
17 mars 2006
Information spéciale pour les étudiants de M1 (Philosophie des sciences, cours "Philosophie de la mécanique"). Lien direct.
21 mars 2006
Un site a été mis en place afin d'assurer une continuité d'enseignement. Il comprend en particulier la possibilité de poser une question à partir des textes mis à disposition, ce que ne permet pas le présent site web.). Cliquez ici pour y accéder. Trois rubriques : pour le cours et le TD de S2-4 de L (révolution scientifique), pour le TD de L3 (réalisme scientifique) et pour le séminaire de M1 (philosophie de la mécanique). N'hésitez pas à consulter ce site, en attendant la reprise.

Coordination : Elie During (CIEPFC, Ecole Normale Supérieure), Fabien Chareix (EA Rationalités contemporaines- Université de Paris IV-Sorbonne)
à l'Ecole normale supérieure (Paris), Salle Dussane
Que reste-t-il de l'interprétation de la relativité d'Einstein par ses contemporains, et notamment par les philosophes ? En France, dès 1911, la communauté philosophique fut initiée aux idées relativistes par Paul Langevin. La réponse des philosophes ne fut pas toujours du goût des scientifiques. Les analyses de Bergson sur le temps relativiste dans Durée et Simultanéité (1922) sont aujourd'hui presque unanimement condamnées par les physiciens qui ne prennent pas la peine de le lire, et rares sont les philosophes qui se risquent à rouvrir le dossier. Les livres de Bachelard (La Valeur inductive de la relativité, 1929) et de Brunschvicg (L'Expérience humaine et la causalité physique, 1922) ne sont plus réédités depuis des années. Quant au livre de Meyerson, La Déduction relativiste (1925), il doit une partie de sa postérité au bon accueil que lui avait réservé Einstein au moment de sa parution.
Il est peut-être temps, un siècle après la parution des articles fondateurs de la théorie de la relativité restreinte, d'aller y voir de plus près. Pour mieux évaluer le travail de réappropriation philosophique qui a été tenté durant les années 20, on commencera par se demander quels problèmes poussaient ces philosophes à s'intéresser à des travaux scientifiques encore tout récents, et quel type de relation entre philosophie et science recouvrait, dans chaque cas, les interprétations qu'ils en donnaient. On s'intéressera aussi au rôle de Poincaré, dont la philosophie a peut-être contribué à entretenir un trouble dans la réception philosophique des idées relativistes.
La philosophie a été très tôt mise en demeure de donner un sens déterminé aux transformations que la théorie de la relativité faisait subir à la Weltbild héritée de la science classique. Il nous paraît utile, avec le recul qui est désormais le nôtre, de tenter de comprendre la nature des débats qui se sont alors noués entre physique et philosophie.
En dehors du cercle strictement français de la philosophie des sciences, la théorie de la relativité a suscité de nombreuses réactions, parfois très précoces comme celles de Paul Natorp (Die Logischen Grundlagen der Exakten Wissenschaften, 1910) ou de Moritz Schlick en 1915, (Die Philosophische Bedeutung des Relativitätsprinzip, in Zeitschrift für Philosophie und Philosophische Kritik, n° 159) proche du Cercle de Vienne. La théorie de la relativité n'y est en général pas abordée avec la réserve qui s'exprime souvent dans les lectures françaises mais il convient aussi de noter que ces débats n'ont pas été portés à la connaissance du public français avant des décennies, faute de traductions diffusées. Bien au contraire, alors que la Relativité générale est à peine confirmée par les observations d'Arthur Eddington, paraissent coup sur coup des ouvrages et articles tels ceux de Hans Reichenbach (Relativitätstheorie und Erkenntnis Apriori, 1920), traduit en langue anglaise en 1965 seulement, ou de Ernst Cassirer (Zur Einsteinschen Relativitätstheorie, 1921, trad. angl. 1953). Dans cette entreprise de découverte philosophique où se côtoient aussi, Gödel et Bertrand Russell, ce dernier (The ABC of Relativity,1925 suivi de The Analysis of Matter, London, Allen & Unwin, 1927, tr. fr. Philippe Devaux, Payot, Paris, 1965), loin de centrer son analyse sur la seule reprise des concepts philosophiques d'espace et de temps, saisit dans le formalisme d'Einstein l'idée qu'il faut désormais définitivement renoncer, en philosophie, au règne de la métaphore creuse dans laquelle il reconnaît cette métaphysique qu'il rejette. Dès 1921 Rudolf Carnap s'immisce dans les débats suscités par la lecture de Poincaré et d'Einstein sur la nature de la géométrie, de l'espace (Der Raum. Ein Beitrag zur Wissenschaftslehre, Berlin, 1922) et de la physique. Il apparaît donc clairement que, dans la philosophie française tout comme dans l'ensemble des mouvances philosophiques européennes, l'interprétation de la relativité einsteinienne a été immédiatement entamée par la philosophie, mise en demeure de produire un sens déterminé aux transformations de la weltbild héritée de la science classique. Il nous paraît utile, avec le recul qui est désormais le nôtre, de tenter de comprendre la nature des débats qui se sont alors noués entre physique et philosophie.
Voir la page consacrée au programme (avec affiche et plaquette).L'intention | Ces pages sont conçues à la manière d'un centre de ressources : on y trouvera des documents relatifs aux cours que je donne à l'université de Paris IV.
Les documents sont pour la plupart disponibles aux formats HTML et PDF. Ainsi les problèmes d'impression disparaissent, si l'on a installé les logiciels gratuits qui permettent d'ouvrir les fichiers (Acrobat Reader, Mac et PC, pour le PDF). Parfois, il a été nécessaire de réaliser une version Flash afin de pouvoir rendre compte d'un contenu pourvu d'animations. La raison d'être d'un tel site consiste donc essentiellement dans la mise à disposition d'un programme et des outils qui l'accompagnent afin que les étudiants qui seraient conduits à s'impliquer dans l'un de mes enseignements puissent trouver les éléments indispensables à une compréhension des thèmes, concepts et auteurs évoqués en séance.
Le mode d'emploi | Une seule méthode de navigation : le menu situé en haut de cette page. Les cours de l'année 2005-2006 sont accessibles dans le menu "Cours LMD". Ceux des années précédentes sont en archives. Le design web de ces anciens fichiers pourra refléter l'ancienne architecture du site : je ne mettrai à jour ces pages que si le besoin s'en fait sentir, mais vous pourrez toujours revenir à la page d'accueil. Je laisse une place à part aux enseignements d'agrégation, passés et présents, ainsi qu'aux liens destinés à donner quelques repères à ceux qui désirent trouver une information et des outils pour la pratique de la recherche documentaire sur le web. La partie privée du site ne concerne en rien l'enseignement et seuls les possesseurs d'un mot de passe peuvent y accéder.


