Les propriétées agricoles

Ouest de l’Île de Montréal et l’Ile Bizard
1672
Le samedi 20 février 1672, à 33 ans,
Vivien prenait possession d’une terre de quarante arpents
en superficie au Sault Saint-Louis, concédée par les
Seigneurs de l’île, les Sulpiciens (1). Il s’agissait
d’une censive étroite, mais très profonde,
débutant sur la rive du fleuve St-Laurent en face des rapides
dit du Sault St-Louis, ainsi nommé par Champlain parce
qu’un de ses compagnons y périt noyé. Ce
territoire connut au fil du temps plusieurs appellations :
Côte-des-Argoulets, Côte-du-Sault-Saint-Louis,
Pointe-Saint-Louis, Fief ou Côte-de-Verdun et
Côte-de-la-Rivière-Saint-Pierre. Le recensement de 1681
fait état de cette propriété et note que
Vivien possédait un fusil, deux bêtes à cornes et
six arpents de terre en valeur.
1685
Vivien a peut-être (2) été propriétaire
d’une terre à l’endroit désigné
aujourd’hui Baie d’Urfé. Ce lot faisait face
à une petite chapelle en bois érigé par
François Saturnin Lascaris d’Urfé, prêtre
sulpicien arrivé au pays à l’automne 1668. Celui-ci
était originaire de Baugé en Forez. Il y retourna en 1687
et il y mourut le 30 juin 1701. Il était le fils du
marquis d’Urfé et de Baugé, Charles Emmanuel
Lascaris et de Marguerite d’Allègre. Le voisin
immédiat de Vivien, Jean de Lalonde dit
l’Espérance, lui acheta cette terre en 1687.
1698
En 1698, Vivien achetait des Sulpiciens une autre terre de 60 arpents
au prix de 400 livres. Il revendait cette terre du Sault Saint-Louis
à François Gantier de Rané pour la somme de 830
livres, le 2 mars 1705 (3).
1716
De 1716 à 1722, Jean-Baptiste, fils de Vivien, fut
propriétaire d’une terre de 3 arpents sur 20 à
Lachine (4). Auparavant, vers 1670, un fort avait été
érigé sur cette terre par François Le Noir dit
Rolland. Le Fort Rolland avait été bâti pour
protéger le comptoir de commerce des fourrures.
1731
Le document « Aveu et dénombrement de Montréal en
1731 des Messieurs de St-Sulpice » (5) recense trois fils de
Vivien à titre de propriétaire de terres au bout de
l’île et à la Pointe Claire.
L’aîné, Joseph Lamagdeleine dit Ladouceur, né
en 1673 à Montréal et décédé en 1750
à Pointe-Claire, réside en 1731 sur une terre de 120
arpents de superficie au bout de île.
Son frère Étienne, alors âgé de 54 ans,
possède une terre dont la superficie est le double de celle de
son frère soit 240 arpents. Étienne était
né en 1677 au Sault Saint-Louis et décédé
en 1754 à Ste-Anne du Bout de l’île.
Et Jean-Baptiste, né en 1681 à Lachine, est maintenant en
1731 propriétaire d’une terre en la paroisse St-Joachin
à la Pointe Claire.
« Que
dans l’Etendüe de la cinquième paroisse nommée
sainte Anne scituée sur le bord du au lieu appelé
le bout de l’isle en commençant au Nord’est joignant
Pierre Pilon dernier habitant de la paroisse de la Pointe claire en
remontant au sud’ouest sont les habitants qui suivent scavoir
Joseph Ladouceur joigant le dit Pilon qui possede deux arpens de
terre de front sur soixante arpens de profondeur, chargés de
trois livres et trois minots de bled de cens et de rentes, lequel a
maison, grange, Etable, trente arpens de terre labourable et six arpens
de prairie. »
« Qu’audessus est Estienne
Ladouceur qui possede quatre arpens de terre de front sur la dite
profondeur,* chargés de six livres et six minots de bled
de cens et de rentes, lequel a maison, grange, Etable,quarente arpens
de terre labourable et quatre arpens de prairie. »
* soixante arpens
« Que dans l’Etendüe de la quatrième paroisse
nommée saint Joachim scituée sur le bord du fleuve au
lieu appelé la Pointe claire en commençant au
Nord’est a la ligne des representants le S. Dorval et remontant
au sud’ouest sont les habitants cy apres scavoir
…
Qu’audessus est Jean Ladouceur qui possède trois arpents
de terre de front sur la dite profondeur,* chargés de quarente
cinq sols et deux minots et un quart de minot de bled de cens et
rentes, lequel a maison, grange, Etable, et trente trois arpens de
terre Labourable. »
*trente arpens
1762
Jean Baptiste Magdeleine dit Ladouceur, fils de Joseph,
l’aîné de Vivien, et marié à
Dorothée Brisebois, possédait un lot à Ville-Marie
(6) que probablement il cultivait sans y résider. Durant son
occupation du 3 février 1762 au 12 juillet 1765, il n’y eu
aucun bâtiment sur ce lot mais Jean-Baptiste est reconnu
pour y faire de la culture.
1763
En 1763, Joseph Georges, fils d’Étienne et petit-fils de
Vivien, enregistrait devant le notaire L.J. Soupras à
Montréal un échange de terres (7) au bout de île.
Le contrat daté du 26 mars 1763 était intitulé :
«
Échange de terres situées en la censive de la seigneurie
de Montréal entre Joseph Magdeleine dit Ladouceur et
Angélique Ranger dit Laviolette, son épouse, de la
paroisse Ste-Anne au haut de l’île de Montréal;et
Louis Ranger dit Laviolette de la paroisse Ste-Anne au haut de
île de Montréal, leur frère et beau-frère.
»
Quelques terres Ladouceur sur l’Ile Bizard
de la fin du XVIIIè à la fin du XIXè
siècle.
1785
À la fin du XVIIIè siècle, Augustin et ses
frères Louis et Étienne, fils de Georges, se sont
installés à l’Ile Bizard pour y cultiver la terre
(8). Marié à Marie-Louise Boileau, Augustin eut 15
enfants dont 10 survécurent à l’enfance. Basile,
Étienne et Joseph s’établirent sur
l’île comme agriculteurs. D’autres
traversèrent le lac des Deux Montagnes et entreprirent de
défricher de nouvelles terres.
Les frères d’Augustin eurent eux aussi plusieurs enfants:
Étienne eut 7 enfants et Louis 14. Un seul garçon
d’Étienne, Eustache, et un seul de Louis, Joseph,
s’établirent dans l’île. Ce dernier eut 2
garçons, Eustache et Joseph qui perpétuèrent le
métier d’agriculteurs sur l’île.
Michel Ladouceur
Août 2006
Dossier à compléter
1 : Trudel, Marcel : Le Terrier du Saint-Laurent en
1674, Édition du Méridien, Montréal, 1998.
2 : Bélisle, Michel : Ste Anne de Bellevue, 1703-2003, Paroisse Ste Anne de Bellevue, 2003.
« peut-être » ? Michel Bélisle
identifie Claude la Magdeleine dit Ladouceur comme propriétaire
de ce lot. Or je ne retrace pas actuellement un dénommé
Claude comme fils de Vivien qui s’était marié
en 1672 et dont l’aîné avait en 1685 12 ans.
3 : Langlois, Michel : Carignan-Salières
1665-1668, Édition La Maison des Ancêtres, Drummondville,
2004
4 : Girouard, Désiré : Les anciens
forts de Lachine et Cavelier de La Salle, Société
historique de Montréal, Montréal 1891
5 : Roy, Antoine : L’Ile de Montréal en
1731. Aveu et dénombrement de Montréal en 1731 des
Messieurs de St-Sulpice. Montréal, 1943.
Mathieu, Jacques et Laberge, Alain :
L’occupation des terres dans la vallée du Saint-Laurent,
Les aveux et dénombrements, 1723-1745
6 : Groupe de recherche sur Montréal :
Adhémar, propriété bâti et population
à Montréal, 1642-1805, Centre canadien
d’architecture www.cca.qc.ca/adhemar
7 : Parchemin, Banque de données notariales,
1626-1784, Bibliothèque de la Société
généalogique canadienne française
8 : Labastrou, Éliane : Histoire de
l’Ile Bizard, Corporation de la municipalité de
l’Ile Bizard, Ile Bizard, 1976