balance, functional mobility, and fear of falling among older women.
Appl Nurs Res. ; 15(4), 235-42,
2002
Dans une population de femmes âgées de plus de 75 ans vivant au
domicile et autonomes, un programme de Tai Chi suivi pendant 3 mois, à raison
de 2 fois par semaine, améliore l’équilibre, la mobilité fonctionnelle et la
peur de tomber.
Improvement of isokinetic knee
extensor strength and reduction of postural sway in the elderly from long-term
Tai Chi exercise.
Chez 20 PA de plus de 65 ans, le Tai Chi régulièrement pratiqué
depuis plus de 3 ans montre son efficacité pour augmenter la force musculaire
dans les muscles de la cuisse (contraction isométrique) et pour élargir la
capacité à maintenir l’équilibre en dehors du polygone de sustentation. La
significativité des résultats a été obtenue en utilisant des batteries de tests
validés, versus un groupe constitué de 19 PA sédentaires et ne pratiquant pas
le Tai Chi.
Li F, Harmer P, McAuley E, Duncan TE,
Duncan SC, Chaumeton N, Fisher KJ.
An evaluation of the effects of Tai Chi exercise on physical function
among older persons: a randomized contolled trial.
Ann Behav Med. 23(2):139-46, 2001.
Cette étude randomisée avait pour but de démonter qu’un programme
Tai Chi de 6 mois était capable d’améliorer le statut en santé de PA (65 à 96
ans ; n = 90) vivant au domicile et inactives. L’expérimentation démontre
une amélioration significative de 6 critères de qualité de vie chez les PA
participant au Tai Chi, en particulier pour les capacités à marcher, monter des
escaliers et courir.
Lan C, Lai JS, Chen SY, Wong MK.
Tai Chi Chuan to improve muscular
strength and endurance in elderly individuals: a pilot study.
Arch Phys Med Rehabil. ;81(5):604-7,
2000
L’étude est réalisée avec un programme hebdomadaire de 6 mois de
Tai Chi Chuan chez 41 PA de plus de 60 ans.
Chez les hommes la force de flexion de la jambe est augmentée de
15 à 20% et la force d’extension de 15 à 23% de .
Chez la femme les gains obtenus sont respectivement de 13 à 22% et
de 18 à 24 %.
En outre, la capacité d’endurance à l’extension du genou est
augmentée de 10 à 18% chez les hommes, et de 10 à 15% chez les femmes.
Tous les améliorations sont significatives (les sujets étant leur
propre témoin) et montrent clairement l’intérêt d’un entraînement au Tai Chi
pour augmenter la puissance musculaire des membres inférieurs.
Balance control,
flexibility, and cardiorespiratory fitness among older Tai Chi practitioners.
Br J Sports Med. ; 34(1):29-34, 2000
Cette étude compare les performances physiques de 28 PA de 68 ans pratiquant le Tai Chi depuis plus de
13 ans, avec celles obtenues ches 30 PA d’âge comparable mais sédentaires.
Le groupe TC exprime des paramètres fonctionnels significativement
meilleurs pour le rythme cardiaque de repos, le rythme cardiaque à l’effort, le
lever de chaise, la station unipodale yeux fermés.
Ross MC, Bohannon AS, Davis DC,
Gurchiek L.
The effects of a short-term exercise
program on movement, pain, and mood in the elderly. Results of a pilot study.
J Holist
Nurs.;17(2),139-47, 1999.
Les effets à court terme du Tai Chi ont été évalués dans un
programme pré test/post test sur 11 femmes âgées.
Non seulement l’étude montre une amélioration des paramètres de
motricité/équilibre, mais également une amélioration significative du niveau
d’anxiété, de l’humeur, du seuil de perception de la douleur.
L’ensemble de l’évaluation, bien argumentée, repose sur des
critères utilisant des grilles ou des scores validés (goniométrie,
dynamométrie, station unipodale chronométrée, marche tandem, échelle de
dépression et de qualification de la qualité de vie, échelle analogique de la
douleur).
Gibb H, Morris CT, Gleisberg J.
A therapeutic programme for people
with dementia.
Int J Nurs Pract. ; 3(3):191-9, 1997
Bien que insuffisamment étayé par une
démarche scientifique pragmatique, permettant de mesurer la significativité
exacte de la procédure proposée, les auteurs décrivent les bénéfices d’un
programme associant le Tai Chi à un apprentissage de la mémoire narrative chez
9 patients atteints de démence modérément avancée.
Les résultats indiquent que le Tai Chi
est encore praticable à ce stade de
démence et peut aider à améliorer la qualité de vie et le comportement
immédiat de ce type de patients
Lan C, Lai JS, Wong MK, Yu ML.
Cardiorespiratory function,
flexibility, and body composition among geriatric Tai Chi Chuan practitioners.
Arch Phys Med Rehabil. ; 77(6), 612-6,
1996
L’étude a été réalisée en
comparant les performances fonctionnelles d’un groupe de 22H+19F ayant pratiqué
régulièrement le Tai Chi depuis plus de 10 ans, avec un groupe de 18H+17F.
Les bras ont été rigoureusement
appariés ; la moyenne d’âge est à 69ans ± 4. Il s’agit de PA situées dans
un vieillissement réussi.
Pour le groupe Tai Chi (versus le groupe de PA sédentaires),
les capacités respiratoires et la VO2max sont significativement
supérieures (mesurées avec une bicyclette ergométrique). La souplesse du rachis
dorsolombaire (mesurée à l’inclinomètre) est significativement plus grande. Les
auteurs notent aussi une diminution significative de la masse grasse (mesurée à
l’adipomètre).
Ils en déduisent que le Tai Chi est une activité à prescrire
préventivement pour faciliter le vieillissement avec succès.
Channer KS, Barrow D, Barrow R,
Osborne M, Ives G.
Changes in haemodynamic parameters
following Tai Chi Chuan and aerobic exercise in patients recovering from acute
myocardial infarction.
Les auteurs ont comparé différents types d’exercice proposés en
postcure après infarctus du myocarde.
À la vue des résultats, le Tai Chi pourrait être privilégié.
En effet, le Tai Chi correspond
à l’exercice dont l’observance est la meilleure. Par ailleurs, si la plupart
des variations (bénéfiques) des paramètres physiologiques circulatoires sont
identiques quels que soient les exercices proposés, seul le Tai Chi abaisse
significativement la pression artérielle diastolique.
Lai JS, Lan C, Wong MK, Teng SH.
Two-year trends in cardiorespiratory
function among older Tai Chi Chuan practitioners and sedentary subjects.
J Am Geriatr Soc. ; 43(11):1222-7,
1995
Les auteurs comparent 45 PA vivant au domicile et pratiquant le
Tai Chi depuis 7 ans à un groupe de 39 PA sédentaires.
Les PA incluse dans le protocole (64ans ± 9 à l’inclusion) sont
ensuite suivies pendant 2 ans.
Les auteurs démontrent que le déclin fonctionnel cardio
respiratoire est significativement
moins important chez les pratiquants du Tai Chi, en particulier pour la VO2max.
Lai JS, Wong MK, Lan C, Chong CK, Lien IN.
Cardiorespiratory responses of Tai Chi Chuan
practitioners and sedentary subjects during cycle ergometry.
J Formos Med Assoc. ; 92(10), 894-9, 1993
L’étude est
réalisée en comparant les résultats sur 41 sujets pratiquant le Tai Chi, versus
49 sujets sédentaires. Le bénéfice du Tai Chi sur les paramètres cardio
respiratoires est très significatif. Néanmoins cette étude concerne de jeunes
séniors (étendue 50 – 64 ans)
Wolf SL, Kutner NG, Green RC, McNeely E.
The Atlanta FICSIT study: two exercise interventions to reduce
frailty in elders.
J Am Geriatr Soc. ; 41(3):329-32, 1993
Cette publication princeps relate
l’initiation du programme FICSIT. Il s’agit du premier programme
interventionnel étudiant avec une très grande rigueur scientifique les effets comparés du Tai Chi sur la
prévention de la fragilité des personnes âgées, avec une cohorte de 200 participants.
Les résultats
ont été présentés par la même équipe en 1996 et en 2003.
L’étude
a été poursuivie par des expérimentations qui tendent à affiner le profil sanitaire
et du niveau de fragilité des populations ciblées.
Kirsteins AE, Dietz F, Hwang SM.
Evaluating the
safety and potential use of a weight-bearing exercise, Tai-Chi Chuan, for
rheumatoid arthritis patients.
La mesure de nombreux paramètres (souplesse et amplitude
articulaire, temps de marche forcée, force de préhension, qualité de vie,
douleurs) démontre une action bénéfique très significative de la pratique du
Tai Chi (1h, 2 fois/sem pendant 10 semaines) chez des PA atteintes de
polyarthrite rhumatoïde. L’étude a
été conduite chez 11 PA versus un groupe contrôle de 9 PA. La pratique du Tai
Chi a toujours été bien supportée.
Les auteurs suggèrent d’associer le Tai Chi à des exercices de
charge en poids, dont on connaît le bénéfice sur la synthèse de la trame
osseuse et le renforcement du tissu conjonctif.
Changes in heart rate, noradrenaline, cortisol and mood
during Tai Chi.
Dans une comparaison entre 33
PA pratiquant le Tai Chi et 33 PA ne le pratiquant pas, cette équipe
australienne montre que le Tai Chi améliore le rythme cardiaque, augmente la
sécrétion de noradrénaline urinaire et diminue le cortisol salivaire.
Les PA pratiquant le Tai Chi
rapportent un mieux être, sont moins dépressives, moins anxieuses, moins
fatiguées et se sentent plus vigoureuses.
L’équipe envisageait de
comparer le Tai Chi à d’autres formes d’exercice physique.
Preventive geriatrics: an overview
from traditional Chinese medicine.
Am J Chin Med. ; 10(1-4), 32-39, 1982
Il s’agit du premier article trouvé dans la littérature
scientifique colligée dans Medline , et qui suggère l’intérêt de la pratique
des traditions de la médecine chinoise en gérontologie.
Les aspects préventifs et de gestion de l’équilibre entre
l’individu et son environnement, entre le corps et la psyché, sont des aspects
philosophiques et pratiques de la tradition chinoise qui sont en plein accord
avec l’approche globale et holistique de la gérontologie occidentale moderne.
L’auteur suggère de développer ces pratiques, et en
particulier le Tai Chi, pour améliorer le vieillissement en santé et accroître
la longévité .