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EMBRYOLOGIE DESCRIPTIVE :
à partir du 4e mois

--- IV ---

Devenir de la lame intermédiaire
et des structures associées
jusqu'à la 8ème semaine

IV.1 - Généralité
IV.2 - Pronéphros
IV.3 - Mésonephros
IV.4 - Métanephros
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IV-1 GENERALITES ET RAPPELS

Le système urinaire de tous les vertébrés dérive du feuillet mésodermique (figure ci-contre à G). Dans les premiers stades embryonnaires, le médoderme intra-embryonnaire se divise, de chaque côté de la ligne médiane :
- En une masse para-axiale qui se segmentera par la suite transversalement pour former les somites
- En une zone latérale qui ne se segmentera pas mais formera les deux feuillets de recouvrement du coelome.
Nous l'avons vu dans les chapitres précédents, ne zone intermédiaire de jonction entre somites et feuillets coelomiques, va être à l'origine, sur sa plus grande étendue, du système excréteur: C'est la lame néphrogène àou lame intermédiaire.




Dans le sens cranio-caudal cette lame néphrogène va successivement, dans le temps et dans l'espace, se différencier au cours du développement ultérieur. On peut ainsi distinguer 3 étages excréteurs au cours de la vie embryonnaire :



- Le Pronéphos, céphalique, formation essentiellement embryonnaire qui disparaîtra chez la plupart des vertébrés.
Remarque : Il existe des exceptions : le pronephros persiste chez les protoptères (dipneustes), les cyclostomes (raies) et les téléostéens (poissons osseux)

- Le Mésonephros : il succède dans l'évaluation embryonnaire au pronéphros.
Rein définitif des vertébrés inférieurs il participera à la formation des gonades, il représente la partie moyenne de la lame néphrogène.

- Le Métanephros : ce sera le rein définitif des vertébrés supérieurs (reptiles, oiseaux et mammifères) et en particulier de l'homme. L'étage métanéphrotique représente le 1/4 caudal de la lame néphrogène.

Il est possible de décrire une organisation d'ensemble de la lame néphrogène bien que des variations importantes apparaissent suivant l'étage considéré (figure ci dessus à D).
La lame néphrogène se sépare des somites et reste simplement en connexion avec la paroi du coelome.
Puis, comme les somites, elle se segmente dans le sens transversal en cordons cellulaires pleins : les néphrotomes.

Le néphrotome représente l'ébauche de l'unité excrétrice et du futur nephron.
Le néphrotome forme ensuite un tube creux fermé à son extrémité dorsale : le tube nephrotique. Son extrémité ventrale peut transitoirement s'ouvrir dans le coelome par un orifice parfois cilié (le néphrostome, jamais obervé chez l'homme).
Par la suite, la paroi latéro externe du néphrotome prolifère, s'évagine et va former un tube contourné au rôle secréteur. Ce tube contourné pourra se jeter dans un canal collecteur, dérivé des néphrotomes sus-jacents (pronéphrotiques).
La paroi médiane interne du nephrotome est invaginée par des anses capillaires (provenant de l'aorte dorsale et collectées par la veine cardinale postérieure).
Cette invagination représente l'ébauche d'un glomérule rénal ou glomérule. néphrotomique. (Au niveau du pronéphros un glomérule. coelomique transitoire peut se former dans le mur coelomique adjacent ou nephrotome. Ce glomérule n'est jamais fonctionnel).

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IV-2 PRONEPHROS

Il dérive de la lame néphrogène et apparait chez l'embryon au stade 8 à 10 somites, immédiatement après la formation des premiers somitomères. Il dégénère très rapidement au fur et à mesure de l'apparition des somites sous jacents.



La première ébauche est constituée par une masse cellulaire compacte située entre le bord ventro latéral des somites et la zone de réflexion des feuillets de recouvrement du coelome. Cette ébauche à l'aspect d'une lame forme une mince surélévation transitoire sur la surface de l'embryon. La lame dans cette zone se segmente en néphrotomes, 7 néphrotomes en général. Chaque néphrotome se différencie alors et forme 1 tube néphrotique.
La paroi interne du tube forme une vésicule qui ne s'organise jamais totalement en un glomerule nephrotomial. La paroi latéro externe prolifère et forme un tube nephrotique. Rapidement, le premier tube néphrotique s'incline caudalement et entre en contact avec l'extrémité dorsale du tube néphrotique sous-jacent. La répétition segmentaire de ce processus aboutit à la formation d'un canal longitudinal "collecteur" : le canal de Wolff qui continue à progresser vers la région caudale où il s'ouvrira sur les faces latérales du cloaque.

Sauf chez quelques vertébrés inférieurs, le pronephros n'est jamais fonctionnel.
Cependant, il joue un rôle essentiel dans l'organogénèse du système génito-urinaire car il est un précurseur indispensable au développement ultérieur du système uro-génital par ce seul dérivé qui persiste par la suite : le canal de Wolff . En effet, on a pu montrer que le canal de Wolff jouait le rôle d'inducteur pour la différenciation ultérieure des étages sous-jacents, méso et métanéphrotique.

Chez l'homme, le développement du pronéphros est peu documenté : La rapidité de développement (associée a un manque de matériel expérimental) est telle que le pronéphros doit être considéré comme une structure très fugace, essentiellement décrite par assimilation aux observations faites sur des espèces plus inférieures.
Le tube pronéphrotique pourrait même se formerdirectement, in-situ, à partir d'une colonne cellulaire mésenchymenteuse dorso-externe du territoire pronéphrotique inférieur. Cette colonne deviendrait ensuite tubulaire. A partir du niveau du 14eme somite, le tube continuerait ensuite sa progression vers le cloaque par accroissement actif de son extrémité caudale, constituant le canal de Wolff qui traverse alors la totalité de la zone mésonephrotique, puis métanéphrotique pour s'aboucher dans le cloaque.
Pour les raisons exprimées dans l’alinéa précédent, le canal de Wolff est actuellement dénommé canal mésonéphrotique (et non plus canal de Wolff pronéphrotique) par les auteurs anglo-saxons.

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IV-3 MESONEPHROS

Quatre éléments essentiels vont distinguer le Mésonephros du Pronephros.



Dans le mésonephros :
- Sauf dans sa zone supérieure (céphalique), le mésonéphros n'atteint pas la différenciation complète en néphrotomes fonctionnels,
- Les tubes mésonephrotiques différenciés (étage supérieur) se jettent dans le canal de Wolff déjà formé et devenu canal mésonéphrotique

- L'extension du mésonephros est beaucoup plus grande que celle du Pronephros car il occupe la plus grande partie de la lame néphrogène.
A son plein développement l'ensemble du mésonephros (néphrotomes, mésenchyme indifférencié, vaisseaux) distendent extérieurement la paroi du coelome sous forme d'une colonne ovoïde aux deux extrémités, appelée le corps de Wolff ou colonne mésonéphrotique .

- Déjà définitif pour certains vertébrés (à développement larvaire libre) il semble fonctionnel au moins à une période de la vie embryonnaire dans toutes les classes des vertébrés.

- Le mésonéphros se différencie plus tard que le pronéphros (bien que cette notion soit discutable chez l'homme, eu égard à un stade pronéphrotique quasiment avorté). Il poursuit ses mécanismes de différenciation alors que l'étage sous jacent métanéphrotique a déjà entamé sa propre évolution.

A la 5ème semaine, le mésonephros s'étend du 6ème segment cervical jusqu'au 3ème segment lombaire. Il recouvre ainsi partiellement l'étage pronéphrotique.
Les néphrotomes mésonephrotiques ne sont jamais en communication avec le coelome par une néphrostome et se différencient in situ dans la zone mésenchymateuse du corps de Wolff.




Chaque néphrotome s'organise d'abord en une vésicule. Il existe une vésicule pour chaque segment. Mais par la suite on en compte plusieurs, peut-être par bourgeonnement ou division des vésicules initiales.

Les vésicules vont alors subir une série de modifications. Elles prennent un aspect piriforme, développent un court tube latéral, qui s'unit au canal mesonéprotique prééxistant. Le mur interne de chaque vésicule s'élargit et est invaginé par des anses capillaires qui forment ainsi un glomérule néphrotomial.
Le néphrotome mésonephrotique prend alors une configuration en "S".

Le devenir ultérieur du mésonéphros sera envisagé avec l'organogénèse de la gonade. Toutefois, disons qu'à partir de la moitié de la 5ème semaine le mésonephros commence à dégénérer jusqu'à la 8ème semaine. Quelques tubes persistent et formeront des reliquats embryonnaires. Cette dégénérescence fait suite à l'exclusion du peloton vasculaire hors de la capsule de Bowmann.

Le mésonephros humain est transitoirement fonctionnel et élimine l'urine. Mais le débit urinaire est excessivement faible. Ceci s'explique par la basse pression artérielle dans la circulation embryonnaire.

Par ailleurs, Dans la zone caudale, une partie des tubes persiste et peut être subdivisée en 2 zones :

- la zone craniale ou épigénitale : 5 à 12 tubes persistent. Ils sont à l'origine des tubes droits du testicule et des cones efférents.
Les deux tubes supérieurs sont à l'origine de vestiges embryonnaires : lers canaux aberrents supérieurs.

- la zone caudale, ou paragénitale, se sépare du canal de Wolff pour former :
- le paradidyme chez le male
- le paraophore chez la femelle
Certains néphrotomes restent fixés au canal de Wolff et forment les canaux aberrants inférieurs (dans les deux sexes).

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IV-4 - METANEPHROS

C'est l'ébauche du rein définitif des reptiles, oiseaux, mammifères. Il a deux origines :

- Le diverticule urétéral ou diverticule métanéphrotique, évagination de la partie caudale du canal de Wolff au niveau du 28e somite

- Le tissu métanephrogène ou blastème métanéphrogène, épaissisement de la partie caudale de la lame métanéphrogène dans la zone sous-jacente au mésonephros.

A un stade voisin de 4 à 5 mm (début de la 5ème semaine), apparait un bourgeon creux dans la zone postéro médiane du canal de Wolff et à sa jonction avec le cloaque : le bourgeon ureteral.
Ce bourgeon se développe et s'accroit dorsalement puis prend une direction craniale. En même temps son point de jonction avec le canal de Wolff se déplace pour devenir postero-latéral au canal mésonéphrotique. Ainsi se forme le diverticule ureteral. L'élongation du bourgeon ureteral est surtout consécutive à l'accroissement actif de son extrémité craniale
Peu après, la partie craniale du diverticule ureteral s'élargit en massue et entre en contact avec le tissu métanéphrogène encore de type blastematique. Le blastème métanéphrogène s'étage sur le 1/4 caudal de la lame néphrogène.

Le blastème métanéphrogène subit alors un déplacement vers le haut ("ascension" du rein, voir plus loin) qui l'amène dans une zone dorsale par rapport à la partie caudale du mésonephros (mais il reste en avant de l'artère ombilicale).




Dès qu'elle est entrée en contact avec le blastème métanéphrogène, l'extrémité du diverticule urétéral subit des modifications.
Cette extrémité se divise en deux, en un bourgeon caudal et un bourgeon cranial qui vont être l'ébauche des 2 grands calices du rein définitif.
Rapidement (à partir de la 7ème semaine), chaque bourgeon, par dichotomisations successives, va donner naissance à plusieurs générations de rameaux (une trentaine de générations ou même plus) qui pénètrent et envahissent le blastème métanéphrogène.
Cette dichotomisation se poursuit jusqu'au 5ème mois de la vie foetale.
Par ses rameaux de divisions, le diverticule ureteral est ainsi à l'origine des voies collectrices du rein. Le mécanisme précis est illustré sur la figure ci-contre, avec la légende correspondante associée

Le diverticule ureteral proprement dit, formera l'uretère. La zone de première division craniale du diverticule est à l'origine du bassinet. Les rameaux de 1ère division constituent l'ébauche les grands calices du rein.






Quant à la seconde génération de division du tube urétéral, elle sera à l'origine des petits calices.
Le blastème métanéphrogène va alors se différencier sous la poussée des extrémités craniales des rameaux de division du diverticule ureteral. Il formera progressivement la corticale du rein définitif.

Le schéma ci-contre fournit une schématisation des néphrons, structures fonctionnelles du rein définitif, avec les origines embryologiques respectives.

L'organogénèse complète du rein définitif sera reprise dans le cours d'histologie spécialisée (PCEM2).

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EMBRYOLOGIE DESCRIPTIVE :
à partir du 4e mois


--- V ---

Devenir de
l'entoblaste posterieur :
transformation du cloaque




La partie terminale de l'intestin postérieur primitif est dilatée et forme le cloaque.

Le cloaque ne débouche pas à l'extérieur du corps de l'embryon car il est limité dans la zone inféro-ventrale par la membrane cloacale, où se juxtaposent les feuillets ento et ectodermiques. A la limite supéro-ventrale du cloaque, débouche le canal allantoïdien, sous le canal vitellin. Le canal allantoïdien met en communication l'intestin primitif avec la vésicule allantoïdienne.



La zone située entre le canal allantoïdien et le canal vitellin, formée d'un revêtement entodermique interne et mésodermique externe, s'abaisse rapidement à l'intérieur du cloaque; cette zone constitue alors l'éperon perineal.

Sous l'ouverture du canal allantoïdien, au dessus de la membrane cloacale apparait le tubercule génital. Il est constitué par un épaississement et une prolifération de la zone de réflexion du feuillet mésodermique dans cette région ; cet épaississement est recouvert par le feuillet ectodermique. Il sera à l'origine d'une partie des organes génitaux externes (voir le cours de biologie de la reproduction).

Comme nous l'avons déjà vu, entre le stade 4 et 8mm (début 5ème semaine), le canal de Wolff vient s'aboucher sur la face latérale du cloaque à la limite entre la ligne médiane et le tiers antérieur de la paroi latérale du cloaque.

Dès ce stade, l'éperon périneal s'accroit et s'abaisse dans la cavité cloaquale.

Au stade 6 mm (avant la fin de la 4ème semaine), l'extrémité inférieure de l'éperon perineal est au niveau de l'abouchement du canal de Wolff.

Au stade 8 mm (fin de la 5ème semaine) il ne reste qu'une très étroite continuité entre le rectum et la cavité uro-génitale : le passage cloacal.

Au stade 16 mm (fin de la 6ème semaine), l'éperon périnéal a rejoint la membrane cloacale, mais en fait sans réellement l'atteindre. La fusion de l'éperon périnéal avec l'endoderme de la membrane cloacale s'effectue par l'intermédiaire de 2 replis latéro-internes à la membrane, les plis de Rathque (Droit et Gauche).

C'est la fusion des plis de Rathque D et G avec l'éperon périnéal qui assure la séparation complète entre la zone urogénitale antérieure et la zone rectale postérieure (voir aussi un complément d'information dans l'exposé sur la tératologie où un schéma permet de mieux observer le phénomène).



L'éperon périneal participe ainsi largement à la division du cloaque primitif en deux cavités :
- cavité postérieure et dorsale, ébauche du rectum et du canal anal.
- cavité antéro ventrale : le sinus urogénital primitif.
La membrane cloacale est alors elle-même subdivisée
- en une zone postérieure : la membrane anale
- en une zone antérieure : la membrane uro-génitale
La zone de fusion entre membrane cloacale et éperon perineal représente l'ébauche du périnée.

Remarque importante : Cette zone de jonction est en fait beaucoup plus complexe. Des replis formés à partir de la zone basse et latérale du cloaque participent au processus de fusion avec l'éperon périnéal (plis de Rathque) : voir le chapitre tératogénèse et les déficits de cloisonnement du cloaque


Dès la fin de la 6ème semaine, il est possible de distinguer 3 étages dans le sinus urogénital primitif.
- un étage supérieur,urinaire qui sera à l'origine de la vessie
- un étage moyen, plus retréci, en regard de l'abouchement des canaux de Wolff ; c'est la zone pélvienne à l'origine de l'urèthre membraneux et pelvien
- un étage inférieur qui s'évase et est à l'origine du sinus uro-génital proprement dit.

Au cours de ce développement, la membrane cloacale subit une rotation : primitivement dans le prolongement de la paroi ventrale abdominale, elle vient ensuite faire face à la région caudale et postérieure. Cette rotation facilite la division du cloaque en rapprochant la membrane cloacale de l'extrémité inférieure de l'éperon périnéal (cf les flèches sur la figure de la page 71).

Par suite du développement du cloaque et de la zone vésicale, la partie basse du canal de Wolff est incorporée à la paroi vésicale. Le canal de Wolff est incorporé à la paroi postérieure de la vessie dans sa portion comprise entre l'abouchement primitif du cloaque et le diverticule ureteral. Du fait de cette incorporation, les canaux de Wolff et les uretères s'abouchent séparément dans la paroi du sinus uro-génital. (figure de la page suivante)

- Les canaux de Wolff, dont les deux orifices dans le sinus restent adjacent, s'abouchent dans la zone pélvienne du sinus uro-génital, futur urethre membraneux.
- Quant aux uretères, ils remontent et se latéralisent sur la paroi vésicale.

En outre, par suite de cette incorporation une partie du mur dorso-postérieur de l'étage vésical et de l'étage pelvien sont constitués d'un revêtement mésodermique, après formation des vésicules séminales : cette incorporation mésodermique correspond à la zone du Trigone, zone triangulaire dont les deux sommets latéraux sont représentés par les orifices d'abouchement des uretères, le sommet inférieur par l'orifice adjacent des canaux de Wolff devenus alors les canaux éjaculateurs.

Dans la suite du développement, la zone vésicale s'aplatit dans le sens dorso-ventral pour former la vessie définitive, sous la poussée et le développement de la masse intestinale.
Les feuillets mésodermiques et ectodermiques sus-jacents au tubercule génital et situés au-dessous du canal allantoïdien constituent le mur sous-ombilical de la paroi abdominale. Le canal allantoïdien s'obturera et formera un cordon fibreux (l'ouraque) qui relie la partie supérieure de la vessie à l'ombilic.

Le devenir de l'étage pelvien du sinus uro-génital et sa zone basse seront envisagés avec le développement des glandes sexuelles annexes et avec la formation des organes génitaux externes.


PARTIE BASSE DU CORPS DE L'EMBRYON : 8ème SEMAINE

 

Représentation spatiale du cloisonnement du cloaque (flêche) par l'éperon périnéal.

Noter :

1 - la position de la colonne mésonéphrotique (corps de Wolff ; CW) au sein duquel on reconnait les néphrons mesonéprotiques et le canal mésonéphrotique (canal de Wolf) qui va déboucher dans la zone dilatée de la future vessie (V),

2 - le début d'ascension du métanéphros (rein définitif ; RD) sous la poussée du diverticule urétéral (DU) ; le rein métanéphrotique commence à s'insinuer sous la colonne mésonéphrotique.

3 - l'individualisation de la zone anale (ZA) et uro génitale (ZUG). Le tubercule génital est clairement visible (TG), sans préjuger du sexe à ce stade.

 

Bien d'autres éléments figurent sur ce schéma (mais risquent d'être gommés par la technique de reproduction).

Il est en particulier possible de suivre les rapports de la splanchnopleure (spl) et somatopleure (som) avec respectivement l'entoblaste de l'anse intestinale primitive (AIP) et la paroi ectodermique.

Le mesentère intestinal primitif (MIP) est aussi bien visible, de même que les positions respectives du canal vitellin (CV) et allantoïdien (CA).

 




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EMBRYOLOGIE DESCRIPTIVE :
à partir du 4e mois

--- VI ---

Premiers stades de
developpement de la gonade










Au cours de la différenciation de la gonade deux stades successifs peuvent être envisagés :

1 - un premier stade ou stade indifférencié:
De l'embryon de 4 à 5 mm (4 semaines), à l'embryon de 17 mm (7 semaines)
A ce stade on ne peut encore préjuger du sexe de l'embryon

2 - un deuxième stade de différenciation, dans le sens mâle ou femelle.
Ce stade débute au 45 ème jour environ


VI - 1 STADE INDIFFÉRENCIÉ

Les éléments primaires de l'ébauche gonadique dérivent :

- de l'épithélium germinatif épaississement d'abord unistratifié de l'épithélium coelomique en regard de la partie moyenne du mésonéphros

- des cellules germinales dont l'origine extraembryonaire mérite d'être signalée. Voir ci dessous

Les cellules germinales dérivent d'une zone entoblastique extraembryonnaire située sur le versant caudal (plancher) de la vésicule ombilicale (ou vitelline), à proximité de la zone de réflexion qui la sépare de la vésicule allantoïdienne.
Les cellules germinales primordiales migrent ensuite entre splanchnopleure et epithélium entoblastique de l'intestin primitif, puis dans le mésentère intestinal primitif (voir aussi figure page 89 pour mieux situer ce parcours), pour venir rejoindre le corps de Wolf dans le territoire où va se différencier l'épithélium germinatif
(également appelé zone de la crête génitale)

- d'une contribution mésonéphrotique.

La première ébauche reconnaissable de la gonade apparait au stade 4 à 5 mm (fin de la 5ème semaine).
Le feuillet mésenchymateux de recouvrement de la colonne mésonéphrotique ( corps de Wolff) dans sa partie moyenne (1/4 médian) se transforme en un épithélium : l'épithélium coelomique. Cet épithélium coelomique s'accroit rapidement formant un épithélium pluristratifié : l'épithélium germinatif.
En même temps la basale de l'épithélium disparait et des cordons cellulaires prolifèrent à partir de l'épithélium : ce sont les cordons sexuels I. Ces cordons sexuels pénétrent à l'intérieur du mésenchyme indifférencié de la zone ventrale du corps de Wolff; on assiste en même temps à une condensation du mésenchyme de la zone d'interpénétration.




Au cours de ce développement, les cellules germinales sont venues coloniser l'épithélium germinatif et les cordons sexuels.

L'épithélium germinatif, les cordons sexuels I, le mésenchyme associé constituent ainsi l'ébauche de la gonade encore indifférenciée.
Un sillon se creuse à la périphérie de la gonade la séparant du corps de Wolff proprement dit. Au cours de l'individualisation de la gonade, les derniers canaux mésonéphrotiques du corps de Wolff poursuivent leur régression. Le sillon limitant la gonade continue à se creuser tandis que le corps de Wolff régresse. Ce phénomène aboutit à la formation d'un méso : c'est le futur mesorchium ou mesovarium. Ce méso relie l'ébauche de la gonade à la paroi postérieure du coelome embryonnaire.

Dans la paroi du méso persistent des vestiges des tubules mésonéphrotiques : ils constitueront les premières voies excrétrices du testicule chez le mâle et ne persistent qu'à l'état de reliquats embryonnaires chez la femelle.

Par la suite,
- le développement de la surrénale
- l'ascension du métanéphros (il est bien visible sur la figure 4 de la page précédente)
- ainsi que l'augmentation de taille de la gonade, latéralisent cette dernière à l'intérieur de la cavité coelomique.

VI - 2 DÉVELOPPEMENT DANS LE SENS MÂLE ET FORMATION DU TESTICULE. (figure 1 et 2)

Déjà dès le stade 15 mm lorsque l'évolution se fait dans le sens mâle, le mésenchyme séparant les cordons sexuels I se condense pour former des faisceaux fibreux qui lobulent la glande. Au stade 25 mm, un tissu fibreux dense sépare l'épithélium germinatif des cordons sexuels : ce tissu constitue la future albuginée testiculaire.

Exclu du restant de la gonade l'épithélium germinatif dégénère. Les cordons sexuels, où ont migré les cellules germinales forment les cordons testiculaires (futurs tubes séminifères). Les cellules germinales sont incluses dans la paroi des cordons testiculaires.

Les cordons testiculaires se dirigent dans le mesorchium, où ils s'anastomosent pour former un réseau : le rete testis. Le rete testis ne se canalise que tardivement au stade 50 à 80 mm. Il vient s'anastomoser avec les tubules restant de la zone épigénitale du mésonéphros qui constituent les cones efférents du testicule. Les cones efférents sont en continuité avec le canal de Wolff qui représentera le canal déférent, canal excréteur du testicule.


GONADE : Différenciation dans le sens male (1, 2)

et femelle (3, 4)

 

1 : métanéphros ; 2 : canal mésonéprotique (c. Wolff) ;

3 : canal paramesonéphrotique (c. Müller) ; 4 : Rete Testis ;

5 : ReteOvarii ; 6 : cordons testiculaires ; 7 : cones efférents ;

8 : albuginée testiculaire ; 9 : cordons sexueles corticaux ;

10 : follicules primordiaux ; 11 : vestiges mésonéphrotiques ("structure en peigne" de Rosenmüller)

 


VI - 3 DÉVELOPPEMENT DANS LE SENS FEMELLE ET FORMATION DE L'OVAIRE.
(figure 3 et 4)

La différenciation dans le sens femelle est plus tardive. Les cordons sexuels I, moins segmentés que chez le male, vont être refoulés vers le centre de la gonade où ils sont fragmentés en amas par le tissu mésenchymateux environnant. Ils vont progressivement dégénérer pour former, au centre de la gonade, un élément vestigial : le rete ovarii.

Le centre lui-même de l'ébauche de la gonade (ou médullaire) va progressivement prendre l'aspect d'un stroma vasculaire.

Contrairement à la différenciation du testicule, l'épithélium germinatif conserve ses potentialités : il émet une nouvelle génération de cordons cellulaires, les cordons sexuels corticaux ou cordons de de Pflüger, plus massifs qui restent dans la zone corticale de l'ovaire.
Ces cordons cellulaires secondaires contiennent également des gonocytes. Les gonocytes donneront les ovogonies tandis que les cellules de l'épithélium donneront les cellules folliculaires.










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EMBRYOLOGIE DESCRIPTIVE :
à partir du 4e mois


--- VII ---

Premiers stades de développement
des voies génitales









Les voies génitales ont pour ébauche
- Le canal de Wolff dont nous avons déjà vu le développement
- Le canal de Müller

Au cours du stade indifférencié, ces deux formations sont également représentées. Ce n'est qu'au cours de la différenciation dans le sens mâle ou femelle que des modifications se produisent :
- Les canaux de Wolff persistent chez le mâle pour former les canaux déférents. Les canaux de Müller regressent pour n'être plus représentés que par des vestiges embryonnaires.
- Au contraire, chez la femelle ce sont les canaux de Müller qui persisteront pour former les trompes, l'utérus et une partie du vagin. Les canaux de Wolff dégénèrent et ne laissent que quelques reliquats embryonnaires.


VII - 1 DEVENIR GENITAL DU CANAL DE WOLFF (Canal mésonéphrotique)

VII - 1.1. CHEZ L'HOMME

Comme nous l'avons vu, il débouche au niveau du cloaque. Plus tard, le développement de la partie haute du sinus uro-génital (zone vésicale) provoque l'incorporation de la partie basse du canal de Wolff dans la paroi du sinus. Ainsi, uretère et canal de Wolff débouchent séparément dans le sinus urogénital et le canal de Wolff (futur canal déférent et canal éjaculateur) débouche dans la partie moyenne du sinus urogénital primitif qui sera à l'origine de l'urèthre pelvien et membraneux.

Quant à la partie haute du canal de Wolff, elle s'est connectée avec le rete testis par l'intermédiaire des tubes droits et cones efférents, dérivés de tubules mésonéphrotiques au cours de leur dégénérescence au plan de la fonction urinaire.
Cette zone supérieure du canal de Wolff s'allonge considérablement, prend un aspect contourné en pelotte et forme, avec les cônes efferents l'épididyme.
Les tubes mésonéphrotiques restants, non connectés avec le canal de Wolff persistent sous forme de vestiges.

VII - 1.2 CHEZ LA FEMME.

Le canal de Wolff commence à dégénérer à partir du stade 30 mm (8ème semaine). Cette régression se poursuit ultérieurement jusqu'au stade 70 mm.

Cependant, avant le stade 30 mm, l'inclusion de la partie basse du canal de Wolff avait été à l'origine du trigone de la vessie, le diverticule uretéral s'étant développé antérieurement pour former l'uretère.


VII - 2 DEVENIR DU CANAL DE MÜLLER (Canal paramésonéphrotique)

VII - 2.1 CHEZ LA FEMME.

La première ébauche du canal de Müller apparait chez l'embryon de 5 mm (fin de 4e, début de 5e semaine). Cette première ébauche débute par un épaississement de l'épithélium coelomique qui s'invagine et pénètre le corps de Wolff (colonne mésonéphrotique) près de son extrémité craniale. Cet épaississement va rapidement former une colonne pleine et descendante, parallèle au canal de Wolff, et progressant vers la région caudale en suivant une direction parallèle et externe au canal de Wolff.

Au cours de son accroissement caudal, la colonne se canalise : elle forme alors le canal de Müller ou canal paramésonéphrotique.
La zone primitive d'invagination de la colonne constitue l'orifice d'ouverture du canal de Müller dans la cavité abdominale: c'est le futur orifice tubaire, avec le pavillon de la trompe.
Au niveau de l'extrémité caudale du corps de Wolff, le canal de Müller croise ventralement le canal de Wolff, rejoignant la région médiane de l'embryon où il s'accole longitudinalement avec le canal de Müller symétrique (stade 10mm, 6e semaine)
Dans cette zone basse, les canaux de Müller fusionnent partiellement et un septum temporaire sépare les deux lumières. Ce septum disparait beaucoup plus tard (stade 56 mm). Il se forme ainsi dans la zone basse des canaux de Müller, un canal unique, le canal utéro-vaginal limité par un épithélium cubique.

Ce canal utéro-vaginal est situé en arrière de la zone haute du sinus uro-génital (zone vésicale). Son extrémité caudale borgne entre directement en contact avec le mur postérieur de la région basse du sinus uro-génital proprement dit où elle forme une surélévation bombant à l'intérieur de la cavité du sinus : le tubercule müllerien.

On peut dès lors reconnaître 3 zones dans le canal de Müller :
- La zone supérieure, verticale
- La zone médiane, horizontale
- La zone inférieure, verticale, fusionnée avec le canal de Müller symétrique.
Les deux premières zones sont à l'origine des trompes. La dernière, ou canal utéro-vaginal, formera la totalité de la muqueuse utérine, mais aussi, par sa partie la plus basse, le 1/5 supérieur du vagin.

VII - 2.2 LE CANAL DE MÜLLER CHEZ L'HOMME


Jusqu'au stade 27 mm, le développement est identique dans les 2 sexes.
Par la suite le canal de Müller dégénère dans sa presque totalité.
L'extrémité supérieure des canaux persistera sous une forme vestigiale : l'hydatide sessile du testicule. La partie moyenne disparaîtra en totalité. Quant à la partie basse et fusionnée des canaux de Müller, elle formera un reliquat : l'utricule prostatique.

DEVENIR DU CANAL DE WOLFF ET DU CANAL DE MÜLLER

A la 6ème semaine les canaux de Wolff et de Müller sont à leur maximum de développement.

Noter chez le mâle, la connexion entre le canal de Wolff (4) le mésonéphros et la glande génitale (2). Chez la femelle l'ovaire (1) n'entre pas en continuité avec le système Wolffien.

La partie basse du canal de Müller (3) fusionne avec le canal adjacent pour former le canal utéro-vaginal. L'extrémité basse du canal utéro-vaginal est fermée et bombe dans le sinus urogénital au niveau du tubercule Müllerien (5).

Par la suite :

- Le canal de Wolff dégénère chez la femelle. Seuls persistent les vestiges des zones hautes et basses du canal

- Le canal de Müller dégénère chez le mâle. Seuls persistent des vestiges de la partie haute, ainsi qu'une partie du canal utéro-vaginal.

 

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EMBRYOLOGIE DESCRIPTIVE :
à partir du 4e mois


--- VIII ---

Devenir des cavites embryonnaires
de la 4ème à la 8ème semaine


- Formation du cordon embryonnaire -






Au cours du deuxième mois de la vie intra utérine, après la délimitation du corps de l'embryon, le pédicule embryonnaire s'allonge progressivement. La vésicule ombilicale qui n'augmente plus de volume est rapidement incluse dans le pédicule.

Simultanément la cavité amniotique subit une extension volumique considérable (notons que le rein embryonnaire élimine l'urine primitive dans l'amnios) qui aboutit au recouvrement du pédicule embryonnaire par les cellules de l'épithélium amniotique.

En bout de compte, le cordon ombilical est constitué par un axe vasculaire (artères + veines ombilicales) et mésenchymateux, contenant les reliquats du canal vitellin et de la vesicule ombilicale. Il est finalement revêtu par l'épiblaste ammniotique.

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