Sonnet liminaire
I. Rococo japonais
II. Ritournelle
III. Camaieu rouge.
IV. Déclaration d’amour
V. La Reine Margot
VI. La Kermesse de Rubens
VII. Lächeté
VIII. Claudine
IX. Le hareng saur
X. Ballade chlorotique
XI. Variation sur un air connu
XII. L’Extase
XIII. Ballade en l’honneur de ma tant douce tourmente
XIV. La rive gauche
XV. A maïtre François Villon
XVI. Adrien Brauwer
XVII. Cornélius Béga
XVIII. L’Emailleuse
O toi dont l’oeil est noir, les tresses noires, les chairs blondes, écoute-moi, ô ma folâtre louve !
J’aime tes yeux fantasques, tes yeux qui se retroussent sur les tempes ; j’aime ta bouche rouge comme une baie de sorbier, tes joues rondes et jaunes ; j’aime tes pieds tors, ta gorge roide, tes grands ongles lancéolés, brillants comme des valves de nacre.
J’aime, ô mignarde louve, ton énervant nonchaloir, ton sourire alangui, ton attitude indolente, tes gestes mièvres.
J’aime, ô louve câline, les miaulements de ta voix, j’aime ses tons ululants et rauques, mais j’aime par-dessus tout, j’aime à en mourir, ton nez, ton petit nez qui s’échappe des vagues de ta chevelure, comme une rose jaune éclose dans un feuillage noir !