--- IV ---
Devenir de la lame intermédiaire
et des structures associées
jusqu'à la 8ème semaine
IV.1 - Généralité
IV.2 - Pronéphros
IV.3 - Mésonephros
IV.4 - Métanephros
Le système urinaire de tous les vertébrés
dérive du feuillet mésodermique (figure
ci-contre à G). Dans les premiers stades embryonnaires,
le médoderme intra-embryonnaire se divise, de chaque
côté de la ligne médiane :
- En une masse para-axiale qui se segmentera par la suite
transversalement pour former les somites
- En une zone latérale qui ne se segmentera pas mais formera
les deux feuillets de recouvrement du coelome.
Nous l'avons vu dans les chapitres précédents, ne zone
intermédiaire de jonction entre somites et feuillets
coelomiques, va être à l'origine, sur sa plus grande
étendue, du système excréteur: C'est la lame
néphrogène àou lame
intermédiaire.


- Le Pronéphos, céphalique, formation
essentiellement embryonnaire qui disparaîtra chez la plupart
des vertébrés.
Remarque : Il existe des exceptions : le pronephros persiste chez
les protoptères (dipneustes), les cyclostomes (raies) et les
téléostéens (poissons osseux)
- Le Mésonephros : il succède dans
l'évaluation embryonnaire au pronéphros.
Rein définitif des vertébrés inférieurs
il participera à la formation des gonades, il
représente la partie moyenne de la lame
néphrogène.
- Le Métanephros : ce sera le rein
définitif des vertébrés supérieurs
(reptiles, oiseaux et mammifères) et en particulier de
l'homme. L'étage métanéphrotique
représente le 1/4 caudal de la lame
néphrogène.
Il est possible de décrire une organisation d'ensemble de la
lame néphrogène bien que des variations importantes
apparaissent suivant l'étage considéré (figure
ci dessus à D).
La lame néphrogène se sépare des somites et
reste simplement en connexion avec la paroi du coelome.
Puis, comme les somites, elle se segmente dans le sens transversal en
cordons cellulaires pleins : les néphrotomes.
Le néphrotome représente l'ébauche de
l'unité excrétrice et du futur nephron.
Le néphrotome forme ensuite un tube creux fermé
à son extrémité dorsale : le tube
nephrotique. Son extrémité ventrale peut
transitoirement s'ouvrir dans le coelome par un orifice parfois
cilié (le néphrostome, jamais obervé chez
l'homme).
Par la suite, la paroi latéro externe du néphrotome
prolifère, s'évagine et va former un tube
contourné au rôle secréteur. Ce tube
contourné pourra se jeter dans un canal collecteur,
dérivé des néphrotomes sus-jacents
(pronéphrotiques).
La paroi médiane interne du nephrotome est invaginée
par des anses capillaires (provenant de l'aorte dorsale et
collectées par la veine cardinale postérieure).
Cette invagination représente l'ébauche d'un
glomérule rénal ou glomérule.
néphrotomique. (Au niveau du pronéphros un
glomérule. coelomique transitoire peut se former dans le mur
coelomique adjacent ou nephrotome. Ce glomérule n'est jamais
fonctionnel).
IV-2 PRONEPHROS
Il dérive de la lame néphrogène et apparait chez
l'embryon au stade 8 à 10 somites, immédiatement
après la formation des premiers somitomères. Il
dégénère très rapidement au fur et
à mesure de l'apparition des somites sous jacents.

IV-3 MESONEPHROS
Quatre éléments essentiels vont distinguer le
Mésonephros du Pronephros.

Dans le mésonephros :
- Sauf dans sa zone supérieure (céphalique), le
mésonéphros n'atteint pas la différenciation
complète en néphrotomes fonctionnels,
- Les tubes mésonephrotiques différenciés
(étage supérieur) se jettent dans le canal de Wolff
déjà formé et devenu canal
mésonéphrotique
- L'extension du mésonephros est beaucoup plus grande que
celle du Pronephros car il occupe la plus grande partie de la lame
néphrogène.
A son plein développement l'ensemble du mésonephros
(néphrotomes, mésenchyme indifférencié,
vaisseaux) distendent extérieurement la paroi du coelome sous
forme d'une colonne ovoïde aux deux extrémités,
appelée le corps de Wolff ou colonne
mésonéphrotique .
- Déjà définitif pour certains
vertébrés (à développement larvaire
libre) il semble fonctionnel au moins à une période de
la vie embryonnaire dans toutes les classes des
vertébrés.
- Le mésonéphros se différencie plus tard que le
pronéphros (bien que cette notion soit discutable chez
l'homme, eu égard à un stade pronéphrotique
quasiment avorté). Il poursuit ses mécanismes de
différenciation alors que l'étage sous jacent
métanéphrotique a déjà entamé sa
propre évolution.
A la 5ème semaine, le mésonephros s'étend du
6ème segment cervical jusqu'au 3ème segment lombaire.
Il recouvre ainsi partiellement l'étage
pronéphrotique.
Les néphrotomes mésonephrotiques ne sont jamais en
communication avec le coelome par une néphrostome et se
différencient in situ dans la zone
mésenchymateuse du corps de Wolff.

IV-4 - METANEPHROS
C'est l'ébauche du rein définitif des reptiles,
oiseaux, mammifères. Il a deux origines :
- Le diverticule urétéral ou
diverticule métanéphrotique, évagination
de la partie caudale du canal de Wolff au niveau du 28e somite
- Le tissu métanephrogène ou
blastème métanéphrogène,
épaissisement de la partie caudale de la lame
métanéphrogène dans la zone sous-jacente au
mésonephros.
A un stade voisin de 4 à 5 mm (début de la 5ème
semaine), apparait un bourgeon creux dans la zone postéro
médiane du canal de Wolff et à sa jonction avec le
cloaque : le bourgeon ureteral.
Ce bourgeon se développe et s'accroit dorsalement puis
prend une direction craniale. En même temps son point de
jonction avec le canal de Wolff se déplace pour devenir
postero-latéral au canal mésonéphrotique. Ainsi
se forme le diverticule ureteral. L'élongation du
bourgeon ureteral est surtout consécutive à
l'accroissement actif de son extrémité craniale
Peu après, la partie craniale du diverticule ureteral
s'élargit en massue et entre en contact avec le tissu
métanéphrogène encore de type blastematique. Le
blastème métanéphrogène s'étage
sur le 1/4 caudal de la lame néphrogène.
Le blastème métanéphrogène subit alors un
déplacement vers le haut ("ascension" du rein, voir
plus loin) qui l'amène dans une zone dorsale par rapport
à la partie caudale du mésonephros (mais il reste en
avant de l'artère ombilicale).



La partie terminale de l'intestin postérieur primitif est
dilatée et forme le cloaque.
Le cloaque ne débouche pas à l'extérieur du
corps de l'embryon car il est limité dans la zone
inféro-ventrale par la membrane cloacale, où se
juxtaposent les feuillets ento et ectodermiques. A la limite
supéro-ventrale du cloaque, débouche le canal
allantoïdien, sous le canal vitellin. Le canal
allantoïdien met en communication l'intestin primitif avec la
vésicule allantoïdienne.

Dès ce stade, l'éperon périneal s'accroit et s'abaisse dans la cavité cloaquale.
Au stade 6 mm (avant la fin de la 4ème semaine), l'extrémité inférieure de l'éperon perineal est au niveau de l'abouchement du canal de Wolff.
Au stade 8 mm (fin de la 5ème semaine) il ne reste qu'une très étroite continuité entre le rectum et la cavité uro-génitale : le passage cloacal.
Au stade 16 mm (fin de la 6ème semaine), l'éperon périnéal a rejoint la membrane cloacale, mais en fait sans réellement l'atteindre. La fusion de l'éperon périnéal avec l'endoderme de la membrane cloacale s'effectue par l'intermédiaire de 2 replis latéro-internes à la membrane, les plis de Rathque (Droit et Gauche).
C'est la fusion des plis de Rathque D et G avec l'éperon périnéal qui assure la séparation complète entre la zone urogénitale antérieure et la zone rectale postérieure (voir aussi un complément d'information dans l'exposé sur la tératologie où un schéma permet de mieux observer le phénomène).

Remarque importante : Cette zone de jonction est en fait beaucoup plus complexe. Des replis formés à partir de la zone basse et latérale du cloaque participent au processus de fusion avec l'éperon périnéal (plis de Rathque) : voir le chapitre tératogénèse et les déficits de cloisonnement du cloaque
Dès la fin de la 6ème semaine, il est possible de
distinguer 3 étages dans le sinus urogénital
primitif.
- un étage supérieur,urinaire qui sera à
l'origine de la vessie
- un étage moyen, plus retréci, en regard de
l'abouchement des canaux de Wolff ; c'est la zone
pélvienne à l'origine de l'urèthre
membraneux et pelvien
- un étage inférieur qui s'évase et est à
l'origine du sinus uro-génital proprement dit.
Au cours de ce développement, la membrane cloacale
subit une rotation : primitivement dans le prolongement de la paroi
ventrale abdominale, elle vient ensuite faire face à la
région caudale et postérieure. Cette rotation facilite
la division du cloaque en rapprochant la membrane cloacale de
l'extrémité inférieure de l'éperon
périnéal (cf les flèches sur la figure de la
page 71).
Par suite du développement du cloaque et de la zone
vésicale, la partie basse du canal de Wolff est
incorporée à la paroi vésicale. Le canal de
Wolff est incorporé à la paroi postérieure de la
vessie dans sa portion comprise entre l'abouchement primitif du
cloaque et le diverticule ureteral. Du fait de cette incorporation,
les canaux de Wolff et les uretères s'abouchent
séparément dans la paroi du sinus uro-génital.
(figure de la page suivante)
- Les canaux de Wolff, dont les deux orifices dans le sinus
restent adjacent, s'abouchent dans la zone pélvienne du sinus
uro-génital, futur urethre membraneux.
- Quant aux uretères, ils remontent et se latéralisent
sur la paroi vésicale.
En outre, par suite de cette incorporation une partie du mur
dorso-postérieur de l'étage vésical et de
l'étage pelvien sont constitués d'un revêtement
mésodermique, après formation des vésicules
séminales : cette incorporation mésodermique correspond
à la zone du Trigone, zone triangulaire dont les deux
sommets latéraux sont représentés par les
orifices d'abouchement des uretères, le sommet
inférieur par l'orifice adjacent des canaux de Wolff devenus
alors les canaux éjaculateurs.
Dans la suite du développement, la zone vésicale
s'aplatit dans le sens dorso-ventral pour former la vessie
définitive, sous la poussée et le développement
de la masse intestinale.
Les feuillets mésodermiques et ectodermiques sus-jacents au
tubercule génital et situés au-dessous du canal
allantoïdien constituent le mur sous-ombilical de la paroi
abdominale. Le canal allantoïdien s'obturera et formera un
cordon fibreux (l'ouraque) qui relie la partie
supérieure de la vessie à l'ombilic.
Le devenir de l'étage pelvien du sinus
uro-génital et sa zone basse seront envisagés avec le
développement des glandes sexuelles annexes et avec la
formation des organes génitaux externes.
|
Représentation spatiale du cloisonnement du cloaque (flêche) par l'éperon périnéal. Noter : 1 - la position de la colonne mésonéphrotique (corps de Wolff ; CW) au sein duquel on reconnait les néphrons mesonéprotiques et le canal mésonéphrotique (canal de Wolf) qui va déboucher dans la zone dilatée de la future vessie (V), 2 - le début d'ascension du métanéphros (rein définitif ; RD) sous la poussée du diverticule urétéral (DU) ; le rein métanéphrotique commence à s'insinuer sous la colonne mésonéphrotique. 3 - l'individualisation de la zone anale (ZA) et uro génitale (ZUG). Le tubercule génital est clairement visible (TG), sans préjuger du sexe à ce stade.
Bien d'autres éléments figurent sur ce schéma (mais risquent d'être gommés par la technique de reproduction). Il est en particulier possible de suivre les rapports de la splanchnopleure (spl) et somatopleure (som) avec respectivement l'entoblaste de l'anse intestinale primitive (AIP) et la paroi ectodermique. Le mesentère intestinal primitif (MIP) est aussi bien visible, de même que les positions respectives du canal vitellin (CV) et allantoïdien (CA). |
|

--- VI ---
Premiers stades de
developpement de la gonade
Au cours de la différenciation de la gonade deux stades
successifs peuvent être envisagés :
1 - un premier stade ou stade indifférencié:
De l'embryon de 4 à 5 mm (4 semaines), à l'embryon de
17 mm (7 semaines)
A ce stade on ne peut encore préjuger du sexe de l'embryon
2 - un deuxième stade de différenciation, dans le
sens mâle ou femelle.
Ce stade débute au 45 ème jour environ
VI - 1 STADE
INDIFFÉRENCIÉ
Les éléments primaires de l'ébauche gonadique
dérivent :
- de l'épithélium germinatif
épaississement d'abord unistratifié de
l'épithélium coelomique en regard de la partie moyenne
du mésonéphros
- des cellules germinales dont l'origine
extraembryonaire mérite d'être signalée. Voir ci
dessous
![]() |
|
Les cellules germinales dérivent d'une zone
entoblastique extraembryonnaire située sur le versant
caudal (plancher) de la vésicule ombilicale (ou
vitelline), à proximité de la zone de
réflexion qui la sépare de la vésicule
allantoïdienne. |
- d'une contribution mésonéphrotique.
La première ébauche reconnaissable de la gonade
apparait au stade 4 à 5 mm (fin de la 5ème
semaine).
Le feuillet mésenchymateux de recouvrement de la colonne
mésonéphrotique ( corps de Wolff) dans sa partie
moyenne (1/4 médian) se transforme en un
épithélium : l'épithélium
coelomique. Cet épithélium coelomique s'accroit
rapidement formant un épithélium pluristratifié
: l'épithélium germinatif.
En même temps la basale de l'épithélium disparait
et des cordons cellulaires prolifèrent à partir de
l'épithélium : ce sont les cordons sexuels I.
Ces cordons sexuels pénétrent à
l'intérieur du mésenchyme indifférencié
de la zone ventrale du corps de Wolff; on assiste en même temps
à une condensation du mésenchyme de la zone
d'interpénétration.

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GONADE : Différenciation dans le sens male (1, 2) et femelle (3, 4)
1 : métanéphros ; 2 : canal mésonéprotique (c. Wolff) ; 3 : canal paramesonéphrotique (c. Müller) ; 4 : Rete Testis ; 5 : ReteOvarii ; 6 : cordons testiculaires ; 7 : cones efférents ; 8 : albuginée testiculaire ; 9 : cordons sexueles corticaux ; 10 : follicules primordiaux ; 11 : vestiges mésonéphrotiques ("structure en peigne" de Rosenmüller) |
![]() |
VI - 3 DÉVELOPPEMENT DANS LE SENS
FEMELLE ET FORMATION DE L'OVAIRE.
(figure 3 et 4)
La différenciation dans le sens femelle est plus tardive. Les
cordons sexuels I, moins segmentés que chez le male, vont
être refoulés vers le centre de la gonade où ils
sont fragmentés en amas par le tissu mésenchymateux
environnant. Ils vont progressivement dégénérer
pour former, au centre de la gonade, un élément
vestigial : le rete ovarii.
Le centre lui-même de l'ébauche de la gonade (ou
médullaire) va progressivement prendre l'aspect d'un
stroma vasculaire.
Contrairement à la différenciation du testicule,
l'épithélium germinatif conserve ses
potentialités : il émet une nouvelle
génération de cordons cellulaires, les cordons
sexuels corticaux ou cordons de de Pflüger, plus
massifs qui restent dans la zone corticale de l'ovaire.
Ces cordons cellulaires secondaires contiennent également des
gonocytes. Les gonocytes donneront les ovogonies tandis que les
cellules de l'épithélium donneront les cellules
folliculaires.
|
DEVENIR DU CANAL DE WOLFF ET DU CANAL DE MÜLLER A la 6ème semaine les canaux de Wolff et de Müller sont à leur maximum de développement. Noter chez le mâle, la connexion entre le canal de Wolff (4) le mésonéphros et la glande génitale (2). Chez la femelle l'ovaire (1) n'entre pas en continuité avec le système Wolffien. La partie basse du canal de Müller (3) fusionne avec le canal adjacent pour former le canal utéro-vaginal. L'extrémité basse du canal utéro-vaginal est fermée et bombe dans le sinus urogénital au niveau du tubercule Müllerien (5). Par la suite : - Le canal de Wolff dégénère chez la femelle. Seuls persistent les vestiges des zones hautes et basses du canal - Le canal de Müller dégénère chez le mâle. Seuls persistent des vestiges de la partie haute, ainsi qu'une partie du canal utéro-vaginal. |
![]() |
--- VIII ---
Devenir des cavites embryonnaires
de la 4ème à la 8ème semaine
- Formation du cordon embryonnaire -
