TERATOGENESE
LES EMBRYOPATHIES :
GÉNÉRALITÉS
Les malformations congénitales
correspondent à des anomalies morphologiques marquantes
observables à la naissance. Selon les critères de
lOMS on estime leur pourcentage moyen à 3% des
naissances (mais ce chiffre nest quun simple ordre de
grandeur, variable selon les pays, les régions, et globalement
selon les conditions environnementales, sanitaires et de
diagnostic).
En principe la malformation est irréversible,
imposée par laberration du programme de
développement et différenciation au cours de la vie
intra-utérine. Mais les progrès de la médecine
et de la chirurgie ont beaucoup révolutionné le devenir
des malformations (par exemple les becs de lièvre, de
nombreuses malformations cardiaques, des malformations liées
au déficit de cloisonnement du cloaque, etc.
Les causes des malformations restent parfaitement
inconnues pour au moins 60% des cas observés. Pour les autres
cas, les causes purement génétiques représentent
environ 10% des situations, de même que les causes
environnementales ; les 20% restant sont clairement liées
à des causes multifactorielles.
Il est plus
intéressant de regrouper les malformations en
étiologies intrinsèques (malformations primaires) et en
étiologies extrinsèques (malformations
secondaires).
- Les malformations primaires sont liées à des
anomalies génétiques de lADN (mutations
monogéniques recessives ou dominantes, autosomiques ou
liées au sexe ; mutations polygéniques) ou de la
structure et/ou du nombre des chromosomes.
- Les malformations secondaires sont liées à
linterférence de facteurs exogènes sur un embryon
qui a priori aurait eu un développement normal. Il
sagit des maladies de la mère (diabète par
exemple) mais surtout des agents tératogènes :
radiations (cf. Hiroshima), toxiques (certains
médicaments, hormones, vitamines, lalcool et divers
produits chimiques), agents infectieux (toxoplasmose,
rubéole), etc.
- Enfin, il convient de signaler un nouveau groupe de maladies
génétiques congénitales : celle liées
à des mutations du génome mitochondrial
(certaines myopathies, des encéphalopathies, etc.,
uniquement transmises par la mère)
Néanmoins cette
classification reste ambigüe. En bout de compte toutes les
étiologies se soldent par une atteinte du programme de
développement : de près ou de loin elles touchent la
machinerie moléculaire duplicationnelle et/ou
transcriptionnelle.
Les chapitres suivants
nont aucune prétention exhaustive. Ils présentent
quelques cas de malformations parmi les plus fréquentes
à titre dinitiation à l'embryologie
clinique.
LES EMBRYOPATHIES AU COURS DES TROIS PREMIERES SEMAINES
I -
GÉNÉRALITÉS
IL Y A PEU OU PAS DE MALFORMATIONS AU
COURS DES 2 PREMIÈRES SEMAINES : En effet, les atteintes
de lembryon précoce sont pour la plupart incompatibles
avec la viabilité.
Inversement,
LA MORTALITÉ des embryons
précoces anormaux est très importante à ce
stade, aboutissant à une élimination abortive
spontanée, passant très souvent inaperçue
CEST SEULEMENT AU COURS DE LA 3ÈME SEMAINE QUE LE
RISQUE DE TÉRATOGÉNÈSE AUGMENTE
considérablement pour atteindre un maximum dans la 4ème
semaine, et ne devenir moins signifiant quaprès 8
semaines.
Notons cependant deux cas dembryopathies
précoces : la môle hydatiforme et la
régression caudale.
II LA MOLE HYDATIFORME :
II-1 Définition :
- Trophoblaste (placenta) aberrant avec
embryon absent. Les villosités placentaires
shypertrophient, deviennent turgescentes, avec un aspect en
grappe de gros grains gorgés deau et plus ou moins
translucides
- Le diagnostic clinique est,
- évoqué face à : HTA +++, oedèmes,
saignements vaginaux chez la mère,
- confirmé par : taux +++ en hormones gonadotropes
II -2 Les différents types de
môle hydatiforme et leur évolution : (voir page
5)
q MOLE HYDATIFORME COMPLÈTE
:
= Formule chromosomique à 2N où tous les
chromosomes sont paternels,
avec deux explications :
- Fécondation dispermique
- Fécondation monospermique, avec élimination du
pronucléus femelle
q MOLE HYDATIFORME INCOMPLÈTE
:
= Fécondation de lovocyte par
deux spermatozoïdes >> EMBRYON TRIPLOïDE
avec un début de développement embryonnaire
des avortement plus tardif (4 à 6 mois),
et quelques rares cas de naissances triploïdes.
q DE LA MOLE HYDATIFORME A LA MALADIE
TROPHOBLASTIQUE
- Il sagit dune évolution
morbide qui peut apparaître aprés avortement
spontané ou après cure chirurgicale dune
môle (importance de toujours réaliser une bonne
révision utérine pour éviter le
risque de laisser en place des débris placentaires)
- Cette évolution seffectue
vers un développement tumoral
- Tumeurs généralement bénignes dans les
môles incomplètes
- Mais malignité cancéreuse très
fréquente dans les môles complètes : de la simple
môle invasive au redoutable choriocarcinome.
II-3 Môle hydatiforme et notion
dempreinte génomique
Il est clair que la présence dans une
môle complète du seul génome paternel aboutit,
malgré une formule à 2N chromosomes, à une
devenir embryologique totalement orienté vers le
développement du seul trophoblaste
CEST UN ARGUMENT POUR PENSER QUE LES
LOTS DE CHROMOSOMES MATERNELS ET PATERNELS PEUVENT JOUER DES
RÔLES DIFFÉRENTS DANS LE DÉVELOPPEMENT
PRÉCOCE
- Mère > embryoblaste
- Père > trophoblaste
La notion dempreinte génomique revêt une
importance toute particulière dans de nombreuses pathologies
génétiques. La notion sera abordée dans le cours
sur le chromosome fonctionnel.
III DES GASTRULATIONS ANORMALES :
- Les défauts de mise en place du
mésoblaste au cours de la 3e semaine sont exceptionnellement
observés, et ce, pour les raisons invoquées dans
lintroduction : la mise en place du mésoblaste
conditionne trop le devenir de lembryon.
Les anomalies majeures de gastrulation aboutissent à
lavortement de lembryon précoce. Cest a coup
sur le cas pour toute viciation du mésoblaste cranial
formé à partir de la partie antérieure de la
ligne primitive et du noeud de Hensen (il conditionne le
développement du coeur, celui du système nerveux, une
bonne métamérisation, etc...)
- Cependant des dysplasies caudales sont parfois observées,
presque toujours liées à un trouble du contrôle
génique de la gastrulation (ce contrôle sera revu en
embryologie causale). Les anomalies observées vont,
- de syndromes frustres de
régression caudale, avec des degrés variables
datteintes des vertèbres lombaires et
sacrées, souvent une imperforation anale, et des
atteintes rénales variables (= Syndrome
V.A.R.),
- à lanomalie majeure
représentée par la sirénomélie
(photographie ci-dessous), où on observe une
déficit majeur de différenciation de toute la partie
basse du corps (lagénésie totale du
métanéphros, donc du rein définitif, rend
lanomalie non viable après la naissance, même si
le foetus atteint le terme),
- en passant par des anomalies plus
complexes qui associent à la régression caudale (VAR)
des atteintes trachéales (fistules) et
oesophagiennes (atrésies), aboutissant au
syndrome V.A.T.E.R., et parfois même à des anomalies
multiples encore plus complexes.
Sirénomélie

EMBRYOPATHIES : TROUBLES DE LA
FERMETURE DU TUBE NEURAL
Ces troubles apparaissent surtout pendant la 3e
semaine et la 4e semaine de gestation.
Un défaut de maturation de lépithélium
neural aboutit généralement à un déficit
dinduction de larc vertébral postérieur (la
chorde est inductrice sur le formation du corps vertébral
à partir du sclérotome, larc postérieur
est davantage contrôlé par le tube nerveux
lui-même)
Toute situation où le canal vertébral est dorsalement
ouvert correspond à un SPINA-BIFIDA.
Mais toutes les anomalies précoces du système nerveux
ne sont pas liées à un spina-bifida, en particulier
certaines anomalie comme lhydrocéphalie,
résultent dun mauvais écoulement et une mauvaise
résorption du liquide céphalo-rachidien contenu dans le
tube neural et les cavités cérébrales
Il existe différents niveaux de gravité du spina
bifida, qui sont :
1 - dépendantes de la localisation sur laxe nerveux et
de létendue de la lésion.
Les formes hautes et cérébrales étant bien sur
les plus graves.
- absence totale de fermeture de la gouttière neurale = craniorachischisis
- absence totale de fermeture dans la zone des vésicules cérébrales = Cranioschisis et anencéphalie
- absence de fermeture dans la zone de la moelle épinière = rachischisis ou myeloschisis
Plus simplement , on peut classer ces formes majeures de spina bifida sous le vocable de spina bifida aperta

2 - dépendantes des tissus annexes concernés et de leur
degré de différenciation final.
Exemple du spina bifida lombo-sacré (le plus
fréquent).
Il peut revêtir plusieurs aspects :
- du spina bifida occulta : absence de fusion dun seul
arc vertébral. Il passe presque inaperçu, seulement
signalé localement et en surface par un angiome, un naevus
pileux, ou une légère dépression
- Au myelo méningocele où le tube neural et ses
annexes forment une hernie kystique plus ou moins volumineuse sous un
tégument cutané aminci ou même absent.
- en passant par des formes intermédiaires où le tube
nerveux reste en place dans le canal rachidien et où seulement
les enveloppes méningées font hernie
(méningocèle)

EMBRYOPATHIES : MALFORMATIONS VASCULAIRES ET CARDIAQUES
Ce sont des anomalies très
fréquemment rencontrées et il nest pas question
dans ce cours détablir une quelconque classification.
Nous citons quelques embryopathies très caricaturales et
aisément interprétables par les données de
lembryologie formelle.
A - EMBRYOPATHIES VASCULAIRES :
- Double crosse aortique (par absence de régression de
laorte dorsale droite dans un stade précoce des arcs
branchiaux). Provoque souvent une dysphagie par formation dun
anneau vasculaire plus ou moins rétréci autour de la
trachée et de loesophage.
- Coarctation de laorte
= rétrécissement sévère de la paroi de
laorte (linsuffisance de dévelop-pement du 4e arc
est fortement suspectée ; voir embryologie formelle,
vasculogénèse figure 19) avec
déséquilibre hémodynamique +++ entre la partie
haute du corps (tête et cou) et sa partie basse (principalement
les membres inférieurs)

B - EMBRYOPATHIES CARDIAQUES. Soyons brefs :
q TOUTES LES PRINCIPALES ÉTAPES DU
DÉVELOPPEMENT NORMAL DU COEUR SONT SUSCEPTIBLES DE
GÉNÉRER UNE MALFORMATION ISOLÉE.
Citons quelques exemples :
- Déficit septal atrial, par
insuffisance de prolifération du septum secundum, avec pour
conséquence un débit persistant vers loreillette
D. La surcharge du coeur droit finit par générer une
insuffisance cardio-respiratoire
- Déficit septal atrio-ventriculaire.
Agénésie plus ou moins importante des bourrelets
ascendants et descendants du septum intermédium, avec une
communication interauriculaire et/ou interventriculaire.
Fréquent dans les cas de Mongolisme.
- Déficit septal ventriculaire. Une des malformations
les plus fréquentes.
- Anomalies des valves cardia-ques (position et/ou
qualité fonctionnelle de lorifice).
-Persistance du tronc artériel : septum
aorticopul-monaire absent, donc septum inter-ventriculaire incom-plet
; mixage du sang D et G, qui est transmis simultané-ment dans
laorte et le tronc pulmonaire.

- Transposition des gros vaisseaux : Ventricule droit ouvrant
dans laorte et ventricule gauche dans le tronc pulmonaire.
Gravité +++.
- Persistance du canal artériel. Observée
isolément, la persistance de ce schunt est tout a fait
exceptionnelle.
q MAIS LES
MALFORMATIONS CARDIAQUES SONT LE PLUS SOUVENT MULTIPLES CHEZ LE
MÊME INDIVIDU
Lexemple le plus classique est la
maladie bleue ou tétralogie de Fallot.
Elle associe :
- un septum interventriculaire in-complet
- une sténose du tronc pulmonaire
- un déplacement de laorte vers la droite (aorte
à cheval)
- une hypertrophie du ventricule droit.
Cest la malformation cardiaque cyanogène la plus
fréquente.

q LES
CAUSES DES MALFORMATIONS CARDIAQUES SONT LE PLUS SOUVENT
MULTIFACTORIELLES ET BIEN DIFFICILES A CERNER.
Quinze pour cent seulement peuvent être attribuées
à une mutation génique précise, ou à une
aberration chromosomique ou à un agent mutagène et
tératogène parfaitement identifié.
EMBRYOPATHIES : MALFORMATIONS DES
MEMBRES

LA THALIDOMIDE : UN CAS DÉMONSTRATIF
TYPIQUE DU RISQUE TÉRATOGÈNE DUN
MÉDICAMENT
La relation entre l usage du
médicament et les malformations est statistiquement
évidente :
La consommation progressive de la drogue par les mères a
précèdé lapparition croissante des
malformations. Inversement la disparition des malformations suit en
quelques mois le retrait de la drogue du marché, confirmant
bien le rôle tératogène de la
thalidomide.

Ce cas historique justifie pleinement les
procédures de pharmacovigilance, avec lobligation
de tester sur lanimal leffet tératogène
éventuel de tout médicament potentiel avant
autorisation dessai thérapeutique humain. La même
démarche qualité explique aussi que des contrôles
de tératologie soient effectués épisodiquement
sur des lots de médicaments déjà sur le
marché.
QUELQUES EXEMPLES DE MALFORMATIONS DES MEMBRES
1 MALFORMATIONS RÉDUCTRICES
2 MALFORMATIONS SUNUMÉRAIRES :

3 DYSPLASIES DIVERSES :

EMBRYOPATHIES :
MALFORMATIONS DE LA FACE
Il est facile den comprendre le
mécanisme : les différentes malformations
dérivent directement de labsence de fusion des bourgeons
primitifs formateurs de la face (voir cours dembryologie
formelle).
Ces anomalies aboutissent le plus souvent aux
becs de lièvre qui peuvent être
classés en plusieurs entités en fonction :
- de limportance de la malformation (A)
et du degré dabsence de fusion entre le processus
médian intermaxillaire et un des bourgeons nasaux externes
(ouverture plus ou moins totale de de la fente jusquà la
narine),
- de la nature bilatérale ou non de la
fente (B),
- de son extension plus ou moins importante
en profondeur, avec absence de fermeture du palais par défaut
de fusion des processus palatins avec le palais primaire (division
palatine, C).
La division palatine peut exister sans bec de lièvre externe
(défaut de fusion postérieure des processus palatins
sur la ligne médiane, D).
La fente labiale médiane (F) résulte dune
agénésie plus ou moins importante dans la constitution
du processus intermaxillaire (fusion précoce des 2 bourgeons
nasaux internes).
La fente oblique ou grande fissure de la face
résulte

quant à elle dun autre déficit
de fusion, entre bourgeon maxillaire et bourgeon frontal (E)
EMBRYOPATHIES : MALFORMATIONS OCULAIRE
q
COLOBOME IRIEN
Cest une anomalie oculaire mineure, plus ou moins
étendue, et qui résulte de la persistance de la fente
colobomique (voir cours dembryologie formelle)
q
CATARACTE CONGENITALE
Elle se caractérise par des déformations et une
opacification plus ou moins intense du cristallin par des structures
fibro-conjonctives plus ou moins anarchiques
q
MICROPHTALMIE
Un déficit trophique dans la croissance de loeil
aboutit à la formation dun oeil qui peut navoir
que la moitié ou les 2/3 du volume normal du globe
oculaire
q
ANOPHTALMIE
On regroupe sous ce terme les anomalies
majeures de lorganogénèse oculaire. Elles
compromettent gravement la vision. Les 2 dernières
représentant 2 monstruosités majeures, associées
à dautres malformations (malformations de
lencéphale), elles sont incompatibles avec la vie
.
APHAQUIE : absence de cristallin ANIRIDIE : absence diris
CYCLOPIE : oeil unique frontal
SYNOPHTALMIE : fusion médiane des deux ébauches oculaires
EMBRYOPATHIES : DÉFICITS DE CLOISONNEMENT DU CLOAQUE
Pour simplifier le cours d'embryologie formelle, nous avions décrit le cloisonnement du cloaque grâce à la descente de l'éperon périnéal. On sait désormais que le processus est un peu plus complexe et n'implique pas que l'éperon.

Le cloisonnement inférieur du cloaque résulte bien de
la descente de léperon périnéal qui est
aussi appelé pli de Tourneux. Mais le pli de Tourneux
ne descend pas complètement jusquà la rencontre
de la membrane cloacale. Latéralement à celle ci se
forment 2 replis latéro-internes de la paroi du cloaque : les
plis de Rathque (Droit et Gauche).
Cest la fusion des plis de Rathque D et G avec
lextrémité du pli de Tourneux qui aboutit
à une séparation dans la partie basse entre zone
urogénitale antérieure et zone rectale
postérieure; Cette zone de fusion des plis forme alors le
septum uro-rectal.
Des défauts de maturation et de fusion des différents
plis aboutissent à plusieurs types danomalies. Elles ne
sont pas exceptionnelles et sont redevables de la chirurgie. Elles
sont illustrées sur les figures suivantes.


EMBRYOPATHIES : CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Il nétait pas question au travers de
ce document de présenter une embryologie clinique
complète mais simplement des éléments permettant
de forcer une réflexion.
1 - loeuf humain est très sensible au risque
tératogène.
Il est clair quau travers de toutes les causes invoquées
le processus de mutagénèse et latteinte de
lADN restent presque toujours le primum movens de la
malformation.
Dans tous les cas, quil y ait ou non fragilité
intrinsèque de lADN et du génome, un facteur
daggression environnemental de lADN ne peut
être négligé et/ou éliminé.
2 - Le risque dapparition dune situation
tératogène dépend du moment précis
où lembryon et/ou le foetus est soumis à
laggression.
Les 2 schémas ci dessous
montrent clairement la sensibilité différentielle au
cours du développement :
- les atteintes au cours des 2
premières semaines se soldent surtout par des
stérilités et/ou des fausses couches (souvent
inaperçues). Il est facile de comprendre que les
dysfonctionnements engendrés sont incompatibles avec la vie ou
la création de la vie (la môle hydatiforme
représente une exception classique à cette
statistique).
- Le risque tératogène majeur se
produit au stade réellement embryonnaire, cest à
dire du stade de la gastrulation (3e semaine) jusquà
la fin du deuxième mois. Cest durant cette
période quapparaissent les grandes malformations
organiques.
- Ultérieurement ce sont des
anomalies plus sectorielles et fonctionnelles qui peuvent
survenir. Les risques tératogènes diminuent. Ceci est
facile à comprendre puisque au delà du stade
embryonnaire, aprés entrée dans le stade foetal, tous
les tissus et organes sont déjà en place.
- Bien entendu, le risque
dapparition statistique dune malformation est très
exactement calqué sur le délai
dorganogénèse et la date de mise en place de
chaque ébauche (ou la devance très
légèrement, eu égard à linitiation
toujours plus précoce de la programmation
génétique dune ébauche). Les délais
sensibles figurent sur le schéma ci dessous, pour le
système nerveux, pour loeil, pour le coeur et les
membres, qui constituent des organes particulièrement
exposés à la tératogénèse.
QUELQUES GRANDS REPERES EN TERATOGENESE

Interprété daprés
Tuchmann-Duplessis (1991)
Nous le répétons, ct
exposé sur la tératogénèse et les
embryopathies nest nullement exhaustif.
En fait, presque toutes les malformations ont été
passées sous silence ! Nous navons pas parlé des
déficit de fermeture de la paroi abdominale, des erreurs de
maturation des arcs branchiaux, des malformations digestives, des
malformations rénales et urinaires, des atteintes du
squelette, de loreille, etc ! ... sans parler des anomalies
très fréquentes des organes génitaux externes et
internes.
Il faut bien imaginer que pratiquement tous les organes, toutes les
étapes du développement peuvent être
touchées, souvent de façon plus ou moins
associatives.
Ce qui compte cest de bien percevoir les mécanismes
impliqués, saisir les risques potentiels encourus au cours
dune grossesse, donc dêtre sensibilisé et
être alors capable davoir une attitude préventive,
primaire comme secondaire (information avant, et qualité de la
prise en charge en cours de grossesse) face au risque de
tératogénèse. Cest un rôle essentiel
pour tout médecin généraliste.
A lheure de la communication et des réseaux, il ne nous
semble pas utile dapprendre par coeur un catalogue
des malformations. Il sagit là dune époque
révolue.
Noublions pas quil existe actuellement
dexcellentes bases de données qui sont directement
consultables sur internet.
Tout médecin va être prochainement
informatisé.
Face à une embryopathie on nest jamais dans
lurgence immédiate et une réponse à la
seconde. Il suffira de savoir consulter la documentation, en ayant le
back-ground nécessaire à linterprétation
des données présentées dans ces bases.
Cette orientation de formation est aussi un des buts implicites de ce
document.