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U L L E
T I
N D
E
L I
A I S
O N

Bruxelles-Flandre-Wallonie
Octobre 2005
n°98


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Liège: rue du Lombard
Parc
Astrid Expulsion, centre fermé ou la rue
Alain: grève de la
faim et de la soif
Fin septembre, dans le calme et rejoint par Alain Siénart
(Château de la Solitude), nous avions
négocié le
départ du squat de la rue du Lombard vers un
bâtiment de
la Ville : Parc Astrid. Promesse était faite que le
Bourgmestre pourrait reloger 7 familles en attente de
régularisation pour motif humanitaire.
Malheureusement, la
détermination aveugle de l’Office des Etrangers,
l’impuissance d’un Bourgmestre obligé de
rester dans
la légalité et l’hypocrisie du
représentant
du Bourgmestre ont conduit à un désastre.
A 10h du matin, deux émissaires de l’Office des
Etrangers
débarquaient. Jusqu’à 17h30, ils ont
baratiné les Sans Papiers, Alain, Phil, Patrick, Vincent et
tout
le monde en affirmant la bouche en c.. de p.. : ne
vous en
faites pas, il n’y aura aucune rafle, tous pourront rester
ici.
Pendant ce temps, la police encerclait le bâtiment avant
d’entrer en force à 17h30. 7 personnes
menottées
quittaient les lieux sous les yeux incrédules de tous. Les
autres ont du leur salut dans la fuite.
Victimes:
Une nouvelle réglementation est entrée
en vigueur depuis le mois d’août et a
déjà
provoqué des arrestations musclées à
l’intérieur même de lieux
d’hébergement
pour Sans Papiers ! En effet, les personnes en
attente de
régularisation mais qui ont presque
épuisé les
recours doivent désormais attendre la réponse
dans un
centre fermé !!!
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Grève de la faim
et de la soif.
En attendant, notre ami Alain et ses copains ont
été tellement traumatisés par cette
rafle cynique
qu’Alain a entamé une grève de faim et
de la
soif: il exige la libération des 7 personnes. Nous
avons
tout fait et fait intervenir tous les amis connus pour le dissuader de
continuer la grève de la soif, mais en vain.
Bonne
nouvelle:
Ce lundi
à 04h du matin, Sylvie, sa femme, a fait appeler
l’ambulance. Au moment de mettre sous presse, il
était toujours en urgence. Mais son message est
clair: la
lutte continue, car il y a les Ghanéens au 127bis, ceux qui
sont
dans la nature, et l’existence même de ces centres
fermés !
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Plate-forme flamande des
plus précarisés
Après le week-end à Leuven, nos amis flamands
continuent
leur travail de fourmis : tisser une toile suffisamment
solide. En
effet depuis la parution de Décret flamand de lutte contre
la
Pauvreté », toutes les associations
doivent
obligatoirement se rassembler sous une coupole. Grâce
à
cette sorte d’entonnoir, la parole des pauvres devrait
remonter
jusqu’au politique, et les aides financières leur
parvenir
afin qu’ils puissent se structurer.
C’est ainsi qu’au
fur et à mesure des années,
la coupole Réseau Flamand de Lutte contre la
Pauvreté
s’est tellement bien structurée que nombre de
petites
associations très proches du terrain en sont exclues.
Grâce à de nombreuses rencontres, plusieurs de ces
organisations continuent à fortifier leur plate-forme avec
des
positions communes:
Ils acceptent de dire que le décret flamand n’est
pas
mauvais, mais qu’il doit être non seulement bien
appliqué, mais également
amélioré.
La plate-forme ne veut pas agir contre
le Réseau, mais
dialoguer ; en sachant que dialogue n’exclut
absolument pas
la détermination et la fermeté.
Le réseau doit revoir sa
manière de répartir les
subsides, puisque jusqu’à présent, ce
sont les
grosses associations qui décident seules.
Première
avancée: le budget flamand vient
d’être augmenté, ce qui permet
déjà
d’aider des associations nouvelles
Pourquoi les Flamands
viennent-ils au front Commun ?
Parce que depuis près de 15 ans, le Front Commun SDF est la
seule organisation bilingue préoccupe
spécialement par
les SDF, et qui a une certaine reconnaissance au niveau
fédéral. Les petites associations flamandes ne
craignent
qu’il y ait concurrence entre elles et peuvent se retrouver
en
terrain neutre.
C’est aussi très
intéressant pour nous, car nous
savons que la Région wallonne et Bruxelloise sont en route
pour
créer des coupoles semblables en Wallonie et en
Région
bruxelloise. L’objectif déclaré est de
consolider
les mouvements et la parole des pauvres, mais les effets pervers de ces
décisions sont évidemment de contrôler
la parole
des plus pauvres et de la museler en la noyant dans la masse des
pauvres. |
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Médiateur
des CPAS décision du ministre:
Des associations ont
constitué une plate-forme pour donner leur avis au sujet de
la
création éventuelle
d’un médiateur de
CPAS, ou plutôt d’un ombudsman (c’est ce
que nous
voulons) des CPAS au niveau fédéral.
Les demandes des
associations sont claires et unanimes: que le recours à ce
service ne soit pas un obstacle pour aller au tribunal, qu’il
soit parfaitement neutre, accessible à tous etc….
Ils
l’appellent un ombudsman (ou médiateur), mais en
réalité, c’est un bureau
fédéral.
Attention:
Ce service fédéral
de médiateur
ou ombudsman des CPAS n’a rien à voir avec les
médiateurs de terrain qui sont
engagés dans
des Services Fédéraux.
Ainsi, à Bruxelles, Jocelyne
et Dédé sont
engagés dans l’administration publique.
PS : Bravo
à Jocelyne, Dédé et aux autres pour
leur
engagement. Tous nos souhaits pour qu’ils puissent garder
leur
verve et ne pas se faire éteindre par la vie de
bureaucrate
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Zone Occupée
à Louvain-la-Neuve
Avec effroi, nous étions nombreux devant nos TV au
début septembre pour voir comment les bulldozers venaient
détruire deux des maisons du 111 à LLN. Nous
avons rendu visite aux survivants. Par après, nous avons pu
rétablir le dialogue et provoquer une réunion
avec la
Commune d’Ottignies, des gens du 111 et l’UCL.
Les treize occupants actuels des lieux
ne veulent plus rester où
ils sont, car sans maison, c’est impossible. Ils refusent des
logements sociaux, car ils veulent un habitat groupé
alternatif.
Leur cohésion vient de leur manière de vivre,
mais
surtout le fait qu’ils soient tous impliqués de
près ou de loin dans des activités culturelles:
cirque, chants, musique etc.
Leur désir est de pouvoir
occuper un morceau de terrain
surnommé Brakech, sur le site Les Baraques. Ce site
a
été squatté il y a plus de 30 ans par
des jeunes
alternatifs de l’époque. Aujourd’hui,
ils ont
évolué et pris de l’âge, nous
espérons qu’ils pourront accueillir ceux du 111.
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Entraide
Humanitaire Charleroi : Kekseça ?
Une nouvelle
adresse :
50, rue de
l’Athénée à Charleroi.
Comme ils le disent dans leur prospectus, c’est un
hébergement temporaire de jeunes démunis ou sans
domicile ou qui arrivent à la
demande d’un juge. C’est bien un
hébergement
temporaire qui met en œuvre des activités qui lui
donnent
l’envie et la force de devenir plus autonome. Les
activités sont diverses: recyclage de papier et autres
produits, travail d’informatique, apprendre à
s’exprimer par interview ou une revue, participation
également à des actions citoyennes.
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Denis,
homme des bois ou projet de société?
Incroyable, c’est vrai: la
maison
réalisée au cœur de
l’Auvergne par notre
copain Denis-de-Charleroi fait rêver.
Réalisée avec
du matériau trouvé sur place, mais avec une
technique
inspirée à la fois de nos ancêtres
gaulois et de la
manière moderne de ceinturer le haut des murs.
Terre et paille, c’est vieux
comme le monde,
en faire des parpins, c’est plus nouveau, mais ceinturer le
tout
à la hauteur du toit, ça c’est tout
à fait
nouveau dans ce type de construction. C’est la preuve
qu’on
peut se débrouiller avec le peu qu’on a,
à
condition d’avoir la volonté et de savoir
qu’on
n’est pas tout seul dans ce monde alternatif. Son discours
reste
le même:
Pendant
des années, avec des gars de la rue, nous avons
crié
notre opposition à la société
libérale qui
exclut les plus faibles. Avec des milliers de copains
européens,
nous avons hurlé notre opposition à la
construction
d’une Europe qui se fait au détriment des
travailleurs, de
leurs revenus, de leur pension, de leur santé et de leur
environnement. Je suis très heureux d’avoir
participé à tout cela, mais j’ai
trouvé
qu’il était temps aussi de commencer à
prouver
qu’il y a moyen de vivre autrement, de consommer autrement.
C’est pourquoi je suis parti avec d’autres dans le
fin fond
de la France pour commencer cette vie, pour apprendre et en faire
profiter mes potes à Charleroi.
Et des projets, il y en a:
Comme le problème
récurrent à
Charleroi et dans la plupart des villes, celui des gens sans domicile
qui ne peuvent se séparer de leur animal de compagnie pour
passer la nuit. Et cela, même lors des grands froids.
Pourquoi ne
pas se construire un logement alternatif ? Rigolez pas, un jour, cela
se fera.
Et je serais présent pour
finaliser notre
rêve : construire avec les potes de la rue et autres un
rêve qui ne doit pas rester qu'un rêve.
Puisque la
réquisition des logements est malmenée puisque
des
logements vides, il y en a mais qu’il n’y a aucune
réelle volonté politique ou sociale de faire
appliquer la
loi, nous les plus précaires et ceux qui disent les
défendre nous devons réquisitionner
bâtiments et
terrains abandonnés ou qu'ils soient.
Je suis pour une
désobéissance civile
et civique tant que les précaires seront la proie d'abus
politiques et sociaux. Je signe et persiste à dire :
n'attendons
pas que le social nous rendent encore plus dépendants de
lui,
mais relevons la tête, nous ne sommes pas responsables de la
décadence politique qui gère notre pays et
l'Europe.
Nous sommes victimes d'un capitalisme
qui ne voit
dans la précarité et les précaires
qu'une source
de profit et de richesse.
Depuis
l’époque coloniale, des familles
fortunées
ont pillé les pays du Tiers-Monde en détruisant
leur
autonomie alimentaire, en les réduisant à
l’état d’esclaves
économiques.
Aujourd’hui, ces mêmes fortunes organisent les
aides et
opérations de tous genres qui maintiennent ces pays dans la
soumission.
Arrêtons - nous le précaires - de nous laisser
manipuler
et résistons à la manière des Chiapas,
des
Sans-terre et autres en nous révoltant: tant que nous sommes
encore en mesures de le faire.
Denis
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Une
partie
des frais du
Front est
couverte grâce à l’aide du Gouvernement
Wallon et de
la
COCOM,
mais ce n’est pas suffisant pour couvrir tous les frais de
déplacement pour les réunions, manifestations
etc…
Celles et ceux qui ne
participent pas aux
actions peuvent aider en versant au compte 000-1717532-50
Front SDF 56, rue d’Aarschot à 1030 Bruxelles
(l’expédition de 12 bulletins revient à
7 euros/an)
PROCHAINE
REUNION : mardi
15 novembre à Bruxelles, 10h30
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