Mars 1998
Daniel BALAS
Groupe de Recherches sur la Trophicité et
la Biologie du Vieillissement (G.R.T.V.)
Laboratoire dHistologie - Faculté de médecine de
Nice
et
Gérontologie Clinique, CHU de Nice
I DONNEES
BIBLIOGRAPHIQUES
I-1 DENUTRITION et VIEILLISSEMENT : UN PROBLEME MAJEUR DE SANTE
PUBLIQUE ET DECONOMIE DE LA SANTE
En pratique gérontologique quotidienne, la
dénutrition constitue un problème majeur ; elle doit
être envisagée différemment selon le niveau
dautonomie de la Personne Agée et son mode de vie
(1). Chez les personnes âgées malades, les
enquêtes font état de taux dépassant 30%. Ce taux
pourrait même atteindre 80% chez les sujets de plus de 85 ans.
Dans bien des cas, cest en institution
spécialisée et/ou en milieu médico-chirurgical
que létat de dénutrition se trouve
amplifié.
Mais dans la population saine et ambulatoire, la prévalence de
la dénutrition, certes moindre, est encore de l'ordre de 3
à 5% pour les sujets de plus de 75 ans. Il faut bien percevoir
que ce chiffre est considérable. Il correspond en grande
partie à une population à risque : celle qui, suite
à une situation de cap (2) (stress chirurgical ou
médical, perte du conjoint, déménagement, etc)
va être précipitée dans la perte dautonomie
et la grabatisation, avec toutes ses conséquences physiques,
psychiques et économiques. Cette population sera alors
davantage candidate aux épisodes dhospitalisation de
longue durée et/ou à linstitutionnalisation.
Il est alors facile dimaginer les surcoûts
générés par la dénutrition. Le
problème est largement dactualité, puisque
lEtat envisage la création prochaine de
lallocation dépendance pour les Personnes Agées.
Il sagira dun financement faisant appel à la
solidarité, hors budget de la Sécurité Sociale.
Lapproche de tous les aspects du vieillissement devient une
priorité gouvernementale compte tenu des problèmes
socio-économiques posés.
A lévidence les services hospitaliers devront tôt
ou tard acquérir un rôle dexpert dans
lévaluation de la perte dautonomie. Cest en
particulier le cas pour lévaluation de la fonction
digestive face aux états de dénutrition.
Au plan scientifique les travaux récents confirment
l'étroite relation existant entre le risque de
dénutrition et le vieillissement chez lhomme
(3).
Les changements physiologiques consécutifs au
vieillissement affectent les besoins alimentaires de la personne
âgée. Inversement, il ne fait aucun doute que la
dénutrition aggrave le processus intrinsèque de
vieillissement de la plupart des organes, c'est
particulièrement le cas pour l'appareil digestif (4-7).
Il est en fait souvent difficile de trancher entre latteinte
intrinsèque des muqueuses, des tissus ou des organes
vieillissants, et une viciation des capacités fonctionnelles
sous leffet de la diminution qualitative et quantitative des
apports nutritionnels. Sur ce dilemne étiologique se greffe la
modification du comportement alimentaire de la Personne Agée,
avec la survenue danorexies sévères. Chez la
Personne Agée, les pertes dautonomie liées
à la dénutrition peuvent alors revêtir
différents aspects :
- neuro-psychiques (syndrome de glissement, diminution des
capacités cognitives, affaissement des contrôles moteurs
volontaires et sphinctériens, etc)(8, 9).
- physiques et organiques (fonte musculaire, déficit des
synthèses et de lanabolisme, catabolisme accru,
déficit des capacités immunitaires, déficit
vitaminique et en oligoéléments,
déminéralisation et accroissement des chutes et
fractures, etc) (10-16).
Ces manifestations cliniques sexpliquent aisément.
Chez ladulte, les atteintes dystrophiques sont
compensées par des mécanismes adaptatifs de
prolifération, différenciation et cytoprotection. Chez
la Personne Agée, les mécanismes adaptatifs deviennent
rapidement déficitaires (cf chapitre suivant : données
personnelles et bibliographiques).
Les spécialistes, gérontologues cliniques et/ou
biologistes du vieillissement, sengagent dans la recherche
dactions préventives.
Il faut cependant reconnaître que les marqueurs
biologiques précoces du vieillissement, de la
dénutrition, ou ceux évaluant lefficacité
dune renutrition, sont encore insuffisants et méritent
de nouvelles investigations (17) : la prise en charge nutritionnelle
seffectue trop souvent tardivement.
Il importerait donc :
1 - de mieux connaître les relations
dénutrition-vieillissement au plan fondamental.
2 - de cerner des moyens biologiques
dévaluation, plus précoces, sensibles et
fiables, largement utilisables en pratique courante.
3 - de préciser la nature étiologique de la
dénutrition chez la Personne Agée (part relative
des facteurs organiques digestifs, comportementaux et psychiques,
liés à un handicap social, etc)
4 - de préciser alors le niveau du retentissement organique
et lévolution trophique tissulaire en fonction du mode
dentrée étiologique dans la
dénutrition
5 - délaborer une stratégie plus
efficace de prise en charge médicale de la dénutrition
: du préventif (examens de santé
spécialisés, conseils aux patients et/ou
assurés, conseils aux professionnels de la santé),
jusquà des examens hyperspécialisés pour
le suivi de lefficacité dune
réalimentation, tout en évitant des redondances et/ou
la multiplication des consultations, des examens, des prescriptions,
avec des frais inutiles.
6 - enfin denvisager des moyens pratiques, à
domicile comme en milieu hospitalier ou en institution, pour
pallier au risque de dénutrition : vigilance
médicale et du personnel soignant, services
dhygiène et de diététique, services de
restauration, etc. Cette conception doit aussi conduire à une
relation plus étroite avec lindustrie
agro-alimentaire pour adapter lalimentation et rechercher les
nutriments les mieux adaptés, sans avoir
systématiquement recours à des supplémentation
souvent très onéreuses. Il est alors nécessaire
de mettre au point des tests simples dévaluation de
la qualité trophique des nutriments (concept de
laliment-médicament)
I-2 VIEILLISSEMENT DE LAPPAREIL DIGESTIF ET DENUTRITION
RESULTATS PERSONNELS CONFRONTES AUX DONNEES DE LA LITTERATURE
I-2-1- INTRODUCTION
Les muqueuses digestives possèdent une remarquable
capacité de renouvellement (18). De ce fait, elles sont
capables de sadapter et de longtemps compenser leur propre
vieillissement (7). Ainsi, le vieillissement intrinsèque de
lestomac, du pancréas ou de lintestin grêle
est moins important que celui dautres organes. Cette notion se
vérifie tout autant que des phénomènes
intercurrents ne viennent pas déséquilibrer le
processus trophique naturel.
Par contre, les états de dénutrition, autant comme
cause que comme conséquence, représentent des facteurs
majeurs venant aggraver, ou révéler, le vieillissement
digestif (3, 4, 5).
I-2-2- DENUTRITION et VIEILLISSEMENT GASTRIQUE ; PREVALENCE DE LA
MALADIE ULCEREUSE ET DE LA GASTRITE
Le vieillissement gastrique a été peu
étudié chez lanimal, encore moins chez
lhomme. Les données de lexploration fonctionnelle
ont permis de mettre en évidence une atrophie de la muqueuse
à lobservation endoscopique. Cette atrophie est à
mettre en relation avec la diminution de la capacité
sécrétoire gastrique en conditions basales chez la
Personne Agée, avec une élévation progressive du
pH gastrique à partir de la 40ème année (22,
23).
Mais laffaissement des capacités
sécrétoires gastriques est souvent modifié par
des pathologies intercurrentes. On sait en effet que les cas
dulcères augmentent avec lâge.
Lulcère de la Personne Agée est souvent de
symptomatologie larvée, uniquement révélé
par une complication majeure (24, 25, 26). Dailleurs, un
ulcère méconnu semble souvent la cause dun
état anorexique chez la Personne Agée, aggravant le
risque de dénutrition ; inversement, les états de
dénutrition favorisent la prévalence de
lulcère (4).
De même, les lésions de gastrite chronique augmentent
avec lâge et sont un facteur majeur de maldigestion, par
lhypochlorhydrie induite (27-32). Facilitant aussi
lanorexie, la gastrite aggrave le risque de dénutrition.
Les formes strictement localisées au Fundus gastrique (type
A), avec une composante auto-immune (maladie de Biermer,
déficience en facteur intrinsèque et avitaminose B12,
etc) sont souvent retrouvées. Mais ce sont surtout les formes
de type B ou AB, plus ou moins diffuses, à partir dune
localisation antrale prédominante, qui méritent une
attention particulière (33,34). Bien que linfestation
par lhelicobacter soit largement incriminée dans la
genèse de la gastrite et lapparition de la maladie
ulcéreuse (15, 17), avec lâge, la composante
purement inflammatoire sestompe dans le tableau histologique.
Les infiltrats sont très souvent quiescents. Ce sont alors des
signes dystrophiques polymorphes qui viennent dominer le tableau,
objectivant des déficits majeurs dans les mécanismes
normaux de prolifération et de différenciation de
lépithélium1.
Plus encore que chez ladulte la prise en compte de ces
états dystrophiques explique les difficultés
descriptives et dinterprétation rencontrées chez
la Personne Agée. Les propositions actuelles (35) pour mieux
scorer les états gastritiques, au delà de
critères purement inflammatoires, semblent très
utiles.
Nous voyons quavec lâge, la relation
triangulaire entre une pathologie intercurrente, le vieillissement
intrinsèque de la muqueuse gastrique et un état de
dénutrition est difficile à cerner. Cest pourtant
à ce niveau que se situe lintêret dune
approche fondamentale du vieillissement gastrique.
La trophicité normale de la muqueuse est la résultante
dun état déquilibre dynamique entre les
facteurs de prolifération et/ou de différenciation
cellulaire, et les facteurs modulants les pertes cellulaires. Toute
viciation des mécanismes contrôlant cet équilibre
peut engendrer, stricto sensu, un
état dystrophique, voire une rupture de la barrière
muqueuse. Le vieillissement gastrique pourrait favoriser ce
déséquilibre. Cest lhypothèse que
nous avons testée depuis quelques années.
Pour cerner ces variations, une analyse
mutiparamétrique, et le recours aux corrélations
statistiques, était impérative pour cerner la
réponse trophique et dadaptation des muqueuses
digestives chez lhomme vieillissant.
Pour des raisons évidentes déthique il convient,
chez lhomme âgé, déviter des tests
invasifs, des explorations fonctionnelles multiples. Nous avons
donc mis au point des des microméthodes sur biopsies (36,
37). Les biopsies endoscopiques des muqueuses digestives sont
alors incubées et maintenues en survie ; il est
également possible de pratiquer des isolements glandulaires ou
cellulaires, permettant de tester les activités fonctionnelles
sécrétoires, en fonction de différents agents
pharmacologiques. Sur ces prélèvements il est
désormais possible dévaluer simultanément
plusieurs paramètres (prolifération, taux de
prostaglandines, analyse dimages, techniques de
binding, dosage dactivités enzymatiques
sécrétoires, etc) au cours dun seul acte
endoscopique.
Ainsi, nous avons pu mettre en évidence plusieurs points
originaux dans le vieillissement gastrique. Brièvement (4,
20, 38) :
1) Pour la muqueuse fundique gastrique (zone élective de
sécrétion acide par les cellules pariétales),
outre des modifications mineures dans la répartition des
différents clones cellulaires, la composante volumique
mitochondriale diminue dans les cellules pariétales (-13%),
traduisant une baisse des capacités
énergétiques de cet organite cellulaire et pouvant
expliquer la diminution du débit acide stimulé.
2) Contrairement aux observations
effectuées chez ladulte, la prolifération
cellulaire (incorporation de 3H-thymidine ou de deoxybromouridine)
nest plus significativement corrélée avec le
niveau datteinte dystrophique de la muqueuse. La
réponse adaptative de réparation tissulaire est donc
affaissée.
3) Il est bien connu que les prostaglandines (série E
principalement) sont impliquées dans les mécanismes de
cytoprotection de la muqueuse gastrique vis a vis dagents
agresseurs exogènes (alimentation, agent pharmacologiques
comme les AINS, ethanol, etc) ou naturels (agression
chlorhydropeptique) (39). Chez la Personne Agée, malgré
une élévation partielle du taux de PG (bicycloPG-E2)
synthétisée (in vitro), la cytoprotection
savère insuffisante pour compenser latteinte
dystrophique, qui ainsi saggrave. Cette notion est en plein
accord avec dautres travaux récents (40, 41, 42)
4) Il est impossible, in vitro, de mesurer le niveau de
sécrétion acide des cellules pariétales. Des
techniques stéréologiques en microscopie
électronique permettent par contre dapprécier
létat fonctionnel de la cellule pariétale en
évaluant la proportion relative des membranes supportant
lactivité de transfert du proton (ATPase
H+,K+dépendante) : membranes
tubulovésiculaires (état de repos) ; membranes des
canalicules intra-cytoplasmiques (état
sécrétoire) (43). Nous avons pu démontrer, par
rapport à des sujets adultes sains et à jeun
observés dans les mêmes conditions, que les cellules
pariétales de la Personne Agée sont en
pré-état de stimulation. Les cellules pariétales
sont donc dans un état dhypersensibilité,
phénomène déjà décrit dans la
maladie ulcéreuse de ladulte.
5) Les capacités de la cellule principale peptique sont
également altérées. Cette cellule secrète
non seulement la pepsine, mais également la lipase acide (44),
enzyme qui prépare lhydrolyse des triglycérides
par la lipase pancréatique en présence de colipase et
de sels biliaires (45). Pour lactivité lipasique acide,
si les capacités sécrétoires basales sont
négativement corrélées au niveau datteinte
dystrophique (au pro rata de latrophie gastrique), la
capacité sécrétoire maximale est directement
reliée à lâge des sujets. Cette
constatation corrobore lopinion dautres auteurs et
démontre bien la diminution des capacités
fonctionnelles avec lâge et la notion de
Fatigabilité de la réponse cellulaire comme
certains et nous mêmes, lont déjà
suggéré pour dautres fonctions exocrines
digestives (46, 47).
Mais à ce jour, il est encore impossible de préciser si
la baisse de capacité fonctionnelle enzymatique gastrique est
liée à une altération intrinsèque du
mécanisme de synthèse et/ou de maturation des enzymes
digestives gastriques, ou à un déficit du
mécanisme de régulation cellulaire (modification des
récepteurs en terme de sensibilité ou de
capacité ; perturbation de léquilibre des
facteurs endocriniens de régulation ?).
A ce propos, dautres études ont montré chez le
rat (48, 49) des perturbations importantes du système
endocrinien diffus au cours du vieillissement :
léquilibre entre le nombre de cellules G à
gastrine et des cellules D à somatostatine est modifié
au profit numérique des cellules D. Or le rôle
physiologique inhibiteur de la somatostatine, tant sur les
mécanismes de sécrétion que sur la
prolifération cellulaire des muqueuses digestives est bien
connu. Sils étaient vérifiés de tels
mécanismes pourraient également expliquer la perte de
trophicité observée au cours du vieillissement
gastrique dans lespèce humaine. En outre,
représentant probablement une adaptation, mais insuffisante
pour pallier les phénomènes datrophie, les
activités basales de lornithine-décarboxylase et
de la tyrosine-kinase sont augmentées chez le rat
âgé de 22 mois. Par contre la réponse
tyrosine-kinase induite par la gastrine est diminuée chez le
rat âgé, montrant un déficit des capacités
adaptatives à la stimulation.
La conjonction des points 1, 2, 3, 4 et 5 permet alors
dexpliquer aisément la relation entre maladie
ulcéreuse et gastrite atrophique chronique ; mais aussi la
prévalence de ces pathologies avec lâge, et leur
relation avec le vieillissement intrinsèque des muqueuses de
lestomac. Lensemble de ces résultats est
présenté sur la Figure N° 1.

I-2-3- DENUTRITION ET VIEILLISSEMENT DU PANCREAS EXOCRINE :
INSUFFISANCE FONCTIONNELLE ET/OU PATHOLOGIQUE ?
Chez lhomme, il nexiste pas de travaux en biologie
fondamentale sur le vieillissement du pancréas exocrine. Cette
carence sexplique aisément, compte tenu de la
difficulté dabord anatomique de la glande. Il faut donc
extrapoler les résultats obtenus chez lanimal, pour
tenter dexpliquer les données fournies par les
explorations fonctionnelles chez lhomme.
Au cours de lexploration fonctionnelle du pancréas par
tubage duodénal, sous stimulation par perfusion de
sécrétine et de céruleine, nos résultats
ont montré chez lhomme âgé (âge moyen
de 72 ans, versus un groupe de 36 ans) une chute très
significative et parallèle (environ 40%) des débits en
bicarbonate, lipase, chymotrypsine et amylase (50). Dautres
auteurs (51), en recrutant une population privilégiée
de sujets non institutionnalisés et totalement sains, ne
retrouvent pas dinsuffisance significative de la fonction
pancréatique exocrine. Il convient alors de remarquer que
notre étude portait sur des sujets, certes indemnes de toute
affection organique digestive, mais recrutés en milieu
hospitalier : même si le bilan nutritionnel nétait
pas franchement altéré, on ne pouvait éliminer
chez ces patients des conditions nutritionnelles précaires. Or
la cellule acineuse pancréatique, modèle de
référence pour létude des
mécanismes de synthèse protéique, possède
une réponse adaptative excessivement rapide (52). Depuis,
nous avons pu vérifier (53), en utilisant un test non
invasif explorant la fonction lipasique du pancréas
(pancrélauryl-test), que la fonction pancréatique
exocrine était particulièrement sensible à
létat nutritionnel de la personne âgée :
Une dénutrition sévère induit des signes majeurs
dinsuffisance pancréatique avec un effondrement du
pancrélauryl test. Ces constatations laissent alors
supposer quun état de dénutrition pourrait
révéler chez la Personne Agée une insuffisance
pancréatique exocrine latente, voire même que la
dénutrition pourrait provoquer une atrophie pancréatite
et/ou une pancréatite chronique sénile dont la
réalité est encore discutée (54). Par ailleurs,
nous navons à ce jour aucune idée sur les
capacités de restauration, totales ou partielles, du
pancréas vieillissant après un épisode de
dénutrition ; le rôle joué par la durée de
cette dénutrition sur les capacités de restauration de
la glande devrait être également envisagé.
Confortant le rôle joué par le statut nutritionnel chez
la Personne Agée, il ne faut pas oublier que dans les pays
sous-développés les insuffisances pancréatiques
sont toujours liées aux dénutritions
protéino-énergétiques majeures (kwashiorkoor et
marasme). Par ailleurs, les études de biologie cellulaire ont
bien montré que le système lysosomial était
sensible à la carence en certains acides aminés, avec
induction précoce des mécanismes de
micro-autophagosomie (55). Enfin la
dégénérescence pancréatique exocrine est
pour certains dorigine intra cellulaire : une perturbation des
routes des protéines exportables, avec probablement une
viciation de la séquestration des enzymes lysosomiales lors de
leur adressage spécifique par reconnaissance des radicaux
phospho-mannosyl, entraînerait une lyse intra cellulaire des
acini pancréatiques (56, 57).
Des travaux préliminaires chez lanimal nous ont permis
de visualiser chez le rat très âgé (28 mois) des
modifications morphologiques très proches des observations
faites dans les pancréatites expérimentales :
diminution significative du nombre de grains de zymogènes,
hétérogénéité du contenu
granulaire, défaut de la maturation et de la condensation
zymogénique dans la zone trans-golgienne (58).
Des travaux plus récents (études autoradiographiques
après incorporation de leucine tritiée) sur acini
isolés de rat objectivent, sous stimulation, un retard dans le
transfert trans-golgien des protéines
néosynthétisées. En outre le nombre de
récepteurs à cholecystokinine (CCK) sur les cellules
acineuses isolées est diminué. Ces constatations sont
en accord avec les données de la littérature qui ont
montré chez le porc âgé (59) une diminution du
nombre des récepteurs à CCK sur un homogénat
brut de pancréas, avec paradoxalement une augmentation des
taux de CCK. Ce dernier point, retrouvé par dautres
auteurs chez lhomme, est très important : non seulement
il existe un vieillissement des cellules acineuses
pancréatiques, mais ces cellules devenant moins sensibles, les
taux circulant de CCK augmentent. Or la CCK est un des facteurs
princeps de contrôle de la satiété (60).
Les taux accrus de CCK peuvent alors expliquer la perte
dappétit de la Personne Agée, et
simultanément aggraver le risque de dénutrition, qui
lui même favoriserait latteinte cellulaire et
linsuffisance pancréatique. Nous sommes donc
probablement en présence dune boucle physiopathologique
morbide, qui justifie pleinement la poursuite des études.
La figure 2 fournit un résumé synoptique de ces
connaissances.
I-2-4- VIEILLISSEMENT DE LINTESTIN GRELE ET STATUT
NUTRITIONNEL :
Il ny a pas à ce jour de données directes
sur le vieillissement de la muqueuse intestinale humaine. Nous
névoquerons pas toutes les modifications de
lintestin grêle avec lâge. Pour ce qui est
des variations observées pour labsorption des
oligo-éléments et des vitamines, pour la fonction
motrice, ou pour la fonction immunitaire, nous renvoyons le lecteur
à dautres articles plus généraux (61).
Nous naborderons que les mécanismes de
prolifération et différenciation de
lépithélium, et les variations fonctionnelles
spécifiques observées pour les activités
hydrolasiques intestinales. Tous les auteurs saccordent pour
dire que le vieillissement de lépithélium
intestinal est un phénomène très tardif (des
phénomènes dhyperprolifération, surtout
dans les étages duodénaux et jejunaux, peuvent
même être observés au 22ème mois chez le
rat).
La diminution de la prolifération dans les cellules cryptiques
napparaît quaprès le 25ème mois chez
le rat wistar, et seulement dans le duodénum et le
jéjunum. Elle résulte à la fois dune
diminution de lindex de marquage dans la zone
proliférative mais aussi dune réduction volumique
de cette zone. En outre la zone proliférative proche du cul de
sac cryptique, et correspondant aux cellules souches, est
partiellement insensible à cette involution. La diminution de
la prolifération saccompagne dune réduction
concomitante de laire absorbante villositaire.
Lhypoplasie observée saccompagne dune
réaction hypotrophique dans le schéma de
différenciation : les synthèses protéiques
sinterrompent plus précocémment sur laxe
crypto-villositaire, larchitecture des microvillosités
de la bordure en brosse est souvent moindre et laire
micro-villositaire est significativement diminuée ;
parallèlement les activités spécifiques des
hydrolases de la bordure en brosse (phosphatase alcaline,
amino-peptidase, maltase) sont également très
diminuées (-40 à - 60%) (62). La plupart des auteurs
retrouvent des résultats similaires (63-66) ; les divergences
observées par dautres (67) sont sûrement
imputables aux différences despèces, aux
variations dans le choix de lâge des animaux, surtout aux
conditions alimentaires et de jeûne retenues par les
expérimentateurs (7). Enfin toutes les équipes
saccordent pour reconnaître la relative
indépendance trophique de lileon. La baisse de
labsorption proximale pourrait induire un apport accru de
nutriments dans les segments distaux, et ainsi un maintien de la
trophicité iléale (65, 66, 68). Sil sagit
dun mécanisme adaptatif, il est cependant insuffisant
pour pallier une dénutrition sévère.
Dailleurs, il faut souligner que lintestin grêle
distal est en fait peu sensible aux différents facteurs de
régulation, indépendamment de lâge de
lanimal et des conditions expérimentales retenues
(69).
Un autre observation essentielle est la modification de
répartition des clones cellulaires épithéliaux
(62). Chez le rat adulte, on compte à la surface villositaire
80% dentérocytes pour 20% de cellules caliciformes. Chez
le rat très âgé, le nombre des cellules
caliciformes augmente de 50%, au détriment des cellules
entérocytaires. Il est probable que cette augmentation de la
composante muqueuse, induisant un aspect de catarrhe
luminal, limite labsorption intestinale.
Enfin, les cellules de Paneth, localisées au fond des cryptes
intestinales, sont significativement hyperplasiées (30%) et
hypertrophiées.
Ces cellules, typiquement séreuses, sécrètent,
non seulement le Lysozyme intestinal (+35% chez le rat
âgé dans la zone iléale), mais des enzymes
immunologiquement apparentés aux enzymes pancréatiques
: trypsine, phospholipase-A2, carboxylesterhydrolase, proteine P19
(ou reg-proteine). Les cellules de Paneth représenteraient
donc un pancréas intestinal diffus qui dans certains cas
pourrait pallier une insuffisance pancréatique (70-72).
Or, les cellules de Paneth, en terme de stimulation
sécrétoire (70) ou de régulation trophique
positive (69), répondent à la CCK. Chez lanimal
(70) comme chez lhomme (73), les cellules de Paneth
sadaptent à lexclusion ou à
linsuffisance de sécrétion pancréatique
endocrine.
Compte tenu de latteinte latente du pancréas chez
lhomme âgé, de laugmentation de la CCK
circulante, de limpact des conditions nutritionnelles qui
peuvent révéler une insuffisance pancréatique,
le rôle de la cellule de Paneth dans le processus de
vieillissement devrait être approfondi. Une adaptation
fonctionnelle compensatrice de la cellule de Paneth est une
hypothèse à envisager. Il faudrait en cerner les
conditions physiopathologiques de survenue, ou même rechercher
des facteurs stimulant une adaptation naturelle.
La figure 2 résume lensemble des mécanismes
présumés, reliant le vieillissement digestif et la
dénutrition.

I-2-5- UN SUJET DACTUALITE : LA CCK
(CHOLECYSTOKININE-PANCREOZYMINE) ; ROLE DIFFERENTIEL DES RECEPTEURS A
ET B ; UN LIEN ENTRE PHYSIOLOGIE DIGESTIVE ET PHYSIOLOGIE DU
COMPORTEMENT ; IMPLICATIONS PATHOLOGIQUES
La CCK agit de façon modulaire et différentielle sur
une multitude de fonctions physiologiques. Cette particularité
tient à lexistence de plusieurs types de
récepteurs (A et B/gastrine), de sites de liaison à
affinités variables, mais également à un
processing intra ou extra cellulaire de la
molécule aboutissant à de nombreuses formes (CCK-58
à CCK-4) aux propriétes différentes selon le
recepteur et/ou la localisation topographique (74)
Les récepteurs de type A (alimentary), avec au
moins 2 sites daffinité (récepteurs partiellement
différents ou état conformationnel ?) sont majoritaires
dans les épithéliums digestif. Ils sont responsables de
la sécrétion enzymatique pancréatique, de la
contraction vésiculaire, dactions trophiques sur les
epithéliums digestifs. Au contraire les récepteurs de
type B (brain) sont localisés dans le
sytème nerveux central. Les recepteurs de type B ont une
affinité plus grande pour les variants courts de la CCK, la
CCK-4 se comportant alors comme un neuro-transmetteur. Mais cette
présentation reste beaucoup trop artificielle et
lutilisation de nouveaux agonistes et antagonistes facilite de
nouvelles interprétations (75 ,76). Dautres
récepteurs CCK seraient non A non B (cas de la cellule
peptique de lestomac). Enfin la parenté ou
lidentité totale du récepteur de type B avec les
récepteurs à Gastrine reste encore du domaine de la
controverse.
Par ailleurs, la distinction centrale et périphérique
nest plus acceptable. Il existe de nombreux recepteurs de type
B dans le tractus digestif, particulièrement dans les couches
musculaires (77, 78) ; une interaction compétitive avec
certains peptides opioïdes (79) est à envisager dans les
conditions physiologiques. Inversement même si 99% des
recepteurs centraux sont de type B, certains sont de type A (74).
Au niveau central (74, 75) la CCK possède de nombreuses
propriétés, et en particulier :
- une modulation des capacités mnésiques
(récepteurs CCK-A promnésiants , CCK-B
amnésiants). Ces effets sont confirmés par
laction différentielle des variants de la CCK (la CCK-4,
ne reconnaissant essentiellment que le récepteur B est
fortement amnésiante) et par lutilisation
dantagonistes spécifiques des récepteurs à
la CCK (80-84)
- une action anxiogène chez lanimal (CCK-4 par voie
periphérique)(85)
- une modulation des mécanismes dopaminergiques
(rôle hypothétique dans la schizophrénie), ainsi
quune participation au contrôle de la douleur
(antagonisme probable des systèmes opiodergiques
naturels)(74).
Mais la CCK, au niveau central comme périphérique
savère un des facteurs primordiaux du contrôle de
la satiété et des états danorexie.
Laugmentation de la CCK au cours du repas est susceptible de
stimuler des récepteurs de type A sur des terminaisons
ascendantes du nerf vague dans la région
gastro-duodénale (localisation exacte ?). Par voie ascendante
le vague intègre lélévation du taux de CCK
qui est transmise aux centres supérieurs (zones latero et
ventro-médianes hypothalamiques) où la stimulation
locale de récepteur de type B induit une réduction de
la prise alimentaire et la satiété (86-92).
Les travaux récents montrent que le système est encore
plus complexe : des récepteurs de type A sont aussi
impliqués au niveau central ; la voie vagale nest
pas exclusive ; la voie périphérique passe plutôt
par les récepteurs à faible affinité (86, 93-97)
; laction systémique de la CCK dépendrait aussi
de lactivation des recepteurs 5HT-1c de la sérotonine,
par un mécanisme encore mal défini (98).
Une viciation du contrôle de la sécrétion de CCK
apparaît chez la Personne Agée ; elle peut être
expliquée par nos connaissances physiopathologiques :
La sécrétion de CCK par le duodénum au cours du
repas stimule le pancréas exocrine et la
sécrétion de trypsine. En retour, la trypsine
(mécanisme relai passant par le CCK-releasing peptide) diminue
la sécretion de CCK produite par la cellule I
duodénale. Il sagit dune boucle de
retrocontrôle.
Une insuffisance pancréatique au cours du vieillissement,
révélée ou aggravée par la
dénutrition, provoque un affaissement de la
sécrétion pancréatique (cf paragraphe I-2-3). En
retour, le déficit ezymatique exocrine lève le
rétrocontrôle, avec une production accrue de CCK.
Cest en tout cas la résultante observée, puisque
plusieurs auteurs ont montré une augmentation du taux de CCK
sérique chez la personne âgée, plus
particulièrement une augmentation du pic intégré
de CCK après un repas dépreuve (99, 100).
Cette élévation de CCK est parfaitement capable
dexpliquer lanorexie de la Personne Agée, majorant
à son tour létat de dénutrition (101-103)
(Figure 3).

Enfin, la CCK pourrait jouer un rôle dans la modulation
neuroendocrinienne du système immunitaire puisque la
présence de recepteurs-B est suspectée sur les
lymphocytes periphériques (Lignon et al, Mol Pharmacol, 1991,
39, 615-620 ; Sacerdote et al, Peptides, 1991, 12, 167-176). Mais ces
résultats demandent confirmation, avec la réelle
démonstration de la présence du recepteur. Cependant,
cette notion, si elle était vérifiée serait
trés interessante pour expliquer la relation entre age,
affaissement de la défense immunitaire et anorexie par
dautres voies que celle de la libération de cytokines
(Il1, Il6 ou TNF).
Par ailleurs, dautres peptides ou dautres facteurs
biologiques sont candidats à la modulation de la
satiété. Cest le cas de la bombesine, de la
somatostatine, de la sérotonine, du PYY, etc (102)
II CONSEQUENCES ET
PERSPECTIVES
Plusieurs points doivent être soulignés
II-1 Au plan géneral et clinique :
a) Plus quun état clinique, la dénutrition
doit être considérée comme une pathologie
à part entière chez la personne âgée ;
elle doit donc être prise en charge avec un vigilance beaucoup
plus accrue.
La situation particulière de Nice et de sa
région, face à la démographie et au
vieillissement de la population, justifie pleinement denvisager
des études dans le domaine.
b) La dénutrition est un facteur majeur d'augmentation du
risque de morbidité chez la Personne Agée, soit
spontanément, soit au cours, au décours ou en
association avec la majorité des pathologies. La
dénutrition est un facteur venant toujours aggraver les autres
pertes dautonomie de la personne âgée.
c) Il nest donc pas nécessaire
dinsister sur les aspects socio-économiques
péjoratifs induits par les états de
dénutrition chez la personne âgée.
d) Une action préventive et curative sur le risque de
dénutrition est aisée à concevoir en
améliorant lévaluation clinique et
biologique.
Mais il faudrait mettre au point des méthodes
dexploration plus fines permettant dapprécier le
niveau de trophicité tissulaire.
II-2 Au plan fondamental :
a) Les états de dénutrition sont en stricte
relation avec le vieillissement digestif. Mais nous navons
à ce jour aucune connaissance précise sur
limportance relative des deux événements qui
pourtant sont interactifs. Des études fondamentales chez
lhomme sont encore nécessaires.
Il importe de pouvoir béneficier
déchantillonnages suffisant et de pouvoir discriminer
différentes populations ; en effet, la physiopathologie de la
dénutrition est surement variable en fonction du mode de vie,
des conditions psycho-sociales, des différents types de
vieillissement.
b) Il faut se demander si à coté des marqueurs
nutritionnels classiques, ce ne sont pas des marqueurs de
trophicité qui devraient être recherchés,
autrement dit, des marqueurs capables dapprécier la
réponse adaptative des fonctions digestives (à
généraliser ultérieurement à
dautres fonctions ou organes) chez le sujet âgé.
En effet, dans un esprit pragmatique, il importerait de saisir
précocement le moment où peut apparaître un
délabrement morpho-fonctionnel, mais aussi le moment où
latteinte est devenue irréversible. Ce type de
connaissance permettrait de mieux gérer une
réalimentation contrôlée de la personne
âgée, plus particulièrement les
réalimentations entérales, tout en évitant la
prolongation ou le suivi de conduites thérapeutiques ou
diététiques inadaptées.
c) En replacant la dénutrition dans la composante
multifactorielle du risque de handicap et de perte dautonomie
de la personne âgée, lévaluation
concommitante des autres risques nous semble aussi primordiale. Dans
ce contexte la CCK mérite des études approfondies :
ce peptide régulateur peut être impliqué,
à la fois dans ladaptation fonctionnelle au cours du
repas, dans ladaptation trophique des muqueuses, dans le
comportement alimentaire en contrôlant la
satiété, ou en pouvant provoquer/aggraver un
état danorexie. Enfin la CCK peut être
impliquée dans les autres troubles neuro-psychiques de la
personne âgée (anxiété, plainte
mnésique, etc)
La CCK est peut être une des clefs de la dénutrition
de la personne âgée, mettant en relation les facteurs
organiques, neuro-psychique et comportementaux , voire
environnementaux et psychosociaux.
En outre, il faut noter que le développement récent
dagonistes et antagonistes des différents
récepteurs pourrait ouvrir des voies nouvelles
pharmacologiques (74, 105, 106, 107). Au plan
physiopathologique comme pharmacologique, des dosages fiables de
la CCK savèrent donc nécessaires.
d) Face à la dénutrition de la personne
âgée, plus que des paramètres statiques, ce
sont les capacités dadaptation qui devront être
étudiées : il conviendrait de suivre la réponse
adaptative dun patient au cours dun repas
dépreuve pour globalement tester sa capacité
digestive.
e) La mise au point dautres tests serait
également souhaitable. Ce type de démarche passe
par le développement de microméthodes sur des
modèles isolés à partir de biopsies. Le
plein emploi des techniques de biologie cellulaire et de biologie
moléculaire est désormais possible, avec la
volonté dun transfert en pratique courante, dans le
soucis de prévenir la morbidité liée au
vieillissement et de réduire les coûts
socio-économiques.
II-2 Dautres perspectives :
Les hypothèses ci-dessus ne tiennent compte que de
données obtenues, par nous ou par dautres
équipes, avec des méthodologies déjà
parfaitement au point, souvent calquées sur un savoir faire
acquis sur ladulte. Ces méthodologies deviennent
insuffisantes. En effet :
- Les limites de lexpérimentation humaine sont
évidentes et amènent à utiliser les
modèles animaux.
- Il faut cependant souligner les limites du modèle animal. Le
Rat est peut être fort éloigné du modèle
humain ; mais surtout, les expériences réalisées
à ce jour sur lanimal ne miment que de très loin
la dénutrition lente et progressive du patient
âgé. Il faudrait inventer un
modèle expérimental de dénutrition chronique
chez le rat (ou un autre mammifère).
- Les difficultés pour faire vieillir
lanimal sont indéniables. Le coût de
lexpérimentation animale est très important (et
peu de sociétés fournissent régulièrement
des rats âgés)
Il faut donc concevoir des recherches plus difficiles mais
permettant de mieux cerner au plan cellulaire et
moléculaire la relation entre la trophicité des
muqueuses digestives et la dénutrition.
Enfin, il faudrait rechercher de nouveaux facteurs trophiques pouvant
retarder ou rétablir ladaptation naturelle de
lappareil digestif vieillissant. En effet, sur le rat
adulte nous avons pu montrer que certains petits peptides
régulateurs (pentagastrine) pouvaient induire une
réponse trophique par voie luminale (104). La mise au point de
molécules apparentées à des facteurs trophiques
de signalisation, moins dégradées par les hydrolases
digestives, pourrait avoir un grand intérêt en
gériatrie.
Face aux arguments ci-dessus, nous pensons quun modèle
de cellule isolée non transformée en culture serait
adapté à des études plus fines si ce
modèle suit une chronologie de senescence in vitro comme le
fait le fibroblaste selon la théorie de Hayflick
(108).
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1 Les relations de prévalence avec lâge entre la gastrite chronique, les états dysplasiques et le cancer de lestomac ont été exclu de cet exposé.