B U L L E T I N D E L I A I S O N F R O N T C O M M U N SDF Bruxelles-Flandre-Wallonie Mensuel juin 2005, n° 94 SOMMAIRE
Les
élections communales approchent, la Commune
d’Anvers a
commencé la mise en œuvre de son Plan Ville
Propre. Une
centaine d’agents de sécurité (soit des
Agents de
Proximité et de Sécurité APS comme
à
Bruxelles, soit des auxiliaires de police) ont
été
recrutés et s’entraînent dans les locaux
de la
police. Leur mission sera de sillonner les rues chaudes
d’Anvers
et de distribuer des tickets d’interdiction de circuler dans
cette rue pendant un temps déterminé. Si la
personne
s’y trouve toujours le lendemain, elle a un premier
avertissement, et si elle n’obtempère pas,
c’est
l’embarquement + 250 €.
Cette pratique a eu un réel succès à Rotterdam. Là-bas, les rues sont propres ! Eliminer les exclus de la vue des riches, c’est une manière comme une autre de lutter contre la pauvreté. En tous cas, c’est une première étape avant de coller une étoile jaune. Les fouilles systématiques dans les maisons commenceront également « en été ». Ce sera probablement le 4 juillet. Les organisations de résistance s’étaient un peu endormies, puisque rien ne se passait. Cette annonce vient de les réveiller pour la défense juridique et sur le terrain. Le réseau d’appel par GSM doit se réactiver. La grande difficulté, c’est que bien des habitants de ces rues parlent à peine le flamand ou l’anglais et sont tellement fragilisés que beaucoup semblent résignés d’avance. Certains croient que cela ne se passera pas, mais ils se trompent.
C’est
par ces mots que Joseph et sa femme ont qualifié les
logements
qu’ils ont visités avec Artibano. Ce dernier a
déjà transformé quelques maisons
unifamiliales en
petits appartements ou studios propres et nets qu’il loue
à bon prix (toutes charges comprises). Deux maisons sont
prêtes, mais la Commune de La Louvière refuse de
donner
l’autorisation de louer. Motif
évoqué : ne
correspond pas aux normes communales. En effet,
ces dernières sont plus
sévères que le Code
wallon.
Réflexion : Il y a quelques années, lors d’une émission TV, la commune et le logement social ont été ridiculisés car la caméra avait dénoncé le nombre de taudis loués par la Société de logement à cette époque. A cette occasion, Artibano avait été présenté un peu comme le sauveur de la situation. Evidemment, dans une ville socialiste, rien de social ne peut se faire en dehors de l’institution. Ceci explique en partie la guéguerre Arti. contre Echevin nous ne sommes pas favorables à la construction de logements trop petits, mais étant donné la carence politique en la matière, mieux vaut ça temporairement ! Artibano a pris conseil auprès d’avocats avant d’aller au Conseil d’Etat. Le bourgmestre (Taminiaux) propose d’organiser des rencontres au mois de septembre. Nous lui rappellerons cela en temps voulu. Selon les dernières nouvelles, des réunions auraient déjà lieu le 21 et 22 juin à la Commune.
Deux des
trois maisons ont été mises sous
scellé, une
petite vingtaine de personnes logement en paix dans la
troisième, avec l’assurance du bourgmestre
qu’il
n’y aurait pas d’expulsion avant une
décision du
juge. Personne n’a été
expulsé du pays et
plusieurs personnes sont domiciliées. Les rapports entre
Philippe, la Commune et le CPAS s’améliorent, mais
rien
n’est gagné puisque le CPAS a
réactivé la
Cellule de crise du CPAS en cas d’expulsion.
Aux dernières nouvelles, un accord à l’amiable pourrait être trouvé pour une occupation jusqu’au 15 octobre. Mais après ? Lors de la journée nationale concernant les 10 ans du Rapport général sur la Pauvreté aux Bosarts à Bruxelles, un petite délégation est venue de Liège. Leur message a été bref et clair : Laissez-nous dormir dans ces maisons vides, puisqu’on peut les réquisitionner. Ensuite, nous ne sommes pas des mendiants qui veulent vivre sur votre compte. Nous voulons travailler. Donnez-nous un permis de travail comme cela se fait dans d’autres pays. Trouver un autre lieu ? Diabolo et Patrick ont évoqué la possibilité d’occuper un bâtiment en dehors de la ville. Quelque chose de suffisamment spacieux que pour organiser des spectacles. Les habitants pourraient s’investir dans de telles activités qui pourraient à la fois faire connaître leur action, mais également d’avoir de quoi manger. GADL
- Liège
Bonne
réunion au début du mois de juin avec des acteurs
de la
rue du Lombard : des occupants, Patrick, Philippe et Vincent.
Ce
n’est pas évident de parler
anglais, français
et liégeois ! La rencontre est fructueuse, les gens
ont pu
s’exprimer, les meneurs ont fait le point et donnent des
pistes.
La Ville ne semble pas opposée, à priori, à l’occupation d’un logement vide, mais c’est évident que jamais le bourgmestre ne prendra l’initiative. C’est donc à nous, ou plutôt au groupe de mettre la pression. PS : Tribunal Le CPAS ne lésine pas et va en appel contre la décision du tribunal en faveur de l’attribution du RI d’isolé à une personne en adresse de référence et sans domicile (Mustapha). C’est remis pour septembre et en attendant, le CPAS reste dans l’illégalité d’une manière légale ! Ils espèrent ainsi que le plaignant se fatiguera. CHARLEROI :
Le Pont en fête
Des artistes de tous poils, et venus parfois de loin.
Le
Pont en face de la gare de Charleroi est l’endroit
privilégié de rencontre des mancheurs. Les
contacts avec
les passants sont souvent très amicaux. Pour remercier
toutes
celles et ceux qui les aident pendant l’année, les
mancheurs leur offrent chaque année, une petite
fête : chanteurs, artisans, conteurs, jongleurs
etc…
Cette année est cruciale, car le nouveau règlement de police interdit la manche accompagné d’un chien ou dans des rues de moins de cinq mètres de larges, le pont fait 4m,95. Jusqu’à présent, il n’y a pas encore d’ennuis. ANNIVERSAIRE DES DIX ANS DU RAPPORT GENERAL SUR LA PAUVRETE Il y a douze ans:
Un travail de titan mené il y a plus de dix ans par des milliers de personnes vivant dans la pauvreté dans toute la Belgique. Des réunions autour de thèmes cruciaux : famille, logement, travail, santé, éducation…. Non seulement les gens ont pu dire ce qu’ils avaient sur le cœur, mais des occasions ont été crées pour rencontrer des spécialistes dans ces matières (CPAS, mutuelles, médecins, enseignants …) afin que tous améliorent leurs connaissances. Expérience éreintante du dialogue nécessaire afin que les exclus puissent construire leur discours et entrer en dialogue également avec les personnes politiques à tous niveaux. Un Rapport de tout cela avait été publié à l’époque, il donnait des pistes pour que des décisions soient prises. Et pour être certains que cela soit ainsi, les associations ont demandé de pouvoir suivre ce rapport, afin qu’il ne reste pas au placard. Dix ans de mobilisation Depuis cette époque, une vingtaine d’organisations continuent le travail grâce à l’aide précieuse et très attentive d’une Cellule au sein du Centre pour l’Egalité des Chances. Cette cellule est reconnue officiellement par le gouvernement fédéral et un Rapport est publié tous les deux ans. Des groupes de travail sont à l’œuvre depuis 10 ans sur les thèmes de justice, famille, travail, aide sociale, logement et…. indicateurs de la pauvreté. Ces associations travaillent les thèmes localement, puis partagent avec les autres (traduction assurée) et avec des spécialistes. Enfin, la Cellule du Centre pour l’Egalité met tout cela en ordre, fait retravailler les textes et publie un Rapport tous les deux ans. C’est lui qui donne la parole structurée des exclus pour le monde des décideurs. Courte évaluation Avancées: Le paysage de l’exclusion et de la pauvreté a changé grâce aux milliers d’heures de travail des personnes concernées tant en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles. Ces rencontres nous ont permis de nous rendre compte que nous n’étions pas seuls, de nous enrichir de la manière de faire des autres, de lier des contacts par delà la frontière des langues. Nous avons appris à échanger, à éliminer les yaka et les y suffit de pour faire l’analyse des causes réelles de ces exclusions, à nous méfier des effets pervers de soi-disant solutions, à rencontrer les spécialistes, à améliorer leurs connaissances et les nôtres, à nous rendre compte que nous constituons une force etc… Faiblesses: Si les personnes politiques prenaient autant de temps que nous pour continuer le dialogue, lire les rapports et en discuter avec les personnes concernées, on parlerait moins des exclusions et de la multiplication de la pauvreté. Oui, les exclus ont appris à dialoguer, oui les services publics ont amélioré la manière de nous voir. Par contre, les personnes politiques et les partis en sont seulement aux balbutiement dans ce domaine. Malgré qu’on veuille nous mener par le bout du nez, nous ne baissons pas les bras, au contraire, car les associations dans lesquelles les pauvres ont la parole se renforce, les gens s’enrichissent, et cela c’est déjà une victoire. RAPPORT GENERAL PAUVRETE Associations partenaires collectif.pauvrete@tiscali.be 0477/735.931 J’ai pas d’maison, j’ai le ciel pour plafond
Un Single qui sortira bientôt des mains du cerveau et des
cordes vocales d’Artibano.
Mis en vente, l’auteur voudrait attribuer le bénéfice à une action sociale. Il propose un geuleton des nouveaux prolétaires le 24 décembre à La Louvière.
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