De la dunamis aristotélicienne aux trois lois de Newton, la notion de force structure la représentation du mouvement et du corps dans les sciences de la nature. On étudiera ses différentes figures jusqu'à l'établissement d'une science « dynamique » dans les textes de la fin du XVIIe siècle, chez Leibniz et Newton.
Texte et bibliographie donnés en séance.
Expérience, perception, sensation, sensibilité, observation, expérimentation, induction : autour des concepts reliant la science de la nature aux objets qu'elle construit à travers ses lois empiriques ou purement rationnelles, demeure une certaine indétermination. Nous tenterons de définir l'expérience dans son usage scientifique, à partir d'une lecture des textes relevant de l'histoire ou de l'épistémologie de la physique.
Textes et bibliographie donnés en TD
Licence
306A : Histoire et philosophie de la physique. Science, technique et nature depuis l'émergence de l'école galiléenne
Causes et lois, induction et fondement, connaissance théorique et expérimentale de la nature, instrumentation de la mesure, techniques et modèles. On s'appuiera sur l'étude de textes originaux pris dans l'histoire de la physique moderne pour montrer quels types de rapports nouveaux sont établis, à compter de la révolution galiléenne, entre la science physique et son objet privilégié : la nature.
Bibliographie donnée en cours.
306B : Histoire et philosophie de la cosmologie : Les représentations du monde.
Les représentations du monde, de Copernic aux premières hypothèses de la Relativité générale. On étudiera la manière dont les hypothèses cosmologiques posent la question de la légitimité et des limites d'une connaissance théorique en physique.
Bibliographie donnée en cours.
PH 414 AB (TD Méthodologie de Maîtrise)
Méthodes et discours en histoire et philosophie des sciences.
203B CM La notion de théorie physique : formalisation et falsification
Description : la mise en oeuvre, dès l'aube de la science classique, de procédures formelles dans lesquelles les théories physiques ont pris l'apparence de corps démonstratifs rigoureux, rend problématique l'idée même qu'une théorie puisse complètement en réfuter une autre. Pourtant l'histoire et la vie des théories physiques exhibent des moments de contradictions, d'oppositions jugées, sur le moment, irréconciliables (nature ondulatoire ou émissive de la lumière) et de destructions d'édifices que l'on croyait solidement établis. Qu'est-ce qui, au juste, est réfuté ou réfutable dans une théorie physique? Qu'est-ce qui échappe à la rectification et à la péremption? Dans quel rapport au vrai et au faux se situent les hypothèses? Comment une loi, si elle correspond réellement à un rapport (ou à un système de rapports si l'on suit Duhem) établi en nature, peut-elle être invalidée? Pour répondre à cette question, après l'examen de certaines théories physiques historiquement réfutées (théorie newtonienne de la lumière ou théorie électromagnétique au XIXe siècle), on puisera dans la réflexion épistémologique de Henri Poincaré, Gaston Bachelard, Pierre Duhem, Karl Popper et Thomas Kuhn des éléments de conceptualisation.
DEUG 2 /213B TD
213B TD La mathématisation de la nature
Description : on se propose d'étudier les différentes méthodes qui ont conduit, progressivement, à révéler la convergence entre les outils mathématiques et l'ordre des phénomènes naturels. Différents moments historiques sont impliqués dans cette transformation : construction antique d'une géométrie adaptée à la description des cieux, mesure médiévale de l'intensification des formes, géométrisation galiléenne des lois de conservation et d'accélération du mouvement local, mathématisation de la pesanteur puis mise en forme analytique des différentes parties de la science classique et de la science contemporaine. On étudiera plus particulièrement l'abandon progressif, corrélat sans doute d'une abstraction grandissante, de la représentation réaliste des objets dans les sciences de la nature.
PH303A.Temps et durée chez Descartes
Description : à partir d'un ensemble de textes qui vont des Regulae aux dernières Lettres, nous tenterons de saisir la définition cartésienne de la temporalité. La distinction entre duratio et tempus articule aussi, chez Descartes, celle d'une temporalité comme mode de la substance pensante et celle qui conduit à la simple mesure comparative des mouvements. Nous verrons que Descartes échappe ainsi à l'alternative entre un temps objectif issu de la tradition aristotélicienne et un temps subjectif de type augustinien.
Philosophie des sciences
PH306A.Mécanisme et science de la nature (1) : de la révolution galiléenne aux théories de l'éther.
Description : en nous apuyant sur quelques étapes historiques des différents modèles mécanistes qui jalonnent l'histoire de la physique moderne, nous interrogerons du point de vue de la philosophie des sciences la manière dont s'est organisé le thème de la réduction de la nature, envisagée comme index mathématique (cf Husserl, la Crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale). Que cette réduction s'opère dans un contexte réaliste (atomisme galiléen) ou plus instrumental (modèle mécanique de Maxwell pour la propagation des perturbations électromagnétiques), déterministe (Laplace et le Kant de la Théorie du ciel, calorique de Carnot) ou simplement conventionnel (modèle de Bohr pour les liaisons atomiques), il s'agira de comprendre, textes à l'appui, ce que ce mode de représentation implique quant à la connaissance philosophique des rapports entre pensée et nature, dedans et dehors. Toutes les représentations modernes d'une connaissance objective se sont fondées sur cette norme mécaniste, qu'il est donc utile d'interroger pour elle-même. PH306B.Mécanisme et science de la nature (2) : vie et organisme
Description : partant des mauvaises interprétations de Descartes, tant de sa théorie de l'animal machine que de son analyse des rapports entre pensée et cerveau, nous allons interroger, dans le sillage de Canguilhem, les notions de vie qui ont cours dans les sciences naturelles, la physiologie expérimentale et la médecine. L'intention est de comprendre si et comment une notion telle que celui de vie peut (ou ne peut pas) être comprise comme le produit d'une réduction physico-chimique identique à celle dont on a vu les fondements en premier semestre. C'est en effet ici que nous rencontrerons la dénonciation du caractère réducteur de toute connaissance mécaniste : peut-on réduire la vie à un index ou à une somme de paramètres sans rapports à l'individu vivant? Dans cette critique du réductionnisme de la science physique, nous rencontrerons aussi les textes de Nietzsche, la tradition vitaliste et certaines analyses de Georges Politzer, auteur d'une psychologie concrète dans laquelle se trouve affirmée l'impossibilité de connaître ou de déduire le singulier par un jeu de catégories ou de genres entrecroisés. C'est aussi la question reprise, après lui, par Canguilhem dans La connaissance de la vie.
Maîtrise de Philosophie
PH414 AB TD- Méthodologie - Lire et comprendre la science : sociologie, histoire et philosophie des sciences.
Description : A partir de textes contemporains empruntés aux sources principales de la production d'un discours sur la science, on tentera de dégager les thèses et enjeux majeurs des méthodologies contemporaines en présence. Il s'agit de donner aux étudiants un certain nombre de repères intellectuels pour leur propre pratique de la réflexion philosophique sur les objets scientifiques. À cette première partie du TD s'ajouteront des séances consacrées plus spécialement aux problèmes posés par la rédaction d'un mémoire de Maîtrise : instruments bibliographiques, sources en ligne, lecture des textes scientifiques, mise en forme problématique et techniques de rédaction, nature, pratiques et lieux de la recherche en histoire et philosophie des sciences, rédaction d'articles. Haut de page
Agrégation de Philosophie
Texte de Galilée, Dialogue sur les deux plus grands systèmes du monde, édition de travail Torino : Einaudi, 1970
Bibliographie sommaire Plan des deux premières Journées (pagination des Ed. Naz.) :
1. Première Journée. Examen de la validité philosophique du système copernicien : ses principes ne sont pas moins fondés que ceux du De Coelo. Il s'agit de dessiner un univers dans lequel les découvertes antérieures de Galilée prennent un sens : corruptibilité du ciel et des objets célestes (Sidereus Nuncius, Saggiatore), mouvement solaire (Lettre sur les sur les taches solaires, contre Scheiner), existence de satellites attachés aux planètes. Cette première Journée constitue donc un lien entre le but que se propose l'ouvrage, soit la destitution du monde aristotélico-ptolémaïque, et les activités de recherche antérieures à 1624. La Lettre à Ingoli, de cette même année, est comme le coup d'envoi de la rédaction du Dialogue. Galilée dépeint ici le monde qu'il dévoile entre 1608 et 1615. Il s'agit d'un prolongement du travail de réfutation entrepris dans les lettres dites coperniciennes et la physique aristotélicienne est cette fois très clairement posée comme celle qui doit céder sa place à une nouvelle image du monde.
33-38 : nature de l'espace et dimensions
38-43 : naissance du mouvement à partir de l'ordre du monde
43-57 : notions plus précises du mouvement : inclination, accélération, mouvement droit qui précède le mouvement circulaire uniforme, seul mouvement naturel et infini (ie : qui se conserve)
57-70 : réfutation de la distinction du lourd et du léger qui entre, chez Aristote, dans une hiérarchie des lieux du monde (ciel incorruptible, Terre au centre du monde)
70-86 : la mobilité de la Terre est insérée dans une critique de l'incorruptibilité du ciel et de l'altérabilité de la Terre
86-126 : discussion sur la nature de la lune, comparaison de la lune à la terre
126-131 : sur les facultés de l'esprit humain.
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2. Deuxième Journée. Sagredo donne une indication du plan [133], après avoir rappelé l'objet de la Première Journée : l'examen de la distinction entre deux thèses : celle d'une radicale dissociation entre la matière céleste dont le seul mouvement est selon le lieu, et la matière élémentaire susceptible d'altération de tous ordres, et celle qui soutient au contraire que la Terre n'est pas différente des corps qui composent l'univers.
Sagredo affirme qu'une plus grande plausibilité de la seconde thèse s'est dégagée, en vertu de l'examen de la lune.
Il indique alors que le dialogue peut se poursuivre en examinant :
-si la Terre est immobile
-si elle est mobile
-quel serait alors son mouvement.
Puis, après une digression prologue, ce mouvement est précisé [139] :
-arguments pour une Terre fixe et immobile (en la totalité de son globe)
-arguments pour rendre la Terre mobile
-nature du mouvement terrestre.
Or le mouvement de la 2J commence par l'examen des conditions par lesquels le mouvement doit être perçu, s'il existe, pour tous ceux qui sont situés sur Terre. Or nous le savons, ce mouvement est précisément celui qui ne peut être perçu, parce qu'il est également absent dans tous ceux qui se font à l'intérieur d'un corps animé d'un mouvement commun. Examiner l'immobilité de la Terre, c'est en fait rendre raison d'une apparence d'immobilité. Aussi les arguments en faveur de la mobilité apparaîtront en premier, ils sont ceux qui doivent être réfutés.
1) Prologue de méthode [133-140]
2) Preuve du mouvement de la Terre [140-149] (a) Relativité du mouvement, (b) Premier raisonnement, 7 confirmations
3) Preuves contre le mouvement de la Terre [150-159]
(a)Aristote
mouvement naturel
argument lié à la chute des corps
(b) arguments d'autres penseurs
Tycho Brahé (chute d'une tour, mât d'un navire)
cas du tir d'artillerie vertical
Tycho Brahé (tirs d'est en ouest, vers le nord et vers le sud), horizon
Ptolémée (vol des oiseaux), Scheiner, delle Colombe (question du vent)
Ptolémée (force du tournoiement)
4) Réponse à ces arguments [159-224]
A) Mouvement du tout et des parties
B) Mouvement commun, composé, mouvement communiqué, image du bateau
a) chute des graves, plans inclinés, théorie des projectiles, chute d'une tour
b) tirs d'est en ouest, tirs verticaux, argument contre Aristote, Problème de chasse (digression), reprise d'une réponse à Tycho Brahé sur les projectiles
c) Mouvement des oiseaux
C) Mouvement de tournoiement
Digression sur le concret et l'abstrait [224-233]
Reprise de la réponse [233-241]
5) Critiques de deux auteurs modernes contre Copernic [241-297] (a) Scheiner [241-285], (b) Chiaramonti [268-279]