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| 1640 : les origines |
Jean Brochu est né le 27 décembre 1640 et a été baptisé le
même jour à la Paroisse Saint-Jean,
Montaigu, évêché de Luçon, en Vendée. Il était le fils de Louis Brochu,
marchand, enterré le 21 avril 1683 à la même paroisse, et de Louise Guichet.
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![]() Acte de baptême de Jean
Brochu dit Lafontaine |
![]() Forteresse de Montaigu |
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1666 : l’installation au pays |
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Selon le Centre de généalogie francophone d'Amérique, Jean Brochu serait arrivé en Nouvelle France en 1660 ou 1661. En 1666, un texte notarié mentionne Jean Brochu comme demeurant à l’Ile d’Orléans. L’acte est notarié le 22 décembre 1666 devant le notaire Gilles Rageot, greffier de la Prévôté de Québec. Il est dit que Jean Brochu vend et promet de livrer 10 minots de blé à Étienne Landron, jeune patissier et cuisinier de 24 ans, établi à la basse ville de Québec. En 1667, Jean Brochu obtient une concession de Mgr
de Laval sur l’Ile d’Orléans. Jean et l’évêque seigneur de l’île signent un
contrat le 2 juin 1667 devant le
notaire Paul Vachon, notaire attitré entre autres de la seigneurie de l’île
d’Orléans. Ce notaire arrivé au pays à la même époque était originaire de la
même région que Jean, soit le territoire de l’évêché de Luçon en Vendée, et
plus précisément de La Copechagnière.
La terre est définie comme suit : « trois arpents de terre de front au passage du sud à
prendre dans lad isle d’orlenans ». Jean s’engage à payer trois livres de rentes
annuelles et 36 deniers pour sa concession. Il promet aussi de livrer « trois chapons vifs ». Jean résidera et
travaillera jusqu’à sa mort sur cette terre de la Paroisse St-Jean. |
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Les boeufs à la souche, 1928-1932, bronze d'Alfred Laliberté
Source : Legendre, Odette : Laliberté, Éditions Fides, Montréal, 2001 |
1669 : le mariage |
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Jean a épousé Nicole Saulnier le 28 octobre 1669 à la Paroisse Sainte-Famille de l’Ile d'Orléans. Il enregistra son contrat de mariage devant le notaire Romain Becquet le7 octobre 1669.
Nicole était une Fille du
roi arrivée au pays en 1669. Elle était originaire
de la Paroisse St-Christophe en Ile de France où elle fut
baptisée en 1651. Pierre Saulnier était son
père tandis que
sa mère se nommait Jeanne Chevillard
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![]() Église Ste-Famille de l'Île d'Orléans |
Située dans le comté de Montmorency et faisant
partie du diocèse de Québec, la paroisse Sainte-Famille est desservie par voie
de mission de 1666 à 1674, date de la nomination du premier curé résidant.
L'église de la Sainte-Famille, fondée en 1669, est la plus ancienne église de l'Île
d'Orléans. L'érection canonique de la paroisse se fait en 1684.
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| 1673: le voisinage et les conflits |
![]() Église St-Jean de l'Île d'Orléans
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Située dans le comté de Montmorency, la paroisse Saint-Jean de l'Île d'Orléans, Qué., fait partie du diocèse de Québec et est desservie par voie de mission de 1679 à 1682, date de l'ouverture des registres paroissiaux. Le premier curé résidant est nommé en 1683 et ce n'est qu'en 1734 qu'est construite la première église paroissiale. La paroisse Saint-Jean est érigée canoniquement en 1714 et est nommée en l'honneur de Jean de Lauzon, fils du gouverneur de Lauzon. |
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En 1667, les voisins immédiats de Jean
étaient d’un côté Charles Marolles et
de l’autre Gabriel Roger. Charles Darcour dit Marolles était né à Paris. Il
avait 25 ans à l’époque. Il ne se maria pas et décéda très jeune suite à une
noyade dans le fleuve. Il fut enterré à Québec le 25 novembre 1677. Il
semblerait qu’il céda sa terre à un dénommé Jacques Bidet. Jacques Bidet dit Desroussels, fils de Pierre
Bidet et Marie Allaire, était de la région de Saintonge en Charente-Maritime,
sur le territoire de l’évêché de Saintes. Né en 1646 ou aux environs, il était au pays en 1665
puisqu’il était religieusement confirmé vers l’âge de 19 ans, le 24 août 1665 à
Québec. Il se maria avec Françoise Desfossés le 18 octobre 1669 à Ste-Famille
de l’Ile d’Orléans. Ils eurent 6 enfants tous nés à Ste-Famille. Gabriel Roger était lui originaire de Ste-Verge de
l’évêché de Poitiers dans le Poitou, près de Thouars. Il était le fils de René
Roger et de Jeanne Augeard. Le 12
octobre 1669, il se maria avec Marie de Lacour, fille de Guillaume de Lacour et
de Marie Birra, de St-Germain l’Auxerrois à Paris. Il enregistra un contrat de
mariage à Québec le 30 octobre 1669. De 1670 à 1677, le couple eut 5 enfants.
Mais Marie décéda par après. Elle ne fut pas citée dans le recensement de1681.
À l’âge de 48 ans, le 17 novembre 1677, Gabriel Roger se remaria avec Marie
Louise Bolper. Ils n’eurent pas d’enfants. Gabriel Roger mourut le 24 juillet
1699 et fut enseveli le lendemain à St-Jean. Il fut un voisin important dans la
vie de Jean Brochu. En effet, il fut tantôt en conflit, tantôt en collaboration
avec l’ancêtre. Quelques années plus tard en 1676, le Conseil
Souverain dut encore intervenir. Le 2 juillet 1676, un dénommé Paul Linard
avait demandé justice dans un conflit avec Jean Brochu. Le 2 août le Conseil
condamna
«
iceluy Brochu …desdommager le dict Linard au dire d’experts de la perte et
retardements de ses semences ». En 1692
c’est son voisin, Gabriel Roger, qui s’emporte contre Jean qui refuse de
payer plus de 36 livres pour des minots
de pois parce que le prix exigé, 187 livres, en était excessif selon Jean. Ce
dernier perdit sa cause et dut payer pour ses 34 minots de pois verts et les 4
minots de petits pois. La vie ne semblait pas facile pour l’ancêtre. En
1681, il dut s’endetter chez le marchand Jean Garos pour l’acquisition de
marchandises d’une valeur 104 livres. Jean mit en garantie deux de ses bœufs.
Il avait alors. selon le recensement de 1681,
4 bêtes à cornes et 16 arpents de terre en culture. Ses trois premiers enfants
avaient respectivement 9, 7 et 4 ans.
Le recensement révèle que ses voisins immédiats étaient Nicolas Boissonneau
marié à Anne Collin et Gabriel Roger dont l’épouse, Marie Lacour, était
récemment décédée. Le 17 octobre 1684, Jean Brochu et Jacques Bidet
s’engagent devant le notaire royal et juge bailli de l’Île d’Oléans Pierre
Duquet à prendre en charge pour une période de 5 ans la terre de leur voisin
commun Gabriel Roger, se séparant équitablement les champs. Le contrat spécifie que Jean devra à Gabriel
« aussy par chacun an a pareil
temps aussy dix minots de bled et dix minots de pois, a la reserve de
première que le led Brochu luy payera
vingt minots de bled ». Le contrat est paraphé par Hippolyte Tibierge et Nicolas Gauvreau, tous deux de. la basse ville de Québec. Tibierge était un marchand tanneur et son fils aîné Gabriel cultivait la terre dans le voisinage de Jean. Gauvreau était armurier, serrurier et arquebusier. Jean Brochu était donc un homme très actif à l’Île
d’Orléans, se mêlant à la vie des colons de l’endroit. On peut l’imaginer
discutant de ses droits. Lui et sa femme Nicole s’impliquèrent dans la vie
sociale de la place en étant témoins officiels à l’occasion d’événements
importants pour leur petite communauté. Ainsi Nicole fut marraine le 23 avril 1672 du 2ème fils de Gabriel Roger qui
portât le même prénom que son père. Elle fut aussi marraine de Marie Bidet la 2ème
fille de Jacques Bidet. Quant à Jean, il signa comme témoin à de nombreux mariages. Ce fut le cas pour 2 filles de
Jacques Bidet : Marie qui épousa Charles Allaire le 19 novembre 1691 et
Françoise qui épousa François Élie dit Breton le 23 septembre 1692. Ces 2
mariages eurent lieu à St-Jean de l’Île d’Orléans. Marie et Charles eurent 12
enfants tandis que Françoise et François se contentèrent de 4 filles et de 4
garçons. Jean Brochu fut aussi témoin pour les mariages
suivants : Jean Cojean dit Saint-Brieux, soldat originaire de
la Bretagne, se mariait avec Suzanne Marceau le 7 septembre 1699, à St-Jean de l’Île d’Orléans. Jacques Lebrun dit LaSonde épousait Catherine
Chapelain à St-Pierre de l’Île d’Orléans, le 12 janvier 1693. Le 9 janvier 1690,Pierre Avard et Louise Gauthier,
veuvede Louis Greffard, se marièrent à
St-Jean de l’Île d’Orléans. Jean Morier (Mourier), dit le Père Véron épousait
à l’âge de 47 ans Marie Minaud le29 octobre 1678 Ste-Famille de l’Île d’Orléans. René Bisson dit l’Épine et Louise Valet se
marièrent à Québec le 16 septembre 1670. Pierre Terrien, originaire de la région de la
Rochelle qu’il quitta à l’âge de 21 ans pour venir en Nouvelle-France à titre
d’engagé, épousa Gabrielle Minaud le
17 mai 1670 à l’église de Ste-Famille. Ce couple eut 14 enfants de 1672 à 1696. |
1705 : LA SUCCESSION |
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Jean Brochu décéda le 27 février 1705 à l’âge de 65 ans. Il fut enterré
le lendemain à St-Jean. Nicole Saulnier lui survivra durant 9 ans. En 1709,
Nicole Saulnier fait don de ses biens à son fils aîné Jean. La dotation est
enregistré le 14 octobre 1709 devant le notaire royal Louis Chamballon. Il y
était dit que tous les biens de Nicole, terre, animaux et bâtiments, allaient à Jean à la condition
qu’il assuma les dettes : 100 livres pour un cheval, 80 livres à Joseph
Riverin, 40 livres à un dénommé Foucault, 33 livres à une dame Létourneau, 18
livres à Thomas Plante, 24 livres au curé Boucher, etc. Le couple Jean Brochu
et Nicole Saulnier semblent avoir été dépensiers …ou forts en affaires. Les
témoins au contrat étaient le praticien René Claude Barolet et le boulanger
René Bouchard. Nicole Saulnier décéda le 2 novembre 1714 à l’âge de 63 ans. Elle fut enterrée le lendemain à Saint-Jean de l’Ile d'Orléans. Son fils Jean ne lui survécut qu’un an. Il mourut le 26 mars 1715. Sa veuve, Françoise Delaunay, se remaria rapidement soit le 6 juillet 1716, à St-Jean, avec Jacques Greffard. Le couple demeura sur la terre de l’ancêtre. Ce qui amena le fils aîné de Françoise, Jean, le troisième « Jean Brochu » à quitter l’île et à s’installer à Saint-Vallier de Bellechasse. Depuis le 23 juin 1991, un monument commémoratif
est érigé sur le chemin Royal à Saint-Jean, à l’emplacement même de la terre de
l’ancêtre. |
Sources :
1 :
Lebel, Gérard : Jean Brochu, Revue Ste-Anne de
Beaupré, Juin 1984.
2 : Jetté, René : Dictionnaire
généalogique des familles du Québec, des origines à 1730, Gaétan Morin
Éditeur, Montréal, 2003
3 :
Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France, Université Laval, http://inventairenf.cieq.ulaval.ca