Professeur Daniel BALAS
Ce document correspond à un enseignement qui était au programme du PCEM-1
Chapitre 1 : Mécanismes impliqués dans le développement
I - Migrations cellulaires
II - Prolifération cellulaire
III - Différenciation cellulaire
Chapitre 2 : Contrôle du développement
I - Contrôles hormonaux1 - Contrôle hormonal de la croissance
2 - Contrôle hormonal de la différenciationII - Contrôles génique du développement
1 - Gènes impliqués dans la détermination morphogénétique
2 - Gènes de contrôle de la prolifération et de la différenciation
3 - Les protéines codées par les gènes du développement
Chapitre 3 :
Développement des membres, un exemple
d'intégration
Chapitre 4 :
Conclusions
Chapitre 5 : Questions
de réflexion
Chapitre 6 : Glossaire
d'embryologie moléculaire
INTRODUCTION
Si nous retraçons les principales étapes de
l'embryologie, telles que nous les avons décrites en
embryologie formelle, nous constatons que 3 propriétés
essentielles conditionnent le développement embryonnaire :
a) Des mécanismes de prolifération et de croissance
cellulaire : l'embryon augmente de volume et le nombre de
cellules s'accroît.
b) Des mécanismes de migrations cellulaires : la
motilité est essentielle pour la mise en place des tissus et
organes. Cette motilité cellulaire dirigée conditionne
un autre processus fondamental embryologique : la
ségrégation droite/gauche. En d'autres termes,
nous pourrions formuler la question suivante : pourquoi l'aspect
extérieur du corps ainsi que certains organes (l'oeil, les
oreilles) sont parfaitement symétriques ? Alors que d'autres
structures se développent dans l'asymétrie (foie,
coeur, intestin, la main, etc)
c) Des mécanismes de différenciation cellulaire
qui permettent rapidement une adaptation fonctionnelle
spécialisée dans un organisme pluricellulaire, tout en
assurant la coordination des activités.
L'ensemble de ces mécanismes morphogénétiques
est soumis à des contrôles multiples :
a) Un contrôle génique direct, avec la production
de facteurs de transrégulation qui géreront, dans le
temps et dans l'espace, l'expression transcriptionnelle
impliquée dans la morphogénèse.
b) Un contrôle hormonal et/ou humoral ayant une double
origine1
:
- contrôle par l'hormonologie placentaire, avec en plus une
régulation des échanges foeto-maternels2
.
-contrôle embryonnaire direct par des facteurs de signalisation
et/ou des facteurs de croissance produits in situ dans l'embryon en
développement. Ces facteurs, au-delà d'une "action
endocrine" classique ont bien d'autres modes d'action beaucoup plus
fins et subtils : actions intracrines, autocrines, paracrines,
neurocrines, etc., comme nous le verrons plus tard.
c) enfin la morphogénèse est la résultante de
l'action simultanée et complexe de l'ensemble des
paramètres cités. Nous sommes dans un modèle de
régulation particulièrement difficile à cerner
et à analyser quantitativement. Il s'agit typiquement d'un
système non érgodique, où l'ensemble des
interactions n'est guère reproductible en dehors d'un
environnement naturel pratiquement impossible à restituer dans
le temps et dans sa topographie tridimensionnelle.
La biologie du développement appelle à la modestie
scientifique, à l'esprit critique et au doute dans la
quête de la connaissance
EMBRYOLOGIE CAUSALE ET MOLÉCULAIRE : SÉMANTIQUE
Nous avons ajouté un glossaire en fin de
document (chapitre 6).
Ce glossaire fournit les définitions précises de termes
spécifiques à la biologie du développement.
Nous avons également ajouté quelques explications
succinctes sur des notions abordées dans d'autres disciplines,
et qui ne seront approfondies qu'ultérieurement dans le cursus
de vos études .
Bien que courts, les renseignements fournis sont suffisants pour
aborder le contenu de ce document de base.
L'étudiant est vivement invité à compulser ce
glossaire pour appréhender plus facilement la biologie du
développement.
I - MOTILITÉ CELLULAIRE ET DÉVELOPPEMENT
II - PROLIFÉRATION CELLULAIRE ET DÉVELOPPEMENT
III - DIFFÉRENCIATION CELLULAIRE ET DÉVELOPPEMENT
I - MOTILITÉ CELLULAIRE ET
DÉVELOPPEMENT
L'organisme en développement est le siège d'une
multitude de mouvements cellulaires qui sont à l'origine du
remodelage plastique.
On peut très artificiellement établir au moins deux
grands groupes dans ces mouvements : les mouvements
morphogénétiques et les migrations cellulaires.
1 LES MOUVEMENTS MORPHOGÉNÉTIQUES
Ce sont des mouvements cellulaires d'ensemble dont nous citons 2
exemples
1.1 La formation du tube neural
(figure 1 et 2)
La plaque neurale, d'origine ectodermique, s'enroule en
gouttière neurale, puis en tube nerveux. Au cours de
l'enroulement, les cellules de la plaque neurale subissent 2
transformations :
- elles s'allongent par polymérisation des microtubules
axiaux
- elles subissent un rétrécissement de leur zone
apicale par contraction d'un cadre de microfilaments transversaux
principalement constitué d'actine.
Les deux événements expliquent une transformation
cunéiforme des cellules qui facilite l'enroulement.
Durant ce processus de neurulation, la chorde et le mésoderme
sous-jacent exercent une action inductrice sur le neurectoderme. Les
cadhérines (protéines membranaires
d'adhésivité cellulaire Ca2+ dépendantes)
participent aussi à la mise en place du tube neural (voir
aussi cours de biologie cellulaire et le cours d'histologie sur les
interactions matricielles) : c'est l'expression différentielle
des cadhérines qui explique en partie la reconnaissance
spécifiques des cellules entre-elles, soit pour former le
neurectoblaste soit pour demeurer jointives dans l'ectoblaste
(respectivement, expression de cadhérines N ou E).
1.2 La gastrulation
Ce processus d'invagination cellulaire a été bien
étudié chez les embryons d'amphibiens. L'invagination
est initiée par des changements de forme des cellules qui
mettent aussi en jeu les microfilaments d'actine, comme pour la
formation du tube neural. Les cellules se déforment en
"bouteille" en s'étirant et se contractant selon la partie de
la cellule. Ce processus favorise la courbure du feuillet
ectodermique dont l'invagination conduit à la formation de
l'entoblaste puis à celle du mésoblaste. Par ailleurs
la fibronectine, synthétisée par les cellules de
l'ectoblaste, guide la migration des futures cellules
mésodermiques entre l'ectoblaste et l'entoblaste (voir aussi
les cours sur les matrices et sur la fibronectine).
Bien qu'encore non démontrés, des processus similaires
ont sûrement lieu au cours de la gastrulation dans d'autres
espèces animales, y compris chez les mammifères au
niveau de la ligne primitive et du noeud de Hensen.


2 LES MIGRATIONS CELLULAIRES
Il s'agit de mouvement n'intéressant pas un feuillet
entier et sa mise en place, mais le déplacement de cellules
isolées, entre différents tissus de l'embryon ou au
sein d'un même tissu au cours de sa différenciation. Les
exemples seraient là encore multiples (crêtes neurales,
somites, cellules germinales, devenir des cellules nerveuses
primitives, cellules souches immunitaires, croissance des
prolongements neuronaux, etc).
Nous ne fournirons que quelques exemples.
2.1 La migration des cellules des
crêtes neurales (figure 3, partie droite)
Ces cellules quittent le neurectoderme du tube neural (voir aussi le
cours d'embryologie formelle, 3e et 4e semaine) au moment de sa
fermeture et migrent vers différents territoires pour s'y
différencier en des types très variés : cellules
nerveuses des ganglions rachidiens et des ganglions sympathiques,
cellules la médullo-surrénale, cellules gliales,
cellules pigmentaires, cellules à l'origine des os du
crâne, cellules endocrines (ex : cellules à ACTH ou
à calcitonine), etc.
En quittant le neurectoderme, les cellules des crêtes neurales
migrent dans un espace extracellulaire élargi par la grande
quantité d'acide hyaluronique (figure 2c, voir aussi cours
d'histologie et tissu conjonctif). Notons que les N-CAM (voir figure
5), protéines membranaires d'adhésion
indépendantes du calcium, et les cadhérines
disparaissent des membranes des cellules des crêtes neurales
pendant la phase de migration, alors que des intégrines
membranaires apparaissent .
Pour se déplacer, ces cellules se lient par des
récepteurs membranaires spécifiques (intégrines)
aux molécules de la matrice extracellulaire (fibronectine et
laminine ; figure 5)3.
La capacité migratoire des cellules des crêtes neurales
est également due à leur activité
protéasique (caractère commun avec de nombreuses
cellules tumorales migratrices) qui facilite le "passage" et la
progression des cellules, en particulier en lysant les membranes
basales (voir le cours d'histologie).
Les cellules des crêtes neurales qui vont former des cellules
non nerveuses migrent entre l'ectoderme et les somites par une voie
latérale.
Les cellules qui vont se différencier en cellules nerveuses se
déplacent entre les somites et le tube nerveux ou la chorde
par une voie ventrale. Elles se réassocient ensuite pour
former les différents ganglions ou la masse de la
médullo surrénale. La fin de la migration cellulaire
est associée à une ré-expression des
cadhérines et des N-CAM molécules favorables à
l'adhésion des cellules.
2.2 La migration des cellules des
sclérotomes (figure 3, partie gauche ; figure
6)
Après rupture de la membrane basale entourant le
sclérotome primitif (également intervention de
protéases), la migration des cellules du sclérotome est
favorisée par l'apparition dans l'environnement somitique para
axial d'une matrice extracellulaire riche en acide hyaluronique
(élargissement et oedéme des espaces, facilitant la
mobilité) et en fibronectine. La fibronectine a un rôle
de "guidage" sur la trame matricielle par interaction avec les
intégrines et la trame collagénique (les figures 7
à 9 détaillent ce mécanisme d'une manière
très simplifiée, voire simpliste, mais didactique)
.
Après migration, les cellules des sclérotomes
s'immobilisent au niveau du tube neural et de la chorde pour former
les ébauches des vertèbres. La fin de cette migration
cellulaire est concomitante d'une diminution en acide hyaluronique et
en fibronectine dans la matrice extracellulaire.
2.3 La migration des cellules germinales
primordiales (figure 4)
Les cellules germinales primordiales apparaissent très
précocement chez l'embryon. Elles vont migrer et coloniser les
ébauches gonadiques, dans lesquelles elles formeront des
gonies, cellules précurseurs des gamètes. La migration
de ces cellules germinales primordiales est interstitielle chez les
mammifères.
Comme précédemment, le déplacement cellulaire
est guidé par une support matriciel essentiellement à
base de fibronectine. Un chimiotactisme est exercé par
l'épithélium germinatif qui est ainsi
spécifiquement colonisé par les cellules germinales
primordiales.
Des peptides régulateurs, tel le TGFß, auraient un
rôle inducteur dans le chimiotactisme facilitant la
reconnaissance puis l'implantation spécifique des cellules
germinales dans cette zone strictement localisée de
l'épithélium coelomique.







II - PROLIFÉRATION
CELLULAIRE ET DÉVELOPPEMENT4
On ne peut concevoir lembryologie, formelle ou
moléculaire, sans une connaissance approfondie des
mécanismes de prolifération cellulaire : cest
bien au cours de lembryogénèse que se produit la
plus forte explosion de mitoses. Cest aussi au cours de
lembryogénèse que les mécanismes de
régulation de la prolifération et de
différenciation sont les plus sollicités.
Dès lors, il nest pas étonnant de constater
que la majorité des études fondamentales sur le cycle
cellulaire aient été réalisées sur des
cellules ou des organismes embryonnaires.
1 - CONNAISSANCES GÉNÉRALES SUR LE
CYCLE CELLULAIRE
Le cycle cellulaire est étudié en Biologie
Cellulaire. Certaines données sont donc
considérées comme acquises. Elles sont parfois
rappelées en plus petits caractères, ne figurant ici
que pour lhomogénéité de la
présentation
1-1 Rappels :
1.1.1 Principaux facteurs contrôlant la
réplication :
La réplication de l'ADN fait intervenir une succession de
protéines exerçant une fonction catalytique.
Pour mémoire, quelques mots clefs permettant de
vérifier votre pré-requis : Fourche de
réplication, primase, hélicase, ADN polymérase,
chaîne précoce, chaîne tardive, fragments
d'Okazaki, primosome, topoisomérase, etc.
1.1.2 Les phases du cycle cellulaire et de la mitose : voir ouvrages
spécialisés et cours de Biologie Cellulaire
1.1.2.1 - Linterphase :
Elle correspond à 90 % de la durée totale du cycle
cellulaire.
Elle permet les synthèses continues nécessaires aux
métabolismes de la cellule.
Une exception : la réplication de l'ADN et la transcription
des protéines histoniques na lieu que pendant la phase
S. La duplication des deux brins de la molécule d'ADN, assure
la formation de deux chromatides identiques par chromosome.
La phase S est encadrée par deux phases G de croissance,
appelées phases G1 et G2. La durée de la phase G1
variant de quelques heures à quelques jours, conditionne la
durée totale du cycle cellulaire.
Les phases G1 et G2 sont des phases essentielles du fonctionnement
métabolique où les cellules somatiques
saccroissent et augmentent de volume en effectuant des
synthèses, en particulier protéiques.
> Grâce aux phases G1 et G2 les cellules somatiques se
divisent en conservant leur taille.
1.1.2.2 - La mitose :
La durée de la mitose est très courte (une heure en
moyenne). Cest un processus universel au cours duquel les
chromosomes se condensent et vont se partager entre les 2 cellules
filles. On peut définir 4 étapes :
- la prophase : condensation de la chromatine en chromosomes ;
dépolymérisation des lamines de la lamina
nucléaire par phosphorylation, et désagrégation
de la membrane nucléaire ; désorganisation du
nucléole ; assemblage du fuseau de division à partir du
centre organisateur.
- la métaphase : les chromosomes s'alignent dans le plan
équatorial
- l'anaphase : séparation des chromatides et migration vers
les pôles qui sécartent par croissance des
microtubules polaires.
- la télophase : décondensation des chromosomes ;
déphosphorylation des lamines ; repolymérisation et
reformation de l'enveloppe nucléaire ; réapparition de
nucléole ; disparition du fuseau de division ;
cytodiérèse avec individualisation de deux cellules
filles génétiquement identiques à la cellule
mère.
> La complémentarité des phases S
(réplication) et M (mitose) permet la conservation de
l'information génétique au cours des cycles cellulaires
successifs.
1.1.3 Principaux facteurs contrôlant la mitose :
Des protéines du cytosquelette
(tubuline constitutive des microtubules polaires et
kinétochoriens) et des protéines motrices
associées (dynéine, kinésine) interviennent dans
le déplacement des chromosomes en phase mitotique.
En fin de mitose, l'actine et la myosine de l'anneau contractile
assurent la cytodiérèse.
L'entrée en mitose est contrôlée dans la cellule
par des hétérodimères protéiques du type
cycline mitotique/Cdc2. La phosphorylation de Cdc2 permet de
déclencher la condensation puis le déplacement des
chromosomes (en particulier par phosphorylation de la protéine
histone H1 impliquée dans la compaction de l'ADN). D'autres
protéines à activité phosphatase interviennent
également.
La mise en route des processus de réplication (phase S) est
conditionnée par l'exécution de la phase G1 : des
cyclines de phase G1 sont associées à des
protéines kinases Cdk, ainsi qu'à des facteurs de
transcription, tels que la protéine E2F, activant l'expression
de gènes impliqués dans l'entrée en phase S.
> Ces points essentiels et supposés connus du
cycle cellulaire sont nécessaire à la
compréhension de la suite de ce texte au même titre que
les les figures
10 et 11.
1 -2 Particularités de la division cellulaire
chez l'embryon
Le cycle cellulaire est modifié au cours des
premiers stades
embryonnaire . Dans
les cellules embryonnaires précoces, les divisions sont
rapides et se font sans augmentation de la masse cellulaire,
conduisant à la formation de cellules de taille
décroissante. Pour cette raison les premiers stades de
développement embryonnaire correspondent à un
clivage, ou segmentation, de loeuf.
Cette segmentation est bien connue chez les batraciens : le volume du
très jeune têtard est sensiblement le même que
celui de loeuf originel par formation de plusieurs milliers de
cellules de plus en plus petites.
Le clivage sexplique par des cycles constitués
uniquement par une phase S qui s'enchaîne directement avec la
phase M. Les phases G1 et G2 sont escamotées.
Des mécanismes comparables, mais moins bien
étudiés, se produisent pour la segmentation de
loeuf de mammifère jusquau stade blastocyste (voir
figure comparative du cycle standard et des stades embryonnaires
précoces et le cours dembryologie formelle).
Cest ce mécanisme qui explique le maintien de
loeuf à volume constant dans la zone pellucide (et non
une zone pellucide qui représenterait une coque
rigide et inextensible pour loeuf en développement).
(figure 12)
Des protéines spécifiques intracellulaires sont
impliquées dans la réalisation des différentes
phases du cycle des cellules embryonnaires précoces. Ces
mécanismes particuliers sortent du cadre de cet
exposé.


2. LES CDK/CYCLINES AU
COURS DU CYCLE CELLULAIRE (figure
13)
Comme décrit dans le rappel qui précède,
le cycle cellulaire se divise en plusieurs étapes,
regroupées en interphase et en mitose.
Ce différentes étapes sont sous la dépendance de
cyclines. Ce sont des protéines à
concentration oscillante au cours du cycle. Elles forment des
hétérodimères avec des protéines
kinases dépendantes du cycle (Cdk, aboutissant à
un complexe CDK/Cycline actif. Ce sont ces dimères qui
permettent le franchissement des étapes transitionnelles
successives du cycle cellulaire en activant par phosphorylation les
grands mécanismes impliqués (condensation des
chromosomes, disparition de la membrane nucléaire, activation
de la DNA polymérase, etc).
On distingue généralement le groupe des cyclines
contrôlant la mitose (cyclines mitotiques) de celles
intervenant dans linterphase (cyclines G1/S). Leur
rôle, et surtout leur mode de dégradation, est
différent.
Il ne faut pas oublier que le contrôle du cycle cellulaire
résulte de létude de modèles
embryonnaires, en particulier des oeufs de batraciens, plus
récemment de manipulations génétiques sur les
ovocytes de souris.
2.1 La transition G2/M met en jeu le MPF
(figure 13)
Il sagit d'un facteur cytoplasmique appelé MPF
(maturation mitosis promoting factor) capable de déterminer la
transition G2/M. Lactivité MPF varie de façon
cyclique au cours des cycles mitotiques atteignant un taux
maximum en métaphase .
Le MPF est un complexe phosphokinase/cycline. Cest un
hétérodimère universel constitué par une
cycline mitotique et une sous-unité catalytique, la Cdc2.
Depuis la découverte d'autres kinases dépendantes d'une
cycline, Cdc2 est aussi appelée Cdk-1 (cycline
dépendent kinase ; nous ne retiendrons que cette
dernière terminologie).
Les cyclines mitotiques (cyclines A et B) sont des protéines
qui s'accumulent durant l'interphase et disparaissent rapidement lors
de la mitose . Lexpression de la cycline B est
nécessaire au déroulement du cycle cellulaire et
l'accumulation des cyclines mitotiques au-dessus d'un seuil critique
entraîne l'entrée en mitose.
Le mécanisme daction du MPF met en jeu des
cascades de phosphorylations de CDK-1, transitoirement inactivantes
puis activantes.
a) Une kinase (TyrK15 ou kinase Wee) phosphoryle CDK-1 sur la
tyrosine 15 (Y15). Chez les eucaryotes supérieurs, une autre
kinase associée à la membrane nucléaire
phosphoryle CDK-1 sur la thréonine 14 (Thr14). Ces
phosphorylations inhibent l'activité kinase du complexe MPF,
et empêchent une entrée prématurée en
mitose.
b) Ces inhibitions sont ensuite levées par expression de la
protéine Cdc25, une phosphatase qui
déphosphoryle Tl4 et Yl5.
Mais tant que l'ADN n'est pas entièrement
répliqué, un mécanisme active TyrK15, et inhibe
Cdc25 évitant toute entrée prématurée en
phase M.
c) Ensuite une thréoninekinase CAK (cdk activating kinase,
constituée d'une sous-unité catalytique Cdk7 et d'une
sous-unité régulatrice de type cycline H), phosphoryle
CDK1 sur la thréonine 161 (T161). CDK1 est alors
activée tout autant quelle est associée à
une cycline mitotique . Par ailleurs le MPF devenu actif suractive
par phosphorylation le Cdc25 et inhibe la kinase Tyr15.
Ces mécanismes autocatalytiques expliquent le passage
très brutal en phase M tout en maintenant un contrôle de
sécurité interdisant le passage en M si la
réplication était incomplète. C'est dire le
haut niveau de contrôle de l'entrée en phase M et de
rétrocontrôle de l'achèvement de la phase
replicative !!!
Lactivation du MPF initie les
événements successifs de la mitose. En effet la kinase
CDK-1 du complexe MPF actif phosphoryle de nombreux substrats :
histone H1, lamines nucléaires, protéines du fuseau,
protéines du nucléole..., ce qui permet l'entrée
en mitose. et son déroulement ultérieur. CDK-1 peut
aussi activer en cascade d'autres protéines kinases,
lesquelles vont à leur tour phosphoryler d'autres cibles,
etc
La kinase CDK-1, associée à une cycline
mitotique (B), constitue donc le véritable chef d'orchestre
des phosphorylations déclenchant les événements
mitotiques. Elle est régulée par un processus
autocatalytique qui facilite lentrée en mitose tout
autant que la réplication soit parfaitement
achevée.
2.2 La sortie de
la phase M (figure
13)
Une déphosphorylation de CDK-1 sur la Thrl6l est
nécessaire à la sortie de mitose.
Mais cest surtout la protéolyse des cyclines
mitotiques qui entraîne linactivation de la
protéine kinase CDK-1 du complexe MPF, et la sortie de la
phase M. Cette protéolyse des cyclines est impérative;
elle seffectue par une polyubiquitinylisation
préalable.
Par ailleurs, la kinase CDK-1 du complexe MPF stimule à
retardement la dégradation des cyclines mitotiques par
ubiquitinylisation. La constitution du fuseau de division entre
également dans ce contrôle.
Cette dégradation des cyclines est génétiquement
contrôlée (par exemple, le facteur CSF, facteur
cytostatique mis en évidence sur loeuf de batracien, met
en jeu le gène c-mos, et s'oppose à la
dégradation des cyclines).
La polyubiquitinylisation représente un étiquetage
permettant à la cellule de ne dégrader
sélectivement que les protéines ubiquitinylisées
grâce à 3 enzymes spécifiques fonctionnant dans
un volumineux complexe, le protéasome. Un complexe El
transfère 1'ubiquitine sur E2, et E3 catalyse l'addition
successive d'ubiquitines sur la protéine à
dégrader spécifiquement et portée par E2 (ici
une cycline mitotique). Dès l'addition de plus d'une
ubiquitine la protéine est reconnue par le protéasome.
Il s'agit d'une microstructure contenu dans le hyaloplasme (il y en a
des milliers, seulement visibles au microscope électronique).
Les protéasomes sont enzymatiquement équipés
pour assurer l'hydrolyse de la protéine qui a
été étiquetée par des ubiquitines.
Le mécanisme est consommateur d'énergie, ATP
dépendant.
POUR GENERALISER,
Vous verrez plus tard que le contrôle de la protéolyse a
un rôle essentiel dans le maintien des équilibres
métaboliques et fonctionnels au cours du développement,
et plus particulièrement le système ubiquitine
dépendant (un commentaire annexe est
fourni à la fin de ce chapitre).
Notons que la protéolyse par ubiquitinylisation
contrôle également la plupart des autres
protéines régulatrices du cycle. Autrement dit le
schéma de la figure 13 est une simplification. La
protéolyse est plus efficace qu'une régulation
transcriptionnelle ou traductionnelle pour maintenir les taux
optimaux des protéines régulatrices spécifiques
de chaque étape du cycle cellulaire.
2.3 La transition Gl/S (figure
13)
Chez les mammifères, des cyclines G1, (cyclines C, D, E)
associées à des kinases Cdk interviennent
également dans la progression de la cellule en phase Gl. Par
ailleurs, le complexe cycline E/Cdk2 est impliqué dans la
transition G1/S.
Nous retrouverons ces mécanismes dans le paragraphe
suivant
La quantité oscillante des cyclines G, au cours du cycle
est liée aux variations de leur taux par un équilibre
permanent transcription/dégradation. Ces mécanisme sont
soumis à un contrôle génétique
particulièrement
strict
3. LE CONTROLE DU CYCLE
CELLULAIRE
3.1. DES FACTEURS D'ACTIVATION FACILITENT
L'ENTRÉE DES CELLULES DANS LE CYCLE CELLULAIRE.
Les facteurs de croissance (nous les abordons dans un prochain
chapitre) sont présents dans le milieu extracellulaire et
contrôlent le cycle cellulaire. Ils se fixent sur leurs
récepteurs membranaires spécifiques, ce qui
entraîne, par l'intermédiaire d'une cascade de
réactions, l'activation de messagers intracellulaires qui vont
intervenir sur le cycle cellulaire.
L'ensemble de ces mécanisme entre dans le cadre de la
régulation dite oncogénique5
LA VOIE DE LA TYROSINE KINASE figure
14) est une des voies
préférentielle. Elle aboutit à lactivation
de MAP kinases (mitogène activated protein kinase)
cytoplasmiques. Les MAP kinases vont pouvoir activer dautres
kinases cytoplasmiques ou bien directement phosphoryler des
protéines impliquées dans les processus de
prolifération/différenciation. Mais les MAP kinases
vont surtout pouvoir migrer dans le noyau où elles activent
par phosphorylation des facteurs transrégulateurs (tels les
oncogènes Jun/Fos que nous avons déjà
décrit, loncogène Myc, etc). Elles stimulent
ainsi la transcription des cyclines G1 précoces (cyclines C et
D), lesquelles activent à leur tour la transcription de
cyclines nécessaires à l'entrée en phase S
(cycline E), puis à l'entrée en mitose (cyclines
mitotiques, en particulier B).
Le détail des mécanismes de transduction du message par
les facteurs de croissance et la voie des MAP kinases ne sont
quà peine ébauchés dans ce cours. Ces
connaissances seront reprises ultérieurement dans
dautres disciplines.
Le schéma de la figure 14
fournit un aperçu global. et nous
reviendrons sur l'ensemble de ces notions dans le chapitre II
(la cascade encadrée en pointillé sur la planche
est hors programme du concours (Ras, Raf, Mek et PKC)).

3.2. DE PETITES PROTÉINES
RÉGULATRICES (OU CKI : CYKLIN KINASE INHIBITORS) FREINENT
L'ACTIVITÉ
DES COMPLEXES CDK/CYCLINE.
(planches
15 et 16)
- Il y a de nombreuse protéines, comme la P15, la P16, la P21,
la P24, la P27 etc. ayant des propriétés similaires.
Toutes ces protéines servent de relais à des signaux
exogènes et viennent interagir avec les
hétérodimères que font les cyclines (A, B, C, D,
E, H...) avec les Cdk(1, 2, 4, 5 ou 6). Ces petites protéines
régulatrices contrôlent le cycle cellulaire. Elles
agissent essentiellement dans la progression initiale de la phase
G1.
De ce fait, on désigne par point R le point
à partir duquel la progression en G1 devient
indépendante des facteurs de croissance qui ont
été relayés par les petites protéines de
type P21, 27, etc. (planche 11). Les cellules à partir de ce
stade R pourront entrer en phase S (si auparavant elle n'ont pas
quitté le cycle pour une phase G0 ; voir plus loin).
Le point Start est souvent confondu avec le point R.
Dans notre interprétation nous donnons au point Start une
définition plus restrictive : il correspond strictement
à lentrée en phase S et à
lactivation des DNA polymérases.
En bref, et pour des raisons purement didactique nous individualisons
artificiellement un point S et un point R, même s'il s'agit
du même stade : le point R pour décrire une
régulation d'amont, survenant en phase G1 ; le point S pour
une régulation d'aval , orienté sur le contrôle
et l'initiation de la réplication.
Nous ne citerons que quelques exemples caractéristiques,
typiques des épisodes de la croissance embryonnaire. Ils sont
illustrés par toutes les figures du cours concernant le cycle
cellulaire
- La protéine P27 empêche l'activation des complexes
Cdk2/cycline E (planche
15). Elle est stimulée par le TGFß
(transforming growth factor, facteur anti-prolifératif), par
lAMPc, et par bien dautres facteurs impliqués dans
la croissance.
Cest ainsi que la P27 peut servir de relais dans le processus
dinhibition de contact. : les cellules en culture
non transformées et/ou non cancéreuses
sarrêtent de proliférer lorsque le tapis
cellulaire arrive à totale confluence. Cette inhibition de
contact se produit aussi dans les tissus in vivo. Elle explique en
partie larrêt de prolifération dun tissu en
fin dorganogénèse. Elle explique aussi
larrêt de prolifération dans un processus de
régénération et de réparation dun
tissu lorsquil y a eu perte de substance.
Inversement la P27 est dégradée (ou inhibée)
sous l'influence de l'interleukine 2 (ou IL-2), aboutissant à
linitiation dun signal mitotique. Cela se produit
essentiellement au cours des processus inflammatoires.
- La protéine P21, dont l'expression est activée par
P53, inhibe l'activité des hétérodimères
Cdk2/cyclines G1 et plus particulièrement de la cycline E
(planche 16). Elle inhibe aussi
la protéine PCNA (proliferating cell nuclear antigen) qui est
un cofacteur obligé de lADN polymérase.
Notons que parmi ces facteurs protéiques de contrôle
direct du cycle, la plupart ont une action intrinsèque
inhibitrice : la régulation des cdk/cyclines seffectue
préférentiellement par régulation
négative. Certaines de ces protéines (et les
gènes correspondants) occupent une place
privilégiée par leur capacité de contrôle
à des stades clefs du cycle. Ces molécules
correspondent à la famille des proto-antioncogènes
suppresseurs de tumeurs. Rb, et surtout p53, constituent
deux exemples types (la famille des gènes suppresseurs de
tumeur est large et ne se limite pas aux deux gènes
étudiés ici)
- E2F (planche 15) est
un facteur de transcription dont l'activité est inhibée
par certains produits d'anti-protooncogènes, en particulier
RB.
Ainsi, E2F est inactivé en phase G, par son association avec
la protéine RB (produit du gène du
rétinoblastome, gène suppresseur de tumeur
lorsquil nest pas muté). A lapproche du
point Start l'hyperphosphorylation de RB sous laction du
complexe Cdk2/cycline E, permet à E2F de se séparer de
RB et de venir transactiver des gènes spécifiques de la
phase S, en particulier les gènes de l'ADN
polymérase-¶ (= synthèse du brin précoce, ou
bien = processus de réparation). Ultérieurement le
complexe Cdk2/cycline A contribue par phosphorylation à
activer la réplication pendant la phases S, tout en inactivant
(également par phosphorylation) le facteur E2F dont
laction au point start nest plus utile.
- Dans ces mécanismes, la P53
(planche
16) occupe aussi
une place privilégiée. Comme nous lavons
déjà vu, elle active la P21 qui vient alors bloquer la
progression en phase G1 en inhibant CDK/Cycline G1 et en
empêchant le franchissement du point R. La P21 vient aussi
inactiver linteraction du PCNA avec la polymérase ¶,
bloquant ainsi la phase S. Simultanément, la P53 augmente la
formation de la protéine Gadd45 et facilite la constitution
dhétérodimères Gadd45/PCNA qui sont
impliqués dans lactivation des mécanismes de
réparation de lADN. Enfin dans les cas de forte
surexpression la P53 va pouvoir déclencher lapoptose
via le gène bax (voir aussi le prochain
paragraphe)
A ce titre, la protéine P53 porte bien le non de
gardienne du génome. En effet elle est
particulièrement suractivée si des lésions
apparaissent sur lADN, quil sagisse de
lésions spontanées liées à des
défauts dappariement, ou quil sagisse de
lésions induites par des agents mutagènes (Rayons, UV,
drogues diverse...). Dans les 2 cas les effets de la P53 concourent
à protéger les cellules. En effet, la P53 :
- bloque dabord au point de restriction en G1
- bloque la réplication du DNA (deuxième
sécurité)
- facilite alors simultanément la réparation
- enfin si la surexpression se prolonge, la P53 pourra supprimer par
apoptose les cellules dont lADN est trop
endommagé.
Nous voyons bien que lensemble des protéines
oncogéniques impliquées dans le contrôle du cycle
cellulaire ont un rôle très subtil de modulation. La
plupart ont une action positive dans la cascade oncogénique.
Mais certaines ont bien valeur
dantioncogènes. Cest le cas de la
P53 et de RB qui méritent à ce titre une place à
part dans le contrôle de la prolifération.
Bien évidemment, on conçoit que toute mutation de ces
facteurs puisse générer un dysfonctionnement de la
prolifération et un risque tumorigène, et au
delà, de cancer. Les mutations de P53 et RB sont
dailleurs retrouvées dans un très grand nombre de
tumeurs.
- Une nouvelle famille de protéines les "pocket
protéines" : (voir les schémas de la page
suivante)
En se surajoutant aux facteurs précédemment
décrits, elles apportent une régulation encore plus
subtile du cycle cellulaire. En effet, des liens de modulation
très fins existent entre E2F et RB. Ils gèrent l'amont
et l'aval du point R (phase G1 précoce et/ou passage en G0,
Retour dans le cycle et/ou initiation de la duplication du DNA au
delà du point start), avec des variants des mêmes
familles moléculaires
En effet, les pocket protéines, dont la protéine du
rétinoblastome fait partie, comprennent aussi la p107 et la
p130. Ces protéines interagissent obligatoirement dans
lactivation de E2F par les cdk2/cyclines (voir cours
dembryologie causale figure 15). En outre les E2F ne deviennent
facteur de transcription que sous une forme
hétérodimérique, par liaison avec une autre
protéine apparentée, la protéine DP (dont il
existe 2 formes DP1 ou DP2). Les DP sont structurellement des E2F
tronquées, ayant perdu le site de liaison à P107, p103
ou RB, ainsi que le site de liaison aux cyclines ; elles ne
conservent quun site de liaison à lADN et un site
de dimérisation en alpha-hélice)
Les variants de E2F vont être exprimés de façon
séquentielle et variable, selon létape
considérée et le cheminement dans le cycle (G1 > S ;
G0 > G1 ; G1 > G0 ; voir aussi le paragraphe 4). Les facteurs
E2F interagissent plus spécifiquement avec certaines pockets
(E2F 1, 2, 3 avec le RB ; E2F 4 et 5 avec p130 ; E2F 4 avec p107). Le
niveau de phosphorylation des pocket protéines participe
largement à la modification des affinités de ces
diverses protéines entre-elles.


Dans ces conditions p130 semble liée (en fonction de son
niveau de phosphorylation) au blocage en phase G0 et/ou à
larrêt de progression vers la phase S des cellules en
voie de différenciation.
Inversement p107 et surtout RB sont impliqués dans le
contrôle par E2F de lentrée en phase S. (pour plus
d'information : Mayol et al, Bioscience, 3, 11-24, 1998 ; Amati et
al, Bioscience, 3, 250-258, 1998)
L'existence de molécules très similaires (famille E2F,
Pocket protéines, CDK/cyclines, etc), mais pourtant
spécifiques d'un temps précis du cycle, permet de
comprendre la nécessité pour la cellule de maitriser
les concentrations momentanées et utiles de ces facteurs,
justifiant ainsi le rôle essentiel de la protéolyse
par ubiquitinylisation.

4. ENTRÉE /
SORTIE DU CYCLE CELLULAIRE ; PHASE G0
(figure
17)
Sous l'influence de divers facteurs, tel qu'une carence en facteur
de croissance ou une perte de contact avec la matrice
extracellulaire, une cellule de vertébré peut sortir
transitoirement du cycle cellulaire et se trouver en phase de
quiescence (G0).
En outre, l'expression de certains facteurs de différenciation
tels que les facteurs myogéniques, conduit à un
stade terminal de différenciation où les
cellules ne se divisent plus (G0 définitif et/ou
stabilisé). Les neurones mâtures représentent un
exemple typique de cellules différenciées ayant perdu
toute capacité ultérieure de prolifération.
La kinase Cdk5 (associée à une cycline D) intervient
dans ce processus de différenciation cellulaire. Les complexes
E2F/P130 contrôlent le processus (voir paragraphe 3-2);
Inversement, l'addition de sérum (riche en facteurs de
croissance) dans la culture, plus généralement de
bonnes conditions trophiques et nutritionnelles in vivo, avec une
surexpression de proto-oncogènes, va permettre le retour au
cycle cellulaire.
La kinase Cdk4, mobilisée sous l'effet de nombreux facteurs de
croissance, est impliquée dans la transition
GO/Gl. Les complexes E2F/DP/p107
contrôlent ce stade ; ils sont relayés par les complexes
E2F/DP/RB qui permettront l'activation des cycline E/cdk2 et le
franchissement du point start (voir paragraphe 3-2).

5. CYCLE CELLULAIRE ET
APOPTOSE6
(figures 17 et 18)
L'apoptose (ou mort cellulaire programmée) est souvent
l'aboutissement d'une mitose inachevée ou d'une mitose ayant
débuté dans des conditions inappropriées (ex :
insuffisance en facteurs de croissance).
Lapoptose est également un mécanisme
impliqué dans la sénescence cellulaire (nous en
reparlerons dans dautres cours).
Nous ne décrirons pas le mécanisme
détaillé de lapoptose, renvoyant
létudiant au cours de biologie cellulaire.
Mais le mécanisme apoptotique concerne tout
particulièrement les étapes embryologiques et nous
avons cité de nombreux exemple de remodelage tissulaire par
apoptose : au niveau du cloisonnement de loreillette, au
cours de louverture de la cavité nasale primitive, lors
de linvolution différentielle des canaux de Wolff et de
Muller, mais surtout le modelage de la palette et la formation des
doigts.
Au plan intracellulaire lapoptose est sous la
dépendance de plusieurs protéines et de leurs
gènes correspondants. (planche
90)
On peut les classer en facteurs apoptotiques ou au contraire
antiapoptotiques.
Le gène bcl2 (et son homologue ced-9 chez des
animaux plus inférieurs) est le prototype du facteur
protecteur. Au contraire le gène Bax est
générateur dapoptose.
Le mécanisme daction est typique de la modulation
obtenue par la constitution dhétérodimères
ou dhomodimères entre les produits de ces gènes.
Lhétérodimère bcl2/bax, normalement
produit de façon majoritaire est par lui même
protecteur.
Mais un surexpression de bcl2 aboutit à la formation dun
excès de lhomodimère bcl2/bcl2 qui est
répresseur de lapoptose. Inversement un excès
de surexpression de bax se traduit par la surproduction de
lhomodimère bax/bax, inducteur de lapoptose
en déclenchant la cascade hydrolasique spécifique de la
destruction nucléaire et du DNA.
Bien entendu dautres gènes sont impliqués dans le
contrôle de lapoptose. Cest en particulier le cas
de BAG-1 (antiapoptotique) ou Bak, Bad, Ced 3 et 4 (apoptotiques). Le
cas des gènes bcl est intéressant car dans certain cas
ces gènes peuvent être soumis à un
épissage alternatif modulateur dapoptose. En effet la
forme longue (bcl-Xl) possède une action antiapoptotique ;
inversement la forme courte (bcl-Xc) est apoptotique.
Enfin, nous lavons déjà vu, la P53 est un
facteur intracytoplasmique de déclenchement possible de
lapoptose si des lésions majeures de lADN
surviennent.
Les différents facteurs de contrôle intracellulaire de
lapoptose sont soumis à un contrôle
extracellulaire expliquant lentrée ou non en apoptose en
fonction des conditions denvironnement. Cest ainsi que de
nombreux facteurs de croissance sont antiapoptotiques. Cest
particulièrement le cas des facteurs neurotrophiques
protégeant les neurones de la mort cellulaire
programmée (NGF, BDNF, CNTF).
Inversement dautres facteurs sont apoptotiques. Mêmes
sil sont encore mal connus, ce sont eux qui déclenchent
la mort cellulaire programmée au cours des épisodes
embryonnaires.
De même, au plan immunologique, la sécrétion
de la protéine Fas L, via son récepteur membranaire,
pourra générer la mort des lymphocytes T.

6. POUR CONCLURE SUR LA
PROLIFERATION, LE CYCLE CELLULAIRE ET SON CONTRÔLE
:
La prolifération cellulaire est un processus
fondamental de la vie cellulaire et du développement
embryonnaire. Le cycle est fondamentalement différent au cours
du développement précoce, les phases G1 et G2
étant escamotées.
Les événements précis et ordonnés du
cycle cellulaire mettent en oeuvre une succession de complexes
Cdk/cycline. La variabilité des
hétérodimérisation offre une large gamme de
régulations. Lactivité de ces complexes implique
des réactions de phosphorylation et déphosphorylation
et l'expression de petites protéines modulatrices. dont le
rôle est de mieux en mieux cerné. Celles-ci retardent
notamment l'activation des complexes Cdk/cycline G1.
Parmi ces différentes molécules, les
antioncogènes RB et P53 occupent une place
privilégiée en bloquant le point Start pour RB, en
assurant une action protectrice sur lADN et sa
réplication à 4 niveaux coopératifs pour la
P53.
La compréhension à l'échelle moléculaire
des mécanismes régulateurs du cycle cellulaire ne doit
pas faire oublier que la division cellulaire s'intègre dans un
ensemble plus vaste (embryon en développement, tissu en
croissance) où interviennent une information environnementale
et/ou de communications entre les cellules. Les mécanismes
intracellulaires qui conduisent une cellule à se dupliquer
restent donc toujours dépendants de l'environnement
cellulaire. La régulation du cycle doit être
envisagée comme un ensemble de cascades réactionnelles
variables au cours du temps, dirigées du milieu
extracellulaire vers le noyau pour moduler une expression
génique et la capacité de réplication de
lADN.
Cette notion conduit à celle plus vaste de CASCADE
ONCOGENIQUE. Nous la retrouverons fréquemment.
L'expression des proto-oncongènes et anti-oncogènes est
rapidement induite par des facteurs de signalisation
extra-cellulaires, en particulier des facteurs de croissance de
nature polypeptidique dont les récepteurs sont
localisés sur la membrane plasmique. A partir de
l'intégration du message sur le récepteur membranaire,
les étapes de modulation intracellulaire sont très
complexes et nous venons des les aborder très
partiellement.
A titre d'exemple, si nous reprenons le cas du rétinoblastome
(figure 10) nous voyons que le complexe CDK2/Cycline E phosphoryle RB
et libère E2F qui active l'entrée en phase S. La P27
(comme bien d'autres protéines intracellulaires de
régulation : p15, p16, p21, p24, etc) est sensible à
des facteurs exogènes. Le TGFß, par exemple, active la
P27 (action antiproliférative). Au contraire l'interleukine-2
l'inhibe (activation prolifératrice).
L'environnement extracellulaire contrôle la division
cellulaire grâce à une multitude de facteurs de
signalisation dont il est difficile de fournir une liste.
Citons par exemple les IGF(s) (en particulier l'IGF-2) et l'Acide
Rétinoïque sur lesquels nous reviendrons
ultérieurement.
Sous l'influence de ces différents facteurs, les cellules
contrôlent leur prolifération mais vont aussi s'engager
dans les voies spécifiques du développement
(détermination). Elles acquièrent alors des
protéines spécifiques représentant des marqueurs
de différenciation.
C'est bien l'ensemble de tous les facteurs endogènes comme
endogènes, interagissant entre eux de façon très
complexe en voies sérielles ou parallèles, qui
constitue la(les) cascade(s) oncongénique(s) qui
contrôlent la prolifération/différenciation
cellulaire normale mais aussi pathologique.
III DIFFERENCIATION
CELLULAIRE ET DEVELOPPEMENT
(Voir figure 19 )
1 RÔLE DES PROTÉINES
INTRACELLULAIRES
Nous rappelons que la différenciation cellulaire est
déclenchée dans la cellule par la mise en route d'un
programmes génétiques spécifiques, mettant en
jeu l'activation de facteurs protéiques de transcription qui
agissent en se fixant à des séquences
spécifiques de l'ADN pour influencer l'activité du
complexe de transcription. Ce complexe, composé de l'ARN
polymérase II et de ces facteurs généraux de
transcription (tels que TFIIB+TFIID qui se fixent à la
boîte TATA), initie la synthèse d'un ARN à partir
d'une séquence donnée d'ADN (voir aussi les cours de
Biologie cellulaire).
En fait, il existe de très nombreuses protéines
régulatrices venant contrôler l'expression
transcriptionnelle en s'associant par petits complexes sur des
séquences privilégiées de l'ADN.
Par exemple, la différenciation des myoblastes en myotubes,
associée à une interruption de leur
prolifération, est déterminée par des
protéines nucléaires de la famille des facteurs
myogéniques (tels que MyoD1)7
. Des expériences de transfection ont montré que
l'expression de ces facteurs dans différentes cellules induit
leur engagement dans la myogénèse. Ces protéines
pourraient intervenir de façon séquentielle. Ainsi,
chez les mammifères, MyoD1 et Myf5 seraient impliquées
dans la détermination musculaire (permettant l'obtention de
myoblastes), puis la myogénine induirait la
différenciation musculaire (conduisant à la formation
de myotubes). Ces protéines de type MyoD sont des facteurs
spécifiques de transcription, pouvant se lier à une
séquence consensus appelée boîte E, par
l'intermédiaire de leur région basique. La plupart des
régions de contrôle des gènes musculaires
renferment des boîtes E. De plus, ces protéines
contiennent une séquence hélice boucle hélice
(voir plus loin chapitre II-B-3) permettant la dimérisation
avec d'autres membres de cette famille. Un facteur myogénique
donné se fixera mieux à une boîte E s'il forme un
hétérodimère avec les protéines
ubiquitaires E12 ou E47 (Pour plus d'informations, voir Biologie
moléculaire de la cellule p. 421, à propos des facteurs
généraux de transcription).
2 RÔLE DES PROTÉINES
EXTRACELLULAIRES
Les facteurs de croissance ont souvent une double
potentialité. Ils peuvent induire d'abord la
prolifération puis la différenciation des cellules.
C'est le cas par exemple, des IGF permettant la multiplication puis
la différenciation des cellules embryonnaires dans les tissus
musculaires, osseux et nerveux. Par ailleurs, le rôle
inhibiteur de certains facteurs protéiques extracellulaires
sur la différenciation peut s'exercer soit au travers de
l'expression de protéines intracellulaires inhibitrices de la
différenciation, soit au travers de la modification de
facteurs de transcription. Ainsi, le FGF s'oppose à la
différenciation musculaire par la phosphorylation des facteurs
myogéniques sur leur région basique, ce qui les rend
incapables de se fixer à l'ADN. C'est aussi le cas du TGFB
(figure 11 a).
Les mécanismes sont en fait beaucoup plus complexes car
multifactoriels, mais surtout variables dans le temps et dans
l'espace.
- Les facteurs de croissance sont très nombreux,
généralement ils exercent une action
complémentaire dans le temps.
- Les protéines de la matrice extracellulaire participent
aussi dans des zones déterminées au contrôle de
la différenciation en interagissant sur les cellules
environnantes (cellules mésenchymateuses ou fibroblastiques,
mais aussi cellules épithéliales par
l'intermédiaire des lames basales).
D'une façon plus générale de très
nombreux facteurs de transcription sont impliqués à la
fois dans la prolifération et la différenciation
cellulaires. Ce sont les niveaux relatifs d'expression de ces
facteurs de transcription, sous l'influence d'un équilibre
environnemental en facteurs de signalisation, qui modulent finement
le comportement de la cellule en développement.
L'exemple fourni par la croissance et la différenciation
musculaire est très intéressant et montre bien la
finesse des mécanismes de modulation (figure 11 a et b).
Nous reprendrons à nouveau cette notion dans d'autres
chapitres et tout au long du cours d'Histologie fonctionnelle :De
nombreux mécanismes oncogéniques
développés pour les premiers stades du
développement se retrouvent à des degrés divers
à l'âge adulte, au cours du vieillissement et/ou du
cancer.

COMPLEMENTS ANNEXES SUR LA
PROTEOLYSE
La protéolyse, ou dégradation de
protéines, est un mécanisme très
général et essentiel en biologie. Pour simplifier, nous
dirons qu'il existe 3 grands mécanismes de protéolyse
:
- la voie lysosomiale (voir cours de biologie cellulaire)
- la voie Calpaïne-dépendante (avec mobilisation du
calcium), particulièrement impliquée dans les
situations de stress et de choc aigus (au niveau cellulaire, comme au
niveau tissulaire sur un organisme entier)
- enfin la protéolyse Ubiquitine-dépendante
(l'ubiquitine étant un petit peptide d'une centaine d'acides
aminés possédant une important domaine hydrophobe lui
conférant une structure stérique bien
particulière).
La protéolyse a une triple finalité :
- élimination des protéines endommagées ou mal
repliées
- mécanismes de survie en conditions trophiques minimales
- dégradation des protéines à durée de
vie courte. En effet, la dégradation des protéines est
régulée et spécifique. C'est en grande partie le
système à ubiquitine qui explique la durée de
vie différentielle des protéines (donc aussi leur
biodisponibilité et leur efficacité
fonctionnelle dans le temps ; voir aussi la discussion sur la
biodisponibilité de l'acide rétinoïque ou des
IGF(s) en fin du chapitre sur le contrôle du
développement des membres)
Les deux figures suivantes schématisent les
mécanismes de protéolyse par ubiquitinylisation

I - Contrôles hormonaux1 - Contrôle hormonal de la croissance
2 - Contrôle hormonal de la différenciationII - Contrôles génique du développement
1 - Gènes impliqués dans la détermination morphogénétique
2 - Gènes de contrôle de la prolifération et de la différenciation
3 - Les protéines codées par les gènes du développement
I - CONTROLE HORMONAL DU
DÉVELOPPEMENT8
1 CONTROLE HORMONAL DE
LA CROISSANCE
1.1 L'activité métabolique du
placenta endocrine.
Rôle de l'hormone de
croissance et de l'hormone lactogène placentaire (figure
1)
La croissance postnatale des mammifères est
essentiellement sous la dépendance de l'hormone de croissance
hypophysaire ou growth hormone (GH , appelée aussi hormone
somatotrope) et des hormones thyroïdiennes. Ces hormones
influencent peu ou pas la croissance foetale.
En fait, au cours de la vie foetale, c'est l'hormone placentaire
lactogène (PL) ou hormone chorionique somatomammotrope (HCS)
qui joue un rôle essentiel dans la croissance foetale. Chez
l'homme, la structure primaire de la hPL est très semblable
à celle de la hGH (96 % d'homologie) et à un
degré moindre de celle de la prolactine. Elles sont aussi
très proches sur le plan fonctionnel puisque la PL a des
effets lactogènes via les récepteurs de la prolactine
et des effets sur la croissance via les récepteurs de la
GH.
Chez la femme, le placenta exprime aussi un gène codant pour
une hormone de croissance spécifique, la hPGH (ou human
placental growth hormone). Cette hormone pourrait être le
principal stimulant de l'anabolisme maternel..
Présente à des taux faibles dans le sang du foetus
humain, la PL agit surtout en favorisant l'adaptation du
métabolisme maternel et chez la femme, la hPL possède
une activité lipolytique directe de type "GH". Ainsi, lors
d'un jeûne, la hPL favorise l'utilisation par la mère
des acides gras comme source d'énergie, ce qui permet
d'économiser le glucose que le foetus consomme de
manière exclusive. Inversement, si les apports alimentaires
sont excessifs, la hPL stimule la production d'insuline et augmente
la sensibilité du tissu adipeux et du foie à cette
hormone hypoglycémiante, favorisant ainsi la formation de
réserves énergétiques (utilisable
ultérieurement).
Outre le fait qu'elle est un intermédiaire maternel de la PL,
l'insuline peut être considérée comme une hormone
de croissance foetale à part entière. Qu'elle soit
produite par le pancréas foetal sous l'effet d'une
glycémie élevée (voir ci-dessus) ou
synthétisée par les cellules embryonnaires. En fait,
l'insuline est à la fois anabolisante, mitogénique et
morphogénétique via ses propres récepteurs , ou
ceux des IGF (voir plus loin).
Le mode d'action intracellulaire de l'hormone de croissance (celui de
la PL est pratiquement identique) est bien connu. Il exploite une
double voie, à partir de la reconnaissance du récepteur
sur la membrane des cellules cibles . Une voie oncogénique
tyrosinekinase qui par une cascade de phosphorylation surexprime des
oncogènes impliqués dans l'activation du cycle
cellulaire et de la prolifération. Mais la GH exploite aussi
la voie de la Protéine kinase C (PKC) via le
diacylglycérol (DAG). Cette deuxième voie,
correspondant à la voie des phosphoinositides9,
contrôle plus spécifiquement le métabolisme
intracellulaire en activant, par exemple la captation des acides
aminés et la synthèse protéique, en stimulant la
lypolyse. En fait les deux voies (Tyr-K et phosphoinositides) sont
parfaitement coopératives : la première induisant
la prolifération et la croissance tissulaire, l'autre
stimulant l'anabolisme en augmentant le "fuel"
énergétique disponible pour le tissu en croissance.
1.2 Le contrôle placentaire de la production
des IGF(s) (figure 1, 3, 4, 5, 6)
La PL (mais aussi la GH), stimulent la synthèse des
somatomédines ou insuline like growth factors (IGFs) dans de
nombreux tissus foetaux. Bien démontré dans d'autres
espèces, ces mécanismes existent sûrement dans
l'espèce humaine.
Les IGF(s) sont des peptides dont la structure est très proche
de celle de l'insuline. Il en est de même pour les
récepteurs correspondants (voir un cours ou un traité
de biochimie). En prenant aussi en compte l'insuline, il existe 4
types d'homorécepteurs pour ces peptides homologues. Cette
parenté explique la coopérativité de l'insuline
et des IGF(s), ainsi qu'une partie d'action commune
consécutive à une liaison réciproque sur les
récepteurs (figure 3, 4 et 5)
Le rôle des IGF(s) est de favoriser la croissance mais aussi le
développement des tissus en exerçant deux types
d'activités (figure 6) :
- Les IGF ont surtout une activité trophique, en
stimulant la prolifération via l'activation de map-kinases.
Mais les IGF(s) peuvent aussi dans d'autres systèmes
cellulaires activer la la différenciation cellulaire
(transformation des myoblastes en myotubes; des neuroblastes en
neurones, etc).
- Mais les IGF(s) ont aussi une activité insuline-like qui
permet d'orienter les flux métaboliques de façon
à approvisionner les tissus en nutriments requis pour leur
croissance.
Comme pour la GH les 2 voies sont coopératives. Elles sont
détaillées sur la figure 6.
D'une façon plus générale : (figure 7 et 8)
a) Ces facteurs de croissance interviennent selon un mode
paracrine10 , dans
des structures composées de plusieurs types cellulaires, mais
dont certains seulement produisent des IGF (par exemple, les IGF
synthétisés par les fibroblastes ou les cellules de
Sertoli du testicule agissent respectivement sur les cellules
épithéliales adjacentes ou sur les cellules de la
lignée germinale).
b) Il peuvent aussi agir selon un mode autocrine
(fibroblastes, myoblastes, chondrocytes de l'épiphyse des os
longs, neuroblastes du système nerveux central, etc), et
même intracrine (non traité dans ce cours).
c) Ils agissent enfin selon un mode endocrine. Le mode
endocrine est important chez le jeune et chez l'adulte
(rétrocontrôle négatif via le sang sur la
synthèse de la GH par l'adénohypophyse); il est
beaucoup plus négligeable chez le foetus.
> La conception d'endocrinie, de paracrinie et d'autocrinie
peut être généralisée à bien
d'autres systèmes cytophysiologiques. Vous aurez l'occasion de
réaborder très fréquemment ces mécanismes
qui sont essentiels.
Par ailleurs, on peut nuancer les effets respectifs des IGF(s) et
aussi de l'insuline, qui nous l'avons vu plus haut peut interagir
avec les récepteurs tétramériques aux IGF(s), et
vice-versa.
IGF-II constitue le peptide majeur chez le foetus, tandis que IGF-I
est surtout produit au cours du développement postnatal sous
le contrôle de la GH. Comme les hormones peptidiques en
général, les IGF(s) exercent leurs effets biologiques
par un récepteur situé sur la membrane plasmique de
cellules cibles.
A l'exception du récepteur monomérique qui lie
exclusivement IGF-II, il est possible de mobiliser l'un ou l'autre de
ces récepteurs par l'un ou l'autre de ces ligands, mais
à des concentrations plus élevées que celles
permettant une interaction maximale entre un ligand donné et
son récepteur spécifique (voir figure 3 et 4).
Dans les conditions physiologiques, il est admis que les effets
métaboliques (transport et métabolisme du glucose,
métabolisme des lipides, biosynthèse
protéique...) sont traduits par le récepteur de
l'insuline, tandis que les effets sur la multiplication et la
différenciation cellulaires sont déterminés par
les récepteurs des IGF.
Dans la mesure où le placenta contient aussi des
récepteurs aux IGF(s), ces peptides produits par la
mère sous l'effet stimulant de hGH et des hormones
placentaires pourraient aussi participer indirectement à la
croissance foetale en induisant chez la mère des effets
métaboliques favorables à la nutrition du foetus et en
stimulant le développement placentaire
1.3 Autres facteurs de croissance
Il existe de très nombreux facteurs de croissance qui ont,
comme les IGF(s), des récepteurs membranaires à
tyrosine-kinase. Mais bien d'autres facteurs (FGF, EGF, NGF, etc), et
bien d'autres voies intra cellulaires, contribuent, individuellement
ou en interaction, à la croissance de nombreux tissus.
Le cours de PCEM1 n'a pas pour but d'être exhaustif mais
seulement de fournir une initiation à ces mécanismes
complexes de contrôle du développement normal et
pathologique.


2 CONTROLE HORMONAL DE LA
DIFFÉRENCIATION
Nous choisirons 2 exemples : la cellule musculaire et la maturation
de l'alvéole pulmonaire11.
2.1 La différenciation
musculaire
Comme nous l'avons souligné précédemment, la
plupart des facteurs de croissance (IGF, EGF, FGF, etc) sont aussi
des facteurs de différenciation (des myoblastes en myotubes ou
des neuroblastes en neurones, par exemple). L'action des IGF sur la
différenciation des myoblastes en particulier semble
s'effectuer en deux temps. L'effet le plus précoce
consisterait à contrôler l'engagement des cellules dans
le programme de différenciation, tout en maintenant un
degré de prolifération des cellules satellites (voir
cours sur le tissu musculaire) ; Cette action est dépendante
de IGF-II. L'effet plus tardif serait une régulation de
l'expression de facteurs de transcription (MyoD, myogénine),
qui à leur tour contrôlent la différenciation
terminale, en particulier l'expression des myosines. Cet effet serait
davantage dépendant de IGF-I (et donc de GH, plutôt que
de PL ?) (voir figure 19 chapitre 1 et figures 1 et 17 chapitre
2).
2.2 La maturation pulmonaire
Un autre exemple de différenciation anatomo-fonctionnelle
prénatale est apporté par la maturation pulmonaire
(figure 9). Après une phase de croissance et de ramification
bronchique faisant intervenir des mécanismes de
régulation locale, l'arbre bronchique se spécialise. Il
acquiert un certain nombre de types cellulaires, en particulier les
pneumocytes de type II, au cours de la formation des alvéoles
pulmonaires. Le pneumocyte-II synthétisera le surfactant, dont
les propriétés tensioactives empêchent les
alvéoles de s'affaisser sur elles-mêmes. L'absence de
surfactant entraîne un collapsus des alvéoles, à
l'origine du syndrome de détresse respiratoire
néo-natale (ou maladie des membranes hyalines). Chez l'homme,
la synthèse de surfactant ne débute pas avant 22
semaines de gestation. Elle est due à la production de
glucocorticoïdes circulant par les surrénales du foetus.
Les glucocorticoïdes stimulent directement la synthèse de
la fraction protéique du surfactant par le pneumocyte. La
stimulation de la synthèse de la fraction lipidique est
indirecte. Les glucocorticoïdes stimulent la production par les
fibroblastes du Fibroblast Pneumocyte Factor qui stimule, par voie
paracrine, celle des phospholipides. Les deux fractions sont
associées dans l'appareil de Golgi, passent dans le
cytoplasme, et sont sécrétées dans
l'alvéole.
Ce mécanisme de différenciation explique qu'il est,
à ce jour, difficile de faire survivre un
prématuré de moins de 5 mois 1/2, et pallier à
l'immaturité pulmonaire.
2.3 La différenciation sexuelle : gonades
et voies génitales.
Nous citons l'exemple de la virilisation de la sphère
génitale car il s'agit d'un des meilleurs modèles de
mécanisme génétiquement déterminé
de différenciation. Nous en fournissons un simple
aperçu graphique sur la figure 10, sachant que cette
régulation sera ultérieurement étudiée
dans d'autres cours, en particulier en Biologie de la Reproduction
(donc hors-programme de l'histo-embryologie du PCEM1).

II - CONTRÔLE GENIQUE
DU DÉVELOPPEMENT
1 - GENES IMPLIQUES DANS
LA DETERMINATION ET L'ENGAGEMENT MORPHOGENETIQUES
1.1 Des gènes maternels contrôlent
les premières divisions de l'oeuf
Les premières divisions de l'oeuf fécondé
s'effectuent sans que les premiers gènes zygotiques ne soient
exprimés. Cela est parfaitement vérifié chez des
espèces inférieures (batraciens). La mise en route du
génome embryonnaire s'effectue cependant à un stade
précoce, mais très probablement seulement au stade 8
cellules chez l'homme. En effet, notons qu'il n'y a pas de
régionalisation de l'information dans le cytoplasme du zygote
des mammifères jusqu'au stade 8 cellules, contrairement
à d'autres classes de vertébrés : chaque
blastomère peut donc être considéré comme
équivalent aux autres (c'est tout le problème du
clonage possible qui est alors posé ! Il sort du cadre de ce
cours).
L'étude des gènes maternels dans le
développement embryonnaire précoce est cependant rendue
difficile par la très faible quantité de
matériel génétique disponible. Nos connaissances
sont donc encore rudimentaires chez les mammifères, encore
plus chez l'homme. La distinction entre une information seulement
apportée par des ARNm provenant de l'ovule, et celle qui
serait apportée par une transcription persistant selon un
patron transcriptionnel conservant le profil d'expression maternel,
est loin d'être résolu (eu égard à la
durée de vie des messagers la première hypothèse
n'est plausible que chez des espèces ou les premiers clivages
se font dans un espace de temps excessivement court ; c'est le cas
des oeufs de batraciens. Néanmoins, on sait que la
durée de vie des ARNm est beaucoup plus longue dans l'oeuf
fécondé).
Des données récentes attribuent à l'ARN maternel
oct-3 un rôle dans la première division de l'oeuf et au
PDGF-alpha (platelet-derived growth factor) codé par un ARN
maternel un effet autocrine activateur de la division cellulaire.
Le début de l'expression génique embryonnaire n'est
donc effective qu'après le stade 8 blastomères (figure
11). Elle est concomitante de l'expression sur la membrane plasmique
de Cadhérines E, aboutissant à la mise en place de
jonctions inter-cellulaires : c'est l'initiation de la
compaction et des phénomènes de polarisation dont nous
avons déjà parlé en embryologie formelle.
Ultérieurement s'exprimeront dans la morula des
cadhérines E (épithéliales) et P (dans le
trophoblaste, futur Placenta), ce qui contribuera largement à
la ségrégation cellulaire entre embryoblaste et
trophoblaste.

1.2 Gènes impliqués dans la formation des feuillets et
tissus embryonnaires.
1.2.1 Le rôle du noeud de Hensen au cours de la
gastrulation. [Rappels sur la gastrulation : voir cours
d'embryologie formelle]
Pendant la gastrulation, les signaux issus du mésoderme
axial induisent une partie de l'ectoblaste pour former le
neurectoderme, qui est à l'origine du tube neural. En effet,
la greffe du noeud de Hensen d'un embryon donneur (au stade ligne
primitive tardive) dans la région postérieure d'un
embryon hôte (pris au même stade) induit la formation
d'un axe embryonnaire surnuméraire complet dont les structures
constitutives (chorde, somites et tube neural) sont issues du
recrutement des cellules de l'embryon receveur dans la zone
environnante à la greffe. Le noeud de Hensen des
mammifères est donc un centre organisateur impliqué
notamment dans l'induction neurale, mais en fait dans la
symétrisation antéro-postérieure et
dorso-ventrale de l'embryon, ainsi que dans toutes les
répartitions droite/gauche.
Remarque : il est de plus en plus évident que
le noeud de Hensen chez les mammifères a les mêmes
propriétés inductrices que l'organisateur de Spemann
chez les amphibiens. Mais un grand nombre de connaissances
acquises chez les batraciens seront sûrement applicables
à l'homme. Un étudiant curieux pourra utilement lire
des études d'embryologie comparée, tant en embryologie
formelle qu'en embryologie causale et moléculaire. Mais il
s'agit d'une proposition hors du programme du concours.
1.2.2 Les gènes exprimés dans le noeud de Hensen et
la ligne primitive
Compte tenu du rôle clef de la ligne primitive et du noeud de
Hensen, il est évident que les gènes impliqués
dans les déterminations morphogénétiques des
feuillets sont multiples à ce niveau. Nous ne fournirons que
quelques exemples.
1.2.2.1 Formation du noeud de Hensen et mise en route de la
gastrulation. ; symétrisation : gène nodal.
Le gène nodal s'exprime très précocement chez la
souris juste avant et pendant la gastrulation dans des territoires
présomptifs qui entourent l'environnement immédiat du
noeud de Hensen. L'inactivation de ce gène empêche la
formation du noeud de Hensen et de la chorde. Il est donc
nécessaire à la formation du noeud de Hensen et il
participe à l'effet inducteur qu'exerce cette structure sur le
processus d'invagination des cellules. Il est déterminant dans
le lignage ultérieur mésodermique. Son expression est
relativement prolongée dans le temps sans toutefois
excéder la mise en place définitive de la chorde.
Mais surtout, nodal est essentiel dans la cascade
symétrie/asymétrie des structures droite/gauche
1.2.2.2 Migrations cellulaire vers la partie antérieure de
l'embryon : Gènes goosecoïd, Mixer et sox
Si le gène nodal semble spécifique des
vertébrés supérieurs, le gène
goosecoïd est plus ancestral et bien conservé dans le
règne animal (il présente même des homologies
avec des gènes du développement des insectes comme la
drosophile).
Il est exprimé transitoirement dans le noeud de Hensen au
début de la gastrulation. Les cellules qui l'expriment vont
migrer à l'extrémité antérieure de
l'embryon pour participer :
- à la formation de structures céphaliques
dépendantes du mésoderme préchordal.
- au préalable, à la mise en place de l'entoblaste
définitif à partir de l'épiblaste par migration
au travers de la ligne primitive dans sa partie antérieure,
proche du noeud de Hensen (voir cours d'embryologie formelle).
Il est à noter que linduction entoblastique peut
être autonome, indépendante de la présence
dectoblaste ou de mésoblaste et s'effectuer sans
gastrulation. Cest en tout cas le cas chez les
vertébrés batraciens où 3 gènes
savèrent nécessaires, mais suffisants, pour cette
détermination : il s'agit de Mixer, qui lui même active
SOX-17a et 17b (Henry et al : Science, 281, 1998).
Mixer est activé par la protéine VG1 similaire au
TGFß. Or chez les batraciens VG1 est déjà
présente à un pôle de loeuf. La
préinduction entoblastique est donc dorigine
maternelle.
On ne peut directement extrapoler du batracien au
mammifère (il s'agit d'embryogénèse relativement
éloignées, surtout pour le processus de gastrulation).
Mais TGFß et VG1 sont à très forte homologie et
de nombreux mécanismes sont conservés dans le phyllum
des vertébrés. Nous savons aussi que d'autres
gènes impliqués dans la polarité de loeuf
chez linsecte se retrouvent aussi chez les mammifères
supérieurs. Par ailleurs nous savons que le produit de nodal
est un protéine proche parente du TGFß (voir plus
loin)
Il y a fort à parier que le rôle de la prégnance
maternelle dans le déterminisme de polarisation de
lembryon précoce va subir des renouveaux de
connaissance, y compris chez les mammifères. De toute
façon, il est clair que le développement harmonieux de
loeuf de mammifère est à ce jour impossible au
delà du stade blastocyste, nécessitant
lenvironnement des annexes trophoblastiques et l'environnement
maternel relayé par la circulation foeto-maternelle.
1.2.2.3 Déterminisme de la chorde : gène hnf3b (=
hepatic nuclear factor 3b car d'abord identifié dans
l'expression de la différenciation hépatique)
intervient dans le développement précoce.
Le gène hnf3b s'exprime dans le noeud de Hensen en
début de gastrulation puis surtout dans la chorde et la partie
ventrale du tube neural au cours de la neurulation (voir aussi les
figures du paragraphe 1-2-2-6).
L'inactivation de ce gène (manipulations de recombinaison
homologue chez des souris transgéniques) aboutit à la
formation d'embryons dépourvus de noeud de Hensen et de
chorde, avec absence de différenciation ventrale du tube
neural et du développement des somites.
1.2.2.4 Induction caudale : gène brachyury
Le gène brachyury (ou gène T) s'exprime pendant la
gastrulation près de la ligne primitive (dans les cellules de
l'ectoderme et du mésoderme en formation) et dans le noeud de
Hensen, puis après la gastrulation dans la chorde dorsale
et l'emminence caudale.
La mutation Brachyury (du grec queue courte) ou mutation T chez la
souris est caractérisée par une atrophie de la zone
caudale. Ce gène, ou des gènes apparentés, sont
sûrement responsables de grandes malformations survenant au
cours de la 3ème semaine chez l'homme (cf la
sirénomélie et/ou les syndromes de régression
caudale).
1.2.2.5. Induction céphalique : Gènes Lim-1, Otx2,
Pax
Le gène Lim-1 est exprimé au cours de la gastrulation
dans la ligne primitive et le noeud de Hensen. Son tropisme
topographique est opposé au gène brachyury.
L'inactivation de ce gène retarde la formation du noeud de
Hensen. Il participe au développement des structures
céphaliques.
Le gène Otx2 est aussi un inducteur précoce du
territoire présomptif du neurectoderme avant même que le
processus de gastrulation (ligne primitive et noeud de Hensen) ne
soit initié.
Les gènes Pax sont aussi exprimé très
précocement dans le tube neural en formation (voir figures du
paragraphe 1-2-2-6)
1.2.2.6. Détermination du mésoblaste somitique et du
neurectoblaste : gène TBX-6 (Chapman et al : Nature, 391,
1998)
Exprimé précocement dans le mésoblaste
para-axial de la souris, TBX6 code pour un facteur de
transrégulation sur le DNA (voir plus loin). Le knockout (=
l'inactivation totale) de TBX6 chez la souris aboutit à
l'absence de métamérisation : les somites primordiaux
ne se segmentent pas. Mais surtout, le mésoblaste somitique se
transforme in situ en tubes neuraux avec une nouvelle
répartition de PAX3 et HNF3ß qui se surexpriment dans
ces néotubes nerveux ou à proximité.

INTERPRETATION ET COMMENTAIRES :
1.2.3 Noeud de Hensen, ligne primitive : SYMETRIE/ASYMETRIE
& spécification DROITE / GAUCHE
Le déterminisme Droite/Gauche a toujours intrigué les
embryologistes (de même que la symétrie rayonnée
par 5 des échinodermes : oursins, étoiles de mer, etc).
Désormais nos connaissances sont moins rudimentaires et
lapproche de la sectorisation Droite /Gauche connait des
débuts dexplications. Nous fournissons un bref
résumé des connaissances actuelles, et un schéma
simplifié des travaux effectués sur l'embryon de
souris.
Le déterminisme de l'asymétrie/symétrie
répond à des objectifs très précis, et en
particulier :
- la symétrie externe est essentielle au plan
psycho-comportementral : elle est à la base de la
reconnaissance visuelle des congénères.
- l'asymétrie interne est tout aussi essentielle. Outre
le fait que les organes internes sont normalement dissimulés
à la vue, l'asymétrie et les courbures des
différents organes permettent un "empaquetage" utilisant un
volume minimal (l'exemple des viscères abdominaux est typique
: comment imaginer 3 mètres d'intestin grêle qui
resteraient linéaires comme chez le lombric ou des animaux
plus primitifs !)

- Lorientation D/G précoce au cours du
développement, est en partie due à Nodal au
moment de la formation de la ligne primitive et du noeud de
Hensen. Avec :
- une surexpression de Nodal dans les cellules à
destinée G.
- la non expression de Nodal dans les cellules à
destinée D
Cette ségrégation de l'expression de Nodal à
gauche est conditionnée par l'expression encore plus
précoce du gène sonic hedgehog (Shh) à
gauche12 sur la plaque
embryonnaire.
Shh induit à gauche un autre gène, lefty1, dont
l'expression fonctionnelle est elle-même
ségrégée à gauche par l'association avec
un/des facteurs protéiques X (probablement membranaires
ou intracellulaires ; en effet il est difficile d'imaginer la
ségrégation à D ou à G part des
protéines qui seraient sécrétées, et donc
deviennent hautement diffusible), eux-aussi induits par shh.
Il faut également remarquer que shh est lui même
inactivé à droite par le gène de
l'activine13 .
L'expression ultérieure à droite d'un autre
gène, le gène snail, contribue aussi au
déterminisme de la Droite (sans qu'on connaisse à ce
jour toute la cascade).
In fine, Lefty1 conditionne l'expression à gauche de nodal
(mais également d'un autre gène, lefty2,
nécessaire en association avec nodal pour la
détermination gauche).
- Lorientation ultérieure D/G au cours du
développement ne dépend plus de Nodal
puisqu'il cesse d'être exprimé.
C'est l'expression plus tardive et exclusivement à G du
gène PITX2 qui prend le relais.
Ce mécanisme obéit à une cascade inductrice :
PITX2 est induit par nodal associé au gène lefty2. En
outre lefty2 contribue à l'inhibition de l'expression de snail
à gauche, augmentant ainsi la discrimination droite/gauche
- PITX2 et asymétrie des organes internes
On comprend désormais beaucoup mieux les mécanismes de
symétrisation axiale et de détermination
droite/gauche.
Mais qu'en est il des structures non symétriques ? PITX-2
semble le candidat principal des déplacements et
réorganisations cellulaires aboutissant aux asymétries
d'organes tels que le coeur, le tube digestif, le foie, etc...
De nombreuses expériences le démontre, soit par
technique de knockout (inactivation totale) du gène PITX2,
soit au contraire en faisant surexprimer à droite le
gène PITX2 (transfection de l'ARNm de PITX2). Dans tous les
cas l'orientation naturelle des organes est perdue, montrant bien
qu'à lui seul PITX2 peut être responsable de la
position des organes internes et de leur rotation (ou
enroulement).
Les microphotographies ci dessous sont une illustration des nombreux
travaux actuels .
- L'une montre l'inversion totale de l'intestin et du coeur dans la
larve de xénope (batracien) lorsqu'on, impose
expérimentalement une expression de PITX-2 à droite
- L'autre montre l'expression à gauche de PITX2 chez l'embryon
de souris au cours de la formation des courbures de l'estomac

Références : Meno et al : Cell, 94, 1998. Logan et
al : Cell, 94, 1998. Piedra et al : Cell, 94, 1998. Yoshioka et al :
Cell, 94, 299-307, 1998. Ryan et al, Nature, 394, 1998
1.3 Les gènes impliqués dans la
régionalisation fine des tissus embryonnaires.
1.3.1 Gènes Hox, organisation antéro-postérieure
de l'embryon et morphogénèse des membres.
1.3.1.1 Les quatre complexes HOX et leur logique d'expression.
Les gènes Hox ont été découverts chez les
vertébrés sur la base de leur homologie avec les
gènes HOM de la drosophile. Ces gènes Hox se
répartissent en quatre complexes (HOX A, B, C, D)
localisés sur quatre chromosomes différents. Trente
huit gènes Hox sont actuellement connus chez les
mammifères. Les gènes Hox présentent non
seulement une homologie structurale avec les gènes HOM, mais
ils présentent également la même logique
d'expression à l'exception de Hox-C qui n'a pas
d'équivalent sur le gène HOM (figure 12).
En effet, l'ordre des gènes Hox dans un complexe est le
même que celui de leurs limites antérieures d'expression
le long de l'axe antéro-postérieur de l'embryon.
Ainsi,
plus un gène est localisé en 3' d'un complexe, plus sa
limite antérieure d'expression est antérieure dans
l'embryon (règle de colinéarité
spatiale),
et plus il est exprimé précocement (règle de
colinéarité temporelle).
Dans les zones métamérisées, la limite
d'expression antérieure est toujours brutale et nette. La
limite d'expression postérieure est souvent plus diffuse.
Cette différence d'expression, entre la limite craniale et la
limite caudale, est particulièrement visible pour HOX-B2 sur
la figure 13.
Deux gènes situés à la même position
relative dans deux complexes différents présentent plus
d'homologies entre eux que deux gènes voisins d'un même
complexe.
Les gènes situés au même niveau dans chaque
complexe HOX sont qualifiés de gènes paralogues.
Ils peuvent s'exprimer simultanément dans une même zone
embryonnaire et forment un complexe d'expression.
Tous les types de gènes paralogues ne sont pas
représentés dans chaque complexe. Les complexes HOX et
HOM sont probablement issus d'un gène ancestral commun.
1.3.1.2 Les territoires d'expression des gènes Hox :
(figure 13)
Par hybridation in situ sur des coupes d'embryon (en utilisant des
sondes marquées d'ADN complémentaire), on peut
déterminer les régions dans lesquelles les gènes
Hox sont transcrits. Ces gènes s'expriment à partir de
la gastrulation. Leurs domaines d'expression correspondent à
des régions strictement définies de l'embryon.

a) Certains gènes Hox s'expriment notamment dans des
territoires embryonnaires caractérisés par une
organisation segmentaire : rhombomères du
rhombencéphale ou cerveau postérieur, arcs branchiaux,
sclérotome des somites et squelette axial. Dans le
rhombencéphale, la limite antérieure d'expression des
gènes Hox situés le plus en 3' dans chaque complexe
coïncide avec les frontières entre rhombomères
(figure 14).

b) Les gènes Hox s'expriment également dans des
territoires non métamérisés : c'est surtout le
cas dans les bourgeons des membres en développement, avec une
colinéarité spatiale selon l'axe proximo-distal pour
les gènes Hox-A et selon l'axe antéro-postérieur
pour les gènes Hox-D. La figure15 résume ce
contrôle d'expression morphogénétique.
1.3.1.3 Le contrôle de l'expression des gènes Hox par
l'acide rétinoïque
L'acide rétinoïque (un dérivé de la
vitamine A) est synthétisé et
sécrété par certaines cellules embryonnaires,
par le noeud de Hensen lors de la gastrulation et par la zone
d'action polarisante dans le bourgeon du membre.
Son caractère lipophile lui permet de traverser les membranes.
Il agit alors dans le noyau des cellules cibles en se fixant à
un récepteur actif sur la transcription des gènes Hox.
La sensibilité des gènes Hox à l'acide
rétinoïque dépend de la position sur le
chromosome, les gènes situés en position 3'
étant les plus sensibles. En raison de la règle de
colinéarité spatiale, ce gradient de sensibilité
se retrouve dans l'embryon lui-même : la sensibilité est
maximale dans la zone antérieure de l'embryon (figure 12).
Si l'acide rétinoïque est nécessaire au
développement homéotique, notons cependant que cette
molécule peut devenir tératogène. Un
excès d'acide rétinoïque exogène provoque
des transformations homéotiques en repoussant vers
l'arrière la limite d'expression des gènes Hox les plus
postérieurs. De même,l'acide rétinoïque
endogène réparti suivant un gradient de concentration
dans le bourgeon du membre (avec un maximum dans la zone d'action
polarisante ; voir aussi le cours d'embryologie formelle) est
impliqué dans la différenciation
antéro-postérieure du membre en activant plus
particulièrement les gènes Hox-D (figure 15).
1.3.2 Autres gènes impliqués dans la
régionalisation : Gènes Pax, Otx, engrailed, Wnt,,
etc...
Citons pour exemple le gène Otx2. Il conduit à
l'absence de structure céphalique et de cerveau
antérieur, ce qui suggère que ce gène joue,
comme Lim-1, un rôle essentiel dans l'activité d'un
centre "organisateur" de la tête. Mais son action perdure, au
même titre que l'expression des gènes Pax, ces derniers
participant à la maturation du cerveau médian.
Nous ne faisons que citer quelques exemples renvoyant
l'étudiant curieux à d'autres ouvrages. Il importe
cependant que l'étudiant réalise que ce cours est loin
de développer nos connaissances. Bien d'autres gènes,
bien d'autres mécanismes sont connus, et nous aurons
l'occasion de développer certains processus dans les cours
spécifiques d'organogénèse et d'histologie.
1.4 Gènes impliqués dans la
détermination
1.4.1 Exemple : Gènes de la famille MyoD1 et
détermination musculaire
Expérimentalement, des fibroblastes d'embryons de souris
cultivés en présence de certains agents
pharmacologiques (S-azacytidine analogue structural
de la cytidine) se différencient essentiellement en
myoblastes. A partir de ce modèle expérimental on a pu
comparativement étudier les gènes qui étaient
déréprimés et qui contrôlent la
myogénèse. La figure 16 illustre la procédure
expérimentale.
Le gène murin MyoD1 (myoblast détermination gène
n° 1) a ainsi été identifié.
Il est capable à lui seul (expérience de transfection
du gène dans un fibroblaste normal) de convertir les
fibroblastes ou d'autres types cellulaires en myoblastes. D'autres
gènes, tels que la myogénine, Myf-5 et l'herculine
interviennent aussi dans la myogénèse. Les gènes
de la myogénèse appartiennent à une même
famille très conservée au cours de l'évolution.
Le fait que les gènes de la famille MyoD ne soient pas tous
exprimés au même moment (la myogénine est par
exemple exprimée plus tardivement que Myf-5 et plus
précocement que l'herculine chez la souris) démontre
qu'il existe une action séquentielle de ces gènes
(figure17).
Les gènes de la famille MyoD peuvent auto-activer leur propre
expression, ce qui amplifie rapidement le taux de protéines
myogéniques, permettant ainsi le déclenchement et le
maintien de la différenciation musculaire. Des études
in vitro montrent que l'hormone thyroïdienne et l'acide
rétinoïque, associés à leurs
récepteurs nucléaires, accélèrent la
différenciation musculaire en activant l'expression des
gènes MyoD. Des proto-oncogènes (tels que c-ras, c-myc
et c-jun) et certains facteurs de croissance (tels que FGF :
fibroblast growth factor, TGFb : transforming growth factor)
s'opposent au contraire à l'expression de ces gènes ou
à l'effet de leurs produits tout en favorisant la
prolifération cellulaire (voir aussi les autres chapitres
consacrés à la régulation de l'expression des
gènes du développement).
Nous percevons déjà que des mécanismes
relativement simples peuvent donc à l'échelle
moléculaire contrôler de façon fine
l'équilibre entre prolifération et
différenciation cellulaire.
1.4.2 Autres exemples : les gènes de la détermination
du sexe.
Le déterminisme en cascade du sexe, le rôle du
chromosome Y, le gène SRY sont autant d'exemples remarquables
; mais ils sont considérés hors programme de ce
cours.
Un illustration succincte a déjà été
fournie page 55

2 - GENES DE CONTRÔLE DE LA
PROLIFERATION ET DE LA DIFFERENCIATION
2.1 FACTEURS TRANSRÉGULATEURS ET
CROISSANCE
2.1.1. E2F et entrée en phase S du cycle
cellulaire (voir figure 15 page 28)
E2F est un facteur transrégulateur impliqué dans la
réplication de l'ADN. En phase G1 du cycle cellulaire, E2F est
inactivé par son association avec la protéine du
rétinoblastome (RB), laquelle est le produit d'un
antioncogène suppresseur de tumeur. Lors de la transition
G1/S, l'hyperphosphorylation de RB entraîne la dissociation du
complexe RB/E2F, permettant alors à E2F libre de transactiver
des gènes de la réplication. Par ailleurs, durant la
phase S, E2F s'insère dans un complexe qui inclut la cycline
A. Ce complexe transactive des gènes spécifiques de la
phase S. Ainsi, les effets de E2F se potentialisent au cours de la
phase S.
Inversement, la non phosphorylation de RB empêche
l'entrée dans le cycle cellulaire. Il s'agit là d'une
des explications du passage des cellules en phase Go (revoir la
figure 17 du chapitre 1. Se souvenir aussi du rôle modulateur
des pocket protéines, grâce aux complexes qu'elles
forment).
2.1.2 Fos-Jun et multiplication
cellulaire
Les protooncogènes cellulaires sont des gènes
cellulaires dont la forme activée appelée
oncogène est impliquée dans l'apparition de cancers.
Nous avons déjà abordé cette notion.
Les 3 figures suivantes schématisent à nouveau le
concept de "cascade oncogénique"
Les proto-oncogènes c-jun et c-fos sont des gènes dits
de réponse précoce, car ils font partie des premiers
gènes qui s'expriment quand une cellule en Go (quiescente) est
stimulée par l'addition de sérum dans le milieu de
culture (figure page 89).
L'expression est transitoire durant l'entrée dans le cycle. Le
facteur de transcription AP1 (hétérodimère
Fos-Jun) reconnaît une séquence AP1 présente sur
de nombreux gènes participant au contrôle de la
prolifération cellulaire.
Fos, capable de s'associer à de nombreux partenaires, joue un
rôle important dans la fonction de nombreux tissus.
Mais Fos et Jun doivent surtout être considérés
comme des transducteurs précoces de signaux extracellullaires,
conduisant à la multiplication cellulaire (mais parfois aussi
à la différenciation), en particulier pour de nombreux
facteurs de croissance.
2.2 FACTEURS TRANSRÉGULATEURS ET
DIFFÉRENCIATION
2.2.1 Facteurs myogéniques et
différenciation musculaire
Comme nous l'avons déjà vu, MyoD1 (myoblast
détermination n° 1) et d'autres facteurs de la même
famille (myogénine, Myf5, herculine) contrôlent la
différenciation musculaire. Ces facteurs à
hélice-boucle-hélice (voir paragraphe suivant) peuvent
former des hétérodimères actifs sur la
transcription (ex : MyoDI/E12). Ils se fixent sur la séquence
E de l'amplificateur (enhancer) de certains gènes participant
à l'architecture et à la contraction du muscle, dont
ils transactivent l'expression.
2.2.2 Récepteur de l'acide
rétinoïque et morphogénèse du
membre (voir figures page suivante)
Les premières données d'embryologie
expérimentale avaient montré que l'organisation
antéro-postérieure des membres et, en particulier,
l'apparition ordonnée des différents doigts,
dépendait d'une zone mésenchymateuse appelée
zone d'action polarisante (voir aussi le cours d'embryologie
formelle) ; elle produit majoritairement l'acide
rétinoïque. Nous savons désormais que l'acide
rétinoïque n'intervient pas directement par son gradient
de concentration (ou intervient peu), mais davantage par
l'intermédiaire de l'activation d'autres gènes (voir
chapitre 3, avec l'exemple du membre).
Le récepteur de l'acide rétinoïque activé
est un facteur transrégulateur qui participe au
développement du membre.
a) Il active la mort cellulaire programmée interdigitale
(apoptose) qui aboutit au modelage des doigts.
b) Il transactive divers gènes impliqués dans la
mise en place des membres tels que des gènes de la
détermination squelettique, les gènes myoD1, et les
homéogènes (Hox D) participant au développement
du membre, etc.

2.3 COMBINATOIRE ENTRE FACTEURS
TRANRÉGULATEURS
Exemple : Jun-MyoD1 et bascule entre
prolifération-différenciation
La figure de la page suivante schématise ce type
d'interaction.
L'expression des facteurs myogéniques entraîne non
seulement une différenciation musculaire, mais
également un arrêt des divisions cellulaires.
De même, Fos et Jun empêchent la différenciation
musculaire en réprimant l'activité transactivatrice des
facteurs myogéniques. Une interaction physique entre la
fermeture éclair à leucines de Jun et le domaine
hélice-boucle-hélice de MyoD1 pourrait expliquer
l'inactivation de MyoD1 au sein d'hétérodimères
Jun/MyoD1.
La régulation de processus aussi différents que la
prolifération cellulaire et la différenciation peut
donc être déterminée par la simple combinaison en
hétérodimères en fonction du niveau d'expression
relative des facteurs de transrégulation..
Certains facteurs transrégulateurs sont cependant
impliqués à la fois dans la prolifération et la
différenciation.
2.4 LES FACTEURS TRANSRÉGULATEURS DE DIFFÉRENCIATION/CROISSANCE ET LEUR RÔLE DE MODULATION
Comme nous venons de le voir, les facteurs transrégulateurs
se fixent sur des séquences spécifiques de l'ADN
à proximité de leurs gènes cibles, ce qui leur
permet de moduler le fonctionnement des complexes initiant la
transcription : ils sont des intermédiaires entre un signal
extra ou intracellulaire et les gènes cibles.
Ces possibilités de régulation sont
amplifiées par l'expression combinatoire des facteurs
transrégulateurs au sein de chaque cellule : les
hétérodimérisations permettent d'affiner avec
une très grande précision les mécanismes
d'expression impliqués dans le développement.
Le paragraphe 3 (page 81) va permettre de mieux comprendre ces
interactions en décrivant les aspects moléculaires des
facteurs de transrégulation.
3 - LES PROTEINES CODEES PAR LES GENES DU
DEVELOPPEMENT
Il s'agit de protéines dont la séquence primaire
explique parfaitement les interactions moléculaires, tant pour
former le hétérodimères, que pour
reconnaître les séquences spécifiques de
l'ADN.
3.1 CERTAINES DE CES PROTÉINES SONT DES
FACTEURS SPÉCIFIQUES DE TRANSCRIPTION `
(voir figures des 3 pages suivantes).
3.1.1 Ces protéines ont un site de fixation
à l'ADN (voir éventuellement vos cours et
ouvrages de biochimie et de biologie cellulaire pour des explications
plus complètes sur la configuration et les mécanismes
stéréospécifiques de ces molécules).
Les protéines à doigt à zinc :
C'est le cas de la protéine Krox-20 (exprimée avant la
formation des rhombomères) et des récepteurs
nucléaires de l'acide rétinoïque (exprimés
notamment dans les bourgeons des membres). Mais les exemples
pourraient être multipliés. Les récepteurs aux
stéroïdes ont des configurations similaires.
Les protéines à région basique
:
Ces protéines contiennent une région riche en
acides aminés basiques leur permettant de se fixer sur des
séquences spécifiques de l'ADN. Par exemple, cette
région permet aux facteur myogéniques de se fixer sur
la boîte E placée en amont de certains gènes
musculaires ou myogéniques. De même, Fos et Jun,
possèdent également une région basique leur
permettant de se fixer sur le site AP1.
Les protéines à homéodomaine :
Les protéines HOX possèdent toutes un
homéodomaine contenant un motif
hélice-tour-hélice de fixation à l'ADN.
En plus des 2 domaines en alpha-hélices
représentés sur le schéma et constituant la
structure hélice-tour-hélice, les protéines
à homéodomaine possèdent toutes une
troisième hélice qui n'a pas été
figurée dans ce document.
Les protéines Lim-1, Otx, Engrailed, et bien d'autres,
contiennent également un homéodomaine.
Autres facteurs spécifiques de transcription :
protéines à paired-domaine, domaines POU, domaines HMG,
domaines winged-helix, etc
> Hors programme; mais bien noter que les 3 exemples
ci-dessus ne sont donc pas représentatifs de tous les types de
protéines transrégulatrices de l'ADN.
3.1.2 Ces protéines contrôlent la
transcription d'autres gènes
Ces protéines possèdent généralement un
domaine leur permettant de réguler la transcription de
gènes cibles sur lesquels elles se fixent. Ainsi la
région riche en acides aminés acides présente
dans la partie N-terminale des protéines myogéniques,
constitue un domaine d'activation de la transcription, permettant par
exemple à MyoD1 d'activer la transcription du gène
d'une kinase musculaire. Les protéines de la famille MyoD
peuvent contrôler ainsi directement leur propre transcription
et celle de gènes spécifiques du muscle (voir cours sur
le tissu musculaire).
Par ces mécanismes, le développement met ainsi en jeu
une cascade de contrôles transcriptionnels. Par exemple, dans
le rhombencéphale, Krox-20 active la transcription du
gène Hox-B2, lequel code à son tour un facteur de
transcription, etc... (voir figure 14)

3.1.3 Ces protéines peuvent former des
dimères
3.1.3.1 Les protéines à
hélice-boucle-hélice ( HBH ) : (figures pages
83, 89, 90)
Ces protéines à domaine HBH peuvent s'associer
entre membres de la même famille ou avec d'autres
protéines ayant aussi un motif HBH (tel que le facteur
ubiquitaire E2A)14
. La dimérisation permet de réguler la capacité
des facteurs de transcription à se fixer à l'ADN.`

Ainsi, les hétérodimères E12/MyoD se lient
à l'ADN avec une affinité beaucoup plus grande que les
homodimères. De même Jun/Fos se fixe plus
électivement (complexe AP1) que Jun/Jun ou Fos/Fos.
Inversement, l'hétérodimérisation entre
protéines à HBH peut aboutir à une inactivation
de l'expression génique. Par exemple le facteur ubiquitaire Id
(inhibitor of DNA binding) possède un motif HBH mais pas de
région basique, si bien que les
hétérodimères qu'il forme avec E2A ou MyoD sont
incapables de se fixer à l'ADN. La protéine Id est donc
un inhibiteur compétitif s'opposant à la formation
d'hétérodimères E12/MyoD actifs. Un
mécanisme similaire peut apparaître avec Jun et Fos
(voir figure page 100). En fait, ce mécanisme inhibiteur est
largement généralisable
3.1.3.2 Les protéines à leucine
zipper (voir figure page 91)
De nombreuses molécules (récepteurs de l'acide
rétinoïque, Fos et Jun, etc), possèdent un domaine
de dimérisation de type fermeture éclair à
leucines (FEL), constitué par une hélice contenant des
leucines alignées parallèlement à l'axe de cette
hélice.
L'établissement d'interactions hydrophobes entre les
leucines de deux protéines pourvues d'un tel motif permet la
formation de dimères dont l'association est renforcée.
Les hétérodimères (type Fos/Jun) ont
généralement une affinité pour l'ADN bien
supérieure à celle des homodimères (figure page
89). La formation de tels dimères (ex : Jun/MyoD) explique
aussi l'antagonisme entre prolifération et
différenciation (voir figure page 80).
3.1.4 Des mécanismes de
supra-contrôle multiplient les possibilités
dadaptation de lexpression transcriptionnelle.
Nous prendrons l'exemple de la régulation de
certains homéogènes où plusieurs niveaux de
contrôle sont clairement démontrés. En
effet :
- Il existe une limitation régulée de
laccessibilité à lADN, et donc de la
liaison du facteur de transrégulation homéotique
à lADN. Pour cela :
- Interaction des protéines à homéodomaines avec
des protéines de rétention cytoplasmiques, limitant
laccès au noyau.
- Rôle restrictif de la chromatine (voir cours
dembryologie causale dernier chapitre)
- Certaines Pocket Proteines ont un rôle essentiel dans ce
contrôle : elles représentent de bonnes candidates dans
la relation entre expression homéotique progressive et le
nombre des cycles cellulaires.
- La liaison additionnelle dautres facteurs de
transcription est généralement nécessaire pour
"capaciter" lactivation du facteur homéotique lié
au DNA (= mécanismes coopératifs).
- Souvent plusieurs protéines homéotiques doivent se
fixer sur des sites immédiatement adjacents, voire
chevauchants sur lADN, pour initier lactivation
transcriptionnelle (chevauchement et interaction sur les mêmes
bases consécutives de lADN) (Tischler, 1998, voir
schéma ci dessus)
- Enfin lactivation des gènes Hox eux-mêmes
nécessite souvent une cascade dactivation.
Les boucles dactivation de Hox B1 fournissent un exemple :
i) deux sites sont indispensables pour initier la
transcription, formant un élément de réponse via
la liaison de récepteurs de lacide
rétinoïque organisés en dimères (RAR : RXR
; voir page 78), . Ces sites nécessitent des protéines
associées (RAP), dont l'une est elle-même induite par
lacide rétinoïque ii) un site
régulateur encore plus distal peut aussi participer; il est
également sensible à lacide
rétinoïque. iii) enfin la transcription de Hox B1
est potentialisée par autoactivation sur un site juxta
proximal.

Toutes ces données, de plus en plus complètes, montrent
que les réseaux dinteraction des gènes HOX au
cours des programmes de différenciation sont excessivement
complexes mais possèdent simultanément un très
grand niveau de régulation, largement conservé dans
toutes les espèces animales.
Le tableau ci-dessous fournit un exemple dun organigramme
possible chez la souris dans les zones
métamériques.
(bien entendu, en aucun cas ce schéma ne doit être
appris pour le concours : il n'est là que pour montrer le
progrès actuel dans la connaissance des boucles de
contrôle et de régulation
morphogénétique).

Références :
Azpiazu et al : Genes & development, 12, 1998.
Brehm et al : Nature, 391, 1998
Magnaghi-Jaulin et al : Nature, 391, 1998
Langston et al : J. Biol. Chem, 272(4), 1997
Pinsonneault et al : EMBO J, 16, 1997.
Gilbert : Developmental Biology, Sinnauer Ass. Ed., 1997
3.2 MAIS D'AUTRES PROTÉINES SONT DES AGENTS DE LA
COMMUNICATION CELLULAIRE
3.2.1 Des protéines
sécrétées sont impliquées dans les
processus d'induction embryonnaire.
C'est le cas de la protéine Nodal : elle est
apparentée au TGFb. Elle est sécrétée par
les cellules du noeud de Hensen. Elle exerce un effet inducteur,
principalement sur la mise en place du mésoderme par une
action paracrine.
Mais bien d'autres exemples, autre que la protéine Nodal,
pourraient être cités.
3.2.2. Des récepteurs membranaires
activés par leur ligand déclenchent les voies
intracellulaire de transduction du signal.
Ces voies font partie à part entière, de la
"cascade oncogénique" qui permet l'intégration et
l'inter-régulation des facteurs de contrôles, intra
comme extra-cellulaires, de l'expression génique. La voie de
tyrosinekinase est sûrement une des plus importantes dans ces
processus. Mais les voies de signalisation cellulaires sont multiples
et dépassent largement le cadre du développement
embryonnaire.
Cette approche est donc beaucoup plus générale. Elle
sera largement reprise en biologie cellulaire, en biochimie. Nous en
reparlerons nous-mêmes très souvent dans les
différents chapitres des cours d'histologie fonctionnelle.


1 INTRODUCTION
Pour mieux intégrer la biologie du développement
nous terminons ce document par l'approche expérimentale des
mécanismes morphogénétiques impliqués
dans la mise en place du membre.
La lecture de ce chapitre doit être pour vous l'occasion de
retrouver la plupart des notions rencontrées dans les
chapitrés précédents qui étaient plus
théoriques.
En effet les membres représentent un exemples complet
permettant d'acquérir une vision synthétique des
processus de morphogénèse15
que nous avons décrit.
Il y a plusieurs raisons à cela :
1 - Illustrant les données consacrées à
l'asymétrie/symétrie embryonnaire, le membre est
parfaitement représentatif d'un développement
asymétrique :
- les membres homologues D et G sont construits en miroir.
- les asymétries sont nettes dans les 3 orientations de
l'espace
- en suivant l'axe proximo distal, il sont constitués de
segments très différents (bras, avant bras, carpe,
métacarpe, doigts, avec des pièces squelettiques fort
différentes),
- en suivant l'axe dorso-ventral (par exemple, l'organisation
différentielle des différentes loges musculaires :
extenseurs, fléchisseurs, pronateurs, supinateurs, etc),
- en suivant l'axe cranio caudal (ou antéro-postérieur)
des ébauches : une cuisse ou une patte sont différentes
d'un bras ou d'une aile (bien que l'organisation de base soit
comparable) !
Encore plus frappant, l'aspect des doigts est très
différent sur la même palette du membre (exemple : le
pouce en position craniale ; l'auriculaire en position caudale)
2 - Les membres sont aussi un parfait exemple de développement
harmonieux de structures hétérogènes : os,
cartilage, muscles, tissus conjonctifs, vaisseaux et nerfs.
3 - L'embryologie du membre fournit une bonne illustration des grands
mécanismes morphogénétiques que nous avons
décrits : prolifération, différenciation,
mouvements cellulaires, et de leur régulation, tant
génique que hormonale.
4 - Les membres sont des modèles faciles d'abord. C'est aussi
sûrement pour cela que les études sont nombreuses.
En outre, beaucoup de travaux expérimentaux ont
été réalisées sur les batraciens et les
oiseaux.
Les batraciens permettent de suivre le développement
embryonnaire au cours des stades larvaires (acquisition des membres
chez le têtard). En outre il est possible d'étudier le
développement au cours des phénomènes de
régénération (la salamandre peut restituer in
extenso un membre amputé)
Les oiseaux ont aussi un grand avantage : les membres sont plus
simples. Ainsi chez le poulet l'aile ne comprend que 3 doigts (la
patte, quatre), ce qui simplifie notablement les
interprétations du déterminisme dans les 3 plans de
l'espace (voir figure ci-dessous).

Avoir recours à ces modèles animaux ne pose aucun
problème pour mieux connaître l'embryologie humaine.
Nous l'avons vu, les gènes du développement sont
hautement conservés.
Les mécanismes sont presque toujours applicables à
toutes les espèces de vertébrés, avec des
variantes d'interprétation minimes.
2 LES APPORTS DE L'EMBRYOLOGIE
FORMELLE : (voir aussi tome 2 d'embryologie
formelle)
On ne doit jamais négliger l'embryologie formelle qui restera
une base nécessaire de connaissances. Reprenons les points
essentiels :
Les membres s'accroissent par bourgeonnement apparent, mais avec
cependant des particularités macroscopiques ou microscopiques
:
2-1 L'accroissement des membres est centripète et s'effectue
dans le sens disto-proximal. Autrement dit l'humérus est mis
en place avant le complexe radius/cubitus et le carpe; les doigts
étant constitués en dernier La microscopie
conventionnelle a bien montré que la zone
privilégiée des mitoses se situe dans une zone de
mésoderme peu/ou pas différencié de
l'extrémité distale du moignon de membre en croissance
: c'est la zone de progression. (Toutes les données
exposées sur le cycle et son contrôle pourraient
être reprises ici à propos du membre)
2-2 L'extrémité du moignon de membre en croissance
présente un bourrelet ectodermique particulier, la
crête ectodermique, qui recouvre directement la zone
mitotique de progression.
2-3 La formation des doigts ne résulte pas d'un bourgeonnement
de l'extrémité de la palette, mais d'un remodelage par
creusement de sillons interdigitaux au sein de la palette.
Morphologiquement ce processus de résorption tissulaire est
caractéristique de la mort des cellules par
apoptose.
2-4 Les ébauches primordiales des tissus constitutifs des
membres ont des origines très différentes, et
l'embryologie formelle avait déjà permis de suivre ces
origines :
- les muscles résultent d'une migration et segmentation des
myotomes. Les groupes de muscles pénètrent dans le
moignon en croissance.
- à l'inverse les tissus conjonctifs du muscle proviennent de
cellules mésenchymateuses de la lame latérale et de la
somatopleure en regard de l'ébauche de chaque membre. C'est ce
tissu mésenchymateux qui fournit directement la zone de
progression, zone élective de la prolifération
cellulaire dans le membre en croissance.
Plu tardivement, certaines cellules mésenchymateuses du membre
en croissance vont s'organiser in situ, se condenser et se
différencier pour produire les ébauches cartilagineuses
et les os. Certaines cellules dérivent aussi des
dermatomes.
- enfin les nerfs se mettent en place progressivement par progression
centrifuge à partir des racines médullaires au cours de
la maturation du système nerveux mais aussi par migrations
à partir de la crête neurale.
Mais l'embryologie formelle, purement descriptive, ne pouvait fournir
d'explication correcte à l'embryologie des membres, même
si elle laissait pressentir un déterminisme
régulé et très complexe.
Seule l'approche expérimentale et moléculaire permet
désormais de mieux comprendre. Bien des découvertes
restent cependant à faire.
3 LES APPORTS DE L'EMBRYOLOGIE EXPERIMENTALE ET
MOLECULAIRE :
MÉTHODES D'ÉTUDE
Dès le début du XXème siècle
l'embryologie expérimentale a permis de cerner les cascades
inductrices du développement en ayant recours à des
techniques fines de manipulation.
- Ablation segmentaire de zones présomptives, techniques de
greffes en position normale ou ectopique, greffes croisées
entre espèces pour constituer des chimères (la
réalisation de chimères caille/poulet a
été particulièrement utile : voir cours
d'embryologie formelle page 41), etc...
- Utilisation d'implants,
soit pour établir une barrière entre 2 tissus
présumés interagir,
soit pour apporter directement in situ des drogues à vocation
morphogénétique (acide rétinoïque par
exemple).
Au cours des dernières décennies (nous dirons depuis
1975), l'apport des méthodes de biologie moléculaire a
été décisive en permettant d'évaluer
l'expression différentielle des gènes du
développement, à la fois au niveau transcriptionnel
(ARNm), et au niveau traductionnel (expression de la protéine
spécifique, produit du gène).
Les techniques désormais classiques d'évaluation des
ARNm par Northern-blotting, RT-PCR, RNase protection ou
d'évaluation des protéines par Western-blotting sont
essentielles, en biologie du développement ainsi que toutes
les techniques plus classiques de biochimie ou de cytologie (voir vos
cours de biochimie et de biologie cellulaire).
Mais certaines techniques sont encore plus indispensables en biologie
du développement.
a) Les techniques microscopiques d'hybridation in situ ou de
cytoimmunologie. Elles permettent de caractériser
l'expression d'un gène à l'échelon cellulaire ou
tissulaire avec une grande précision :
- soit en caractérisant l'ARNm en utilisant une sonde
nucléique synthétique faite d'une courte
séquence ad hoc (une trentaine de bases) du brin
complémentaire de l'ARNm, marqué radioactivement ou par
des techniques colorimétriques. Ce segment
complémentaire s'hybridera in situ spécifiquement
lorsque des conditions optimales sont respectées (illustration
page 60 et 66).
- soit en caractérisant la protéine du gène par
couplage avec des anticorps spécifiques et marqués pour
les rendre visibles (par un isotope radioactif, par la
fluorescéine, par diverses réactions
colorimétriques), et spécifiquement dirigés
contre cette protéine (illustration page 6).
Il est bien évident que ces techniques sont essentielles pour
saisir dans le temps et dans l'espace les niveaux d'expression
génique. Comment comprendre sans savoir si tel gène
s'exprime à un moment donné dans la Crète
ectoblastique, la zone de progression, un somite, etc ?
b) Les techniques de "dot-blotting" permettant à un stade
embryonnaire donné de caractériser simultanément
le niveau d'expression de plusieurs gènes. Des variantes plus
modernes sont actuellement en plein essor. C'est en particulier les
techniques de l'Atlas ( il existe plusieurs techniques similaires).
Avec ces nouvelles techniques il devient possible d'analyser
simultanément le niveau différentiel d'expression de
600 gènes différents ! La rapidité de travail
sera donc considérablement accrue, même si à ce
jour ces techniques sont encore délicates à fiabiliser
et sont surtout très onéreuses.
c) Les techniques de manipulation génétique : Knock-out
d'un gène, cellules ou organismes transgéniques,
transfection d'ADN (stable ou instable) , utilisation d' ARNm
anti-sens, etc... touts ces techniques visent, en modifiant
l'expression d'un gène à mieux en cerner la
fonctionnalité..
EN FAIT, aucune technique ne doit être rejetée : Les
approches purement descriptives, les approches expérimentales
sur l'embryon et celles dérivées de la biologie
moléculaires, sont parfaitement complémentaires.
Une certitude : la biologie du développement est un long
chemin initiatique qui représente une grande récompense
par le niveau d'intégration qu'elle apporte. Mais la biologie
du développement est simultanément frustrante car on ne
voit guère de fin tant au niveau des connaissances
individuelles à atteindre que dans la globalité
évolutive du domaine.
En plus, la biologie du développement impose une bonne
compréhension et une bonne connaissance des autres disciplines
biologiques : biochimie, génétique, biologie cellulaire
et moléculaire, sciences morphologiques.
Mais paradoxalement elle se suffit à elle même. De ce
fait il est toujours possible, soit de l'aborder en premier, et de
parfaire ultérieurement ses connaissances dans les autres
disciplines, soit de l'envisager comme illustration concrète
des connaissances acquises dans d'autres disciplines biologiques. Les
deux types de démarche ne sont pas exclusives mais bien
complémentaires. C'est ce qui se produira dans votre cursus
d'études fondamentales.
4 DETERMINISME PRECOCE
Comme nous l'avions montré pour l'épiblaste avant la
migration cellulaire à partir de la ligne primitive et du
noeud de Hensen, il existe aussi un déterminisme
précoce pour les membres. Des territoires présomptifs
(champs morphogénétiques des membres) existent avant
même l'apparition d'un bourgeonnement au niveau de certains
étages métamériques.
4-1 Transplantation chimérique de
somites : voir figure N° 7, Embryologie formelle,
tome 2, page 41
- Un somite prélevé dans le territoire
présomptif d'un membre chez la caille et transplanté
chez le poulet, induit chez ce dernier la croissance d'un membre
où toutes les cellules musculaires du membre sont de type
caille
- C'est une spécificité à déterminisme
régional : seul un somite prélevé à
l'étage métamérique présomptif du membre
(supérieur ou inférieur) possède cette
propriété.
- Si l'induction somitique (le myotome) est une condition
nécessaire pour le développement musculaire, elle est
insuffisante pour obtenir le développement complet du
membre.
4-2 Le mésoderme environnant de
l'étage métamérique est aussi
concerné. Cette zone de mésoderme est plus
diffuse mais correspond bien à un champ
présomptif de morphogénèse du membre. Elle
inclut des composantes de la lame latérale primitive (cellules
mésenchymateuses diffuses), et de la somatopleure en regard du
future bourgeon du membre.
4-3 En outre, la lame intermédiaire est
également inductrice de la croissance des membres
(en fait la lame néphrogène à l'étage
mésonéphrotique), puisque,
- l'interposition d'une feuille étanche entre
mésonephros et les ébauches présomptives des
membres,
- ou bien l'éxérèse du mésonéphros
(corps de Wolff),
empêchent la croissance homolatérale des membres
4-4 Quels sont alors les facteurs de signalisation
responsables de cette induction précoce
?
Ils sont multiples et il est hors de question de pouvoir tous les
évoquer (voir les figures des 3 pages suivantes). Nous
citerons à titre d'exemple des inducteurs de
prolifération et/ou de différenciation bien connus, et
décrits par ailleurs dans ce document :
I4-4-1 Très précocement certains gènes HOX (D9
et D10) s'expriment presque simultanément dans les groupes de
somites impliqués dans la croissance des membres. L'expression
a été démontrée par les techniques
d'hybridation in situ.
4-4-2 Les IGF(s), et plus probablement l'IGF1, sont
nécessaires à l'induction des membres :
- on sait que le mésonéphros exprime fortement les
IGF
- l'imprégnation par l'implantation de billes d'IGF-1 in situ
peut compenser l'exérèse du mésonéphros
et restaurer la croissance des membres
4-4-3 Certains variants moléculaires du FGF (fibroblast growth
factor) sont aussi impliqués : l'expression du FGF10 est
très précoce dans le mésoderme du territoire
présomptif, avant même l'apparition du membre. D'autres
types de FGF seront exprimés plus tardivement (voir plus
loin).
LE FGF : UN FACTEUR DE CROISSANCE
DINITIATION PRECOCE DE LEBAUCHE DES MEMBRES
- Gène du FGF: on note son expression dans le
mésoblaste précoce (flèches) sous le
tégument, avant même lapparition des membres
- Si des cellules fibroblastiques sont transfectées pour
exprimer le FGF(10) et greffées sous le tégument
dun embryon précoce on obtient une ébauche
surnuméraire dun membre dans la zone d'implantation.

Ohuchi et al : Development, 124,
1997
CONCLUSION : Le FGF est un facteur de croissance à fonction paracrine, inducteur précoce des membres
5 LES INTERACTION
ECTO-MESODERMIQUES
(CRETE ECTOBLASTIQUE / ZONE DE PROGRESSION)
Les techniques de chimère ou de greffe croisées
ont permis de mieux comprendre les interactions fondamentales entre
tissu épithélial (ici, la crête ectoblastique) et
le tissu conjonctif (ici, la zone de progression).
NOTA : Ces interactions s'effectuent au travers d'un item
de jonction, la lame basale.
Nous invitons le lecteur à reprendre ultérieurement ces
notions avec la description des interactions matricielles et des
lames basales, étudiées dans le document de base
d'histologie moléculaire "tissus conjonctifs".
Certaines expérimentations déjà anciennes
sont des exemples remarquables d'embryologie expérimentale.
Nous en avons retranscrit quelques unes sur les figures suivantes.
Ces expériences (et quelques autres !) permettent de tirer les
conclusions suivantes :
5-1 La crête ectoblastique est
indispensable au développement du membre.
Des études plus fines montrent qu'il s'agit d'un clone
cellulaire très individualisé qui ne se mixe pas avec
les cellules ectoblastiques environnantes (spécificité
et polarisation strictes).
5-2 La crête ectoblastique représente
un inducteur ubiquitaire de développement des
membres :
- Elle n'apporte pas d'information topographique
cranio-caudale16
(transférer la crête du membre inférieur sur le
membre supérieur, ou inversement, ne change pas
l'évolution spécifique du membre qui demeure d'un type
conforme à sa position originelle).
- La crête est indépendante de l'âge du membre.
Elle préserve ses potentialités inductrices
- Mais sa capacité d'induction est très forte et
très précoce, par une détermination dès
les premiers stades somitiques. Son rôle essentiel est de
provoquer la prolifération cellulaire du mésoderme
sous-jacent, surtout dans la zone de progression.
- Cette capacité inductrice explique l'apparition de
structures surnuméraires lorsqu'une deuxième
crête est greffée sur une ébauche de membre. Les
polydactylies peuvent être provoquées (voir
teratogénèse) par une mutagénèse
hypertrophiante de la crête ectoblastique.
- Les facteurs émis par la crête ectoblastique pour
induire la prolifération mésodermique sont encore mal
connus, mais à coup sûr multiples.
Une certitude : une induction nerveuse précoce est
nécessaire, avec la participation de facteurs de croissance
d'origine gliale (voir cours sur les tissus nerveux).
Il est donc probable qu'il faille rechercher le déterminisme
de la crête ectoblastique dans des étapes
précoces de neurulation (chez l'homme un peu avant la 4eme
semaine).
- Par contre un des facteurs directement produit par la crête
ectoblastique, et sécrété par elle vers le
mésoderme, est bien connu : c'est le FGF -2. A lui seul le
FGF-2 peut provoquer la prolifération des cellules de la zone
de progression et maintenir la croissance du membre (notons que la
production locale d'un autre variant du FGF, le FGF-10, avait
précédé la mise en place de l'ébauche du
membre).
- Enfin des mécanismes plus complexes d'interaction
matricielle sont toujours en cours d'investigation : une
programmation de l'expression des intégrines, la variation des
niveaux de peptidoglycanes, les variations des taux de fibronectine,
etc (voir le cours d'histologie moléculaire sur les tissus
conjonctifs) ... sont autant de facteurs venant moduler l'interaction
entre crête ectoblastique et mésoderme sous-jacent via
des facteurs de croissance. Des modèles mathématiques
sont proposés pour expliquer la chronologie
séquentielle et transitionnelle des programmes
morphogénétiques du membre en croissance sous
l'influence multiparamétrique des interactions
ectoblaste/mésoblaste.


5-3 Inversement le mésoblaste
possède des spécificités
loco-régionales :
- Seul le mésoblaste de la zone de progression du membre est
susceptible d'interagir avec la crête
- Le mésoblaste du membre (du moins celui de la zone de
progression) conserve la mémoire de son origine (membre
inférieur ou supérieur) et induit les structures
correspondantes (de type membre supérieur ou
inférieur)
6 UN AXE PROXIMO-DISTAL QUI TIENT COMPTE DE L'AGE
EVOLUTIF DU MÉSOBLASTE
Les cellules qui quittent les premières la zone de
progression sont à l'origine des régions proximales du
membre (épaule, hanche).
Inversement les derniers cycles mitotiques de la zone de progression
fournissent les parties distales du membre (doigts ou orteils).
Ceci explique les résultats de la figure suivante : du
mésoderme prélevé sur un bourgeon tardif de
membre ne permet que de développer des structures
distales.

7 UN DETERMINISME DU MÉSOBLASTE QUI
TIENT COMPTE DE SA POSITION ORIGINELLE SUR L'AXE CRANIO-CAUDAL ET DE
SON ORIENTATION SPATIALE LOCALE

Le schéma de la page précédente
permet de conclure que les cellules mésoblastique
possèdent un encodage de position particulièrement
efficace :
- Les champs morphogénétiques mésoblastiques
sont déterminés selon l'axe cranio-caudal (partie 1 de
la figure ci-dessus) : un champ du membre inférieur ne peut
donner que les structures lui correspondant (donc une anatomie de
type membre inférieur). Idem pour le membre supérieur
qui ne peut fournir qu'une anatomie de membre supérieur.
Les facteurs précoces de cette détermination cranio
caudale sont encore mal élucidés. Un contrôle par
les gênes homéotiques est impliqué mais les
raisons précises de la ségrégation
précoce du "pattern" de type membre inférieur ou
supérieur reste encore mystérieux.
- Plus remarquable est la découverte de l'existence d'un
déterminisme de position du mésoblaste in situ,
déterminisme qui préserve la mémoire du
positionnement antéro-postérieur originelle (partie
2 de la figure ci-dessus).
Les faits expérimentaux montrent que le déterminisme de
position est d'autant plus efficace que le greffon correspond
à du mésoblaste proche de la crête ectoblastique
et de la zone de progression. On a ainsi pu découvrir une zone
particulière du mésoderme primitivement située
à la limite postérieure de jonction entre l'ebauche du
membre et le tronc, puis qui reste légèrement
postérieure à la zone de progression durant la
croissance du membre. Cette zone, sans limite nette, correspond
à la ZAP (zone d'activité polarisante).
- Diverses expériences de transplantation on bien
montré les propriétés fonctionnelles de la ZAP.
La figure ci dessous résume les points essentiels. Tout se
passe comme si :
- la ZAP établit par sa position un gradient
antéro-postérieur (ou cranio caudal, ce qui revient au
même)
- la ZAP sécrète un principe diffusible d'autant moins
actif que l'on s'éloigne de la ZAP puisque ce composé
serait alors en concentration décroissante (à moins que
ce ne soit les cellules distantes qui deviennent moins sensibles
!)
- les différentes parties du membre avaient une
sensibilité différentielle au facteur
sécrété par la ZAP. Cette sensibilité est
bien décrite pour les doigts ou orteils . La maturation des
doigts caudaux (auriculaire par exemple ; équivalent chez le
poulet : doigt 4) nécessite une forte concentration du produit
de la ZAP pour se différencier. Inversement de faibles
concentrations sont nécessaires pour la maturation du pouce
(équivalent chez le poulet : doigt 2 ). Ceci explique que dans
des modèles de transposition double de la zap on puisse faire
apparaître des images de doigts en miroir avec des types de
différenciation au pro-rata de l'éloignement des 2
zones ZAP (des concentrations trop élevées du facteur
émis par la ZAP pouvant même aboutir à la
disparition du doigt 2 chez le poulet dans la zone entre les 2
ZAP)
- Le facteur sécrété par la ZAP serait
l'acide rétinoïque (AR). Les expériences
d'implantation de billes imprégnées d'acide
rétinoïque en remplacement de la ZAP sont en faveur de
cette hypothèse. En outre l'expression d'une
protéine-binding est en faveur d'une modulation encore plus
fine de l'activité de l'acide rétinoïque, puisque
l'activité de l'AR est alors doublement modulée (voir
plus loin la figure illustrant le concept de biodisponibilité)
:
- par son propre niveau de synthèse/dégradation
- par le niveau d'expression de la protéine-binding.

C'est donc le niveau de biodisponibilité de l'AR, autrement
dit la concentration locale en forme libre (en équilibre
avec la forme liée à la protéine binding), qui
conditionne l'action morphogénétique de l'AR. et le
gradient fonctionnel morphogénétique17
.
Cette conception du mode d'action de la ZAP correspond au
modèle morphogène de diffusion
- Mais de nombreuses considérations font que le rôle de
l'AR doit être désormais minimisé. En
particulier, les concentrations physiologiques mesurées d'AR
sont insuffisantes pour activer les gènes du
développement possédant une site de reconnaissance pour
l'AR (ils sont très nombreux).
Une autre théorie peut alors expliquer le rôle de la ZAP
. Elle fait appel au modèle de coordonnées polaires
. Dans ce modèle la ZAP serait un inducteur initial
permettant l'intégration :
- de la variable temps et plus exactement d'un décompte du
nombre de cycles cellulaires et de mitoses successives dans le
mésoderme de la zone de progression
- de la position en 3 dimensions des cellules. Tout se passerait
comme si les cellules possédaient la capacité de
mémorisation de leur position dans l'espace. Cet
étiquetage différentiel des cellules en fonction de
leur position dépendrait des molécules de liaison
présentes sur la membrane (récepteurs,
intégrines, molécules de jonction, etc... voir les
cours d'histologie moléculaire). Dans ce modèle, les
cellules adjacentes sont capables de se reconnaître et
simultanément d'interpréter comme
étrangères des cellules plus éloignées.
En outre en fonction du temps les cellules vont modifier le programme
de différenciation de leurs partenaires en changeant
l'expression des molécules de surface et de liaison à
la membrane.
NOTA : Cette notion d'interaction de surface et/ou avec les
molécules matricielles environnantes est très
importante pour comprendre les programmes de différenciation.
Elle sera reprise dans le dernier chapitre du cours sur le tissu
conjonctif.
Le modèle de coordonnées polaires obéirait
à 2 règles fondamentales bien mises en évidence
dans les modèles de réparation
régénération des membres (par exemple, chez la
salamandre qui peut parfaitement reconstituer un membre à
partir d'un moignon ou même après l'amputation totale)
:
- la règle de la plus courte intercalation : La
prolifération cellulaire est déclenchée in situ
dès que 2 cellules normalement non adjacentes sont
juxtaposées. Ainsi les cellules vont être
éloignées par des cellules nouvellement
crées.
- la règle du cercle complet : une fois les cellules
positionnées dans le plan local (ce plan dessinant donc une
section grossièrement circulaire puisqu'il s'agit d'un membre)
la prolifération/différenciation se développera
ensuite dans l'axe perpendiculaire en formant d'abord les structures
les plus distales.

- Dans le modèle de coordonnées polaires la ZAP
jouerait plutôt le rôle d'initiation des processus en
cascade. Un gène est fondamental pour ce fonctionnement de la
ZAP : le gène sonic hedgehog (Shh).
Ce gène est exprimé dans les cellules de la ZAP
où il est traduit en une protéine soluble
sécrétoire qui diffuse dans l'environnement. C'est la
sécrétion de FGF2 par la crête ectoblastique qui
induit l'expression de Shh dans la ZAP.
En fait, il y a une coordination stricte entre la
sécrétion de la protéine de Shh et celle de
facteurs de croissance tel le FGF-2. La suppression de la crête
interdit la maturation de la ZAP et l'expression de Shh. Inversement
la suppression d'expression de Shh dans la ZAP aboutit à une
inactivation de la crête ectoblastique et à l'absence de
sécrétion de FGF-2. Il est clair que l'interaction
entre crête et ZAP, donc entre FGF et Shh, permet d'harmoniser
la croissance proximo-distale de membre avec la croissance
cranio-caudale (antéro-postérieure).
L'ensemble des propriétés de la protéine
exprimée par Shh est encore mal connu. La protéine Shh
est reconnue par un récepteur membranaire. Le mécanisme
implique plusieurs entités membranaires et tout se passe comme
si Shh dévérouillait les voies d' activation des
programmes de différenciation .
Le remplacement des cellules de la ZAP par des fibroblastes
transfectés, exprimant en continu Shh, aboutit à une
croissance normale du membre chez le poulet. En outres des
expériences de transplantation surnuméraire des
cellules transfectées reproduit les résultats obtenus
avec des billes imprégnées d'acide
rétinoïque. Signalons, comme pour l'AR, que la
protéine Shh établirait des gradients de concentration
dans le membre, agissant alors selon le modèle
morphogène par diffusion.
Pour beaucoup d'auteurs, Shh représente donc le facteur
actif et suffisant pour assurer toutes les fonctionnalités de
la ZAP.
- Mais ce rôle primordial de Shh ne doit pas pour autant faire
disparaître celui de l'AR :
- d'abord parce que pharmacologiquement l'AR est parfaitement
capable de remplir la fonction de la ZAP
- mais aussi parce que dans des conditions pathologiques l'AR
peut générer des malformations des membres, montrant
son haut pouvoir morphogénétique
intrinsèque.
- enfin parce que l'AR est indispensable pour activer des
gènes du développement (voir chapitres
précédents sur les facteurs de
transrégulation)
- en particulier le gène Shh à des stades
précoces.
- mais aussi l'ensemble des gènes HOX avec un gradient
de sensibilité décroissant avec la date d'expression
(voir chapitre 1-3). Or les gènes HOX sont indispensables pour
le contrôle des "pattern" de différenciation du membre
(voir paragraphe III-8)
En fait, nous sommes sur des modélisations non exclusives et
parfaitement compatibles. Leur prévalence momentanée
dépend sûrement de la variable temps et de conditions
loco-régionales. Il est logique de supposer (en tout cas
satisfaisant pour l'esprit) que le rôle d'un gradient d'AR soit
précoce (ne serait ce que parce que l'AR permet de surexprimer
hedgehog), puis que les mécanismes de coordonnées
polaires et d'interactions cellulaires complexes apparaissent ensuite
et viennent mettre en place plus finement les différents
"patrons de différenciation" du membre (voir plus loin) sous
l'induction principale de Shh.
8 LE DETERMINISME
DORSO-VENTRAL
Nous avons surtout parlé du gradient proximo-distal
et du gradient antéro-postérieur (cranio caudal). Reste
le 3eme axe de l'espace, dorso-ventral.
En fait, force est de constater que nous n'avons pas beaucoup de
données pour comprendre le déterminisme du dos de la
main ou du pied par rapport à la paume ou la plante. La
crête ectoblastique semble jouer un rôle important
puisque la rotation à 180° de la coiffe ectoblastique
produit une inversion des groupes musculaires de l'aile du poulet.
Des gènes homéotiques comme engrailed seraient
concernés pour spécifier le coté ventral.
9 CONTRÔLE HOMÉOTIQUE DE LA
DIFFÉRENCIATON DES DOIGTS ET DE L'APOPTOSE
INTERDIGITALE
Nous avons vu en embryologie formelle que les doigts se
formaient dans la palette par creusement de sillons interdigitaux,
les mécanismes étant apoptotiques.
Nous ne reviendrons pas sur les notions déjà
abordées dans ce cours à propos du contrôle du
cycle cellulaire et de l'apoptose. Le lecteur est invité
à s'y reporter, les mécanismes décrits
étant ubiquitaires, et donc applicables aussi au membre.
Nous ajouterons simplement quelques points :
- Les doigts se forment par apoptose mais d'autres structure
du membre sont remodelées par apoptose. Par exemple cubitus et
radius forment d'abord une ébauche cartilagineuse pleine qui
s'individualise en radius et cubitus par creusement apoptotique
longitudinal.
- Au delà du contrôle apoptotique classique
(groupe bax/bcl2, etc), l'apoptose interdigitale est
contrôlée par des gènes plus spécifiques
de type homéotiques (il n'y a pas que les gènes hox qui
sont homéotiques !), et en particulier :
- msx-1 qui ne s"exprime que dans le sillon interdigital
- le gène de la protéine binding de l'acide
rétinoïque qui est aussi surexprimé dans les zones
apoptotiques interdigitales
(par ce mécanisme il faut imaginer un cumul d'AR
biodisponible, facilitant l'apoptose des sillons).
- enfin plus récemment (Yokouchi et al : Development,
122, 1996 ; Laufer et al : Science, 278, 1997) on a pu constater que
les gènes BMP (4, 6 et 7) sont surexprimés dans la
palette au niveau des sillons interdigitaux. Ils
représenteraient un mode de modulation fin de l'apoptose. Les
gènes BMP codent pour des récepteurs de membrane
impliqués dans l'apoptose.
Inversement l'inactivation de BMP provoque une fusion persistante des
doigts. Par ailleurs, le canard, dont les pattes sont palmées,
et pour lequel l'apoptose interdigitale est incomplète,
sousexprime toujours BMP.
Les gènes BMP sont des candidats chez l'homme pour expliquer
certaines formes de syndactylie (voir
teratogénèse).
10 L'IMPLICATION DE GENES
HOMÉOTIQUES DANS LE DEVELOPPEMENT DUN MEMBRE : CONTROLE DU
GRADIENT CRANIO-CAUDAL ET PROXIMO
DISTAL
Nous ne reviendrons pas sur les points évoqués
dans d'autres chapitres concernant les propriétés
fondamentales des homéogènes (type Hox
principalement).
Rappelons que les homéogènes servent à
établir un système de coordonnées
tridimensionnelles permettant l'expression harmonieuse des
différentes structures de l'embryon.
- Avant même l'expression des gènes HOX
paralogues dans le membre, d'autres homéogènes
s'expriment et sont nécessaires.
Citons le gène Msx-1. Il est induit dans les cellules de la
zone de progression sous l'influence de la crête ectoblastique
(les facteurs sont mal précisés)). Msx-1 est
indispensable pour maintenir en mitose les cellules de la zone de
progression.
Notons qu'il s'agit bien d'une induction de la prolifération.
Elle est à distinguer de l'induction de Shh (également
dans la zone de progression et par la crête) dont les
conséquences portent davantage sur la différenciation
des cellules et l'apparition de patterns d'expression.
- L'expression des homéogènes de type hox
produit dans le membre des patterns d'expression reproductibles dans
leur chronologie et parfaitement orientés dans les 3
dimensions de l'espace. Il y a donc respect de la loi de
colinéarité temporelle et de colinéarité
spatiale entre l'orientation transcriptionnelle 3'-5' et le
développement embryonnaire. Néanmoins nous verrons
qu'il n'est pas aisé d'expliquer par la simple
mécanique transcriptionnelle les délais de maturation
du membre qui peuvent atteindre plusieurs semaines (voir chapitre de
conclusion)
- Comme on le voit sur la figure de la page 113, la
colinéarité spatiale s'effectue selon l'axe
cranio-caudal (antero-posterieur) pour les gènes HOX D et
selon l'axe proximo distal pour les gènes HOX A.
C'est au niveau des doigts, et pour les gènes HOX D, que
l'existence de pattern d'expression spécifiques est la mieux
démontrée. La maturation du doigt antérieur ne
nécessite que D9 + D10 (pouce, gros orteil). Au contraire
l'expression du doigt distal nécessite l'expression de tous
les gènes de D9 à D13. Et bien entendu, les doigts
intermédiaires ont des patrons d'expression relié
à l'expression d'un nombre croissant de gènes HOX D ,
allant de D9 jusqu'à D13 (Voir la figure jointe).
Pour bien montrer la nature programmée de ces patrons,
calquée sur celle des gènes HOX, l'expérience de
Morgan (1992) est didactique et simple. L'équipe à
effectué une transfection stable sur des embryon de poulet de
façon à faire exprimer en continu le gène HOX
D11. Le résultat sur la patte de poulet (seulement 4 doigts) a
été conforme à l'hypothèse
formulée : le premier orteil antérieur disparaît
pour faire place à 2 orteils N°2, conformément aux
patterns d'expression naturelle des gènes HOX D dans le membre
inférieur (le doigt 1 nécessite l'expression
isolée de D9+D10 ; ce n'est plus le cas après
transfection où le premier pattern de doigt est
d'emblée D9 + D10 + D11, donc celui du doigt 2).
- Il faut donc bien admettre un codage 3D par les gènes
HOX. La connaissance actuelle (encore très incomplète)
montre que la plupart des patterns sont en fait plus complexes
à interpréter que ceux des doigts.
Nous savons en outre qu'il existe une coopérativité
entre les différents gènes HOX paralogues (au moins D
et A dans le membre). L'emboîtement topographique des
différentes classes de gènes HOX multiplie ainsi les
capacités statistiques de générer des patterns
originaux, en plus susceptibles d'évolution dans le temps, eu
égard à la règle de colinéarité
temporelle.


11 CONCLUSIONS
En bref, nous avons tenté de résumer le
développement des membres sur la figure ci-dessous.
Cette figure n'a pas la prétention de la perfection, au
contraire. Mais elle devrait pouvoir vous aider à effectuer
votre propre démarche de synthèse, en analysant et
critiquant la valeur didactique de ce schéma.
Un certitude la croissance des membres montre bien que le
développement morphogénétique résulte de
l'interaction permanente de "meneurs" et de "suiveurs" dans un
programme génétique qui harmonise des patterns
d'expression ; nous parlerions en français de patrons de
différenciation.
Ces différents patterns impliquent :
- une étape d'induction précoce mettant en jeu
l'interaction crête ectoblastique/mésoderme sous-jacent,
et encore plus précocement des signaux issus du
mésoderme et des métamères primordiaux, ainsi
que des crêtes neurales (pour l'induction de la crête
ectoblastique)
- une ségrégation mésenchymateuse
précoce, avec des origines différentes pour les muscles
et pour les autres tissus (os, cartilage, tissu conjonctif
lâche)
- un contrôle permanent de l'évolution en 3D des
différents patterns.
Via la ZAP et la zone de progression, les gènes HOX jouent
ensuite un rôle de "suiveur" essentiel dans l'exécution
des programmes de différenciation et d'expression des patterns
successifs.
Ces différents patterns tiennent compte :
- d'un déterminisme régional. Globalement les membres
préservent la mémoire de leur origine
métamérique : une main reste une main ; et un pied
reste un pied .
- d'un déterminisme local de position temporo-dépendant
: plus le mésoblaste a une origine tardive, moins il
génère des structures proximales mais au contraire des
structures distales. Inversement un mésoblaste précoce
demeure totipotent, générant l'ensemble des segments
d'un membre.
Dans tous les cas le mésoderme (la crête aussi) conserve
la mémoire de l'orientation originelle du membre par
référence à l'axe
antéro-postérieur.
L'intérêt de la biologie moderne du développement
est d'apporter des paramètres explicatifs à
l'échelle moléculaire aux premières constatation
de l'embryologie expérimentale. Les mécanismes
fondamentaux sont finalement simples et peu nombreux,
retrouvés avec des adaptations mineures dans tout le
règne animal, et à plus forte raison quel que soit
l'organe en formation considéré pour une même
espèce.
Enfin , la logique de développement du membre est une bonne
entrée en matière à la compréhension du
développement des autres organes.

Le développement des mammifères est un processus
continu et progressif mettant en jeu une succession ordonnée
de gènes hiérarchisés dont les produits sont des
facteurs spécifiques de transcription ou des agents de
signalisation inter et intracellulaires qui contrôlent
indirectement l'expression. Ce codage temporo-spatial constitue
probablement un processus très ancien remarquablement
conservé au niveau moléculaire dans l'évolution
des espèces.
C'est probablement par une diversification progressive à
partir d'un nombre relativement restreint de gènes ancestraux
que sont apparus les nombreux gènes du développement.
Ainsi, au cours de l'évolution, la duplication et la
diversification de gènes ancestraux conduit à la
formation de familles multigéniques (Hom/Hox, MyoD, Ox,
Pax...) dont les membres présentent souvent des analogies
fonctionnelles.
Mais la diversification de gènes appartenant à une
même famille permet le plus souvent de multiplier et d'affiner
les contrôles en attribuant à chaque gène une
fonction propre. C'est donc par la coordination de
gènes différents (appartenant ou pas à une
même famille) et par leur expression différentielle
dans le temps et dans l'espace que sont progressivement
déterminées les spécificités de chaque
cellule embryonnaire. Le développement met donc en jeu de
véritables réseaux de gènes
interdépendants (revoir la figure de la page 87).
De tels "blocs" de gènes se retrouvent dans la
réalisation de différentes étapes du
développement d'un même organisme : une même
cascade de gènes homologues peut être
réutilisée pour la réalisation d'une même
fonction ou pour des fonctions tout à fait
différentes.
En outre, à des degrés variables d'expression, un grand
nombre de ces gènes maintiennent leur activité dans les
étapes ultérieures de développement, allant
même jusqu'à expliquer de nombreux mécanismes
observés dans le vieillissement et dans le cancer.
La connaissance moléculaire du développement a
formidablement progressé depuis quelques années. Il
reste néanmoins des points encore très obscurs et la
Biologie Moléculaire du Développement reste un champ
immense de recherches.
Un exemple typique pourrait être pris dans le
déterminisme temporel du déclenchement
séquentiel de ces gènes. A l'évidence, il existe
"une horloge biologique du développement". Mais quel en est le
support ?
Pour justement ne pas conclure, et bien montrer que la biologie du
développement est une science où les études sont
"en marche" (On going study des anglo saxons) nous terminons ce cours
par l'approche d'une question qui est loin d'être
résolue (comme bien d'autres dans le domaine!)
La question pourrait être formulée de la façon
suivante :
Comment concilier la colinéarité du schéma
dorganisation 3-5 des gènes HOX sur
lADN,
qui explique la différenciation cranio > caudale,
précoce > tardive, sur une durée de 1 à 2
mois chez l'homme (les membres par exemple),
... alors que pourtant la transcription des gènes dun
même complexe (de A1 à A13 par exemple) ne demande que
quelques secondes !
Quelle adaptation permet de gérer 2 temps a priori
bien différents (la rapidité transcriptionnelle et la
relative lenteur de différenciation) ?
Quid, de la transcription à lexpression
réelle de la différenciation ?
Voici une ébauche de réponse, sur un domaine de
recherche actuellement en plein essor.
Nous avons vu que les gènes Hox déterminent
l'identité des segments de la larve de drosophile. Mais ce
mécanisme morphogénétique se poursuit au cours
de la métamorphose : il spécifie également le
plan d'ensemble de la drosophile adulte (l'imago). A
l'évidence, une telle persistance de l'expression embryonnaire
ne peut s'expliquer au travers des mécanismes habituels de
transcription génique.
Il a pu être démontré que le maintien de
l'expression des gènes homéotiques, sur un laps de
temps aussi long et avec transfert vers deux êtres vivants
distincts (larve vers imago), est due à l'action de
deux groupes de gènes. Les gènes Polycomb,
maintiennent les gènes Hox dans un état
réprimé ; les gènes Trithorax
maintiennent les gènes Hox dans un état actif.
Les produits de ces deux gènes ont en commun de se lier a la
chromatine, soit gelant la transcription, soit laissant libre
l'accès aux promoteurs. Les gènes polycomb et trithorax
intègrent donc la variable temps ; ils sont capables de
moduler leur action sur le niveau de condensation de la chromatine
en fonction du nombre de cycles cellulaires
écoulés.
Des expériences d'accélération des cycles
cellulaires, ou à linverse de ralentissement, montrent
très clairement la relation entre la vitesse (ou le rythme)
des cycles et l'expression homéotique, sachant que
l'héterochromatine correspond à une situation de
répression génique, l'euchromatine au contraire la
dérépression (voir Biologie cellulaire et les
schémas des pages 120 et 121).
Les étapes intermédiaires entre l'expression des
gènes de type polycomb / trithorax et le cycle cellulaire
restent cependant à découvrir.
Mais il faut bien admettre que le cycle cellulaire peut en partie
représenter l'étalon unitaire d'une horloge
biologique qui conditionnerait tout le développement, la
sénescence étant alors l'étape ultime d'un
continuum. Nous reviendrons sur cette notion avec les
expérience de sénescence cellulaire et la
théorie de Hayflick (cours sur le tissu conjonctif et le
fibroblaste)
Les vertébrés possèdent des gènes
homologues de Polycomb et Trithorax qui, agissant aussi sur la
chromatine, contrôleraient l'expression des gènes Hox
selon un programme temporel, les segments antérieurs
étant développés avant les segments
postérieurs chez tous les chordés. Certains de ces
gènes sont de la famille des suppresseurs de tumeur.
Pour certains chercheurs, ce mode de régulation de la
transcription, par l'état de condensation de la chromatine,
serait très primitif ; il aurait même
précédé la régulation actuellement
dominante, celle qui s'effectue aux étapes d'initiation de la
transcription.
Le schéma de la page122 nest quune image
didactique pour illustrer le rôle des cycles cellulaires
successifs, servant de base de temps pour dégager
chronologiquement la chromatine et permettre une expression
modulée des homéogènes (et sûrement de
bien dautres gènes) dans le programme
morphogénétique du développement. A
l'évidence il n'y a pas de petite roue pour "arracher"
progressivement la chromatine et laisser exprimer les gènes
Hox au fur et à mesure que "tournent" les cycles ; mais tout
se passe pourtant comme s'il en était ainsi.
La réalité moléculaire est encore bien
mystérieuse ! Les pocket protéines sont de bonne
candidates pour mieux comprendre les interactions entre la
condensation de la chromatine et le blocage des cycles
cellulaires
Si nous terminons sans une véritable conclusion cest
pour respecter lesprit de la discipline, en pleine
évolution, avec un demi-vie de la connaissance des plus
courtes, et où le savoir doit toujours être remis en
question.
Raison de plus pour que chacun se forge sa propre synthèse et
fasse sa propre appropriation de ce secteur encore très
mystérieux de la biologie.


EMBRYOLOGIE
CAUSALE ET MOLECULAIRE
QUESTIONS DE REFLEXION
1 - Quelles sont les 3 mécanismes fondamentaux et
ubiquitaires qui aboutissent au développement
embryonnaire.
2 - Qu'entend-t-on par : Lignage ? Territoire présomptif ?
Engagement ? Détermination ? Effet pléïotrope ?
Redondance ? Potentialisation ?
3 - Définition d'un gène du développement.
4 - Quels sont les 2 principaux mouvements
morphogénétiques dans l'embryon en développement
?
5 - Les mouvements cellulaires intra-embryo obéissent à
une programmation séquentielle. Justifier.
6 - Pouvez-vous citer et décrire au moins 2 exemples de
migration des cellules au cours du développement ?
7 - Importance des protéases dans la migration cellule
embryonnaire. Ce mécanisme peut-il avoir des implications
pathologiques ?
8 - Les particularités du hyaluronane. Rôle dans la
migration cellulaire.
9 - Le taux d'acide hyaluronique est-il constant dans toutes les
zones de l'embryon dans le temps et dans l'espace ? Pourquoi ?
Comment ?
10 - Avez-vous quelques notions suffisantes les molécules
d'adhésion ?
11 - Similitudes et différences entre Cadhérines,
Intégrines, CAM.
12 - Pourquoi une évolution différentielle de
l'expression d'une cadhérine (cadhérine E) et d'une
intégrine au cours de la migration des cellules du
sclérotome ?
13 - Retrouver la chronologie des événements dans des
exemples de migration des cellules embryonnaires
14 - Le rôle de la matrice extra-cellulaire dans les processus
de migration des cellules embryonnaires .
15 - Rôle de la fibronectine dans la migration des cellules
embryonnaires.
16 - Actine, Mobilité cellulaire et
embryogénèse.
17 - Mécanisme intra cellulaire de la formation du tube neural
par enroulement cellulaire.
18 - Gonocytes primordiaux et épithélium coelomique.
Mise en place de l'ébauche de la gonade.
19 - Transmission intercellulaire des contraintes mécaniques
et des forces de traction
20 - Définir en 1 phrase les mots suivants : Actine,
microtubules, molécules d'adhésion, cadhérine,
intégrine, fibronectine, hyaluronane, CAM, matrice
extracellulaire
21 - Quelle relation entre cadhérine et compaction au cours du
clivage de l'oeuf fécondé ?
22 - La plupart des molécules d'adhésion ont plusieurs
sites stéréo-spécifiques de reconnaissance.
Exemples, intérêt.
23 - Les mouvements morphogénétiques sont complexes et
très diversifiés. Ils sont pourtant initiés par
des mécanismes biologiques ubiquitaires, simples et
programmés. Construire un plan détaillé sur ce
sujet
24 - Le rôle des gènes maternels au cours du clivage
25 - En quoi la compaction est la première
démonstration visuelle de l'expression du génome
embryonnaire ?
26 - Mieux que l'observation microscopique, la biologie cellulaire
explique que le clivage (segmentation) de l'oeuf
fécondé s'effectue sans croissance volumique
importante. Justifier.
27 - Le noeud de Hensen (la ligne primitive aussi) constitue un
organisateur embryonnaire essentiel. Pourquoi ? Démonstration
? Comment ?
28 - Les gènes impliqués dans l'engagement tissulaire
au niveau du noeud de Hensen semblent redondants. Oui / Non ?
29 - Connaissez-vous des gènes spécifiques de la
fonction de gastrulation qui est dévolue au noeud de Hensen
(et à la ligne primitive) ?
30 - Tous les gènes du noeud de Hensen sont-ils, stricto
sensu, des gènes du développement ?
31 - Certains homéogènes sont particulièrement
conservés. Que signifie cette phrase ?
32 - Que signifie pour vous le concept de colinéarité
temporo-spatiale des homéogènes (type Hox) ?
33 - Des caractéristiques essentielles et communes aux
homéogènes de type Hox ; comparaison avec Hom.
34 - Caractéristiques communes à tous les
homéogènes.
35 - Les principaux territoires d'expression des gènes Hox
36 - Acide rétinoïque et développement. Construire
un plan détaillé sur ce sujet.
37 - Sur le plan temporo-spatial, la précision de l'expression
des gènes Hox est-elle plus importante en début ou en
fin d'expression ?
38 - Qu'est ce que des gènes paralogues ?
39 - Quelques particularités pour l'expression des
homéogènes dans le territoire céphalique.
40 - Morphogénèse des membres et gènes Hox
41 - Zone d'action polarisante, zone de progression, crête
ectoblastique. Définition et rôles respectifs.
42 - Les étapes de la différenciation en cellule
musculaire. Détermination et gènes Myo
43 - Gastrulation et mise en place des feuillets.
Régionalisation et mise en place des ébauches.
Comparaison entre l'approche formelle et l'approche causale (ou
moléculaire)
44 - Principaux sites d'action intra-cellulaire des gènes du
développement
45 - Qu'est ce qu'un Proto-oncogène ? un Oncogène ?
46 - Engagement - Détermination - Différenciation -
Initiation - Promotion - Progression du Cancer - Oncogènes et
Protooncogènes - Développement, etc Une (des)
relation(s) étroite(s) entre ces termes ?
47 - Qu'est ce qu'un facteur transrégulateur génique
?
48 - Caractéristiques des protéines à
homéodomaines ?
49 - Caractéristiques d'une conformation
hélice-tour-hélice ?
50 - Particularités des protéines en doigts à
zinc
51 - Qu'évoque pour vous la notion d'homo/hétéro
dimères dans les mécanismes de régulation des
gènes du développement ?
52 - Particularités d'une configuration
hélice-boucle-hélice
53 - Particularités du système "Leucine - Zipper ".
Compatibilité, différence avec la configuration
hélice-boucle-hélice ?
54 - Le récepteur de l'Acide rétinoïque : un bon
exemple d'assemblage macromoléculaire dans la modulation des
mécanismes de transcription au cours du
développement.
55 - Pouvez vous illustrer par des exemples précis
l'importance des dimérisations des facteurs de
transrégulation dans le contrôle transcriptionnel.
56 - Jun/Fos, les complexes Jun-Fos et le site AP1.
57 - Jun, Fos, Myo (et quelques autres facteurs) sont
impliqués dans la prolifération et/ou la
différenciation des cellules musculaires. Comment expliquer
l'engagement (et la différenciation) en cellule m
58 - La différence de niveau d'expression de certains
oncogènes peut suffire à moduler croissance et
différenciation. Justifier.
59 - Comment fonctionnent certains facteurs d'inhibition de la
fixation aux sites régulateurs de l'ADN ?
60 - Auto-régulation, hétéro-régulation
du complexe Jun/Fos.
61 - Connaissez-vous des facteurs pouvant réguler l'action de
(proto)oncogènes comme Jun ou Fos sur la prolifération
cellulaire ?
62 - Pouvez-vous fournir un descriptif sommaire du cycle cellulaire
et de ses phases ?
63 - A quoi correspondent le point R, le point Start dans le cycle
cellulaire ?
64 - Connaissez-vous les facteurs de contrôle du cycle
cellulaire ? (sans rentrer le détail de mémorisation de
toutes les entités régulatrices impliquées
à chaque étape du cycle)
65 - Proto oncogène, oncogène, antioncogène. -
définitions précises - implications dans le
développement embryonnaire ? - peut-on
généraliser au développement dans une
définition élargie des premiers stades embryonnaires
jusquau vieillissement (a revoir ultérieurement avec les
cours sur la sénescence du fibroblaste)
66 - Une définition descriptive précise pour la
p53.
67 - Pourquoi (En quoi) les mécanismes d'action de la P53 sont
coopératifs ? Ils tendent tous vers quelle fonction ?
68 - Pourquoi la protéine P53 est à juste titre
appelée par certains "la gardienne du génome" ?
69 - Qu'est-ce que l'apoptose ?
70 - La surexpression du gène de la P53 peut déclencher
le mécanisme apoptotique. Comment ?
71 - bcl2 contrôle l'apoptose. Comment ? le gène bcl2 se
comporte comme un gène répresseur ? comme un
gène activateur ?
72 - Rb contrôle une des étapes ultimes de
l'entrée en phase S. Comment ?
73 - Avez-vous des arguments pour démontrer que les "cascades"
oncogéniques représentent un contrôle à la
fois intra et extra-cellulaires des mécanismes de
prolifération et différenciation ?
74 - Que provoque la phosphorylation de la protéine Rb ?
75 - En quoi le gène de la protéine Rb peut-il
être considéré comme un anti-oncogène.
Est-ce un proto-oncogène ?
76 - Pouvez-vous mettre en place (mentalement) les
éléments essentiels anatomo-fonctionnels participant
aux échanges foeto-maternels ?
77 - L'hormone placentaire lactogène possède des effets
multiples tant sur la mère que sur le foetus. Commenter
78 - Par ses effets métaboliques l'HPL participe au
contrôle des échanges foeto-maternels. Avez-vous des
exemples ?
79 - L'HPL, comme la GH, peuvent avoir des effets trophiques
médiés indirectement. Par quoi ? Comment ?
80 - Quel rôle principal cytophysiologiques pour l'insuline
?
81 - Rôle trophique des IFG (s) sur le développement
82 - Citer des facteurs de croissance et/ou des hormones
structuralement très proches qui sont impliqués dans le
développement ?
83 - En quoi l'homologie partielle des IFG(s) et de l'insuline, ainsi
que de leurs récepteurs respectifs, ont un
intérêt coopératif au niveau cellulaire au cours
du développement ?
84 - Quelle définition pour un facteur de croissance ?
85 - Modes d'actions principaux des facteurs de croissance.
86 - Paracrinie, autocrinie, endocrinie, neurocrinie. Similitudes,
différences ?
87 - Endocrinie et exocrinie : Définition, en une phrase, de
chaque mode sécrétoire.
88 - Avez-vous retenu quelques exemples évoquant la
possibilité de "bascule" entre mécanismes de
prolifération et de différenciation ?
89 - L'acide rétinoïque est considéré comme
un agent différenciateur. Argumenter.
90 - Il faut attendre la mise en place fonctionnelle de la glande
surrénale pour que le poumon puisse lui-même devenir
fonctionnel et assurer la survie du prématuré. Pourquoi
?
91 - Importance de l'activité paracrine au cours du
développement
92 - En quoi la succession des cycles cellulaires peut-elle
être considérée comme une "horloge biologique"
contrôlant les séquences temporo-spatiales du
développement ?
93 - La découverte de la poursuite de l'expression des
gènes Hom de l'état larvaire jusqu'à l'imago
chez certains insectes, est un argument pour mieux comprendre la
régulation dans le temps des homéogènes
94 - En quoi les expériences de ralentissement des cycles
cellulaires, inversement de prolongement de la prolifération,
permettent d'établir une corrélation entre les cycles
successifs de divisions cellulaire et lexpression
contrôlée du développement ?
95 - La chromatine joue un rôle essentiel dans la
régulation de l'expression des gènes du
développement. Pourquoi ?
96 - Le rôle du cytosquelette dans la formation du tube
neural
97 - Changement d'expression des cadhérines au cours de la
neurulation
98 - L'expression des cadhérines après neurulation est
localisée sur le versant externe des cellules ectoblastiques
pour la cadhérine E, et au contraire sur le versant interne du
tube neural pour la cadérine N
99 - Quel intérêt fonctionnel pour l'expression de
cadhérines différentes sur l'ectoblaste et le
neurectoblaste dans le processus de neurulation ?
100 - De nombreuses molécules membranaires d'adhésion
font des interactions avec le cytosquelette. Quelles
conséquences possibles ?
101 - Les cellules de la crête neurale migrent par 2 voies
à partir de leur point d'origine. Quelles
conséquences?
102 - microtubules, actine et neurulation
103 - peut-on fournir une classification grossière des
molécules d'adhérence intercellulaires en fonction du
mode de liaison
104 - Le collagène IV : un exemple d'organisation des trames
matricielles (à revoir ultérieurement avec le cours
d'histologie)
105 - Pourquoi certains emploient les mots de "colle biologique" pour
parler des fibronectines ?
106 - En fonction de vos connaissances, quels sont les
différents mécanismes et étapes à
envisager pour aboutir à la colonisation de
l'épithélium germinatif par les gonocytes
primordiaux?
107 - Les gènes embryonnaires du zygote s'expriment
immédiatement . Oui, non ?
108 - La compaction repose sur des mécanismes
moléculaires et cytologiques précis. Justifier.
109 - Comment reprendre avec plus de précision la description
classique et morphologique des premiers stades de division du zygote
en tenant compte des connaissances de la biologie cellulaire et
moléculaire ?
110 - Pouvez vous fournir les rôles essentiels des principaux
gènes impliqués dans la gastrulation (ligne primitive
et noeud de Hensen) ?
111 - Le début d'expression d'un gène homéotique
est t'il brutal ? et la fin d'expression?
112 - Homéodomaine, homéobox ? signification
113 - la formation des arcs branchiaux est elle soumise à une
régulation homéotique ? Et l'encéphale
postérieur ?
114 - Existe-t-il des axes de polarisation au cours de la
différenciation des membres ?
115 - Quel est le premier inducteur précoce de formation des
membres ? Simple engagement ou détermination très
précoce? Comment le démontrer
116 - Quelle distinction faire entre un déterminisme
régional (membre sup/inf) et le rôle inducteur par la
valeur de position ?
117 - A votre avis, et au delà de la programmation
homéotique, quel facteur peut jouer localement pour
contrôler la valeur de position ?
118 - Quel intérêt pour des expériences visant
à déplacer la position de la ZAP ?
119 - Où se situe la zone de prolifération maximale au
cours de la croissance des membres ? A-t-elle un nom ? et si oui,
pourquoi ce terme ?
120 - La position fixe de la zone de progression permet-elle
d'expliquer que les gènes Hox précoce ne se trouvent
exprimés que dans la racine des membres ?
121 - L'ensemble des gènes Hox impliqués dans la
morphogénèse des membres (approximativement 9 à
13) est exprimée à l'extrémité distale
des membres. Oui, non ? Est-ce logiquement explicable ?
122 - Ne devrait-on pas s'attendre à ne trouver que Hox 13
exprimé à l'extrémité et Hox 9 à
la racine du membre ?
123 - Au fait, pourquoi ca ne pourrait pas être l'inverse (Hox
9 exprimé à l'extrémité et Hox 13
à la racine du membre) ? ... Après tout on parle bien
de "bourgeonnement" et de bourgeon pour le membre en
124 - Quel rôle pour la crête ectoblastique ?
125 - Si je greffe un segment de la racine du membre inférieur
à l'extrémité distale du membre supérieur
en croissance, j'ai toute chance d'obtenir ?...
126 - Quels facteurs inducteurs pour expliquer la formation des
différents doigts (ou orteils) ?
127 - L'induction de gènes apoptotiques, tels que bax,
dépendrait plutôt de l'expression de gènes
homéotiques précoces, au contraire plus tardifs ?
128 - En quoi l'exemple de l'expression proximo-distale des
gènes Hox dans un membre (9 à la racine, 9 à 13
en zone distale), peut être un argument pour un contrôle
chromatinien tenant compte des cycles cellulaires successifs ?
129 - Si l'hypothèse chromatinienne est vraie peut-on imaginer
de voir Hox 12 ou 13 s'exprimer isolément sans l'expression
des gènes plus précoces (9 ou 10, par exemple ?)
130 - Quelles sont les particularités essentielles du
récepteur à l'acide rétinoïque
131 - Quels sont les facteurs biologiques et cellulaires pouvant
moduler l'impact différenciateur de l'acide
rétinoïque?
132 - Qu'est ce qu'une 'binding protein" ?
133 - La biodisponibilité d'un facteur de signalisation tel
que l'acide rétinoïque, les IGFs ou la GH, résulte
de ?
134 - Quel est le gène essentiel de la détermination
musculaire ?
135 - Par quelle méthode de biologie moléculaire a t'on
caractérisé les gènes de la
différenciation musculaire. Principe simplifié.
136 - Les facteurs de transrégulation, par leur
fréquente possibilité de s'associer en dimères,
ont un rôle privilégié dans la modulation de
l'expression génique. Justifier.
137 - Qu'appelle t-on "cascade oncogénique"
138 - Les grands compartiments biologiques où les facteurs de
la "cascade oncogénique" interviennent.
139 - Les récepteurs sont-ils tous membranaires ? Les
récepteurs nucléaires interagissent avec ?
140 - Qu'est ce qu'une cycline ? une cdk ?
141 - Similitudes et déférences entre les cycles
embryonnaires précoces et les cycles cellulaires standards
142 - Quel rôle pour les cyclines ?
143 - Quelles sont les grandes stades régulés du cycle
cellulaire ?
144 - En une phrase, quel est le rôle du MPF ?
145 - Le MPF correspond en fait aux entités
moléculaires... compléter
146 - Le MPF est soumis à un rétrocontrole
négatif et une suractivation autoentretenue; Justifier.
147 - Comment expliquer que le MPF provoque une entrée brutale
en mitose ?
148 - Ne faut-il pas distinguer , - le rôle d'activation
moléculaire par le processus de phosphorylation, - du
rôle biologique, inhibiteur ou stimulateur, lié à
l'activation ? Argumenter au travers d'exemples
149 - Quel est le facteur essentiel limitant l'activation
précoce de cdk1/cycline B ?
150 - Par quels processus sont inactivées les cyclines
mitotiques ?
151 - La protéolyse des cyclines est spécifiquement
dirigée. Comment ? Lubiquitinylisation intéresse
dautres protéines impliquées dans le cycle
cellulaire ?
152 - Par quel mécanisme les cyclines mitotiques sont
spécifiquement dégradées ?
153 - Les principales étapes contrôlées par les
cyclines de phase G1
154 - Quels sont les facteurs environnementaux conditionnant
l'entrée ou la sortie en phase G0 ?
155 - L'entrée/sortie en G0 est-il cycline
dépendant ?
156 - L'entrée en G0 est-elle parfois définitive ?
pourquoi ?
157 - Que faut il entendre par inhibition de contact ?
158 - Au cours du développement quels sont les moyens
cytophysiologiques pour une cellule de sortir du cycle ?
159 - E2F et RB peuvent être phosphorylés ;
conséquences respectives.
160 - Quel est l'importance de RB et E2F dans la cinétique du
cycle cellulaire ?
161 - Idem 160 pour la P53
162 - Pouvez vous citer des facteurs contrôlant en + ou en -
l'apoptose ?
163 - Connaissez vous des exemples de phénomènes
apoptotiques au cours de l'embryogénèse ?
164 - Pourriez vous mentalement répertorier la majorité
des facteurs vus en cours et jouant dans la régulation du
développement par une modulation ayant recours à
l'organisation en dimères ?
165 - Que signifie pour vous la voie de l'AMPc, des
phosphoinositides, des Tyrosines Kinases ?
166 - La voie des phosphoinositides mobilise initialement une
phospholipase. Laquelle ?
167 - La phospholipase C hydrolyse le ? en ?...
168 - L'IP3 mobilise ... ?
169 - Que signifie DAG ? Le DAG peut activer la ?
170 - La PKA est activée par ?
171 - Les Facteurs de transrégulation et/ou de transcription
peuvent être phosphorylés. Oui, non ?
172 - la voie des tyrosines-kinases active
préférentiellement les ...-K pour générer
une réponse proliférative.
173 - Étymologiquement MAP-kinase signifie... ?
174 - Les facteurs de transactivation peuvent être
inhibés ou inactivés. Comment ?
175 - L'action primordiale des MAP-K est d'activer ?...
176 - La GH ou La PL sont des hormones ayant au cours du
développement une action proliférative à la fois
directe et indirecte. Justifier.
177 - La GH ou PL possèdent une action métabolique
à la fois directe mais aussi via d'autres peptides.
Justifier
178 - Les IGFs peuvent engendrer 2 voies intracellulaires de
réponse très différentes. Lesquelles ?
179 - GH et PL possèdent 2 voies de signalisation
intracellulaire très différentes. Lesquelles ?
180 - Les petites protéines de contrôle du cycle
cellulaire (P21 ou P27, par exemple) exercent
généralement , -une action stimulante, - ou bien
inhibitrice sur le cycle cellulaire ?
181 - Les petites protéines, type P21 ou 27, régulent
le cycle en intervenant sur ?...
182 - Le récepteur à la GH (ou PL) est activé
sous forme monomérique ou dimérique ?
183 - Quelles voies kinasiques sont activées par le
récepteur de GH ou de PL ?
184 - La voie mitogène des IGFs est potentialisée par
deux autres événements intracellulaires. Lesquels ?
185 - l'activation mitogène par les IGFs s'accompagne
généralement d'une modification du pH intracellulaire.
Pourquoi ?
186 - Généralement les actions de GH, PL, insuline et
IGF1 ou IGF2 sont coopératives. Le démontrer, tant au
plan physiologique qu'à l'échelle des mécanismes
intracellulaires.
187 - Similitudes et différences des récepteurs aux
IGFs ?
188 - A quoi correspondent les récepteurs 2a2ß ? Existe
t'il un autre type de récepteur aux IGFs ?
189 - Si on sait qu'un gène (type polycomb) réprime
l'expression génique en maintenant la chromatine plus
condensée sur certains homéogènes, on doit
s'attendre à une prolongation de la
métamérisation, avec obtention de somites ou de
segments surnuméraires si on amplifie son expression? vrai ?
Nest ce point linverse? Justifier
190 - Même question que 189 avec un gène facilitant la
dépolymérisation de la chromatine (type trithorax).
191 - Que peut provoquer une accélération des cycles
mitotiques au cours du développement embryonnaire ? Qu'est-ce
que la transactivation ? Comment l'expliquer connaissant le mode
d'expression des homéogènes ?
192 - Le contrôle chromatinien du développement et
l'intégration du nombre de cycles peut expliquer que le
vieillissement et la sénescence cellulaire représentent
bien le terme ultime du développement. Argumenter
193 - Quels arguments pour finalement admettre que la
prolifération cellulaire, mais aussi les mécanismes de
différenciation, sont essentiellement modulés par des
facteurs de l'environnement cellulaire ?
194 - En bout de compte n'est ce pas le cas pour tous, ou presque
tous, les facteurs de transrégulation régulant
transcription et/ou réplication ?
195 - Pourquoi est-il facile d'imaginer que les mutations de
gènes codant pour les petites protéines inhibitrices du
cycle, pour RB ou P53, plus généralement pour toute
protéine de la cascade oncogénique puisse être
à lorigine de viciations majeures du
développement et/ou soient inductrices de tumeurs ?
196 - Un greffon issu d'un vieux bourgeon d'aile ne fournira que des
territoires distaux.
a - Est ce logique par rapport à l'expression des gènes Hox ? En effet dans un bourgeon tardif tous les gènes homéotiques concernés s'expriment et sont déréprimés (de 9 à 13 par exemple).
b - Alors pourquoi le greffon ne peut il pas pas refaire le schéma complet de différenciation ? Comment expliquer ?
c- Quel rôle probable pour les mécanismes de modulation prolifération/différenciation ?
d- Quels rôles essentiel pour la zone de progression, avec la notion de patron de différenciation ?
197 - Prolifération/Différenciation sont des
mécanismes chronologiques régulés, allant de
lextra-cellulaire vers le noyau. Justifier ; critiquer.
198 - Sur la figure de la page 66 de ce fascicule,
- le principe de colinéarité transcriptionnelle des complexes de gènes homéotiques,
- ou le contrôle chromatinien de lexpression homéotique (type pc-G et trx-G),
suffisent-ils à expliquer lexpression moins caudale de Hox-B2 par rapport à Hox-B4, alors que les deux embryons sont sensiblement au même stade (disons début de 5e semaine, sil sagissait dun embryon humain) ?
Réflexions et commentaires.
QUESTIONS DE REFLEXION
SUPPLEMENTAIRES
QUESTIONS DE SYNTHESE :
POURRIEZ VOUS CONSTRUIRE UNE REPONSE STRUCTUREE SUR LES
POINTS SUIVANTS :
(Imaginez que vous auriez environ 5 minutes pour exposer oralement
chaque question)
199 - Les grandes étapes du développement humain
(jusqu'au stade foetal). La place de vos connaissances en embryologie
moléculaire
200 - De l'embryologie formelle à l'embryologie
moléculaire : du descriptif à l'explicatif.
Justifier.
201 - Le contrôle génique du développement
202 - Le contrôle hormonal du développement
203 - Les facteurs de transrégulation
204 - Le cycle cellulaire et le développement embryonnaire :
descriptif, importance, mécanismes de contrôle.
205 - Les relations entre facteurs intra et extra cellulaires dans le
développement.
206 - symétrie / asymétrie de lembryon
207 - pattern dexpression morphogénétique
208 - En ayant intégré la totalité du
cours dembryologie causale, pourriez vous envisager au moins 3
modes différents dinduction maternelle au cours du
développement embryonnaire ?
209 - Ou sexprime préférentiellement HNF3ß
? Son rôle est il suffisant pour induire la
morphogénèse somitique ?
210 - Des arguments pour mieux comprendre la neurulation secondaire
à partir de léminence caudale?
211 - Classiquement nodal est le chef dorchestre de la
gastrulation. Il est indispensable pour la mise en place du noeud de
Hensen et de la ligne primitive ; il est donc inducteur de la
symétrisation. Quels arguments nouveaux pour comprendre
la symétrisation ?
212 - Voici un schéma reprenant lexpression de certains
gènes au cours du développement précoce du
disque embryonnaire chez le poulet (ce serait la même chose
chez un mammifère mais bien plus difficile à mettre en
évidence)
Quels sont vos commentaires ?

213 - Existe til un aide au maintien de la symétrisation
D/G une fois la gastrulation achevée ?
214 - En quoi les FGF(s) sont importants dans la croissance des
membres ?
215 - Pouvez vous attribuer 2 rôles à Shh ?
216 - avez vous une vision schématique du déterminisme
droite/gauche ?
217 - Lapoptose interdigitale est-elle directement
contrôlée par les gènes HOX ?
218 - Que faut il entendre par pattern de différenciation
?
219 - Pouvez-vous en quelques mots définir le contrôle
antéro-postérieur des membres ?
220 - Pouvez-vous en quelques mots définir le contrôle
proximo distal des membres ?
221 - Le rôle de la ZAP
222 - facteurs de signalisation produits par la ZAP
223 - Que vous suggère le terme de pocket protéines ?
Quel intérêt dans la régulation du cycle
cellulaire ?
224 - Le contrôle transcriptionnel des gènes
homéotiques est-il aussi simple que celui
présenté en début de cours, impliquant une
colinéarité temporo-spatiale stricte entre la
disposition 3-5 et lexpression longitudinale sur
lembryon ? Pouvez vous fournir quelques arguments ?
225 - Par quel mécanisme(s) moléculaires lacide
rétinoïque module lexpression de certains
homéogènes.
226 - tous les homéogènes sont-ils de type HOX chez les
mammifères ?
227 - Quelles originalités dans les interactions
moléculaires des Pocket-protéines ?
228 - Quelles différences entre les protéines DP et
E2F
229 - Pouvez vous fournir un schéma simplifié de la
régulation dun homéogène (Hox-B par
exemple) par lacide rétinoïque ?
230 - Quels arguments en faveur du rôle primordial de Shh dans
la ZAP ?
231 - Quels arguments en faveur du rôle primordial de lAR
dans la ZAP ?
232 - Déterminisme des étapes précoces de
croissance du membre (soit environ la 4eme semaine chez
lhomme)
- Chapitre 6 -
GLOSSAIRE D' EMBRYOLOGIE
CAUSALE ET MOLECULAIRE
A
B
C
D
E
F
G
H
I
J K
L
M
N
O
P
Q R
S
T
U
V
W X Y Z
Acide rétinoïque :
composé dérivé par oxydation du
rétinol (ou vitamine A) et régulant, par
l'intermédiaire de ses récepteurs nucléaires,
l'expression de certains gènes de la morphogenèse.
Activine : protéine sécrétée
appartenant à la famille du TGFß. Chez les
mammifères mâles adultes, elle est produite et
libérée par les cellules de Sertoli du testicule et
exerce un rétrocontrôle positif sur la synthèse
et la libération de FSH par l'adénohypophyse. Chez les
amphibiens, au stade blastula, elle est un signal inducteur du
mésoderme, capable d'agir en morphogène : elle active
l'expression de certains gènes à
homéoboîte (goosecoïd, brachyury) dans la zone
marginale de la blastula et induit la myogénèse dans le
mésoderme somitique.
ADN (acide déoxyribonucléique) : long
polymère formé par l'association de
déoxyribonucléotides, dont la base azoté peut
être l'adénine (A), la thymine (T), la guanine (G) ou la
cytosine (C) Chaque nucléotide est associé à son
voisin par une liaison phosphodiester entre le carbone 3' du
déoxyribose et le carbone 5' du déoxyribose suivant.
L'ADN est une molécule bicaténaire dont les 2
chaînes polydéoxyribonucléotidiques sont
enroulées en double hélice et associées par
complémentarité des bases (AT, CG) en position
tête-bêche l'une par rapport à l'autre
(disposition antiparallèle), si bien qu'elles ont chacune
à leur extrémité un carbone 3' et un carbone 5'
libre. L'ADN constitue le support de l'information
génétique.
adrénaline : catécholamine secrétée
par les médullosurrénales.
albumine : holoprotéine hydrosoluble
synthétisée par le foie et présente en grande
quantité dans le plasma (près de 60 % des
protéines totales, chez l'homme).
allèle : une ou plusieurs versions alternatives
d'un même gène situées au niveau d'un même
locus.
anaphase : troisième étape de la mitose
caractérisée par la séparation des chromatides
et le déplacement des deux lots de chromatides vers les deux
pôles opposés de la cellule.
anoure : amphibien à métamorphose
complète (grenouille, crapaud).
antagonisme : qualifie l'effet contradictoire de deux
molécules.
apoptose : c'est une des formes de la mort cellulaire
programmée, dont la caractéristique est la condensation
de la chromatine, alors que la plupart des organites sont encore
fonctionnels.
ARN : acide ribonucléotidique constitué d'une
seule chaîne de ribonucléotides, dont le sucre est un
ribose et les bases sont la cytosine, la guanine, l'adénine et
l'uracile. L'ARN messager (ARNm) est une copie d'ADN traduite en
protéines grâce aux ARN de transfert (ARNt) porteurs
d'un anticodon et fixant un acide aminé et grâce aux
ribosomes contenant de l'ARN ribosomal (ARNr).
ARN antisens : ARN complémentaire d'un ARN
spécifique ; en s'hybridant à l'ARN spécifique,
il en masque la fonction.
ARNm maternel: ARN messager issu de la transcription de
gènes maternels, s'accumulant dans l'ovocyte et intervenant au
cours des premières divisions du zygote. Les ARNm maternels
seront ensuite dégradés et remplacés par des
ARNm issus de l'activation différée de la transcription
zygotique.
ARN polymérase : enzyme se liant à un promoteur
de l'ADN, ouvrant la double hélice et catalysant la
transcription d'un gène en un ARN.
autocrinie : qualifie la production par une cellule de
médiateurs chimiques agissant sur cette même
cellule.
blastomère : une des cellules embryonnaires
formé par clivage du zygote.
BMP (bone morphogenetic proteins ou protéines
morphogénétiques de l'os) : protéines
sécrétées appartenant à la famille du
TGFß et stimulant la formation de l'os. Certaines sont
impliqués dans l'induction mésodermique ou dans le
développement du bourgeon du membre chez les
vertébré.
bourrelets neuraux (ou bourrelets médullaires
épaississements latéraux délimitant la plaque
neurale. Ils se rapprochent l'un de l'autre lors de la neurulation et
fusionnent pour former le tube neural.
brachyury (Xbra chez le xénope, T chez la
souris) gène codant un facteur de transcription d'un type
unique. Chez la souris, il est exprimé dans le noeud de Hensen
et la ligne primitive ; le produit de ce gène est
nécessaire à la mise en place de la chorde et de la
queue ; son expression serait nécessaire à la migration
des cellules précurseurs de la chorde au cours de la
gastrulation. Chez le xénope, il est exprimé dans toute
la région marginale de la blastula tardive, puis dans les
cellules qui participent à la formation de la chorde.
cadhérine : membre d'une famille de protéines
transmembranaires qui assurent une adhésion spécifique
et sélective inter-cellulaire. Les cadhérines sont
calcium dépendantes
calcitonine : hormone peptidique hypocalcémiante
sécrétée par les cellules C de la
thyroïde.
calmoduline : petite protéine cytosolique
possédant quatre sites de liaison pour le Ca2+ et servant de
relais aux signaux calciques. Sa liaison avec quatre ions Ca2+ forme
un complexe actif pouvant réguler l'activité de
nombreuses enzymes. Elle active notamment des protéines
kinases Ca2+ calmoduline-dépendantes, mais aussi des canaux
ioniques membranaires. Elle intervient dans la plupart des cellules,
et en particulier dans la contraction des fibres musculaires lisses
ou dans la libération de neurotransmetteurs.
carte des territoires présomptifs : carte indiquant
à quelles structures de l'embryon en construction vont
appartenir les descendants d'une population de cellules occupant une
région donné de la jeune gastrula.
caryotype: assortiment complet de chromosomes
caractérisé par leur nombre, leur taille et leur forme,
et spécifiques d'une cellule, d'un individu ou d'une
espèce.
cathepsine : enzyme du groupe des endopeptidases qui catalyse
l'hydrolyse des protéines. Des protéases similaires
participent aux cascades protéasiques observées dans
les migrations cellulaires (vie embryonnaire, cancer et
métastases)
caudal : vers la partie postérieure de l'embryon.
Cdk (protéine kinase dépendante des cyclines)
protéine n'ayant d'activité catalytique que si elle est
associée à une cycline. Différentes Cdk
associés chacune à une cycline spécifique
déterminent le déroulement du cycle cellulaire en
phosphorylant des protéines spécifiques.
ced (programmed cell death) : gène dont la
mutation affecte le processus de mort cellulaire programmé et
identifié chez le nématode Caenorhabditis
elegans.
cellule de Leydig : cellule endocrine situé dans le
tissu interstitiel du testicule des vertébré, entre les
tubes séminifères, et sécrétant des
androgènes, en particulier la testostérone.
cellule de Sertoli : cellule constitutive de la paroi du tube
séminifère du testicule des vertébré et
entourant les cellules de la lignée spermatique dont elle
contrôle le développement.
cellule germinale primordiale (ou gonocyte) cellule souche des
cellules reproductrices colonisant les crêtes génitales
de l'embryon des vertébré à partir de
l'entoblaste d'une zone postérieure de la vésicule
vitelline, proche du canal vitellin.
chondrogenèse : prolifération des
chondroblastes, précurseurs des chondrocytes du cartilage.
chromosome : élément composé d'une longue
molécule d'ADN et de protéines associées,
support des gènes et visible chez les eucaryotes sous forme de
fins bâtonnets lors de la division cellulaire.
chromosomes homologues : paire de chromosomes
morphologiquement identiques, présents dans les cellules
diploïdes, et dont l'un est d'origine paternelle et l'autre
d'origine maternelle. Ils ne contiennent pas nécessairement
les mêmes allèles. Les paires de chromosomes homologues
se forment lors de la prophase de la première division
méiotique et sont dissociés lors de l'anaphase de cette
même division. La fécondation rétablit les paires
de chromosomes homologues.
cis (régulation en) : régulation de l'expression
d'un gène par une séquence d'ADN non codante
situé sur le même chromosome que ce gène (ex :
enhancer, promoteur).
clivage (ou segmentation du zygote) : division du zygote par
mitoses successives sans accroissement du volume global (les
blastomères deviennent de plus en plus petites) et conduisant
à la formation d'une morula chez les
vertébrés.
collagénase : hydrolase qui coupe la liaison peptidique
dans la région de la triple hélice de la
molécule de collagène.
collagène : glycoprotéine fibreuse,
présente dans tous les tissus de soutien (peau, tendons,
ligaments, squelette)
combinatoire qualifie un processus dépendant d'une
panoplie de facteurs dont les différentes combinaisons
engendrent des effets différents.
complémentarité : qualifie la
nécessité de l'action de deux molécules
différentes pour qu'un même processus ait lieu.
compétence : aptitude transitoire d'un tissu
embryonnaire indifférencié à percevoir un signal
inducteur externe et à y répondre par une
différenciation. La compétence vis-à-vis d'un
signal inducteur évolue dans l'espace et dans le temps au
cours de l'embryogénèse.
corticostéroïdes : hormones stéroïdes
sécrétées par les corticosurrénales,
comprenant les glucocorticoïdes (cortisol,
corticostérone), les minéralocorticoïdes
(aldostérone) et certains androgènes
(androsténedione).
cranial : vers la partie antérieure de l'embryon
croissance : augmentation de la taille (croissance staturale)
et de la masse (croissance pondérale) d'un organisme,
résultant de la multiplication cellulaire et de l'augmentation
de la taille des cellules dans tous les tissus.
cycle cellulaire : cycle de reproduction des cellules ; c'est
un ensemble ordonné de phases permettant à la cellule
de dupliquer son contenu (notamment les chromosomes des cellules
eucaryotes) et de se diviser en deux. Le cycle des cellules
eucaryotes se caractérise par la succession d'une interphase
et d'une mitose.
cyclines : protéines dont la concentration
intracellulaire est généralement oscillante au cours du
cycle cellulaire ; elles forment des
hétérodimères avec des protéines kinases
dépendantes des cyclines (Cdk), participant ainsi à
l'activation de ces enzymes. De tels dimères permettent
à la cellule de franchir des transitions spécifiques du
cycle.
cytokine : large terminologie englobant en grande
majorité des peptides synthétisé par de
nombreuses cellules et agissant localement, selon un mode paracrine
ou autocrine (IGF, EGF, FGF, FPF, NGF, BDNF, NT-3, IL(s),
interféron ... ). Les prostaglandines rentrent aussi dans
cette catégorie.
dénutrition (ou sous-alimentation) : déficit
quantitatif dans l'apport de nourriture.
détermination : processus par lequel une cellule
embryonnaire se trouve irréversiblement engagé dans une
voie de différenciation particulière.
déterminisme du sexe : ensemble des processus
conditionné par le sexe génétique et conduisant
une gonade indifférencié à s'engager dans une
voie de différenciation testiculaire ou ovarienne.
différenciation : processus par lequel une cellule se
transforme en un type cellulaire spécialisé
dimère : association de deux molécules
identiques (homodimère) ou différentes
(hétérodimère).
diploïde : qualifie tout organisme, toute cellule ou tout
noyau possédant deux jeux de chromosomes homologues (2N
chromosomes), l'un d'origine maternelle et l'autre d'origine
paternelle.
disque imaginal : îlot de cellules embryonnaires
indifférenciés mais déterminés, d'origine
ectodermique, présent chez la larve des insectes
holométaboles et qui permettra, au cours de la
métamorphose, la formation d'un appendice spécifique
(aile, patte, antenne...
doigt à zinc : motif polypeptidique de fixation
à l'ADN, présent dans certains facteurs de
transcription, constitué d'une chaîne d'acides
aminé formant une boucle centré sur un atome de zinc.
Par exemple, les récepteurs des hormones stéroïdes
possèdent 2 doigts à zinc.
domaine d'une protéine : portion d'une protéine
possédant une structure tertiaire (c'est-à-dire
tridimensionnelle ; ex : hélice et, feuillet P)
spécifique à laquelle est généralement
associé une activité spécifique.
domaine fork-head : domaine polypeptidique de
fixation à l'ADN caractéristique de certains facteurs
de transcription, telles que la protéine Fork-head de la
drosophile et la protéine HNF30 des
vertébré.
domaine HMG : domaine polypeptidique de fixation à
l'ADN codé par la boîte HMG que l'on trouve notamment
dans les gènes SRY et Sox des mammifères.
domaine paired : domaine polypeptidique contenant un
motif hélice-tour-hélice permettant la fixation
à l'ADN, codé par la boîte paired
présente notamment dans certains gènes de
segmentation de la drosophile et dans les gènes Pax des
mammifères.
domaine POU : domaine polypeptidique de fixation à
l'ADN contenant un domaine spécifique POU et un
homéodomaine POU.
drosophile (= Drosophila melanogaster) : petite mouche
du vinaigre, constituant un modèle de choix pour
étudier les gènes du développement.
ectoderme (ou ectoblaste) : feuillet embryonnaire le plus
externe à partir duquel se forment le tissu nerveux et
l'épiderme.
ectopique : qualifie l'expression d'un gène si celle-ci
se déroule dans un territoire où ce gène ne
s'exprime normalement pas.
embryogenèse : développement précoce d'un
embryon à partir d'un zygote.
embryon : organisme en développement non encore
autonome.
empreinte parentale (ou «sceau génomique » :
inactivation différentielle de certains gènes selon
leur origine maternelle ou paternelle.
endocrinie : qualifie le fonctionnement d'une glande qui
déverse ses produits de sécrétion dans le milieu
intérieur (sang des vertébrés).
endoderme (ou entoblaste) : feuillet embryonnaire interne
à partir duquel se forment notamment les
épithéliums des systèmes digestifs et
respiratoires.
engagement : Entrée dans une voie de
développement caractéristique.
enhancer (ou séquence activatrice) :
séquence d'ADN augmentant la probabilité qu'un
gène soit transcrit, probablement en agissant sur la
chromatine ; un enhancer peut être très
éloigné du gène qu'il régule (son action
nécessiterait alors la formation de boucles d'ADN) et il peut
interagir avec des facteurs de transcription spécifiques.
épigénétique : qualifie un facteur
lié à l'environnement dans lequel vit un organisme et
qui modifie l'expression de son programme génétique au
cours de l'ontogénèse.
épissage alternatif (ou différentiel) :
modification du choix des exons conservés lors de
l'épissage, pouvant aboutir à la synthèse de
protéines différentes à partir d'un même
ARN prémessager.
épissage de l'ARN (splicing) : processus de
maturation des transcrits primaires caractérisé par
l'excision des introns et la soudure (épissage) des exons
situés de part et d'autre de chaque intron excisé
épithélium : couche(s) de cellules jointives
recouvrant une surface externe (ex : épiderme de la peau) ou
tapissant une cavité(endothéium).
exon : segment d'ADN transcrit et généralement
codant, alternant à l'intérieur d'un gène
eucaryote avec les introns ; les copies d'exons présents dans
le transcrit primaire sont conservés lors de sa maturation et
se retrouvent donc dans l'ARN mâture fonctionnel.
facteur de croissance : désigne une large famille de
polypeptides sécrétés par de nombreux types
cellulaires et stimulant généralement de façon
locale (par voie paracrine et/ou autocrine) la prolifération
et/ou la différenciation. Certains (FGF, TGFß) sont des
signaux inducteurs impliqué notamment dans l'induction
mésodermique.
facteur de croissance dérivés du cerveau (ou
BDNF : Brain Derived Neurotrophic Factor) : peptide
sécrété par les neurones et les cellules
musculaires. Il contrôle la différenciation et la survie
des neurones, en particulier de motoneurones
facteur de croissance de l'épiderme (ou EGF
Epithelial Growth Factor) : peptide produit par de nombreux
types cellulaires (myoblaste, neuroblaste, chondroblaste) dont il
stimule la prolifération et la différenciation.
facteurs de croissance des fibroblastes (ou FGF Fibroblast
Growth Factor) : grande famille de peptides produits par de
nombreux types cellulaires (fibroblaste, neuroblaste, gliobaste,
chondroblaste) dont ils stimulent la prolifération et la
différenciation. Il en existe deux grandes formes : a (acide)
et b (basique).
facteur de croissance du ganglion ciliaire (ou CNTF :
Ciliary Neurotrophic Factor) : peptide
sécrété par les neurones et les cellules
musculaires et contrôlant la différenciation et la
survie des neurones, en particulier des motoneurones.
facteur de croissance du nerf (ou NGF : Nerve Growth
Factor) : dimère protéique abondant dans les
glandes salivaires de la souris mâle adulte et produit par les
cellules nerveuses (neurones et cellules gliales). C'est la 1ere
neurotrophine découverte. Elle stimule localement la
poussé neuritique et maintient la survie des neurones du
système nerveux central et périphérique.
facteur de croissance dérivé des plaquettes (ou
PDGF I et Il : Plateled Derived Neurotrophic Factor) :
protéine hétéodimérique produite par les
plaquettes sanguines, mais aussi par d'autres types cellulaires. Elle
stimule localement la prolifération des fibroblastes,
myoblastes et glioblastes.
facteur de différenciation des pneumocytes (ou FPF :
Fibroblast Pneumocyte Factor). : peptide produit par les
fibroblastes du tissu pulmonaire sous l'effet des
glucocorticoïdes et stimulant la synthèse de la fraction
lipidique du surfactant par les pneumocytes de type II.
facteur de transcription : terme général
regroupant toutes les protéines (sauf l'ARN polymérase)
se liant à l'ADN pour initier ou contrôler la
transcription.
facteur général de transcription :
protéine nécessaire à la transcription des
gènes d'une même classe et participant à la
formation du complexe d'initiation qui se forme près du site
de démarrage de la transcription.
facteur spécifique de transcription : protéine
se fixant spécifiquement à une séquence
régulatrice d'ADN (qui peut être éloigné
du site d'initiation de la transcription) et contrôlant
seulement la transcription des gènes possédant cette
séquence. De tels facteurs déterminent notamment la
spécificité tissulaire de l'expression des gènes
et jouent un rôle important dans le développement
embryonnaire.
fermeture-éclair à leucines (ou leucine
zipper) motif de dimérisation caractérisant
certains facteurs de transcription et constitué d'une
structure en hélice et contenant des leucines alignées
parallèlement à l'axe de l'hélice.
FGF (fibroblast growth factor) : famille de facteurs de
croissance produits par de nombreux types cellulaires dont ils
stimulent la prolifération. Ils inhibent la
différenciation de nombreux types de cellules souches et
constituent aussi des signaux inducteurs impliqué dans le
développement embryonnaire.
fibroblaste : cellule du tissu conjonctif,
sécrétant les différents composé de la
matrice extracellulaire.
gène : ensemble de séquences d'ADN
(régulatrices et transcrites) permettant la production
régulé soit d'un ARN de structure (ARN de transfert et
ARN ribosomaux), soit d'un ARN messager codant une chaîne
polypeptidique spécifique (ou plusieurs chaînes par
suite d'un épissage alternatif).
gène à effet maternel : gène transcrit
dans l'organisme maternel au cours de l'ovogénèse et
dont les produits peuvent agir très tôt lors du
développement, embryonnaire, c'est-à-dire dès la
fécondation et avant même que les gènes
zygotiques ne soient exprimé ; les ARN maternels peuvent aussi
intervenir plus tardivement au cours du développement
embryonnaire (cas de la drosophile).
gène homéotique : gène responsable de
l'acquisition par un territoire embryonnaire donné d'une
identité positionnelle ; appelé aussi gène
sélecteur homéotique car il sélectionne les
gènes activé par exemple dans chaque parasegment de
l'embryon de drosophile.
gène pair-rule : gène de segmentation
dont l'expression périodique le long de l'axe
antéropostérieur de l'embryon de drosophile
détermine la subdivision en parasegments.
gène zygotique (ou gène à effet
zygotique) : gène porté par le génome du zygote
; son origine est donc maternelle ou paternelle ; l'activation
transcriptionnelle de ces gènes est différé par
rapport à la fécondation, si bien que le début
du développement embryonnaire est uniquement sous le
contrôle de gènes à effet maternel.
génie génétique : ensemble de techniques
permettant d'introduire un gène étranger dans le
génome d'une bactérie ou d'une cellule eucaryote.
génome : totalité de l'information
génétique d'un organisme ou d'une cellule.
génotype : ensemble des éléments codants
du génome conduisant à l'expression du
phénotype.
glucocorticoïdes : hormones stéroïdes
sécrétées par les corticosurrénales (ex :
corticostérone, cortisol).
gonade : glande sexuelle (ou génitale) produisant des
hormones et des gamètes. La gonade mâle est le
testicule, la gonade femelle est l'ovaire.
goosecoïd : gène codant un facteur
de transcription à homéodomaine présentant des
homologies avec les gènes bicoïd et gooseberry de
la drosophile. Il est exprimé dans l'organisateur de Spemann
chez les amphibiens, et dans le noeud de Hensen des
mammifères. L'expression de ce gène induit la
réalisation des mouvements morphogénétiques de
la gastrulation et conduit à la différenciation des
cellules mésodermiques et endodermiques les plus
antérieures dans l'embryon.
GRF (ou Growth Hormone Releasing Factor. ou
somatocrinine) : c'est un peptide hypothalamique responsable de la
libération de l'hormone de croissance.
hedgehog : gène de polarité segmentaire
de la drosophile codant une protéine
sécrétée.
hélice-boucle-hélice (ou HLH :
helix-loop-helix) : motif polypeptidique caractéristique
de certains facteurs de transcription dont il permet la
dimérisation (ex: MyoD1-E2A).
hélice-tour-hélice (ou HTH :
helix-turn-helix) motif polypeptidique de liaison à l'ADN,
présent notamment dans les homéodomaines et les
domaines paired de certains facteurs de transcription.
hétérodimère : molécule
résultant de la combinaison de deux molécules
différentes.
hétérozygote (pour un gène donné :
qualifie un organisme (ou une cellule) diploïde
présentant deux allèles différents pour un
gène donné sur les deux locus homologues d'une
même paire de chromosomes homologues.
histone : protéine chromosomique basique
spécifique des cellules eucaryotes et s'associant à
l'ADN nucléaire.
histolyse ou cytolyse : destruction des tissus ou cellules sous
l'action d'enzymes lytiques lysosomiales.Elle est fondamentalement
différente de la mort cellulaire programmée par
apoptose
gènes du developpement : Ils répondent aux
spécificités suivantes :
- Intervention précoce
- Rôle sur la polarité de lembryon
- Rôle sur la spécification de territoires
- Rôle sur la morphogénèse, la croissance ou la
différenciation cellulaire, et sur la régulation de ces
différents mécanismes.
hnf3ß (hepatic nuclear factor 3ß) :
gène codant un facteur de transcription qui possède un
domaine fork-head. Chez les mammifères, il est
exprimé dans le noeud de Hensen et la corde et joue un
rôle essentiel dans la formation de la corde.
HOM : famille de gènes homéotiques
chez la drosophile codant des facteurs de transcription à
homéodomaine, impliqué notamment dans la mise en place
d'identité positionnelles de chaque parasegment suivant l'axe
antéropostérieur de l'embryon.
homéoboîte (ou homéobox) :
séquence d'ADN codant un homéodomaine.
homéodomaine : domaine polypeptidique contenant un
motif hélice-tour-hélice permettant la fixation
à l'ADN, codé par une homéoboîte
présente notamment dans les gènes HOM et
Hox.
homéogène : gène possédant dans sa
séquence codante un motif de type homéobox.
homologie : similitude dans la structure d'un organe, d'une
protéine ou d'un gène reflétant une origine
commune lors de l'évolution (s'oppose au terme analogie,
utilisé quand la similitude ne reflète pas une origine
commune).
homozygote (pour un gène donné : qualifie un
organisme (ou une cellule) diploïde présentant le
même allèle sur les deux locus homologues d'une
même paire de chromosomes homologues.
hormone : molécule (peptide, stéroïde ou
amine biogène) synthétisée par une glande,
déversée dans le sang (endocrinie) et agissant à
distance sur une cellule cible.
hormone anti-mülérienne : hormone de nature
glycoprotéque sécrétée par les cellules
de Sertoli du testicule des mammifères mâles en
développement.
hormone corticotrope (ou corticotrophine ou hormone
corticostimulante ou ACTH : Corticotropic Releasing Hormone) :
hormone peptidique sécrétée par la pars
distalis de l'adénohypophyse.
hormone de croissance (ou STH : Somatotropic
Hormone; ou GH : Growth Hormone; ou somatotrophine) :
hormone peptidique sécrétée par la pars
distalis de l'adénohypophyse.
hormone lactogène placentaire (ou hPL ou HCS hormone
chorionique somatomammotrope) hormone peptidique
sécrétée par le placenta et favorisant le
développement du foetus.
hormone thyréotrope (ou TSH : Thyrotropic
Releasing Hormone ; ou thyrotrophine ou hormone
thyréostimulante) : hormone de nature glycoprotéique
sécrétée par la pars distalis de
l'adénohypophyse.
Hox : famille d'homéogènes des
vertébrés codant des facteurs de transcription à
homédomaine, impliqués dans la mise en place
d'identités positionnelles le long de l'axe
antéropostérieur dans le rhombencéphale et les
somites, et impliqués également dans le
développement du bourgeon du membre.
hybridation des acides nucléiques : processus par
lequel deux séquences nucléotidiques
complémentaires s'apparient ; technique utilisé pour
détecter des séquences nucléotidiques
spécifiques.
hybridation in situ : technique permettant notamment de
localiser sur une coupe de tissu ou de cellule une molécule
d'ADN ou d'ARN messager cette technique nécessite
l'utilisation d'une sonde nucléotidique simple brin et
marqué (par exemple radioactive), ce qui permet de
détecter ensuite l'hybride formé (par exemple par
autoradiographie).
hydrolase : enzyme coupant les liaisons ester, peptidique et
osidique, par addition d'une molécule d'eau.
hypothalamus : structure nerveuse issue de la vésicule
cérébrale de l'embryon. Elle est en liaison
anatomo-fonctionnelle avec l'adénohypophyse, dont elle stimule
ou inhibe le fonctionnement.
Id (inhibitor of DNA binding) : facteur
protéique à hélice-boucle-hélice
s'opposant à l'effet des facteurs transrégulateurs
(myogéniques).
IGFs : voir somatomédines
induction embryonnaire : émission au cours de certains
stades du développement embryonnaire d'un signal par une
cellule embryonnaire inductrice vers une cellule embryonnaire
compétente apte à recevoir ce signal. Le signal
inducteur induit cette cellule compétente à s'engager
irréversiblement dans une voie de différenciation
particulière.
induction neurale : processus se produisant dans la gastrula
des vertébrés et conduisant l'ectoderme dorsal à
former du neurectoderme. Cette induction met en jeu des signaux
verticaux provenant du mésoderme (chorde) sous-jacent et
probablement aussi des signaux tangentiels (dans le plan de
l'ectoderme).
insuline : hormone peptidique hypoglycémiante
sécrétée par les cellules ß du
pancréas endocrine.
intégrine : membre d'une grande famille de
protéines transmembranaires, susceptibles d'une grande
variabilité en fonction des formes moléculaires des
deux sous unités cosntitutives (a et ß) du dimère
qu'elles forment dans le plan de la membrane plsamique. Elles sont
impliquées dans l'adhérence cellulaire, la
réalisation de contact focaux intercellulaires par
regroupement d'intégrines (clustering). Leur rôle dans
la transmission de signaux (intérieur vers exterieur de la
cellule, et vice versa), est essentiel pour l'adaptation cellulaire
à son environnement, dans les mécanismes de
différenciation et les processus de reconnaissance
spécifiques inter-cellulaires.
interphase : période la plus longue du cycle cellulaire
séparant deux divisions cellulaires mitotiques et comprenant
successivement une première phase de croissance cellulaire
(Gl), une phase S de réplication de l'ADN et une seconde phase
de croissance (G2)-
intron : segment d'ADN transcrit mais non codant, alternant
à l'intéieur d'un gène eucaryote avec les exons
; les copies d'introns présents dans le transcrit primaire
sont excisés lors de la maturation de ce transcrit, si bien
que l'ARN mâture fonctionnel se trouve dépourvu
d'intron.
kinase : enzyme catalysant le transfert d'un groupement
phosphoryle de l'ATP (ou parfois du GTP) à un substrat.
Certaines kinases transfèrent le groupement phosphoryle d'un
métabolite riche en énergie à l'ADP pour former
de l'ATP.
lignage : Ensemble de la descendance dune cellule
Lim-1 : gène codant un facteur de transcription
à homéodomaine, exprimé chez les
mammifères dans le noeud de Hensen et la ligne primitive. Son
inactivation retarde la formation du noeud de Hensen et
entraîne l'absence totale de structures céphaliques et
de cerveau antérieur. Chez le xénope, le gène
XLim-1 est exprimé dans l'organisateur de Spemann.
locus : position d'un gène donné sur un
chromosome.
malnutrition : déficit qualitatif dans l'apport de
nourriture.
matrice extracellulaire : enchevêtrement complexe de
macromolécules extracellulaires sécrétées
notamment par les fibroblastes (et les cellules
mésenchymateuses) dans les tissus conjonctifs. Ce
réseau qui entoure les cellules contient principalement des
protéines fibreuses (collagène, élastine,
fibronectine, laminine), ainsi que des glycosaminoglycanes et des
protéglycanes (qui font de cette matrice un gel
hydraté. Elle joue un rôle mécanique (support
structural des cellules), mais intervient aussi dans le
développement embryonnaire et le fonctionnement des
cellules.
méiose : ensemble de deux divisions cellulaires
successives précécé d'une seule phase de
réplication de l'ADN et aboutissant à partir d'une
cellule diploïde initiale à la formation de quatre
cellules haploïdes. La première division, qualifié
de réductionnelle, sépare les chromosomes homologues.
La deuxième division, qualifiée d'équationnelle,
sépare les deux chromatides de chaque chromosome.
mésencéphale : partie moyenne du cerveau des
vertébré.
mésoderme chordal (ou chordomésoderme) :
région du mésoderme axial de l'embryon de
vertébré à l'origine de la chorde.
mésoderme préchordal : ensemble des cellules
mésodermiques migrant les premières au cours des
mouvements morphogénétiques de la gastrulation chez les
vertébré, et formant la structure mésodermique
la plus antérieure dans l'embryon, appelé plaque
préchordale. Cette partie du mésoderme formera le
mésenchyme céphalique, d'où dérive une
partie du squelette et du mésoderme de la tête.
mésothélium : épithélium simple
doublant les cavité séreuses du corps (ex :
péritoine).
métamère unité d'organisation
répétée dans le corps.
métamérie organisation
caractérisée par la répétition
d'unité le long de l'axe antéropostérieur de
l'embryon.
métaphase : stade de la division nucléaire
caractérisé par l'alignement des chromosomes dans le
plan équatorial de la cellule.
microtubule : fibre du cytosquelette constituant une longue
structure cylindrique et formé par la polymérisation de
molécules de tubuline alpha et ß.
mitose : division de la cellule eucaryote au cours de laquelle
les chromosomes sont visibles. Elle aboutit à la
répartition de deux lots identiques de chromosomes dans deux
cellules filles qui seront donc génétiquement
identiques. Elle se fait en quatre étapes : prophase,
métaphase, anaphase et télophase.
morphogène qualifie une substance présentant
dans un territoire embryonnaire un gradient de concentration et qui
détermine le développement de structures
spécifiques en fonction de sa concentration, laquelle
constitue une véritable information de position.
morphogenèse : ensemble de transformations anatomiques
et physiologiques survenant au cours du développement de
certains animaux et permettant le passage de la forme larvaire
à la forme adulte.
mort cellulaire programmée : processus
génétiquement déterminé qui aboutit
à la dégénérescence de la cellule.
Mos : produit du proto-oncogène c-mos, cette
sérine/thréonine kinase constitue un composant
essentiel du facteur cytostatique CSF. Elle est impliqué dans
les premiers stades de la maturation ovocytaire chez les amphibiens
(rupture de la vésicule germinative, activation du MPF,
expulsion du premier globule polaire). Elle intervient aussi dans le
blocage de la maturation méiotique des ovocytes en
métaphase Il chez les amphibiens et les mammifères.
MPF (M-phase-promoting factor) :
hétérodimère protéique contenant une
cycline mitotique et la kinase Cdc2 (encore appelé Cdkl) ; il
permet l'entré de la cellule en phase M en induisant notamment
la condensation de la chromatine et la fragmentation de l'enveloppe
nucléaire ; à l'origine, ce facteur fut
dénommé maturation-promoting factor car il
permet la maturation des ovocytes Il d'amphibiens.
mutation : modification brutale du matériel
génétique, spontanée ou provoquée par des
agents mutagènes, transmissible si elle affecte le
génome des gamètes ; certaines mutations modifient la
séquence d'ADN, ce qui peut entraîner une modification
de la structure et une altération de la fonction de la
protéine traduite ; d'autres mutations modifient la structure
chromosomique.
mutation homéotique : mutation qui induit les cellules
d'une région du corps de l'embryon à se
différencier comme si elles étaient localisés
ailleurs dans l'embryon, ce qui perturbe le plan d'organisation de
l'embryon, en modifiant l'identité d'un segment
embryonnaire.
myoblaste : cellule embryonnaire uninucléée
déterminé pour la différenciation
myogénique.
myogenèse : processus du développement
embryonnaire conduisant à partir de cellules
mésodermiques des somites à la formation de myoblastes,
puis de myotubes qui fusionnent pour former des fibres
musculaires.
myotube : cellule myogénique différenciée
plurinucléée, issue de la fusion de myoblastes et
précurseur d'une fibre musculaire.
myotome : partie des somites à l'origine des muscles
strié squelettiques.
N-CAM (neural-cell adhésion molecule) :
Molécule d'adhérence cellulaire des neurones ; ces
protéines transmembranaires permettent l'établissement
d'une liaison entre neurones, cette liaison étant
indépendante du calcium.
nécrose : voir histolyse / cytolyse
neuroblaste : neurone embryonnaire.
neurohormone : hormone peptidique
sécrétée par des neurones du système
nerveux central.
neurotrophine : facteur de croissance contrôlant
localement la prolifération, la différenciation et la
survie des neurones du système nerveux central et
péiphéique.
nodal : gène isolé chez la souris, codant
une protéine sécrétée appartenant
à la famille du TGFß et dont l'expression est
nécessaire à la formation du noeud de Hensen. Il est
exprimé dans les cellules entourant le noeud de Hensen en
début de gastrulation et participe à la mise en place
du mésoderme.
oncogène : un des très nombreux gènes
pouvant contribuer à transformer une cellule en cellule
cancéreuse ; c'est généralement la forme
muté d'un proto-oncogène devenue
génératrice de tumeur.
ontogenèse : développement de l'individu, de
l'oeuf fécondé jusqu'à l'état adulte.
organisateur de Spemann (ou centre organisateur) :
tissu spécialisé de l'embryon d'amphibiens
présent dans la zone marginale dorsale de la blastula
âgée, puis dans la lèvre dorsale du blastopore de
la jeune gastrula. Il émet des signaux inducteurs qui, en
agissant sur les cellules mésodermiques voisines, participent
à la régionalisation du mésoderme. Il
émet également des signaux qui vont participer à
l'induction neurale des cellules ectoblastiques voisines. Ce centre
organisateur, découvert par Spemann et Manglod en 1924, est
lui-même induit par le centre de Nieuwkoop pendant la
segmentation.
organogenèse : mouvements
morphogénétiques, inductions embryonnaires et
régionalisations qui font suite à la gastrulation et
conduisent au raffinement du plan d'organisation de l'embryon et
à la mise en place des ébauches d'organes.
Otx2 : gène codant un facteur de
transcription à homéodomaine. Il constitue un marqueur
précoce du neurectoderme, puis du cerveau antérieur
chez les mammifères.
paracrinie : qualifie la production par une cellule de
médiateurs chimiques diffusant dans le milieu extracellulaire
et agissant sur les cellules voisines.
Pax : famille de gènes du développement
codant des facteurs de transcription à domaine paired,
impliqué notamment dans l'établissement
d'identité positionnelles suivant l'axe dorso-ventral dans le
tube neural et les somites.
PCR (polymerase chain réction) : réction
de polymérisation en chaîne ; 'Technique permettant
d'amplifier de façon exponentielle des séquences
spécifiques d'ADN par une succession de cycles
dénaturation (séparation des brins
complémentaires par une brève élévation
de température) hybridation (des courtes amorces
oligonucléotidiques s'associent à chaque brin d'ADN
servant de matrice) - élongation (allongement des amorces
grâce à une ADN polymérase).
permissif : qualifie le contrôle exercé par une
molécule sur l'activité biologique d'une autre.
phénotype : ensemble des caractéristiques
observables d'un organisme ou d'une cellule déterminés
notamment par le génotype.
Phosphatase : enzyme qui catalyse l'hydrolyse des liaisons
esters phosphoriques. Selon le pH où se situe leur
activité optimale, on distingue les phosphatages acides et
alcalines.
plasticité: possibilité d'adaptations
fonctionnelles et de réarrangements structuraux au sein d'un
tissu, en particulier le tissu nerveux, au cours du
développement et chez l'adulte.
plaque équatoriale : ensemble des chromosomes
regroupé dans un plan perpendiculaire à l'axe du fuseau
mitotique, à égale distance des deux pôles de la
cellule et observable en métaphase de mitose.
pleïotrope : qualifie un facteur dont les effets sont
multiples.
pneumocyte : cellule épithéliale de
revêtement des alvéoles pulmonaires. On distingue les
Pneumocytes de type 1 (membraneux), nombreux et aplatis, constituant
la surface d'échange, et les pneumocytes de type II
(granuleux), sécrétant le surfactant.
pôle animal : région supérieure de l'oeuf,
présente au sommet de l'hémisphère animal
(lequel contient peu ou pas de vitellus) et proche du noyau.
pôle végétatif : région
inférieure de l'oeuf, opposé au pôle animal. Elle
constitue le pôle de l'hémisphère
végétatif (lequel est souvent riche en vitellus).
polymérase : enzyme catalysant l'association d'un
nombre plus ou moins grand d'unités chimiques identiques ou
différentes, par exemple l'ADN polymérase ou les ARN
polymérases.
potentialisation : qualifie l'effet plus important
exercé par une molécule en présence d'une autre,
plutôt que seule.
prolactine : hormone peptidique sécrétée par
la pars distalis de l'adénohypophyse.
promoteur : séquence régulatrice de l'ADN
situé en amont (en 5') de la région transcrite d'un
gène, contenant le site de fixation de l'ARN polymérase
et pouvant aussi fixer des facteurs protéiques
contrôlant l'initiation de la transcription.
prophase : première étape de la mitose durant
laquelle les chromosomes se condensent et le fuseau mitotique se
forme.
prosencéphale : partie antérieure du cerveau
embryonnaire des vertébré. Il se subdivisera en
télencéphale (à l'origine des
hémisphères cérébraux) et en
diencéphale (à l'origine par exemple des
vésicules optiques).
protéine kinase : enzyme qui catalyse le transfert du
groupement phosphoryle de l'ATP à un acide aminé
spécifique d'une protéine cible.
proto-oncogène : gène cellulaire normal
généralement impliqué dans la régulation
de la croissance ou de la division des cellules, codant des facteurs
de croissance et leurs récepteurs membranaires, des
transducteurs intracellulaires, des facteurs de transcription... Il
peut devenir, par exemple par mutation, un oncogène induisant
l'apparition d'un cancer.
Ras : produit du proto-oncogène c-ras, cette
protéine G monomérique peut se fixer et hydrolyser le
GTP ; elle intervient dans la voie de transduction de certains
signaux, notamment ceux induisant la prolifération ou la
différenciation cellulaire.
récepteur : toute molécule capable de
reconnaître une autre molécule spécifique,
porteuse d'une information. Ces récepteurs sont
localisé dans les différentes membranes et le noyau de
la cellule. Par définition la liaison d'une molécule
(ligand) à un récepteur possède 3
propriétéq fondamentales : la liaison est
spécifique, saturable, réversible
recombinaison homologue : technique permettant d'inactiver
sélectivement un gène endogène chez un animal
transgénique (souris) en remplaçant ce gène par
un transgène quasiment identique mais dans lequel on a
introduit une mutation qui l'inactive.
redondance : Plusieurs gènes pour une même
fonction
régionalisation : acquisition de différences
régionales concernant l'engagement de cellules embryonnaires
dans une voie spécifique de développement.
réplication : reproduction conforme de
macromolécules, telle que l'ADN.
réplication de l'ADN : processus de duplication des
molécules d'ADN, dont le mécanisme est
semi-conservatif.
rhombencéphale : partie postérieure du cerveau
embryonnaire des vertébré. Il se subdivisera en
mésencéphale (à l'origine notamment du cervelet)
et en myélencéphale (qui va constituer le bulbe
rachidien).
rhombomères : unité segmentaires (ou
métamères) subdivisant le rhombencéphale des
vertébrés ; ce sont de véritables unité
de différenciation neuronale spécifique participant par
exemple à la formation de nerfs crâniens
différents.
segmentation : division (ou clivage) du zygote en un nombre
croissant de blastomères. Ce terme est aussi utilisé
pour le fractionnement d'un organisme, d'une structure ou d'un tissu
en unité distinctes (ex : métamérisation chez
les insectes, segmentation du mésoderme somitique et du
rhombencéphale chez les vertébré).
séquence : succession linéaire de
nucléotides (ou d'acides aminé) dans un acide
nucléique (ou une protéine).
séquentiel : qualifie l'effet exercé dans le temps
par des molécules différentes.
signal inducteur (facteur de signalisation) : substance
informative émise par un territoire embryonnaire
déterminé (tissu inducteur) et agissant sur un
territoire embryonnaire indifférencié (tissu cible) en
l'engageant irréversiblement dans une voie spécifique
de différenciation.
somatomédines : facteurs de croissance de nature
peptidique, appelé aussi Insuline-like Growth
Factors ou IGF (somatomédine A ou IGF-1 et
somatomédine C ou IGF-2), sécrétés par de
nombreux tissus en développement et par le foie de l'adulte,
sous' le contrôle de l'hormone de croissance.
sonic hedgehog : gène exprimé au
cours du développement embryonnaire des vertébré
et homologue du gène hedgehog de la drosophile. Il code
une protéine sécrétée impliquée
dans des processus d'induction embryonnaire («ventralisation
» du tube neural, induction du sclérotome, polarisation
du membre). Exprimé seulement du côté gauche du
noeud de Hensen au cours de la gastrulation dans l'embryon de poulet,
ce gène contribue à différencier le
côté droit du côté gauche de cet
organisme.
Sox : famille de gènes du
développement codant des facteurs de transcription dont le
motif de liaison à l'ADN est un domaine HMG très proche
de celui de la protéine SRY.
SRIF (Somatotropic Release Inhibiting Factor ou
somatostatine) : c'est un peptide hypothalamique inhibant la
libération de l'hormone de croissance hypophysaire.
SRY (sex région Y) : gène
situé sur le bras court du chromosome Y des mammifères,
codant une protéine à domaine HMG, et
déclenchant une cascade d'activations génétiques
qui conduit à la différenciation testiculaire.
surfactant : phospholipide associé à une
protéine qui s'étale en un film moléculaire
à la surface des alvéoles et diminue ainsi la tension
de surface du feuillet aqueux permettant l'extensibilité des
alvéoles.
syncytium : formation cytoplasmique plurinucléée
délimitée par une seule membrane plasmique et pouvant
résulter soit d'une succession de divisions nucléaires
sans division cytoplasmique (cas de l'embryon précoce de
drosophile), soit de fusion de plusieurs cellules (cas de la fibre
musculaire).
synergie : qualifie l'action de deux molécules allant
dans le même sens, l'une potentialisant l'action de l'autre.
L'effet qui en résulte est supérieur a la somme des
effets individuels (1+1 > 2).
TBP (TATA-box-binding protein) :
sous-unité du facteur général de transcription
TFIID. Sa fixation sur la séquence TATA présente dans
le promoteur des gènes de classe Il (gènes codant des
protéines) est nécessaire à l'initiation de leur
transcription par l'ARN polymérase Il.
télophase : quatrième et dernière phase de
la mitose au cours de laquelle les deux lots de chromosomes fils se
décondensent et s'entourent d'une enveloppe nucléaire
tandis que s'achève la cytodiérèse.
territoires présomptifs : Localisation dun
lignage exprimant des potentialités spécifiques,
reproductibles dans le temps, lespace et
lespèce
TGFß (transforming growth factor P) :
famille de facteurs de croissance contrôlant la
prolifération et les fonctions de la plupart des cellules de
vertébré. Les membres de cette famille sont
synthétisés et sécrétés sous la
forme de grands précurseurs inactifs, lesquels doivent subir
ensuite une protéolyse pour devenir actifs. Cette famille
englobe aussi la protéine Decapentaplegic de la drosophile, la
protéine Vg1 du xénope, l'Activine et les
protéines BMP et la protéine Nodal.
thyroïde : glande endocrine situé à la base
du cou et dérivée de l'endoderme pharyngien. Elle
sécrète la tétra-iodothyronine (T4),
précurseur de la triiodothyronine (T3) obtenue par
déiodation.
totipotent : qualifie une cellule ou un tissu non
différencié capable de donner naissance à tous
les types de cellules ou de tissus différencié (ex
zygote, premiers blastomères).
traduction : processus par lequel l'information
génétique contenue dans la séquence des
nucléotides de l'ARN messager mâture est exprimé
par la constitution d'une séquence d'acides
aminés.
trans (régulation en) : régulation de
l'expression d'un gène par l'intermédiaire d'un facteur
capable d'interagir avec une séquence régulatrice de ce
gène.
transcriptase inverse (ou transcriptase reverse) enzyme
catalysant la formation d'un ADN complémentaire à
partir d'un ARN. Elle permet aux rétrovirus (virus à
ARN) de copier leur ARN en ADN qui s'intègre ensuite à
l'ADN des cellules de l'hôte. Elle constitue aussi un outil en
biologie moléculaire pour reproduire in vitro des
séquences d'ADN à partir d'un ARN isolé
transcription : processus permettant de copier des
séquences d'ADN en molécules d'ARN.
transcrit : ARN issu de la transcription d'une séquence
d'ADN.
transduction : transmission d'un signal extracellulaire
à l'intérieur de la cellule cible (possédant un
récepteur spécifique à ce signal), mettant
généralement en jeu une cascade de réactions et
de molécules-relais intracellulaires et pouvant aboutir
à un contrôle transcriptionnel dans le noyau.
transformation homéotique : changement
d'identité d'un segment donné
transgène : séquence d'ADN exogène
introduite dans un organisme receveur (par exemple en utilisant des
vecteurs rétroviraux), insérée par recombinaison
génétique à l'intéieur du génome
du receveur et transmissible.
transgenèse : ensemble des techniques permettant de
transférer un gène d'un organisme à un
autre.
transgénique : qualifie un organisme dans lequel on a
transféré un transgène et qui l'a
incorporé dans son génome (ex : souris
transgénique).
transposition : changement de localisation d'un transposon
à l'intéieur d'une molécule d'ADN à une
autre. Elle entraîne des recombinaisons
génétiques et parfois des mutations.
tubuline : protéine monomérique (a et ß)
dont la polymérisation conduit à la formation des
microtubules, éléments constitutifs polarisés du
cytosquelette.
urodèle : amphibien peu ou pas
(néoténique) modifié à la
métamorphose.
Vg1 : protéine sécrétée
appartenant à la famille du TGFß. Elle est traduite
à partir d'ARNm maternel dans la région
végétative corticale de l'ovocyte de xénope.
Lors de la rotation corticale déclenchée par
l'entrée du spermatozoïde dans l'ovocyte, la
protéine Vg1 est activée par clivage et participe
alors, dans la jeune blastula, à l'induction de l'organisateur
de Spemann.
vitellus : ensemble des substances de réserve
accumulés dans le cytoplasme de l'ovocyte lors de sa phase de
croissance et qui seront utilisés lors des premières
phases du développement embryonnaire.
zone d'action polarisante (ZAP) : groupe de cellules
localisés dans la partie postérieure du bourgeon du
membre des vertébré, et contrôlant le
schéma d'organisation antéro-postérieure du
membre.
zygote : cellule diploïde issue de la fécondation
du gamète femelle (l'ovocyte) par un gamète mâle
(le spermatozoïde) et fondatrice d'un organisme.
la régulation hormonale fera aussi partie du cours de Biologie de la Reproduction. Cet exposé sera davantage centré sur les mécanismes géniques et les transrégulations intracellulaires, sur les mécanismes intracellulaires de croissance et de différenciation.
Voir également vos cours spécifiques de Biologie cellulaire et de biochimie sur les molécules d'adhésion, ainsi que le cours d'histologie moléculaire sur le tissu conjonctif.
3
Voir aussi toutes les notions acquises en cours de Biologie
cellulaire sur le cycle cellulaire, les mécanismes de la
mitose, les mécanismes de la duplication de l'ADN.
Nous ne traitons ici que les points spécifiquement liés
au développement embryonnaire.
4 QUELQUES DEFINITIONS UTILES :
1 Les proto-oncogènes : gène cellulaire normal généralement impliqué dans la régulation de la prolifération/ différenciation des cellules. Il codet pour des facteurs de croissance et leurs récepteurs, pour des transducteurs intra-cellulaires, pour des facteurs de transcription, etc. Par mutation le proto-oncogène peut devenir un oncogène induisant une prolifération/différenciation anormale et souvent un cancer. Les gènes jun, fos, myc sont typiques de cette classe.
2 Les oncogènes : c'est généralement la forme mutée d'un proto-oncogène. Il provoque la transformation cellulaire et une prolifération cancéreuse.
3 Les anti-oncogènes : les anti-oncogènes sont aussi à rapprocher des proto-oncogènes. Mutés ou non, ils jouent également un rôlr très importants dans le contrôle de la prolifération cellulaire. Par définition ils ont une action inhibitrice (Nous n'en citerons que deux : P53 et RB).
5 Nous ne considérons ici que les mécanismes de régulation de l'apoptose. Voir d'autres traîtés et les cours de Biologie Cellulaire pour les descriptifs morphologiques de l'apoptose ainsi que vous documenter sur l'ensemble des cascades évenementielles qui conduisent à la mort cellulaire programmée.
6 voir aussi le chapitre concernant le contrôle génique du développement et le paragraphe consacré aux gènes de détermination, ainsi que le cours d'histologie sur le tissu musculaire.
7
Cette partie du cours, en particulier les échanges
foeto-maternels, sera reprise dans d'autres enseignements, en
Biologie de la Reproduction ainsi qu'en Physiologi.e
Nous ne transcrivons ici que des aspects plus moléculaires,
touchant les régulations intra-cellulaires.
8 Les grandes voies de régulation intracellulaire par les facteurs de signalisation exogènes (hormones, facteurs de croissance, etc) ne sont qu'à peine évbauchées dans ce cours, réduites à l'essentiel pour comprendre le développement. Le détail de ces voies (celle de l'AMPc, du GMPc, des tyrosines-kinases et mapkinases, des phosphoinositides et du calcium, etc...) seront revues dans d'autres cours, en particulier en biochimie.
9 Voir aussi la définition de paracrinie, endocrinie, autocrinie dans d'autres ouvrages plus généraux.
10 D'autres exemples (virilisation de la sphère génitale sous l'effet de la testostérone, dimorphisme sexuel de l'hypothalamus par exemple) seront abordés en Biologie de la Reproduction
11 Les rôles du gène sonic hedgehog sont multiples, mais non abordés dans ce document (sauf dans le cadre de la fonctionnalité de la ZAP au cours du développement du membre ; voir chapitre 3)
12 Cette notion est importante : elle "recule" la détermination droite/gaucvhe à des stades trés précoces et largement antérieur à la gastrulation. En effet on sait que l'activine est exprimée chez le batracien à des stades très précoce de l'oeuf, à un des poles (pole végétatif) dès le stade 32 cellules. L'activine est un des facteurs (avec VG1 et noggin)qui conditionne déjà à ce stade très précoce l'induction du mésoderme et de la chorde , donc toute l'orientation embryonnaire obtenue au cours de la gastrulation. L'activine est largement présente chez les mammifères à des stades précoces. Il y a donc fort à parier que les recherches prochaines démontrerons un déterminisme D/G également très précoce. Chez les insectes ce déterminisme est déjà contenu dans l'oeuf (très asymétrique), avant même la fécondation.
13
E2A est un gène dont l'expression fournira soit la
protéine E12, soit la protéine E47 par épissage
alternatif.
14 Nous n'aborderons ici que l'embryologie des membres de tétrapodes pour rester sur des modèles directement applicables à l'homme.
15 Par contre, par des mécanismes encore mal connus, la crête ectoblastique apporte aussi des informations précoces sur l'orientation antéro-postérieure locale. Dans certaines expériences, la coiffe ectoblastique a été découpée et replacée in situ avec un angle de rotation de 180°. Cette manipulation aboutit alors à l'inversion de position à 180° du membre selon le sens de rotation de la coiffe (un résultat similaire à celui présenté dans la figure 2 de la page 105, mais avec le mésoblaste. Qui, du mésoblaste précoce ou de la coiffe sus-jacente, déterminent l'orientation locale du membre sur un axe antéro-postérieur ? La question reste en suspens. Mais les relations permanentes entre le mésoderme et l'ectoblaste laissent penser qu'il s'agit d'interactions evoluant dans les deux sens, séquentiellement dans le temps.
16 cette
notion de biodisponibilité est essentielle en biologie et
vous la retrouverez très souvent. Elle permet une
modulation beaucoup plus fine de l'action d'une
molécule. Comme vous le remarquerez sur le schéma
de nombreux facteurs de croissance fonctionnent sur ce principe et
possèdent des protéines binding.
Nous ne l'avons pas cité dans le chapitre consacré au
contrôle hormonal, mais c'est le cas pour les IGF(s) qui
possèdent plusieurs proteines binding (IGF-BP1, 2 et 3). Les
taux circulants d'IGF-BP1, 2 ou 3 dépendent d'autres facteurs
de régulation (insuline, l'état nutritionnel, les taux
de GH, etc), et ceci de façon variable selon la
protéine binding considérée. Il en est de
même pour l'hormonede croissance (GH) qui peut se lier à
une GH-BP1 ou à une GH-BP2.
Il est facile d'imaginer la versatilité et la capacités
physiologiques d'adaptation de tels systèmes, en particulier
au cours de la morphogénèse.
Cette biodisponibilité existe aussi pour certaines drogues et
médicaments, ainsi que pour certains micronutriments, en
particulier des vitamines, dont la distrtibution aux tissus
périphériques dépend aussi de leur transport et
protection , dans le plasma et les liquides intersticiels, par des
proteines de liaison plasmatiques. L'exemple de l'acide
rétinoïque, variant de la vitamine A, est
particulièrement illustratif. Mais n'oubliez pas que le
concept de biodisponibilité est beaucoup plus
général.