Kyoto mon amour ! (Bush moins ...) 


Difficile d'y échapper aujourd'hui - date d'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto contre les émissions de gaz- tant chaque quotidien ou magazine en fait sa Une ou y consacre un dossier spécial : je vais donc également y aller de mes deux sous.
(Où il sera allusion de Dubya et - j'en suis contrit- pas en bien...) 



-> http://fr.wikipedia.org/wiki/Protocole_de_Kyoto


Voilà c'est parti : Kyoto An I titrait Le Monde hier soir avec un supplément consacré au sujet, que je me suis empressé de lire.

On va dire que je n'ai décidément pas d'atomes crochus avec le -réélu- chef de la Maison Blanche, mais quand je lis ça -sous la plume d'Eric Leser dans ce supplément du Monde- j'ai franchement du mal :

Sous l'influence de l'industrie pétrolière, l'hostilité du gouvernement Bush aux contraintes liées à l'environnement était totale.

Il a assoupli les règles sur les émissions nocives, permettant aux centrales thermiques anciennes de se développer sans avoir à respecter les normes de pollution récentes. Il a supprimé la taxe spéciale sur les groupes chimiques et pétroliers pour financer le nettoyage des rivières polluées. Les pétroliers, gaziers et autres charbonniers n'ont pas été ingrats : selon le Centre pour des politiques responsables de Washington, ils ont apporté directement plus de 2 millions de dollars à la campagne de réélection de George W. Bush et des sommes encore plus importantes au Parti républicain, notamment pour financer sa convention, à New York.

Ou la suite :

Après avoir utilisé des arguments économiques, l'administration a mis en doute ensuite la réalité du changement climatique, puis contesté le lien entre le réchauffement et les émissions de dioxyde de carbone. "C'est une question compliquée. Il est nécessaire de mener davantage d'études avant de tirer des conclusions", avait répété à plusieurs reprises George W. Bush en 2001 et 2002.

Pour gagner du temps, il a demandé à l'Académie nationale des sciences de se prononcer. Elle a conclu que le réchauffement était une réalité et qu'il était sans doute la conséquence de l'utilisation des énergies fossiles. L'administration a alors sollicité d'autres études et même censuré des passages sur les dangers du changement climatique dans un rapport fédéral sur l'environnement.

J'ai vraiment du mal à me faire à ce président ... (*)

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A quelques jours de son arrivée on lira avec amusement cet Op-Ed de Thomas Friedman paru il y a quelques jour (ok, presque 3 semaines) dans le NYT -et encore disponible sur le site de l'International Herald Tribune - qui nous sonna étonnamment familier à sa lecture.
De retour d'un séjour en Europe il encourageait G.W. Bush à écouter les Européens et ce qu'ils avaient à lui dire :


What would Bush hear? Some of it is classic Eurowhining, easily dismissible. But some of it is very heartfelt, even touching. I heard it while doing interviews at the Pony Club, a trendy bar/beauty parlor in East Berlin. And more and more I think it explains why many Europeans dislike Bush so intensely. It's this: Europeans love to make fun of naive American optimism, but deep down, they envy it and they want America to be that open, foreigner-embracing, carefree, goofily enthusiastic place that cynical old Europe can never be. Many young Europeans blame Bush for making America, since the Sept. 11 attacks, into a strange new land that exports fear more than hope, and has become dark and brooding - a place whose greeting to visitors has gone from "Give me your tired, your poor" to "Give me your fingerprints." They look at Bush as someone who stole something precious from them.

Tim Kreutzfeldt, the bar owner, said to me: "Bush took away our America. I mean we love America. We are very sad about America. We believe in America and American values, but not in Bush. And it makes us angry that he distorted our image of the country which is so important to us. It is not what America stands for - and this makes us angry and it should make every American angry, because America lost so much in its reputation worldwide." The Bush team, he added, is giving everyone in the world the impression that "somebody is coming to kill you."

Stefan Elfenbein, a food critic nursing a beer at our table, added: "I know many people who don't want to travel to America anymore. People are afraid to be hassled at the border. We all discuss it, when somebody goes to America [we now ask]: 'Are you sure?' We had hope that Kerry would win and would make a statement, 'America is back to what it was four years ago.' We hoped that he would be the symbol, the figure who would say, [America] is the country that welcomes everybody again.' [But] now we have to wait four more years, hopefully for somebody to give us back the country we knew and liked."


Pourtant c'est pas moi que Friedman a interrogé ... ;)
(cf entrée + commentaires du 5 novembre dernier : je n'ai - les Européens non plus- pas changé d'avis ...)





(*) Ceci dit, dans notre cher pays les lobbys -je pense à ceux de l'industrie automobile- ne sont pas absents non plus.

Je ne peux m'empêcher de rapprocher :

1° l'abandon rapide de l'amendement Lepeltier qui se proposait de récompenser les voitures les moins polluantes et de taxer les plus polluantes.
Ah... les gros 4x4 dans nos centres villes : z'avez remarqué comme ils se multiplient ? z'avez remarqué comme nous -les plus riches- singeons les américains alors que rien, ni nos voiries, ni les distances ou les freeways ne s'y prêtent ?)
2° la suppression des Postes et autres services/administrations de proximité tant en ville que surtout dans les milieux ruraux : prenons la voiture pour toucher un chèque postal !
3° la proposition de "permis à 1€"
(4° moins de contrôleurs dans les trains, moins de guichetiers dans les gares ...)

Bref : tout le monde sur la route !


Consommons, roulons, polluons mes bien chers frères !
Notre maison brûle, mais c'est pas grave au fond de notre énorme SUV -acheté à crédit- qui a la clim' ... 

Posté : Mer. - Février 16, 2005 à 08:53 PM        
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