Généalogie et histoire en Nouvelle-France, au Bas-Canada et au Québec Thibault
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La Flotte en Ré
1647            François Thibault            1724
1647 : les origines


Île de Ré
Source : RACINES ROCHELAISES Histoire et généalogie des Aunisiens partis vers la Nouvelle-France,
 
http://racinesrochelaises.free.fr/cat.html

François Thibault, l’ancêtre de Gabrielle, Monique, Raymond et Michèle, est né à la  Flotte de l’île de Ré, magnifique île située en face de La Rochelle en Charente-Maritime. François Thibault a été baptisé le 28 juin 1647 à la paroisse Sainte-Catherine de la Flotte. Il était le fils de Louis Thibault et de Nérée (Renée) Gauthier. Son parrain et sa marraine seraient François Tibaut et Marie Gautier. Ses parents se seraient mariés dans cette même église le jeudi 29 octobre 1643. François avaient trois frères et trois sœurs baptisés à la même paroisse de La Flotte : Marie, le 5 décembre1644, Louis, le 15 novembre 1649, Jacques, le 27 novembre 1652, Catherine, le 25 janvier 1655, Marie, le 22 décembre 1658 et Jehan, le 6 août 1660. Une plaque commémorative a été apposée dans l'église de La Flotte en 1993.

Acte de baptême

Acte de baptême - Source: http://www.fichierorigine.com


St-Jean Baptiste de l'Île de Ré

Église paroissiale Sainte-Catherine, La Flotte, Pays de l'Île de Ré, Charente-Maritime, Poitou-Charentes

Source : Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France   www.memoirenf.cieq.ulaval.ca

Historique 

 1402     Existence attestée de l'édifice.

 1574     L'église est ruinée.

 1621     L'église subit de nouveau des dommages.

 1627     Des travaux de réparation sont entrepris.

 1742     Agrandissement de l'église.

 1805     Restauration de l'édifice.

 1818     Construction de la façade.
Plaque commémorative Plaque commémorative

Plaque commémorative de la naissance de François Thibault. Monument commémoratif des familles flottaises. 

Source : Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France,   www.memoirenf.cieq.ulaval.ca


 1665 : l'engagement


Du 23 mars au 18 avril 1665 Pierre Gaigneur, marchand de La Rochelle, fit engager pour Québec 67 hommes. Ces hommes s’étaient présentés devant le notaire Teuleron à La Rochelle pour signer leur contrat d'engagement. (1)


Au XVIIe siècle, de 1631 à 1681, Pierre Teuleron (1631-1681 ) était un important notaire de La Rochelle.
Il a traité toutes sortes de contrats, mais plus spécialement les actes de commerce. L'historien rochelais, le père Coutant, situe la maison Teuleron au numéro 12 de l'actuelle rue Chef-de-Ville, près du port. (2)

La Rochelle
Port de La Rochelle : g. à d., Tour de la Lanterne, Clocher St-Jean-du-Perrot, Navire Le Belem, Tour de la Chaîne,Tour St-Nicolas.  Source : http://racinesrochelaises.free.fr/cat.html

Le 31 mars 1665, en après-midi, à l’âge de 18 ans, François Thibault, signait un contrat d’engagement de 36 mois pour la Nouvelle-France, où il serait rémunéré 75 livres par année avec une avance de 30 livres. Il déclarait ne pas savoir signer. Louis Pénigaud et Léon Banchaud, clercs, étaient présents et signèrent. Le notaire Pierre Teuleron signa ainsi que Pierre Gaigneur, marchand.

Contrat d’engagement de François Thibault d’après un contrat type.(3)

Par Devant le notaire royal soussigné en la ville et gouvernement de La Rochelle, personnellement établis François Thibault natif de La Flotte en l'île de Ré d'une part et le sieur Pierre Gaigneur, marchand de cette ville faisant pour et au nom du sieur Jean Grignon, marchand à Québec pays de la Nouvelle-France d'autre part, entre lesquelles parties a été fait et passé les conventions suivantes, c'est à savoir que ledit François Thibault promet, s'oblige et sera tenu de s'embarquer à la première réquisition qui lui en sera faite par ledit sieur Gaigneur dans le navire nommé Le Cat de Hollande, du port de deux cents tonneaux, dont est maître Charles Babin, pour aller en icelui du premier beau temps de cette rade où il est de présent jusque audit Québec servir ledit sieur Grignon ou autres qui auront de lui ordres tant à son métier que à toutes autres choses qui lui seront commandées pendant le temps de trois années consécutives qui commenceront au jour qu'il arrivera audit pays et finiront à pareil jour icelles révolues pour et moyennant la somme de soixante quinze livres tournois par chacun an qui seront payées audit François Thibault à l'expiration de chacune année durant ledit temps audit pays et encore sera défrayé par ledit sieur Gaigneur audit nom des frais du passage en allant seulement audit pays auquel il sera nourri pendant le susdit temps et encore en cette ville jusque audit embarquement sans diminution de ses gages sur la promesse desquels avance a été faite audit François Thibault par ledit sieur Gaigneur de la somme de trente livres pour lui avoir des hardes et commodités à l'entretien des présentes à peine de tous dépends, dommages et intérêts, les parties obligent tous leurs biens présents et futurs, outre ledit Thibault, sa personne à tenir prison comme pour deniers royaux, qui fait élection de domicile en la maison du notaire royal soussigné pour y recevoir tous actes & renonçant & jugés et condamnés & fait à La Rochelle, étude dudit notaire, après midi le trente unième  jour de mars mil six cent soixante cinq, présents Louis Pénigaud et Léon Banchaud, clercs y demeurant, et ledit Thibault déclare ne savoir signer de ce requis.
Suivent les signatures de Pierre Gaigneur, Louis Pénigaud, Léon Banchaud et Pierre Teuleron.


Flûte hollandaise

Flûte hollandaise, au plus près du vent, les amures à tribord.

(Planche VIII de Baugean, Collection de toutes les espèces de bâtiments de guerre et de bâtiments marchands, Paris, 1814.) Source : http://www.1789-1815.com/dict_marine.htm

 

François s’embarqua sur le  Chat de Hollande, navire marchand de 200 tonneaux appartenant à Albert Cornelis Kadt. Ce navire, armé par Alexandre Petit, quittait la rade de La Rochelle à la fin du mois d'avril 1665, sous le commandement de Charles Babin.

Après une longue et ardue traversée de l’océan, il s'arrêtait à Gaspé afin d’embarquer à bord des soldats venus des Antilles, sur Le Brézé. Ceux-ci étaient sous les ordres de Monsieur de Tracy, qui devait avec ses hommes se joindre aux troupes du régiment de Carignan. Le Chat de Hollande arriva à Québec le 18 juin 1665. Il en reparti  le 3 août. (4)

Michel Ladouceur, 26 janvier 2006

1 :             http://www3.sympatico.ca/jn-pier.thib/thibault

2 :            Racines rochelaises, histoire et généalogie des Aunisiens partis vers la Nouvelle-France, http://racinesrochelaises.free.fr/cat.html

3 :            Racines rochelaises, histoire et généalogie des Aunisiens partis vers la Nouvelle-France, http://racinesrochelaises.free.fr/cat.html

4 :            Racines rochelaises, histoire et généalogie des Aunisiens partis vers la Nouvelle-France, http://racinesrochelaises.free.fr/cat.html


1669 : l’installation au pays

Arrivé au pays, le 18 juin 1665, François Thibault servit  en premier lieu de domestique à Robert Paré, charpentier de la côte de Beaupré, et Françoise Lehoux à Ste-Anne-du-petit-cap, ceci afin de remplir son engagement de trois ans.

Une fois son terme arrivé, François décidait  de se fixer en terre d’Amérique. Le 29 juin 1669, il  achetait une terre de Gilles Moulineux ( ou Moulineur ) pour la somme de 45 livres, une terre située tout près de la rivière Sainte-Anne, sur la côte de Beaupré. Le contrat passé devant le notaire Claude Aubert stipulait qu’il devait donner au seigneur, annuellement, 52 sols et six deniers de cens, de même qu'un chapon et deux faisans en guise de rente.

 

Le 14 octobre 1670, il épousait Élisabeth-Agnès Lefebvre, une fille du roi native de Paris avec qui il aura douze enfants. Élisabeth-Agnès Lefebvre faisait partie du contingent des Filles du roi qui sont arrivées à la fin du mois d'août de l'année 1670.  Originaire de Saint-Gervais de Paris, elle est né en 1655 et était la  fille de feu Guillaume et de Barbe Viot.

À leur arrivée,  les Filles du roi étaient prises en charge par les religieuses qui leur enseignaient en quelques jours tout ce qu’elle devaient savoir afin de prendre en charge un époux, une maison et une famille. Car les Filles du roi  étaient tenus de se trouver un  futur époux dans les plus courts délais.. Ainsi Élisabeth-Agnès Lefebvre, à peine âgée de 15 ans, signe devant le notaire Romain Becquet un contrat de mariage avec Nicolas Nauteau le 31 août 1670. Pour des raisons inconnues, ils annulent leur contrat le 24 septembre 1670 devant le même notaire.

Cependant, le 3 octobre 1670, encore une fois devant le même notaire, elle passe un nouveau contrat de mariage cette fois-ci avec François Thibault. Les fréquentations ont été très brèves, car entre les deux contrats il s'est écoulé seulement dix jours.

Manuscrit-exemple  Voici un extrait du contrat de mariage passé devant le notaire Romain Becquet (2):
 

"Furent présents en leur personne François Thibault fils majeur de Louis Thibault du bourg de la Flotte paroisse de Ste-Catherine en l'île de Ré et de Renée Gauthier son père et mère d'une part et Élizabeth Lefebvre fille du deffunt Guillaume Lefebvre et de Barbe Viot demeurant à Paris paroisse de St-Gervais".

"La dite future épouse lui a apporté dans la communauté jusqu'à la somme de deux cents livres dont la moitié entrera en la dite communauté et l'autre moitié lui servira nature de propre à elle et aux siens de son côté et ligné".

"Et en outre la somme de cinquante livres que sa Majesté lui a donné en considération de son mariage qui lui serviront aussi de nature de propre à elle et aux siens de son côté et lignéé".

"Fait et passé à Québec en la dite maison de la dite dame Gasnier, l'an mil six cents soixante dix après midi, le troisième jour d'octobre".


Manuscrit-exemple  Le mariage de François Thibault et d’Élisabeth-Agnès Lefebvre, fut enregistré le 14 octobre 1670 à la paroisse Sainte-Anne-du-Petit-Cap. (3)

"L'an de notre seigneur Jésus Christ 1670 le 14 d'octobre, après une publication des bancs de mariage et permission des autres de Monseigneur Despétrie. J'ai reçu leur mutuel consentement ne s'étant trouvé aucun empêchement entre François Thibault et Elizabeth agnès. Et ce en présence de plusieurs témoins et en face de la Sainte église, Jean Caron, Robert Paré et Pierre Piccard habitants de Ste-Anne.

F.Fillion prêtre missionnaire
Morin prêtre".

Michel Ladouceur, 26 janvier 2006

1 :   Jetté, René : Dictionnaire généalogique des familles du Québec, des origines à 1730, Gaétan Morin Éditeur, Montréal, 2003

2 :    http://www3.sympatico.ca/jn-pier.thib/thibault

3 :    http://www3.sympatico.ca/jn-pier.thib/thibault


1674 : le pionnier à la Seigneurie de Vincelotte

En 1674, François Thibault vendit la terre achetée en 1669 sur la côte de Beaupré et s'établit sur une autre terre dans la seigneurie de Vincelotte. Une concession fut faite à François Thibault le 9 avril 1674 par Geneviève de Chavigny devant le notaire Romain Becquet. (1)


Geneviève de Chavigny était la  fille de François de Chavigny sieur de Berchereau et de Éléonore de Grandmaison. Elle est née et fut baptisée le 28 janvier 1646. Elle se maria en premières noces, à l’âge de 14 ans, soit le 2 mai 1660 à Québec,  à Charles Amyot, marchand bourgeois de Québec, qui décéda le 10 décembre 1669.  Elle était depuis 1672 seigneuresse de Vincelotte, seigneurie héritée de son père. (2)
Carte Seigneuries Côte du sud

Seigneurie  Vincelotte  

Source : Domaine de la Seigneurie Vincelotte, http://www.quebecweb.com/domaine/albumf.htm

"une concession en la dite seigneurie de Vincelotte d'une contenance de vingt arpents de terre complantée en haut bois et de trois arpents de front sur le bord du fleuve Saint-Laurent sur quarentes arpents de profondeur bornée d'un côté au manoir seigneurial et des terres non concédées, d'un bout par devant le dit fleuve Saint-Laurent et l'autre bout la ligne autour qui sépare la dite profondeur d'avec les autres terres en la dite seigneurie".


"Le dit Thibault garanti, promet et s'oblige de payer à la dite demoiselle de Chavigny ses hoirs et ayant cause de ce jour à la durée pour chaque an, la somme de six livres et trois chapons vifs de rente seigneuriale et un sol de cens pour coût de la dite concession".


"Et s'y établir, d'avoir feu et lieu sur la dite concession ou autre pour lui dans l'an et jour des dates des présentes et commandons de s'y bâtir, résider et travailler sur la terre suffisamment".


"Jouira le dit Thibault du droit de chasse et de pêche ou dedans et au devant de la dite concession sauf au manoir de la dite demoiselle".


"Sera tenu le dit Thibault, obligé d'y apporter ses grains à moudre au moulin et cuire aux fours banals de la seigneurie lorsqu'il en aura de construits et aussi d'ouvrir et passer sur la dite concession tous les chemins qui seront jugés nécessaires".


"Et en plus pour proner et nourir amitié entre le dit Thibault et ses voisins, il sera obligé de clore le devant de la dite concession jusqu'au chemin de dix huit pieds qui sera tiré sur le bord du fleuve à plus haute marée de telle sorte que aucuns bestiaux ne puissent passer au travers. Ce cas arrivant, il ne pourra prétendre aucune espèce de dommages et intérêts pour les délits et dégâts que pourraient faire les dits bestiaux".


"Jouira aussi le dit Thibault des prairies qui sont sur ces batures du dit fleuve au devant de la dite seigneurie que la marée couvre pour pâturer ses bestiaux conjointement avec ceux de la dite demoiselle et ses autres tenant titres en la dite seigneurie".


"Et pour tenir lieu de commune sera pareillement tenu le dit Thibault de conserver debout tous les arbres de bois de chêne qui seront sur la dite concession propre à la construction des vaisseaux".

"Fait et passé à la ville de Québec en maison de la dite demoiselle de Chavigny l'an mil six cent soixante quatorze le neuvième jour d'avril en présence d'eustache Lambert et jacques...? demeurant au dit Québec, témoins qui ont signé avec la dite demoiselle de Chavigny et notaire. Et le dit françois Thibault a déclaré ne savoir écrire, ni signé de ce enquis suivant l'ordonnance".

François Thibault enregistrait aussi devant le notaire Romain Becquet un bail à titre de loyer. François louait la terre du domaine seigneurial de Geneviève De Chavigny et s’engagait à défricher et à cultiver cette terre. En échange de quoi, il devait remettre  la moitié du grain et construire un hangar aux frais de la seigneuresse. Voici quelques extraits de ce bail daté du 10 avril 1674 (3) :

"Fut présent en sa personne damoiselle Geneviève De Chavigny dame de la seigneurie de Vincelotte veuve de feu Sieur Amiot demeurant en cette ville. Laquelle a volontairement baillé et délaissé à titre de loyer, toute moitié de grain pour un an à commencer ce jour d'hui date des présentes et finir à pareil jour. Et promet pendant le dit temps garantir de faire jouir à François Thibault habitant, demeurant en ladite seigneurie de Vincelotte".
"Pour jouir, faire et disposer de la dite terre par le dit preneur au dit titre pendant ledit an durand, est obligé de faire un bon père de famille".
"Ce présent bail, fait aux charges, clauses et conditions suivantes. Moyennant que ladite damoiselle aura à son profit particulier la moitié par ? de tout le grain qui se recueillira sur ladite terre pendant ledit an. Que ledit preneur sera tenu, promet et s'oblige de lui livrer, battre, remis et bien conditionné sur ladite seigneurie au printemps prochain".
"Comme aussi d'ensemencer toute la terre qu'il prendra et qui lui sera livrée en estat de recevoir semences dans le temps des semences. Même de conserver ledit grain après la récolte soit en gerbe ou en ? jusqu'au dit printemps en telle sorte que la dite damoiselle ne souffre aucune perte ni diminution sur sa moitié. Sera tenu et s'oblige ledit preneur de faire ou faire faire un hangard de dix huit à vingt pieds en quarré bien ? pour mettre les grains de se terre, lequel ladite damoiselle sera tenu de payer ce dont ils conviendront des travaux ou de l'estimation des présentes dont ils conviendront pour cet effet".

Michel Ladouceur, 26 janvier 2006

 1 :    Site de Pierre Thibault,  http://www3.sympatico.ca/jn-pier.thib/thibault

2 :   Jetté, René : Dictionnaire généalogique des familles du Québec, des origines à 1730, Gaétan Morin Éditeur, Montréal, 2003

3 :    Site de Pierre Thibault,  http://www3.sympatico.ca/jn-pier.thib/thibault


François Thibault aurait reçu sa deuxième concession à Cap-St-Ignace le 2 octobre 1697. Cette terre se trouvait entre celle de Charles Bernier et de Thomas Cahouet,  Voici quelques extraits de l'acte passé devant le notaire Rageot::


"A savoir, une concession en la ditte seigneurie de Vincelotte contenant vingt arpents de terre complanté en haut bois et trois arpents de front devant le fleuve St-Laurent et de quarente arpents de profondeur. Borné d'un côté à Baptiste Malboeuf et l'autre bout la ligne de la route qui sépare la ditte profondeur d'avec les autres terres de la ditte seigneurie".

"Le dit preneur est tenu et obligé de payer la somme de six livres et trois chapons vifs de rente seigneuriale et un sol de cens pour toute la ditte concession".



Le 7 juillet 1711, François Thibault vendait cette concession à Ignace Bouchard, pour la somme de 150 livres.


"Fut présent François Thibault habitant demeurant en la seigneurie de Vincelotte, leq
http://www3.sympatico.ca/jn-pier.thib/thibaultuel de son bon gré et volonté a reconnu et confessé avoir le quatre janvier dernier en présence de témoins, vendu, cédé, quitté, délaissé et transporté et par ces présentes vend, cède, quitte, délaisse et transporte dès maintenant et à toujours. Et promet garantie de tous troubles, dettes et hypothèques générallement quelconques à Ignace Bouchard fils aussi habitant de la dite seigneurie de Vincelotte, absent le Sieur Claude Guimont capitaine de milice de la ditte seigneurie de Vincelotte y demeurant à ce présent et acceptant pour le dit Bouchard acquéreur pour lui, ses hoirs et ayant causes à l'avenir. C'est à savoir, une terre et habitation sise et située en la dite seigneurie de Vincelotte, contenant trois arpents de front sur le bord du fleuve St-Laurent sur quarente arpents de profondeur dont les terres joignant du coté du sud ouest à l'habitation de Jean-Baptiste Malboeuf et du coté nord est à celle de Jean Gaudreau. Ainsi qu'elle se poursuit et comporte sans en rien réserver ny retenir audit vendeur appartenant pour l'avoir acquise par contrat de concession qui lui en a été fait en datte du deux octobre mil sept cent ainsi qu'il la déclaré".

"Lequel contrat de concession, il a remis en mains dudit acquéreur dès le dit jour quatre janvier dernier ainsi que le dit Guimont la reconnu".

"En outre, ce pour et moyennant le prix et somme de cent cinquante livres que le dit Thibault vendeur, a reconnu avoir reçu du dit Bouchard acquéreur en argent comptant dès le dit dit jour, quatre janvier dernier".

Michel Ladouceur, 25 janvier 2006

1 : http://www3.sympatico.ca/jn-pier.thib/thibault  ref: 1: Cap-St-Ignace 1672-1970 Jos. Arthur Richard prêtre, 1970

2 : http://www3.sympatico.ca/jn-pier.thib/thibault


Moulin Vincelotte

Souce rhttp://www.capsaintignace.ca/francais/template.php

Selon le recensement de 1681, François Thibault cultivait cinq arpents et possédait quatre bêtes à cornes. Comme tous les censitaires, il utilisait le moulin de la seigneurie pour moudre son grain et remplir ses obligations envers la seigneuresse.

Michel Ladouceur, 26 janvier 2006
Moulin Vincelotte

Érigé en 1690, sous les auspices de Charles-Joseph Amyot de Vincelotte, sur un emplacement de la seigneurie de Cap-Saint-Ignace concédée à sa mère, Geneviève de Chavigny, par Jean Talon, en 1672, le moulin banal, aujourd'hui dit de Vincelotte, est le seul vestige de moulin à vent de la rive sud du Saint-Laurent, depuis Bécancour jusqu'à Gaspé.

Ce qu'il en reste, une tour construite en maçonnerie de pierre des champs, d'un diamètre extérieur de 6,5 mètres, d'une hauteur de 7,4 mètres, fut restaurée une première fois en 1924 par la Commission des monuments historiques et une deuxième fois, en 1980, où les joints de maçonnerie sont refaits à neuf. Le toit prend une forme octogonale à faible pente. Aucune machinerie, ni accessoire, ni aile, ni maître-arbre n'ont cependant résisté au temps.

Source :Ministère des affaires culturelles du Québec

http://www.mcc.gouv.qc.ca/region/12/pamu/biens-culturels/moulin-vincelotte.htm#credit


 1716 :   la succession

Donation de François Thibault et de Élisabeth-Agnès Lefebvre

Le 29 mars 1716, François et Élisabeth «  se donnent » à leur fils Louis devant le notaire Abel Michon qui, depuis le 1eravril 1711, était notaire royal de la région s’étendant de Lauzon à Kamouraska. (1) Louis devait prendre en charge ses parents jusqu'à leur mort. En échange,  Louis Thibault recevait ainsi  la moitié de la terre ancestrale de Cap-Saint-Ignace incluant les habitations, les bêtes et les outils de ferme. L'autre moitié devait revenir aux autres enfants à part égale. Après  quelques années Louis rachetait de ses frères et sœurs et devenait propriétaire de tout le domaine familial.

Ce document renseigne sur la nature des biens que  possédait le couple.  On y retrouve un inventaire des bêtes, des articles de ferme et des articles ménagers et on y décrit la consommation annuelle que le couple faisait au niveau du beurre, du lard, du vin et de l'eau de vie. (2)

"Par devant Abel Michon notaire royal des côtes et seigneuries qui sont depuis la pointe de Lévis jusqu'à Kamouraska en la Nouvelle-France, résidant en la paroisse de St-Thomas soussigné et témoins ci-bas nommés. Fut présent en leur personne FRANÇOIS THIBEAUX DU CAP ST-IGNACE AGE DE SOIXANTE ET DOUZE ANS et ELIZABETH AGNES LEFEBVRE sa femme de lui dûment autoriser pour l'effet des présente AGEE DE CINQUANTE HUIT ANS. Lesquels ne pouvant plus faire valloir leurs biens pour en tirer leur nourriture et entretien, et attendu leur grand âge et caducité ce qui les a obligé et oblige le dit Thibault de leur bon gré, franche et libre volonté des dits Thibault et Lefebvre, promis de faire et atteste ce qui suit.

A savoir, ils ont reconnu et confessé par les présentes AVOIR FAIT DONATION CHACUN EN LEUR NOM DE LA MOITIE DE TOUS ET CHACUN DE LEURS BIENS AINSI QU'IL EN SUIT ET EN OUTRE LA JOUISSANCE DE LA MOITIE DE LA DITE TERRE POUR TOUTE LEURS VIES A LOUIS THIBAULT LEUR FILS présent et acceptant acqu;éreur et retenant pour lui ses hoirs et ayant cause.

A savoir premièrement LA MOITIE D'UNE TERRE ET HABITATIONS a eux appartenant de la contenance de trois arpents de terre de front par la profondeur ordinaire des lieux, sise et située en la paroisse de cap st-ignace seigneurie de Vincelotte. Et de laquelle dite terre le dit acceptant aura à la volonté le choix sur elle.

ET LA MOITIE DE NEUF BESTE A MAILLE, à savoir une paire de boeuf de travaille et une autre petite paire de boeuf de trois ans, quatre vache mère et une taure de deux ans.

ET EN OUTRE LA MOITIE DE TOUS LES OUTILS DE FERME ET DE CULTURE DES TERRE, à savoir une charrue garnie avec des dits chevaux, une charête garnie de roues, une fourche, deux haches, deux pioches, trois tarières deux gros et un petit, un ciseau, une gouge, un marteau de faux, une asseau, trois pitaine ?, une asset, un fer de collombe, deux sciottes, trois moules de tonnelier, petit vessaux, deux faux, une douzaine de terrine, une chaudière de cuivre de trois siaux, et une petite chaudière d'environ un siaux, deux tasses, une demi douzaine d'asiette, deux plats, et un bassin en vieille estin, deux marmittes dont il y en a une mauvaise, une poille vieille, une vieille cullière à pot, une pelle à feu, un fusil.

AINSI CETTE PRESENTE DONATION FAIT AUX CHARGES ET CLAUSES ET CONDITIONS CI APRES PRÉSENTE.

Sera tenu bien solidairement pour lui et ses hoirs et ayant cause, de bailler et payer au dit donnateurs POUR CHAQUE AN ET JUSQU'AU JOUR DU DECES DU DERNIER MOURANT, premièrement la quantité de quarante minot de blé fromant et quarante écus en argent, cent cinquante livres de lard, cinquantes livres de beurre.

ET EN OUTRE DE PRENDRE SOINS DES DITS DONATEURS PENDANT LEUR VIVANT tant jusque malade, les chauffer et blanchir. Et en outre leur envoyer une vache jeune et la liberté de jouir de un coté de la maison et aussi la liberté de leur demi douzaine de poule et de volailles qui sont devant et un petit cochon.

ET EN OUTRE LA JOUISSANCE DU JARDIN QUI EST SUR LA DITE TERRE. FOURNISSANT AUSSI LEUR LIT, LINGES ET HARDES A LEUR USAGE lequel dit lit, linges et hardes à l'usage des dits donateurs demeurant au dit acceptant.

Et en outre le dit acceptant sera tenu pour chaque ans DE FOURNIR AU DIT DONATEURS TOUS LES ANS LA QUANTITE DE SIX POTS DE VIN ET SIX POTS D'EAU DE VIE à leurs réquisitions et à leurs acquis.

Et en outre sera tenu le dit acceptant après le décès des dits donnateurs DE LES FAIRE INHUMER selon leurs conditions et leur FAIRE DIRE POUR LE REPOS DE LEUR AME, CHACUN VINGT CINQ MESSES lesquels il justifira ses co-héritiers.

A faute que fera le dit acceptant d'exécuter toutes les clauses portées en ses présentes, ses présentes demeureront comme non faite, ni passé.

Car ainsi a été expressement convenu toutes les obligations. Pour l'insinuation des présentes ont les dits parties fait et constitué leur procureur spécial et général le porteur des présentes auquels ils donnent tout pouvoir d'en requérir acte. Car ainsi, promettant et obligeant. FAIT ET PASSE EN LA DITE SEIGNEURIE ET PAROISSE ST-IGNACE EN LA MAISON DES DITS DONATEURS APRÈS MIDI L'AN MIL SEPT CENT SEIZE LE VINGT NEUF JOUR DE MARS. En présence des Sieurs Eustache Fortin lieutenant de milice de la seigneurie de la rivière du sud et Claude Guimont capitaine de milice du dit lieu, lesquels et le dit acceptant et notaire ont signé les présentes. Et ont les dits donateurs, déclaré ne savoir écrire ni signer de ce enquis suivant l'ordonnance, après lecture faite.

EUSTACHE FORTIN
CLAUDE GUIMONT
LOUIS TIBEAUST



1 :   Jetté, René : Dictionnaire généalogique des familles du Québec, des origines à 1730, Gaétan Morin Éditeur, Montréal, 2003

2 :    http://www3.sympatico.ca/jn-pier.thib/thibault

Michel Ladouceur, 25 janvier 2006

 

 

 

 


 

 

 

 

 


 1721 :    les ordonnances


François Thibault  et les ordonnances de l'intendant Bégon

 Ordonnance datée du 21 juin 1721 : 

 Ordonnance de l'intendant Bégon entre François Thibault ( 1647-1724 ), habitant de la Rivière-du-Sud, et Jean Gagné, son voisin, au sujet d'un canal qui  égoutte leurs terres.

Ordonnance datée du 1 juin 1726 :
Ordonnance de l'intendant Bégon qui condamne François Thibault,  François Robin, Nicolas Laberge, Jean Gagnier et Dominique Argot, habitants de la seigneurie de la Rivière-du-Sud, à travailler incessamment et tous ensemble à faire un second fossé au nord-est de leurs terres, le premier ruisseau fait en conséquence de l'ordonnance du 21 juin 1721 pour recevoir les eaux qui viennent de la profondeur des terres étant insuffisant. Or, en 1726 François était mort. L'ordonnance s'adressait alors probablement à sa succession.

Source : Site des Archives Canada–France, http://bd.archivescanadafrance.org

Michel Ladouceur, Laval, Québec, 1er mars 2006

Ordonnance de l'intendant Bégon

Ordonnance de l'intendant Bégon
Michel Bégon, sieur de LaPicardière et de Murbelin
Michel Bégon était le fils de Michel Bégon, intendant de Rochefort, sieur de LaPicardière, et de Madeleine Druillon. Né le 21 mars 1667, il était originaire de Blois dans le Loir-et-Cher. Il se maria en France quelques mois avant son départ pour la Nouvelle-France, soit le 9 janvier 1711. Son épouse était Jeanne Éllisabeth de Beauharnois. Ils eurent 7 enfants tous nés à Québec entre les années 1713 et 1723
fut intendant de la Nouvelle-France du 31 mars 1710 au 14 octobre 1726. En fait, il est arrivé au pays le 14 septembre 1712 et il retourna en France le 28 novembre 1726..











Jetté, René : Dictionnaire généalogique des familles du Québec, des origines à 1730, Gaétan Morin Éditeur, Montréal, 2003