B U L L E T I N D E L I A I S O N F R O N T C O M M U N SDF Bruxelles-Flandre-Wallonie Mensuel juillet 2005, n° 95 SOMMAIRE
D.A.K.
(Front SDF en Flandre) reprend vigueur
Daklzozen
Aktie Komitte est une association qui est née un peu
après le Front des SDF, mais à Anvers. A cette
époque, Koen, Daniel et Willy étaient venu
d’Anvers
pour prendre contact avec les gens du Château de la Solitude
à Bruxelles. Quelque temps plus tard, ils occupaient un
immeuble
du CPAS d’Anvers : une trentaine de logements vides.
Nous
sommes toujours restés en association avec eux, car, comme
le
disaient-ils à l’époque :
« L
pauvreté ne connaît pas de frontière
linguistique ».
Aujourd’hui, Manuel, qui est un Flamand de Leuven et qui a obtenu le diplôme «d’expert en expérience de vie » en Flandre, veut collaborer avec nous pour étendre le réseau du DAK hors d’Anvers. Il a créé une petite association et essaye de contacter les SDF flamands en Flandre. En effet, beaucoup de SDF flamands à Bruxelles viennent de Flandre et gardent des liens avec leur région. Premiers constats du DAK : en Flandre,
même si les
CPAS ont plus de possibilités financières, ils ne
respectent pas toujours la loi concernant l’adresse de
référence.
Bref recensement : Gent:
près de 150 SDF,
Ostende: 20, Anvers: près de 1000, Hasselt: une dizaine,
Turhnout: une vingtaine. A notre connaissance, seules les villes
d’Anvers ont un abri de nuit: Anvers et Turnouht.
Gent, Anvers : les squats sont
nombreux, mais
surtout des alternatifs ou ceux qu’on appelle des
«anarchistes »
Abri de nuit à Anvers et Turnout : il faut
d’abord aller au
CPAS (durant les heures d’ouverture) pour demander un bon
d’admission ! ! !
Restrictions
de plus en
plus fortes de la mendicité dans toutes les villes
Action :
Manuel et son
groupe essayent d’établir des contacts dans
certaines
villes flamandes, discuter avec les personnes concernées et
établir un cahier des charges.
En septembre ou octobre : action d’information devant les CPASD d’Anvers comme nous avons fait à Verviers, Liège, Tournai, Mons…. DAK/Antwerpen commence la préparation des documents. Le bulletin mensuel du Front sera traduit et des articles spécifiques au DAK seront insérés. Traducteur: Christian copain à Manu. La
Louvière bouge
Joseph (le
nôtre, seul et unique) et Nouchka sont retournés
à
La Louvière afin de continuer la visite des logements mis
à la disposition des gens à très bas
revenu par
Artibano. Ils en sont non seulement enchantés, mais devenus
des
fans de notre artiste. Des photos, ils en ont, ainsi que de nombreux
témoignages. Non, le copain Artibano n’est pas un
loueur
de sommeil, par contre, il n’est pas non plus un
abbé
Pierre. Il reste un homme d’affaires mais qui est attentif
aux
gens qui ont des revenus trop bas par rapport au prix des loyers.La difficulté principale vient du fait que ce sont les élus socialistes qui veulent garder le monopole de l’action sociale. Le permis de location lui est toujours refusé par la Ville, alors qu’il respecte totalement les normes du code wallon du logement. Des personnalités politiques fédérales commencent à s’intéresser à sa situation : Josi Dubié, Joseph Boël et évidemment l’opposition au conseil communal. Artibano a décidé d’aller au Conseil d’Etat. NB : Autorénovation Artibano nous avait déjà expliqué comment il voulait aider des jeunes en rénovant eux-mêmes un logement dont ils seraient propriétaires par après. Une pratique un peu semblable existe déjà : Renov’Assistrance à Bruxelles, Volkeriijstraat à Leuven. Sans-abri Castor à Charleroi : les gens ne deviennent pas propriétaires, mais locataires. Un CD pour Noël : J’ai
pas d’maison, j’ai
tout le ciel pour plafond
Une nouveauté d’Artibano-artiste : il prépare l’édition et la vente d’un CD/audio en faveur de plus démunis. ce CD sera sous la forme d’un maxi qui reprend un seul titre J’ai pas d’maison, j’ai tout le ciel pour plafond. Cette chanson sera traduite et interprétée dans plusieurs langues. La mélodie est également remaniée et proposée sous différentes versions ( classique, pop, country, jazz, etc… ). Le but de cette manœuvre est de rendre cette chanson attrayante culturellement et ouverte musicalement à tout type de personne, qu’il soit belge ou étranger. Il n’est pas impossible qu’une éventuelle exportation soit envisagée. Le produit de la vente de ce CD sera utilisé pour un repas de Noël avec des sans abris de la région de La Louvière. Groupe
Prévention, Gilbert : reculs et
avancées
Ceux qui
connaissent Gilbert savent qu’il a été
à la
rue et que cela lui a donné une force incroyable pour lutter
aux
côtés de ceux qui ont peur de lutter.
C’est ainsi
qu’il avait osé attenter un procès
contre
l’Agence Immobilière sociale qui lui avait
loué un
logement. C’était un logement en mauvais
état, mais
avec promesse de le restaurer petit à petit.
A l’époque des faits, en 2003, nous avions soutenu son action qui se voulait être un exemple pour entraîner d’autres plaintes de locataires. Après de nombreux épisodes, pas toujours en l’honneur des organismes dit «sociaux », le verdict est tombé : Gilbert a perdu, et donc, normalement c’est lui qui doit payer les frais de justice. Analyse: tout n’est
pas perdu, car
d’autres locataires ont pu bénéficier
des tuyaux
découverts par Gilbert dans son parcours : ce
qu’il
faut faire, et ce qu’il ne faut surtout pas faire.
l’AIS a été placée sous surveillance comptable et… n’est plus déficitaire depuis un an Son cas et d’autres faits ont contribué à l’amélioration de la surveillance des AIS par le gouvernement wallon. Les médias sont puissants et plus facilement accessibles aux gens du pouvoir Faut-il aller en appel ? Il ne faut pas avoir peur d’aller au tribunal, mais il faut surtout savoir où on met les pieds. Plus d’une fois en effet, nous avons pleinement raison, le bon sens est pour nous. Malheureusement le jugement n’est pas toujours établi selon la raison ou la justice, mais selon les lois existantes. L’aide d’un bon avocat est bien nécessaire En attendant, la santé de notre ami en a pris un coup. Occupation
d’un immeuble à Liège
L’occupation à la rue de Lombard continue. Ils
sont une
vingtaine de personnes en séjour non légal,
certains ne
peuvent même pas être expulsés vers les
pays
d’origine puisque celui-ci refuse de les
reconnaître. Au
début du mois, une grosse alerte mit tout le monde sur les
dents, car quelques troubles fête avaient un comportement
indigne
et dangereux pour tous. Nous avions même envie de faire
intervenir la police.
Heureusement, une réunion des habitants a mis les choses au point : désormais, ils assureront eux-mêmes le respect de l’hygiène, des sanitaires et du bruit. Il reste deux inconnues : qui va payer l’eau et l’électricité ? Qu’en sera-t-il après le 15 octobre, date fixée pour évacuer l’immeuble ? Collectif «morts de la rue» Depuis le mois de janvier, un réseau se construit à Bruxelles dans le but d’un ensevelissement digne des copains morts de la rue : soit dans la rue, ou après des années de rue. Deux rencontres avec l’échevin de la Population de Bruxelles ont donné des résultats : A partir du
1°
juillet, chaque personne enterrée par le CPAS dans la
pelouse
réservée sera identifiée par une
petite
stèle en bois avec son nom gravé sur une
plaquette en fer
+ dates.
Ils feront des recherches pour localiser ceux qui sont décédés depuis 3 ans Les services mettront plus de soin encore lors de la mise en bière, puisqu’il n’y a pas de famille pour faire la toilette du mort. Les services se feront soit un mardi ou un jeudi à 14h Chaque année, un hommage officiel sera rendu dans l’Hôtel de ville probablement à la même date qu’en France et au Québec Le réseau s’élargit afin que les associations collaborent également à une collecte de donnée. Le collectif voudrait en effet qu’un minimum d’informations puisse être gardé en mémoire et sur papier. Médiateur
des CPAS
Depuis deux mois, ministre Dupont (affaires sociales) annonce la création d’un service de «médiateur de CPAS ». Uns section francophone et une néerlandophone. La loi est en préparation, mais veut notre avis sur les modalités. Ceci correspond à nos attentes. En effet, depuis des années, nous constatons que de nombreuses personnes sont lésées par leur CPAS. Ils s’étendent dire si vous n’êtes pas d’accord, vous pouvez aller au tribunal du travail. D’accord, mais c’est long et il faut savoir comment y aller ; d’ailleurs une fois sur dix seulement des gens lésés font la démarche. Et la preuve que la démarche est bonne, c’est que dans les trois quarts des cas, c’est le CPAS qui est condamné à s’exécuter. Nous devons donc nous réunir afin de discuter la proposition du ministre, donner nos avis et nos suggestions. Ce travail doit être terminé pour le 10 septembre. Nos propositions seront alors discutées avec les autres associations partenaires du Rapport général sur la Pauvreté, afin d’avoir un document comment à présenter au ministre. Le CEDUC étant le plus spécialisé dans ce domaine, une réunion sera programmée dans ses bureaux: rue Van Elewijk 35 à Ixelles (Maison de la Paix, près de la Place Flagey). Dès que la date et l’heure seront connues, ils le feront savoir : Kim 0479/439.350 ou Alain: le_babelleir@hotmail.com Attention: médiateur et intermédiaire sont des tâches différentes. Patrick et Diabolo à Liège, le CDIM d’Anderlecht avec Dalida et Patrick, Solidarités Nouvelles à Charleroi, CEDUC et autres à Bruxelles assurent la tâche d’intermédiaires bénévoles. Un médiateur assure une tâche officielle qui ne négocie pas, mais qui donne son avis, avec force contraignante, à qui, comment, dans quels délais, est-ce un particulier ou une association qui fait appel aux services ? Tous ça sont des décisions qui attendent nos idées. Attention : cette mesure ne plaît probablement pas aux CPAS, et c’est certain qu’eux se sont déjà mobilisés pour limiter le plus possible le rôle du médiateur. Hé, vous m’faites rigoler, j’ai une canette de bière à la main. Bon, voilà 50 cents, asseyez de me trouver une bouteille d’eau froide dans le quartier ! L’eau froide est plus chère que la bière quand on est à la rue. C’est Jo (dit Diabollo) de Liège, évidemment qui nous lance cela à la figure Hé oui, après les urinoirs publics, ce sont les fontaines publiques qui ont disparus du paysage de nos grandes villes. Et avec les canicules qui se préparent, faudrait songer que l’eau potable devient de plus en plus nécessaire et donc… de plus en plus cher. Anvers : interdit de séjour dans une rue
Au mois de
mai, la Ville d’Anvers a inventé un
règlement de
police précisant que suite à une nuisance grave,
quelqu’un pourrait être interdit de
séjour dans
dette rue pendant un nombre de semaines à
déterminer.
La Ligue des Droits de l’homme et d’autres associations comme le DAK avaient longuement hésité avant d’avoir recours au Conseil d’Etat pour faire annuler cette décision. En effet, si la Cour n’annulait pas, cela peut avoir des conséquences graves pour toutes les villes de Belgique. Finalement, au début de ce mois, la Ligue des Droits de l’Homme a déposé le recours en arguant sur le fait qu’il y a aucune possibilité pour faire appel auprès un juge indépendant, le manque d'une définition claire de la lourde nuisance et le fait que dans l'interdiction de rue, aucune réglementation particulière n’est prévue pour les pour les mineurs (droit à l'avocat... n'est) ce qui est contraire à la Constitution et le traité européen pour les droits de l'homme. Charleroi: Le 20 Août 2005 à 14 h, les jeunes SDF et démunis d'Entraide-Humanitaire.be, vous
invitent
à
leur grand barbecue organisé dans le cadre de leur semaine
de
vacances à Gérin près de
Anthée.
Ce sera l'occasion de réunir toutes les personnes qui durant l'année 2005 les ont soit soutenus et/ou aidés dans la bonne marche de leurs activités et d’informer sur la problématique de la pauvreté grandissante. Contact: info@e-h.be
ou GSM 0494/44.41.59
par courrier à E-H.be, Rue de la Montagne 55/2 à 6000 Charleroi, et ce avant le 15 Août. W-E SDF FRANCOPHONES & NEERLANDOPHONES
Samedi 10 septembre
14h au dimanche 11 vers 16h près de Leuven.
objectif : renforcer
le Front des SDF avec meilleure collaboration entre Flamands et
Francophones. Ce sont surtout les Flamands qui sont demandeurs, car en
Flandre, il n’y a que le DAK à Anvers qui existe.
Déroulement : 14h
installation, prise de contact, présentation (traduction
assurée).
19h30 repas soirée musicale dimanche 10h à 13h : travail en groupe linguistique séparés, ensuite, travail en commun 13h30 barbecue suite et fin lieu: terrain réservé à des camps sous tente de jeunes : douche, cuisine équipée, grange en cas de pluie. Se munir d’une tente, mais il y en aura sur place également + assiette et gobelet participation aux frais: si possible 2 €. Les enfants et compagnes sont acceptés. Frais de transport remboursés par le Front Inscription: Front SDF (0479/68 60 20) Manuel (Flamand : 00498/419 190) Quelqu’un qui a expérimenté la pauvreté dans sa chair, et qui a suivi trois années de formation en horaire décalé peut obtenir un diplôme reconnu par l’Etat comme «expert en pauvreté ». Cela va bientôt exister en Wallonie.
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