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La famille slave regroupe un nombre important de langues relativement proches les unes des autres. Elle est issue de la super-famille balto-slave. Les langues slaves avtuelles sont souvent divisées en 3 sous-familles, qui sont le slave occidental (tchèque, slovaque, polonais, sorabe, polabe), le slave oriental (russe, ukrainien, biélorusse) et le slave du sud (slovène, serbo-croate, bulgare, macédonien). Toutefois, cette division est en partie artificielle. Par exemple, le slovaque et l'ukrainien sont séparés par des dialectes intermédiaires sans qu'il y ait de coupure nette, malgré l'appartenance du slovaque et de l'ukrainien à deux sous-familles traditionnelles différentes.
Au IXème siècle, Cyrille et Méthode, deux frères originaires de l'actuelle Grèce (Salonique), évangélisent les slaves. Pour cela, ils traduisent la Bible dans leur dialecte, qui est un proto-bulgare appelé vieux slave (et qui n'est donc ni le proto-slave ni le slave commun, même si à cette époque il était probablement compréhensible de tous les slaves, d'autant que les slaves les plus occidentaux, comme les polonais ou les croates, sont évangélisés par l'ouest). Ils l'écrivent à l'aide d'alphabets qu'ils inventent, d'abord le glagolitique (une graphie minuscule) puis ce qui s'appellera le cyrillique (une graphie majuscule adaptée des majuscules greques). Ce dernier alphabet s'imposera pour des raisons principalement religieuses (orthodoxie vs. catholicisme) chez les Macédoniens, les Serbes, les Bulgares et les slaves de l'est.
Les slaves se sont probablement constitués comme peuple dans ce qui est aujourd'hui le nord-ouest de l'Ukraine et l'extrême sud-est de la Pologne, au nord-ouest des steppes peuplées par des nomades scythes (un peuple iranien), mais surtout au contact des goths (peuple germanique) dont l'intrusion a séparé au moins partiellement les slaves des autres balto-slaves, i.e. des baltes. Ce contact avec les goths a permi aux slaves d'assimiler un certain nombre de progrès techniques probablement à l'origine de leur explosion démographique puis géographique. C'est l'époque du proto-slave, parlé jusqu'au Vème siècle environ.
Aux VIème et VIIème siècles (période du "slave commun"), une fois les Goths chassés vers l'ouest par les huns, les avars entrainent avec eux et poussent à l'expansion les slaves vers l'ouest et le sud. Ce qui les mènera jusqu'au Tyrol, jusqu'à l'actuelle Allemagne centrale et la région de Hanovre (le peuple slave des Polabes, dont le nom signifie "au bord de l'Elbe (Labe en tchèque)", restera dans cette région jusqu'au XVIIème siècle), et jusqu'en Grèce.
Cette expansion sera contrecarrée d'une part par les germaniques, à l'ouest par les francs (ce Drang nach Osten se poursuivra d'ailleurs jusqu'à Stalingrad), au sud par les Grecs et les Albanais, et au centre par l'arrivée des hongrois dans la plaine du Danube au IXème siècle et la descente d'éleveurs roumanophones en Moldavie et en Valachie. Ces deux dernières migrations séparent définitivement les slaves du sud de ceux de l'ouest (la tradition veut que les Slovaques et les Slovènes soient un seul et même peuple séparé par l'arrivée des Hongrois).
(on rappelle que comme toujours quand il s'agit de langues slaves ou baltes, le caractère c désigne le son /ts/, le caractère x désigne un son proche du ach-Laut allemand, le caractère j désigne le son /y/, et le symbole ˇ (ou ' devant d ou t) désigne la mouillure)
Le slave est caractérisé par une évolution radicale à partir du balto-slave. En effet, tout ce qui suit la voyelle centrale d'une syllabe est éliminé. C'est le même phénomène qui se passera bien plus tard en français, transformant le mot "fait" de /fait/ en /fè/ sauf si le /t/ final peut se rattacher à la première syllabe du mot suivant, auquel cas il survit (c'est la liaison). Ainsi en slave, et avant le IXème siècle, les consonnes finales tombent, les nasales en fin de syllabe interne tombent en nasalisant la voyelle précédente (pontis, chemin, devient pōti - puť en russe, put en croate), les syllabes -al- et -ar- deviennent -la- er -ra- voire -ala- et -ara-: l'emprunt au gothique gardas , ville, devient gradŭ en vieux-slave ou garadŭ puis gorodŭ en vieux russe (Le son o, n'existe pas en proto-slave, la graphie "o" pour "a" vient d'une prononciation plus récente ; ainsi, l'ethnique slovʸene est transcrit en latin et en grec respectivement sclaveni et sklavenoi, et dans les emprunts du slave à d'autres langues, les "o" deviennent ŭ ou y ou u, cf. roman ratiōne d'où serbo-croate račun).
Ce phénomène va si loin que les voyelles longues deviennent courtes, en influançant la consonne qui précède. Ainsi, bī devient bʸi et bū devient bʷy (le y dénote un u ayant perdu son caractère arrondi). Quant aux voyelles ultra-courtes, appelées jers (prononcer "yèr"), au nombre de deux (ĭ et ŭ), elles disparaissent en laissant une trace sur la consonne qui précède: le ĭ mouille ladite consonne, le ŭ la colore (coloration encore très sensible en particulier sur les l (qui deviennent "gras"). De même qu'en français on prononce le "e muet" comme une voyelle de plein droit lorsque c'est indispensable pour pouvoir prononcer un mot, certains jers sont deviennent des voyelles de plein droit (le ĭ et le ŭ deviennent par exemple en russe respectivement e et o, ainsi atĭko, père, devient en russe aťec).
Par ailleurs, le slave a palatalisé les vélaires (k g x) devant les voyelles d'avant (e i et les i et je issus des diphtongues oi et ai): ainsi le proto-slave rake, ba^uge, dauxe (vocatif singulier de "écrevisse", "dieu", "esprit") devient rače, bože, duše en vieux slave, à comparer aux vocatifs rakŭ, bugŭ, duxŭ, ou encore le vieux slave rĭci ("dis" impératif 2ème p.s.) issu de reki, proto-slave rekai, à côté du présent 1ère p.s. rekǫ.
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