ACCUEIL Généalogie et histoire en Nouvelle-France,
 au Bas-Canada et au Québec

Histoires


1687

Règlement sur le prix du pain

« En Nouvelle-France, le blé constitue le fondement du niveau de vie. La moindre variation de son prix entraîne de graves répercussions sur l’économie de la colonie. Chaque année, l’intendant doit donc fixer le prix du blé après avoir mené son enquête sur la récolte et les réserves des agriculteurs. Avec le prix du blé comme base économique, on réussit à réglementer le prix de plusieurs articles essentiels à la subsistance. C’est le cas du pain. Nous vous présentons ici un extrait du règlement qui fixe le prix du pain pour l’année 1687.» (1)


1 :  Site web des Archives nationales du Québec :  http://www.anq.gouv.qc.ca

2 :  Règlement sur le prix du pain, 27 janvier 1687, Extrait des Registres du Conseil Souverain. Fonds Bailliage de Montréal. TL2 (06-M)   


Sur Le Raport fait au Conseil par Mr. Jean Baptiste Depeirade, et Charles Denis de Vitré Conseiller en I celuy, Commissaires Deputez pour presider a l'assemblée des habitans de cette ville,

tenüe au palais dela prevosté d'Icelle au sujet de la police, le dix huitiesme du present mois Suivant l'arrest du huitiesme deced. [cedit] mois, Et aprez lecture faite du proces verbal dud. [du dit] commissaire y contenant les articles, Et resultat des propositions faites en lad. [la dite] assemblée,

Le Lieutenant General en la prevosté ayant esté mandé, I celuy Ouy Et Entendu en son avis, Et retiré; Et sur le tout deliberé Le dit Conseil aprez avoir ouy le procureur general du Roy, a Ordonné et Ordonne que comme le bled n'a pas changé de prix depuis l'assemblée du trente et un janvier de l'année derniere, les Boulengers continüeront a faire le pain ainsy qu'il fut reiglé le quatriesme febvrier en suivant Et que led. [le dit] Lieutenant General y tiendra la main, Et fera a cet effet de fréquentes visites chez lesd. [les dits] Boulengers. " (2)


1643 à 1725

Ville-Marie devient Montréal

Après 1642, le rêve de mission en pays sauvage s’est atténué.  La réalité de la vie quotidienne a pris le dessus : attaques régulières des iroquois, développement d’une agriculture de survie et surtout de la traite des fourrures.


Événements marquants de 1643 à 1685
  • 1643-1646 :                  Construction d'un fort bastionné à la pointe à Callière.
  • 1645 :                          Construction des premiers bâtiments de l'Hôtel-Dieu.
  • 1647-1653 :                  Première guerre iroquoise.
  • 27 juillet 1647 :                         Le premier mariage est célébré à Montréal; il unit Anne Archambault à Michel Chauvin.
  • janvier 1648 :                Concession des premiers lots sur le territoire réservé pour la ville.
  • 2 octobre 1651 :            Concession d'une commune sur le bord du fleuve.
  • 16 octobre 1652 :          Lambert Closse réussit à repousser une contre-attaque avec seulement 24 hommes.
  • 1653 :                          Arrivée de 95 colons.
  • 1653 :                          Arrivée de Marguerite Bourgeoys à Montréal.
  • 1657 :                          Établissement de la paroisse de Notre-Dame de Montréal. La desserte paroissiale est
  •                                    prise en charge par les sulpiciens.
  • 1657-1667 :                  Deuxième guerre iroquoise.
  • 1657-1678 :                  Début en 1657 de la construction de la chapelle Notre-Dame de Bon Secours,
  • 1658 :                          Marguerite Bourgeoys reçoit ses premières écolières dans une ancienne étable.
  • 1659 :                          Arrivée de 91 colons à Ville-Marie.
  • 1659 :                          Arrivée des religieuses hospitalières de Saint-Joseph à la demande de Jeanne Mance.
  • 1659 :                          Construction d'un moulin avec redoute sur le coteau à l'est du Vieux-Montréal.
  • 1659-1661 :                  Construction du premier séminaire des sulpiciens sur la rue Saint-Paul.
  • 5 mars 1663 :               Cession de la seigneurie de l'île de Montréal au Séminaire de Saint-Sulpice de Paris.
  • 1665 :                          Arrivée du régiment Carignan-Sallières.
  • 1672-1683 :                  Construction de l'église Notre-Dame sur la rue Notre-Dame.
  • juillet 1672 :                  Tracé des premières rues de Montréal par François Dollier de Casson
  • 1673 :                          Ouverture d'un chemin menant de la ville vers la paroisse de Lachine5 août
  • 1676 :                          Établissement d'une place du Marché dans la basse ville.
  • 1678 :                          Cession de la chapelle Notre-Dame de Bon Secours à  la paroisse Notre-Dame.
  • 16 avril 1678 :               Un édit du roi interdit la traite dans les pays d'en haut.
  • 1681 :                          La traite est désormais permise par l'émission de congés (ou permissions de voyages).
  • 1683 :                          Inauguration de l'église Notre-Dame.
  • 1683-1688 :                  Construction du séminaire de Saint-Sulpice au 130 rue Notre-Dame
  • 1684-1701 :                  Troisième guerre iroquoise.
  • 1685 :                          Un plan de Ville-Marie est préparé par un auteur anonyme.
  • 1685-1689 :                  Construction d'une palissade de bois qui entoure et protège l'espace urbain de l'époque.

Événements marquants de 1686 à 1725

  • 1686 :              Établissement des « petites écoles » en face du Séminaire.
  • 1687 :              Une épidémie de typhus tue environ 150 personnes.
  • 1688 :              Ordonnance de l'intendant concernant les constructions et la largeur des rues
  • 1689 :              Construction d'un corps de garde près de la place du Marché.
  • 1692 :              Les jésuites reviennent à Montréal et s'installent rue Notre-Dame, à l'est de la rue Saint-Gabriel.
  • 1692 :              Les récollets s'installent à Montréal, rue Notre-Dame, à l'ouest de la rue Saint-Pierre.
  • 1692-1694 :      Construction de l'Hôpital général à la pointe à Callière par les Frères hospitaliers dit Charon
  • 1693 :              Construction d'un fort sur le coteau du moulin, à l'est de la rue Bonsecours.
  • 1694 :              L'Hôpital général reçoit des lettres patentes qui formalisent son établissement.
  • 1695 :              Construction du second corps de garde sur la place du Marché.
  • 1695 :              L'ancien corps de garde est aménagé en magasins du roi et en boulangerie.
  • 24 février 1695 : Incendie de l'Hôtel-Dieu.
  • 1695 :              Reconstruction de l'Hôtel-Dieu.
  • 1696 :              La traite des fourrures dans les pays d'en haut est interdite.
  • 1697 :              La signature du traité de Ryswick met fin à la Guerre de la Ligue d'Augsbourg.
  • 1699 :              Prolongement de la palissade vers l'est afin d'inclure le couvent des jésuites
  • 1699 :              Une épidémie de variole tue plus de 100 personnes.
  • 1700 :              Décès de Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame.
  • 4 août 1701 :    La signature de la Grande Paix de Montréal met fin à la troisième guerre iroquoise ( 1684 ).
  • 1702-1713 :      Construction de l'ensemble conventuel des Récollets.
  • 1702-1713 :      Guerre de Succession d'Espagne.
  • 1703 :              Une épidémie de variole tue plus de 250 personnes dans l'île de Montréal.
  • 1704 :              Plan de Montréal par Jacques Levasseur de Neré.
  • 1705 :              Construction par Pierre Couturier d'un hôtel particulier pour Claude de Ramezay, gouverneur
  • 1706 :              Construction de l'église des Récollets sur la rue Notre-Dame.
  • 1707-1709 :      Construction des cachots par Pierre Couturier.
  • 1709 :              Second prolongement de la palissade vers l'est afin d'intégrer le fortin du coteau dans l'enceinte.
  • 1709-1719 :      Construction d'une église pour les jésuites par Pierre Janson dit Lapalme.
  • 1713 :              La signature du traité d'Utrecht met fin à la Guerre de Succession d'Espagne.
  • 1715 :              Le système de congés pour la traite dans les pays d'en haut est rétabli.
  • 1717 :              Établissement de la Compagnie d'Occident dotée d'un monopole sur la fourrure de castor.
  • 1717-1721 :      Construction d'une salle d'audience et des prisons.
  • 1717-1744 :      Construction des remparts de pierre sous la direction de Joseph-Gaspard Chaussegros de Léry.
  • 19 juin 1721 :    Incendie majeur dans le quartier de la place du Marché et de l'Hôtel-Dieu, 171 maisons détruites.
  • 1721 :              Ordonnance de l'intendant stipulant que toute nouvelle maison construite  sera de pierre.
  • 1723-1728 :      Reconstruction de l'Hôtel-Dieu.
  • 1723-1724 :      Construction d'un hôtel particulier sur la rue Saint-Paul pour Philippe de Rigaud,  gouverneur

 
SOURCE :         données extraites du site web du Patrimoine du Vieux-Montréal, http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire

Michel Ladouceur, 1 oct. 2005


1632 à 1820
Esclavage en Nouvelle- France



«  De Quebek le 10è Octobre 1674


Monseigneur,

Il ny a pas long temps que je suis de Retour de mon uoyage de la mer du Sud, jay eu du bonheur pendant tout ce temps la, mais en m’en Reuenant, estant prest de debarquer au Mont Royal mon canot tourna, et je perdis deux hommes et ma cassette ou estoient tous les papiers et mon journal auec quelques raretez de ces pays si éloignez – Jay beaucoup de regret d’un petit Esclaue de dix ans qui mauait esté donné en present. Il estoit doué dvn bon naturel, plain D’esprit, diligent et obeisant, il s’expliquoit en françois començoit à lire et à escrire… »


Lettre écrite par  Louis Jolliet et envoyée au supérieur des Messieurs de St-Sulpice à Paris. Elle est toute entière de la main de Jolliet et elle fait suite sur la même feuille à la relation de la découverte de la Mer du Sud.

Pendant près de deux siècles, soit de 1632 à 1820, il y eut au Québec des esclaves. Certes l’esclavage ne fut pas présent ici sur une grande échelle, comparativement aux colonies anglaises où il constituait un facteur important du développement de ces colonies.

 
« Dans les colonies à sucre ou à tabac, l’esclavage a été un impératif de l’économie, mais au Canada français on ne trouve aucun secteur de la vie économique qui rende nécessaire la présence d’une main d’œuvre esclave… » (1) 


On recense 4185 esclaves, en majorité des amérindiens, répartis sur deux siècles.

2683

amérindiens

64,1 %

1443

noirs

34,5 %

    59

amérindiens ou noirs

01,4 %

4185

 

100,0 %

L’esclavage existait chez les nations amérindiennes avant l’arrivée des européens, au point que dans de nombreuses langues un seul mot était employé pour désigner le prisonnier et l’esclave.  Ils étaient surtout originaires de peuples  vivants sur les rives du Missouri et de la rivière  Kansas. Et un de ces peuples, les Panis, fut très exploité. On croit que les deux tiers des esclaves amérindiens étaient des Panis, ce qui fit que le nom lui-même devint synonyme d’esclave.

 

Il n’y eu pas au Québec d’arrivées massives de noirs africains et il n’y eu pas de bateaux ‘’ négriers ‘’ dédiés au transport transatlantique des noirs comme dans les colonies anglaises. Les noirs constituaient plutôt un butin de guerre ou étaient des fugitifs. Leur nombre augmenta sous le régime anglais après la conquête  et avec l’immigration des loyalistes.

 L’esclave amérindien fut rapidement présenté comme un  cadeau de bienvenue aux diverses autorités françaises : découvreurs, explorateurs, gouverneurs, commandants militaires, etc.  Louis XIV autorisa en 1689 les français de la colonie et les canadiens à posséder des esclaves noirs mais les guerres empêchèrent la mise sur pied d’une organisation d’importation. En 1709, l’intendant Raudot déclarait que les Noirs et les Panis appartenaient à titre d’esclaves à ceux qui les avaient achetés ou qui les achèteraient. Dès lors, l’institution de l’esclavage est reconnue, elle est légale. 

Mais l’esclave était un bien de luxe. N’étant pas nécessaire à la vie économique du pays, il fut surtout utilisé à des taches domestiques auprès de l’élite administrative, militaire et religieuse. Des commerçants et des communautés religieuses l’employaient comme aide à tout faire. Il était considéré comme un bien meuble enregistré de la même façon que les animaux. Il était acquis sous forme de cadeau, ou en héritage ou encore par achat. Il y eut un marché public à Montréal et il y eut des ventes à l’enchère. De 1767 à 1798, on peut compter 137 annonces dans diverses gazettes du pays.

Marcel Trudel dans son Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires (2) a compté 1574 différents propriétaires. Des 1535 dûment identifiés, 85,5 % étaient des francophones et 14,5 % étaient des anglophones. La très grande majorité des esclaves appartenaient donc aux francophones. On ne retrouve aucun grand propriétaire, en comparaison avec les colonies anglaises. Mais quand même quelques gouverneurs, quelques commerçants et quelques officiers, au nombre de 30 seulement,  ont eu entre 10 et 27 esclaves. Les deux propriétaires qui en possèdaient plus sont les Jésuites, soit 46, et le Séminaire de Québec, soit  31.

Durant les deux siècles d’esclavage, les esclaves se retrouvaient surtout en ville, soit 60,6 % des 4185 esclaves recensés.

Villes

Amérindiens

Noirs

Total

 

Trois-Rivières

35

 

07

42

Québec

400

570

970

Montréal

1007

518

1525

Total

1442

1095

2537

Localités

Amérindiens

Noirs

Total

Lachine

90

31

121

Pointe-Claire

18

02

20

Sainte-Anne-du-Bout-de-l’île

18

03

21

Île Perrot

02

02

Vaudreuil

05

07

12

Rigaud

08

08

Les Cèdres

17

04

21

Total

150

55


205


Il est intéressant de noter que la région où on constate un grand nombre d’esclaves en dehors de ces trois villes est la région à l’ouest des rapides de Lachine. On peut penser que les esclaves étaient utilisés par de nombreux marchands et ‘’ voyageurs ‘’ (3)  mais peut-être aussi par des ‘’ cajeux ‘’(4).

Il n’est donc pas étonnant que Jean-Baptiste Magdeleine de Lachine, l’un des fils de Vivien Lamagdeleine dit Ladouceur,  fut propriétaire d’une « négresse » et de son enfant à la fin du XVIIIème siècle.

 Michel Ladouceur, 17 septembre 2005

NOTE :Toute l’information présentée ici est issue des deux outils de référence incontournables de Marcel Trudel. 

 1 :            Trudel, Marcel :  Deux siècles d’esclavage au Québec, Éditions Hurtubise HMH ltée, Montréal, 2004

 2 :            Trudel, Marcel : Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires, CDROM, Éditions Hurtubise HMH ltée, Montréal, 2004

 3 :             voyageur = entrepreneur contractant avec des marchands pour la traite des fourrures

4  :            cajeux     = convoyeur de troncs d'arbres flottant sur les rivières pour les conduire aux scieries ( les cages étant les radeaux formés par les troncs d'arbres ).


1663 à 1673

Les Filles du Roi

L'expression « Les Filles du roi »  désigne les femmes et les filles ayant émigré en Nouvelle-France entre 1663 et 1673.  Elles sont appelées ainsi parce que, en âge de se marier et de procréer, elles étaient envoyés au pays aux frais du roi Louis XIV qui désirait entreprendre le peuplement de la colonie. Les dépenses de transport et d’ établissement en une nouvelle contrée furent alors assumées par le trésor royal. Certaines recevaient un don royal de 50 livres comme dot pour leur mariage avec un homme de la colonie. Quelques contrats de mariage ont d’ailleurs mentionnés ces dons.(1)

"Et en outre la somme de cinquante livres que sa Majesté lui a donné en considération de son mariage qui lui serviront aussi de nature de propre à elle et aux siens de son côté et lignéé".

"Fait et passé à Québec en la dite maison de la dite dame Gasnier, l'an mil six cents soixante dix après midi, le troisième jour d'octobre".


 

Elles étaient  au nombre d'environ 770 femmes et filles, célibataires et souvent orphelines. Elles furent accueillies par les religieuses qui devaient les intégrer dans la colonie et les amener rapidement au mariage.  Car les Filles du roi  étaient tenus de se trouver un mari. Telle était leur « contrat » avec le roi. (2)

Michel Ladouceur, 1 février 2006 

1 :               Site de Pierre Thibault,     http://ww w3.sympatico.ca/jn-pier.thib/thibault

2 :               Société du Musée canadien des civilisations, Civilisations .ca,                 http://www.civilization.ca/indexf.asp

 « (...) Il arriva environ dix-sept Filles du roi que j'allai quérir au bord de l'eau, croyant qu'il fallait ouvrir la porte de la maison de la Sainte Vierge à toutes les filles. Notre maison était petite; nous fîmes accommoder la petite maison achetée de Saint-Ange et je demeurai avec eux; et j'étais obligée d'y demeurer à cause que c'était pour faire des familles.»                                                                              Marguerite Bourgeoys, 1663