| Généalogie et histoire en Nouvelle-France, au Bas-Canada et au Québec | Lamagdeleine dit Ladouceur |
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Le bûcheron |
Le scieur Source : Legendre, Odette : Laliberté, Éditions Fides, Montréal, 2001 |
Legendre, Odette : Laliberté,
Éditions Fides, Montréal, 2001 Le lieur |
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1 : Ils ont tous été propriétaires de terres
soit au Sault-St-Louis de Lachine, à Ste-Anne-du-Bout-de-l’Ile, à St-Raphaël de
l’Ile Bizard ou à Ste-Geneviève. Les plus anciens furent des défricheurs et ils
exercèrent une agriculture de survivance. 2 : On peut soupçonner que plusieurs d’entre eux furent des entrepreneurs généraux : en construction comme Onésime ou en travaux de voirie. Onésime a eu le contrat de construction d’une petite école dans la partie ouest de l’Ile Bizard. Vivien avait l’expérience de l’édification des forts, par exemple le Fort Ste-Thérèse sur la rivière Richelieu, en 1665. Or, il a possiblement œuvré à l’édification de la palissade entourant Ville-Marie dans les premières années suivant son arrivée. 3 : Ils ont probablement tous fais la traite des fourrures mais de diverses façons selon leurs époques respectives. Tantôt la traite des fourrures étaient encouragées, tantôt elle était très contrôlée par des politiques restrictives. « Coureur des bois », voyageurs » et même « engagé de l’ouest » sont des expressions qui désignent les travailleurs de la traite des fourrures mais avec certaines distinctions. Le coureur des bois désigne celui qui entreprend en solitaire la course à travers les bois pour piéger ou pour commercer sur une petite échelle avec les amérindiens et rapporter des fourrures qu’il tentera de vendre à son retour. Le voyageur est l’engagé d’un commerçant. Il participe avec d’autres engagés à une expédition dans l’ouest du pays et même le sud-ouest afin d’y faire la récolte des fourrures accumulées par les amérindiens. 4 :
Le cajeux est le travailleur qui
participait au transport du bois flottant sur la rivière Outaouais et le fleuve
St-Laurent jusqu’à Québec où d’autres travailleurs embarquaient le bois sur des
bateaux en partance pour l’Angleterre. Le billes de bois flottant étaient
rassemblés en radeaux. Une centaine de ceux-ci reliés les uns aux autres formaient un tout appelé « cage ». 5 : Le tanneur est celui qui transforme les
peaux en cuir. Michel
Ladouceur,
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Des métiers durs Au XIXè siècle, les chefs de famille
Ladouceur de l’île Bizard furent d’abord des propriétaires terriens qui
cultivaient le sol et vendaient les produits de leurs fermes à différents
marchands de Montréal. Certains d’entre eux allaient directement vendre leurs
fruits et légumes sur le marché de Montréal, c’est à dire le Marché Neuf situé
à l’endroit dénommé aujourd’hui Place Jacques Cartier ou au Marché Bonsecours, à partir de 1847. Ils partaient
immédiatement après le souper pour arriver au marché très tôt le lendemain
matin passant la nuit à somnoler sur leur charrette et se fiant à leurs chevaux
pour les mener sans problème à
Montréal. |
Marché Neuf nommée Place Jacques Cartier en 1847 |
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Les cageux Cependant les enfants étant nombreux, certains des
aînés des familles Ladouceur cherchèrent
d’autres voies pour s’enrichir recourant tantôt au « trappage
» ou à la traite des fourrures, tantôt
aux travaux forestiers. Ils furent donc coureurs des bois ou bûcherons,
ou encore, comme on les a longtemps désignés « voyageurs » . En
effet, plusieurs que ce soit à leur
compte ou à titre d’engagé se
dirigeaient vers l’Ouest du pays pour y récolter des fourrures ou du bois. Les cageux étaient ces voyageurs qui transportaient
le bois sur la rivière Outaouais et le
fleuve St-Laurent jusqu’à Québec où d’autres travailleurs embarquaient le bois
sur des bateaux en partance pour l’Angleterre.
Jeunes gaillards de moins de 30 ans, parfois très jeunes, ils menaient la vie dure vivant
et couchant à la belle étoile ou presque sur les cages pendant plusieurs
semaines, faisant face aux éléments de la nature : courants vigoureux, vents forts, tempêtes glaciales, rapides
dangereux. |
Rue Saint-Paul en 1884 Rue Saint-Paul, la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, le marché Bonsecours, vers 1884. |
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Les Ladouceur Et parfois, ils devaient affronter des animaux inquiets et agressifs ou
encore d’autres hommes enclins aux
batailles pour régler des conflits ou simplement mesurer leurs forces. Au XIXè
siècle, au Canada français et même en Nouvelle-Angleterre francophone, dans la
recherche d’ident vers 1884ification nationale de l’époque, l’intérêt était grand pour
les hommes forts canadiens français qu’on disait les plus forts au monde. On
pense ici à Louis Cyr (1863-1912) dont les exploits ne semblent pas avoir été
jamais égalés encore aujourd’hui, mais
aussi à bien d’autres tel que Horace Barré et Hector Décarie. L’un d’entre eux,
Jos Monferrand (1802 à 1864), fut
cageux durant une longue période. Les frères Ladouceur, Jules et Moise, fils de Basile
et de Josephte Beaulne, l’ont
probablement côtoyé dans les années
quarante. Jules âgé de 21 ans et Moise âgé de 24 ans furent identifiés comme cageux en 1844. Leurs gains étaient
d’environ 10 $ ou 12 $ par mois. Pour sa part leur frère cadet, Onézime, le
grand-père de Paul Ladouceur, était déclaré cageux sur la liste électorale de
1871 mais journalier sur celle de 1881. Il avait alors 41 ans, et l’expédition
dans l’Ouest lui apparaissait plutôt
aventureuse pour un chef de famille avec déjà 6 enfants. Au cours de leur périple les cageux arrêtaient à la
Pointe aux carrières située au bord du
Lac des Deux-Montagnes à l’entrée de la Rivière des Prairies. C’était
l’occasion pour eux de faire une halte de repos et de revoir la famille. Mais
l’arrêt était commander par la nécessité de défaire les cages pour passer les
rapides. |
Le
crochet représenté ici date de l’époque où les cageux arrimaient leurs cages à
la Pointe aux carrières. |
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Les cages Les « plançons » étaient des troncs d’arbre équarris par les hommes. Jusqu’à 2500
« plançons » étaient reliés ensemble avec des « harts »,
liens flexibles faits de branches de jeunes bouleaux, pour former des
« cribes » ou des « drames ». Les « cribes » étaient des radeaux de 8 sur 15 mètres tandis que les « drames » pouvaient atteindre 12 sur 30 mètres. Jusqu’à 100 « cribes » ou « drames formaient une « cage ». La « cage » était donc une grande plateforme flottante formée de billots flottants tel le pin, et chargée de bois équarri tel le chêne et de madriers divers, menée par une équipe d’hommes qui y vivaient pendant plusieurs semaines. De nombreuses cages formaient sur le fleuve un « train de bois flottant ». |
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Les cages
quittaient la région de l’Outaouais et empruntaient la rivière Gatineau,
puis la rivière Outaouais, le Lac des Deux montagnes, le fleuve St-Laurent, le
Lac St-Pierre pour arriver à Trois-Rivières et Québec. De là le bois était
embarqué à bord de navires qui étaient dirigés vers les chantiers navals
d’Angleterre. Pour franchir les rapides, on détachait les radeaux un à un. Sur
les lacs on hissait parfois des voiles. |
Cages en préparation sur le Lac des Chats
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![]() Près du Pont Victoria. Source : Archives publiques du Canada |
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La cambuseSur une cage d’un train de bois était installé un abri servant de cuisine. C’était la « cambuse » où le « cook » préparait ses « beans ». Celle-ci étaient cuites avec du lard dans des chaudrons de fer enfouis toute une nuit dans du sable chaud qui reposait sur le radeau. Michel Ladouceur
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![]() L’attente
du repas sur le radeau de J.R. Booth, vers 1880. Source : Archives publiques du Canada. |
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LA CHANSON DES RAFTMANS
D’où qui sont tous les raftmanns ? D’où
qui sont tous les raftmanns ? Bing
sur le ring, Bing sur la rang Dedans
Bytown sont arrêtés |
Lettre
de change pour une cage de cèdre La
lettre de change est du papier-monnaie au même titre que la monnaie de carte
employée en Nouvelle-France. Souvent employée à l’époque, elle compensait pour
le manque de véritables pièces de monnaie attendues de France. L’habitude persista d’utiliser couramment cette promesse de
paiement faite sur papier. Ainsi ici, promesse est faite de payer à Amable Beaufils 90 livres pour une
cage de cèdre. John Reed Ecuyer trésorier des chemins, &c. Source : Lettre de change pour une cage de cèdre, 24
mai 1797. Fonds Cour des sessions générales de la paix du district de Montréal.
TL32,S37,P1797 (06-M) |
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À consulter sur les cageux : Labastrou, Éliane et Roger : L’ère des cageux uen épopée du XIXè siècle, Société
du patrimoine et d’histoire de
l'Île Bizard, 2004 Trépanier, Léon : À l’époque où les cageux
s’arrêtaient à la Pointe-aux-Carrières…, La Patrie, dimanche, le 13
février 1949 |
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Les coureurs des bois
« Au premier temps, les François alloient seulement chez
les Hurons, et depuis à Missilimakinak, où ils vendoient leurs marchandises aux
Sauvages des lieux, qui ensuite les alloient eschanger à d'autres Sauvages dans
la profondeur des bois, terres et rivières; mais à présent lesdits François,
porteurs de congez, pour profiter davantage, passent sur le ventre à tous les
Outaouas et Sauvages de Missilimakinak pour aller eux-mesmes chercher les
nations les plus esloignées, ce qui déplaist beaucoup à ceux-ci.
C'est aussi cela qui a fait faire de belles descouvertes, et quatre ou cinq
cents jeunesses, des meilleurs hommes du Canada, sont occupez à ce mestier.
Ils nous ont donné la connoissance de plusieurs noms de Sauvages, que nous ne
connoissions point; et à quatre ou cinq cents lieues plus loin, il y en a
encore d'autres qui nous sont inconnus. »
Extrait
d'un mémoire d'Aubert de La Chesnaye, 1697. Source : Archives nationales du Québec, http://www.anq.gouv.qc.ca/conservation/instruire/cartes/coureur.htm |
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