Généalogie et histoire en Nouvelle-France, au Bas-Canada et au Québec Lamagdeleine dit Ladouceur
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Les métiers des ancêtres Lamagdeleine dit Ladouceur
Le bûcheron
Le bûcheron
Le scieur
Le scieur

Source : Legendre, Odette : Laliberté, Éditions  Fides, Montréal, 2001
Legendre, Odette : Laliberté, Éditions  Fides, Montréal, 2001
Le lieur
Le lieur


ANCÊTRES

naissance

décès

MÉTIERS MENTIONNÉS

par diverses sources

MÉTIERS POSSIBLES

VIVIEN


1638-1708

soldat, cordonnier, cultivateur

coureur des bois ?

ÉTIENNE

1677-1754

cultivateur

coureur des bois ?

voyageur ?

GEORGES

1721

cultivateur

coureur des bois ?

voyageur ?

AUGUSTIN

1765-1847

cultivateur

coureur des bois ?

voyageur ? cajeux ?

BASILE

1791-1868

cultivateur, tanneur

coureur des bois ?

voyageur ? cajeux ?

ONÉZIME

1840-1923

cultivateur, voyageur, cajeux

 tanneur ?

ONÉSIME

1873-1934

cultivateur, menuisier-charpentier
entrepreneur

Coureur des bois

1 :        Ils ont tous été propriétaires de terres soit au Sault-St-Louis de Lachine, à Ste-Anne-du-Bout-de-l’Ile, à St-Raphaël de l’Ile Bizard ou à Ste-Geneviève. Les plus anciens furent des défricheurs et ils exercèrent une agriculture de survivance.

2 :        On peut soupçonner que plusieurs d’entre eux furent des entrepreneurs généraux : en construction comme Onésime ou en travaux de voirie. Onésime a eu le contrat de construction d’une petite école dans la partie ouest de l’Ile Bizard. Vivien avait l’expérience de l’édification des forts, par exemple le Fort Ste-Thérèse sur la rivière Richelieu, en 1665. Or, il  a possiblement œuvré à l’édification de la palissade entourant Ville-Marie dans les premières années suivant son arrivée.

3 :        Ils ont probablement tous fais la traite des fourrures mais de diverses façons selon leurs époques respectives. Tantôt la traite des fourrures étaient encouragées, tantôt elle était très contrôlée par des politiques restrictives. « Coureur des bois », voyageurs » et même « engagé de l’ouest » sont des expressions qui désignent les travailleurs de la traite des fourrures mais avec  certaines distinctions. Le coureur des bois désigne  celui qui entreprend en solitaire la course à travers les bois pour piéger ou pour commercer sur une petite échelle avec les amérindiens et rapporter des fourrures qu’il tentera de vendre à son retour. Le voyageur est l’engagé d’un commerçant. Il participe avec d’autres engagés à une expédition dans l’ouest du pays et même le sud-ouest afin d’y faire la récolte des fourrures  accumulées par les amérindiens.

4 :        Le cajeux est le travailleur qui participait au transport du bois flottant sur la rivière Outaouais et le fleuve St-Laurent jusqu’à Québec où d’autres travailleurs embarquaient le bois sur des bateaux en partance pour l’Angleterre. Le billes de bois flottant étaient rassemblés en radeaux. Une centaine de ceux-ci reliés les uns aux autres  formaient un tout appelé « cage ».

5 :        Le tanneur est celui qui transforme les peaux en cuir.

Michel Ladouceur,
27 octobre 2005

Cordonnier
Semeur
Charpentier
Menuisier

Des métiers durs

Au XIXè siècle, les chefs de famille  Ladouceur de l’île Bizard furent d’abord des propriétaires terriens qui cultivaient le sol et vendaient les produits de leurs fermes à différents marchands de Montréal. Certains d’entre eux allaient directement vendre leurs fruits et légumes sur le marché de Montréal, c’est à dire le Marché Neuf situé à l’endroit dénommé aujourd’hui Place Jacques Cartier  ou au Marché Bonsecours, à partir de 1847. Ils partaient immédiatement après le souper pour arriver au marché très tôt le lendemain matin passant la nuit à somnoler sur leur charrette et se fiant à leurs chevaux pour les mener sans problème  à Montréal.

Marché Neuf

Marché Neuf nommée Place Jacques Cartier en 1847
Jour de marché, place Jacques-Cartier, photographie de William Notman & Son vers 1890.
Archives photographiques Notman, Musée McCord d’histoire canadienne, View-2421. Source : http://www.vieux.montreal.qc.ca

Les cageux

Cependant les enfants étant nombreux, certains des aînés des familles Ladouceur cherchèrent  d’autres voies pour s’enrichir recourant tantôt au « trappage  » ou à la traite des fourrures, tantôt  aux travaux forestiers. Ils furent donc coureurs des bois ou bûcherons, ou encore, comme on les a longtemps désignés « voyageurs » . En effet, plusieurs que ce soit  à leur compte ou à  titre d’engagé se dirigeaient vers l’Ouest du pays pour y récolter des fourrures ou du bois.

Les cageux étaient ces voyageurs qui transportaient le bois  sur la rivière Outaouais et le fleuve St-Laurent jusqu’à Québec où d’autres travailleurs embarquaient le bois sur des bateaux en partance pour l’Angleterre.  Jeunes gaillards de moins de 30 ans, parfois très jeunes, ils menaient la vie dure vivant et couchant à la belle étoile ou presque sur les cages pendant plusieurs semaines, faisant face aux éléments de la nature : courants vigoureux,  vents forts, tempêtes glaciales, rapides dangereux. 

Rue Saint-Paul et le marché Bonsecours en 1884

Rue Saint-Paul en 1884

Rue Saint-Paul,  la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, le marché Bonsecours, vers 1884.
William Notman & Son,
  Archives photographiques Notman, Musée McCord d’histoire canadienne.
Source : http://www.vieux.montreal.qc.ca

Les Ladouceur

Et parfois, ils devaient affronter  des animaux inquiets et agressifs ou encore  d’autres hommes enclins aux batailles pour régler des conflits ou simplement mesurer leurs forces. Au XIXè siècle, au Canada français et même en Nouvelle-Angleterre francophone, dans la recherche d’ident vers 1884ification nationale de l’époque, l’intérêt était grand pour les hommes forts canadiens français qu’on disait les plus forts au monde. On pense ici à Louis Cyr (1863-1912) dont les exploits ne semblent pas avoir été jamais égalés  encore aujourd’hui, mais aussi à bien d’autres tel que Horace Barré et Hector Décarie. L’un d’entre eux, Jos Monferrand (1802 à 1864),  fut cageux durant une longue période.

Les frères Ladouceur, Jules et Moise, fils de Basile et de Josephte  Beaulne, l’ont probablement côtoyé dans  les années quarante. Jules âgé de 21 ans et Moise âgé de 24 ans furent identifiés  comme cageux en 1844. Leurs gains étaient d’environ 10 $ ou 12 $ par mois.

Pour sa part leur frère cadet, Onézime, le grand-père de Paul Ladouceur, était déclaré cageux sur la liste électorale de 1871 mais journalier sur celle de 1881. Il avait alors 41 ans, et l’expédition dans l’Ouest lui apparaissait  plutôt aventureuse pour un chef de famille avec déjà 6 enfants.

Au cours de leur périple les cageux arrêtaient à la Pointe aux carrières située  au bord du Lac des Deux-Montagnes à l’entrée de la Rivière des Prairies. C’était l’occasion pour eux de faire une halte de repos et de revoir la famille. Mais l’arrêt était commander par la nécessité de défaire les cages pour passer les rapides.

Crochet de la Pointe aux carrières

Le crochet représenté ici date de l’époque où les cageux arrimaient leurs cages à la Pointe aux carrières.
Source :  Labastrou, Éliane : Histoire de l'Île Bizard,  Corporation de la municipalité de Saint-Raphaël de  l'Île Bizard, 1976



Les cages

Les « plançons » étaient des troncs d’arbre équarris par les hommes.

Jusqu’à 2500 « plançons » étaient reliés ensemble avec des « harts », liens flexibles faits de branches de jeunes bouleaux, pour former des « cribes » ou des « drames ».

Les « cribes » étaient des radeaux de 8 sur 15 mètres tandis que les « drames » pouvaient atteindre 12 sur 30 mètres.

Jusqu’à 100 « cribes » ou  « drames formaient une « cage ».

La « cage »  était donc une grande plateforme flottante formée de billots flottants tel le pin, et chargée de bois équarri tel le chêne et de madriers divers, menée par une équipe d’hommes qui y vivaient pendant plusieurs semaines. De nombreuses cages formaient sur le fleuve un « train de bois flottant ».

Les cages  quittaient la région de l’Outaouais et empruntaient la rivière Gatineau, puis la rivière Outaouais, le Lac des Deux montagnes, le fleuve St-Laurent, le Lac St-Pierre pour arriver à Trois-Rivières et Québec. De là le bois était embarqué à bord de navires qui étaient dirigés vers les chantiers navals d’Angleterre. Pour franchir les rapides, on détachait les radeaux un à un. Sur les lacs on hissait parfois des voiles.

Cages en préparation sur le Lac des Chats
Cages en préparation sur le Lac des Chats
Près du Pont Victoria
Près du Pont Victoria.   Source : Archives publiques du Canada

La cambuse

Sur une cage d’un train de bois était installé un abri servant de cuisine. C’était la « cambuse » où le « cook » préparait ses « beans ». Celle-ci étaient cuites avec du lard dans des chaudrons de fer enfouis toute une nuit dans du sable chaud qui reposait sur le radeau.

Michel Ladouceur
27 avril 2006

 


L'attente du repas sur le radeau.

L’attente du repas sur le radeau de J.R. Booth, vers 1880.  Source : Archives publiques du Canada.


Philémon Wright


Philemon Wright (1760-1839), né à Woburn, au Massachusetts, obtint du  gouvernement du Bas-Canada, en 1797, la concession d’un   canton en Outaouais.   En 1800, il réunissait autour de lui quelques   familles et entreprenait la colonisation de ses terres. Il s’installait à l’endroit désigné aujourd’hui comme la ville de Hull. Puis  en 1806, il tentait une première expédition en radeau. Avec l’aide de son fils et d’une vingtaine d’hommes, il conduisit le radeau « Colombo » jusquà Montréal. L’expédition avait durée  35 jours. Philémon Wright prouvait ainsi  qu’il était possible de faire flotter des radeaux de billes sur la rivière. Son expérience permit d’entreprendre l’exploitation du bois  de la vallée de l’Outaouais.

Tassé, Joseph (1848-1895) : Philemon Wright ou Colonisation et commerce de bois, Montréal, 1871

Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec

LA CHANSON DES RAFTMANS

D’où qui sont tous les raftmanns ?

D’où qui sont tous les raftmanns ?

Bing sur le ring, Bing sur la rang
Laissez passer les raftmanns
Bing sur le ring, bing bang!

Dedans Bytown sont arrêtés
Dans les chantiers ils sont montés
Des provisions ont apporté
Sur l'Outaouais s'sont dirigés
En canot d'écorce ont embarqué
Dans les chantiers sont arrivés
Des manch's de hach's ont fabriqué
Ils ont joué de la cognée
À grands coups de hach's trempé's
Pour l'estomac leur restaurer
Des porc and beans ils ont mangé
Après avoir très bien dîné
Un' pip' de platr' ils ont humé
Quand le chantier fut terminé
S'sont mis à fair' du bois carré
Pour leur radeau bien emmancher
En plein courant se sont lancés
Sur l'ch'min d'Ayulmer ils ont passé
Avec l'argent qu'ils ont gagné
Sont allés voir la mèr' Gauthier
Et les gross's fill's ils ont d'mamdé
Ont pris du rhum à leur coucher
Et leur gousset ont déchargé
Le médecin ont consulté


Lettre de change pour une cage de cèdre

La lettre de change est du papier-monnaie au même titre que la monnaie de carte employée en Nouvelle-France. Souvent employée à l’époque, elle compensait pour le manque de véritables pièces de monnaie attendues de France.  L’habitude persista  d’utiliser couramment cette promesse de paiement faite sur papier. Ainsi ici, promesse est faite de  payer à Amable Beaufils 90 livres pour une cage de cèdre.

John Reed Ecuyer trésorier des chemins, &c.

Monsieur

Il Vous plaira payer à Amable Baufy [Beaufils] quatre vingt dix livres pour une cage de cedre contenant cent vingt cedres de vingt pieds.

Montreal le 24e May 1797

P. [Paul] Lacroix "

Source : Lettre de change pour une cage de cèdre, 24 mai 1797. Fonds Cour des sessions générales de la paix du district de Montréal. TL32,S37,P1797 (06-M)

À consulter  sur les cageux :

Labastrou, Éliane et Roger :  L’ère des cageux uen épopée du XIXè siècle, Société du patrimoine et d’histoire  de  l'Île Bizard, 2004

Trépanier, Léon : À l’époque où les cageux s’arrêtaient à la Pointe-aux-Carrières…, La Patrie, dimanche, le 13 février 1949


Les coureurs des bois    

« Au premier temps, les François alloient seulement chez les Hurons, et depuis à Missilimakinak, où ils vendoient leurs marchandises aux Sauvages des lieux, qui ensuite les alloient eschanger à d'autres Sauvages dans la profondeur des bois, terres et rivières; mais à présent lesdits François, porteurs de congez, pour profiter davantage, passent sur le ventre à tous les Outaouas et Sauvages de Missilimakinak pour aller eux-mesmes chercher les nations les plus esloignées, ce qui déplaist beaucoup à ceux-ci.
C'est aussi cela qui a fait faire de belles descouvertes, et quatre ou cinq cents jeunesses, des meilleurs hommes du Canada, sont occupez à ce mestier.
Ils nous ont donné la connoissance de plusieurs noms de Sauvages, que nous ne connoissions point; et à quatre ou cinq cents lieues plus loin, il y en a encore d'autres qui nous sont inconnus. »

Extrait d'un mémoire d'Aubert de La Chesnaye, 1697. 
Margry, Pierre
:
 Mémoires et documents pourservir à l'histoire des origines françaises des pays d'outre-mer , tome VI, Paris, 1888.

Source :  Archives nationales du Québec,      http://www.anq.gouv.qc.ca/conservation/instruire/cartes/coureur.htm